Siracide

Siracide, ou Ecclésiastique,

ou Sagesse de Ben Sirac

SIRACIDE, ou Ecclésiastique

 

3, 2 à 14

 

 

Le Siracide rapporte des proverbes tirés de la sagesse et de l'expérience populaires.

Lisons-les comme tels sans hésiter à les adapter aux situations actuelles.

 

Observons l'insistance sur les rôles masculins: père, fils et leur mise en relation avec Dieu dont ils sont présentés comme le prolongement.

 

Observons la référence plus effacée au monde féminin: reflet des comportements sociaux à l'époque de rédaction du texte..

 

 

Notons enfin que la récompense est immédiate pour celui qui honore son père, non moins que la sanction pour celui qui le méprise ou cherche à se faire valoir en le dévalorisant..

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La 4ème parole des DIX PAROLES de l'Alliance (Décalogue) mentionne plus équitablement le masculin et le féminin: "Honore ton père et ta mère afin d'avoir longue vie sur la terre que te donne Yahvé ton Dieu" (Ex 20, 12)

 

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Les recommandations au sujet des personnes âgées, déficientes ou faibles invitent particulièrement nos contemporains à la réflexion en faveur d'une législation équitable.

Le rôle du père dans l'éducation mérite la même attention aujourd'hui.

 

 

3, 17 à 31 et 4, 1 à 10

 

Rester modeste, sans se vanter ou chercher à briller. On n'aime pas les prétentieux. Dieu est plus grand que tous: il pratique la discrétion.

 

Connais et respecte tes limites. N'essaie pas de maîtriser tous les savoirs: personne n'y arrive. Ne te perds pas dans les raisonnements tellement subtils que personne ne les comprend.

 

Ne sois pas buté, obstiné, fermé. Sois intelligent, médite l'expérience et les écrits des gens sages.

 

Sois généreux, attentifs à ceux qui sont privés du minimum vital. Dieu entend leur détresse: il saura si tu refuses de les aider: il jugera ton coeur sec et insensible.

 

Si tu laisses les gens croupir dans leur misère, un jour ils se révolteront contre ceux qui n'auront rien fait pour eux. Qui sème le mépris récoltera la révolte.

 

Agis comme un vrai père, comme une vraie mère; ils font tout ce qu'ils peuvent, sans se faire mousser, même s'ils n'en récoltent aucune reconnaissance.

 

"Sois parfait comme le Père Céleste est parfait: il fait lever son soleil sur les justes et les injustes "dira Jésus.

 

Croire, ce n'est pas être minable, stupide, naïf. Le croyant devient normalement un sage avec le temps. Sagesse et Sainteté marchent ensemble.

 

 

15, 11 à 20

 

Qui écrit ces réflexions ?

Un certain Jésus fils de Sirac. Son petit-fils, à partir de l'année 132 avant notre ère, a traduit en grec son oeuvre pour en faire bénéficier des lecteurs jeunes.

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Ces dix versets reprennent plusieurs certitudes qu'on trouvait déjà dans le livre du Deutéronome: notamment aux chapitres 29 et 30.

 

- Le Créateur a donné aux êtres humains le libre arbitre, la faculté de réfléchir, de peser le pour et le contre, et finalement de choisir.

 

- Globalement, l'être humain a devant lui deux hypothèse:

l'une suscite de la vie l'autre de la mort,

l'une ce qui est bon l'autre ce qui est mauvais,

l'une ce qui est sage l'autre ce qui est stupide.

 

Le Créateur connaît les réflexions et les hésitations de l'être humain.

Il espère que chaque être humain, en chacune de ses décisions, fera le meilleur choix.

 

Jamais le Créateur n'incite l'être humain à préférer ce qui fait du mal, ce qui est stupide, ce qui est mortifère.

 

Et donc, ne dis jamais ou ne pense jamais que c'est le Créateur qui te pousse à faire de mauvais choix.

 

Assume tes erreurs.

Sois responsable.

 

Chapitres 27 et 28

Siracide 27, 30

à 28, 7

Ce texte fut d'abord écrit en hébreu: on en a retrouvé de larges extraits. Cependant seule la version grecque est complète. Elle est l'oeuvre du petit fils du rédacteur en hébreu , qui s'appelait Jésus, fils de Sira: d'où le nom de SIRACIDE donné récemment à ce livre ( jadis Ecclésiastique ). Le petit fils vint en Egypte en132 av JC, y découvrit une copie de ce document important, y consacra beaucoup de soirées d'études, et désira la publier pour ceux qui, à l'étranger, désiraient s'instruire afin d'accorder leur vie quotidienne à la Loi de Moïse. Son but ? Enseigner à la JEUNESSE l'art de se comporter en toutes circonstances selon la volonté de Dieu.

( Rédigé en grec, ce livre ne figure pas dans la Bible en hébreu. Les Bibles éditées par des Confessions chrétiennes reproduisant uniquement la bible hébraique n'en impriment pas le texte, le classant parmi les livres deutérocanoniques ou apocryphes).

Les chapitres 27 et 28 attirent l'attention sur la relation logique entre ce que chacun demande et reçoit. Tu veux être pardonné ? Pardonne ! Tu es impitoyable envers les autres ? Dieu sera impitoyable envers toi. Tu te venges, tu nourris des rancunes tenaces: Dieu te traitera comme tu auras traité tes semblables!

Tu te comportes selon l'Alliance accordée par Yhwh au petit peuple hébreu qu'il a choisi par amour ? Alors tu bénéficieras toujours du pardon de Dieu, de la guérison pour tes fautes. Dieu se comportera toujours en vrai Père pour toi. "Pense aux commandement (décalogue, dix commandements) et ne garde pas rancune envers le prochain, pense à l'Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour celui qui ne sait pas" (28,9).

Les versets 10 à 14 du chapitre 28 sont tellement bien ciselés que nous les citons intégralement. Ils détectent nos comportements trop fréquents:"l'homme irascible allume les querelles...il met le trouble parmi ses amis...une querelle précipitée allume le feu".

L'apôtre Jacques, 150 ans plus tard, évoque manifestement cet enseignement du Siracide: "la langue est une très petite partie du corps, mais elle peut se vanter d'être la cause d'effets considérables. Pensez au petit feu qui suffit à mettre en flammes une grande forêt" (3, 5). " Si vous avez le coeur plein de jalousie amère et d'esprit de rivalité, cessez de vous vanter d'être sages...Une telle sagesse est terrestre, trop humaine, diabolique même" (3,15). Jacques conseille également de ne pas condamner ses frères mais de laisser à Dieu, législateur et seul juge compétent, le soin de juger/condamner : "Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ?" (4,11-12).

Jésus a répété ce même enseignement, comme finale du Notre Père: " Si vous pardonnez aux autres le mal qu'ils vous ont fait, votre Père qui est au Ciel vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux autres , votre Père ne vous pardonnera pas non plus le mal que vous avez fait" (Mat 6,14-15).

Il ajoute une parabole développant l'impossible pardon de Dieu envers celui qui se montre impitoyable (Mat 18, 21-35). "C'est ainsi que mon Père...vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur" (18,35).

Et en Luc 6,37-42, Jésus reprend le principe de la mesure dont Dieu se servira envers chacun...en lui appliquant la mesure qu'il a employée envers ses proches: miséricordieuse ? Chiche ? Débordante ?

L'être humain étant ce qu'il est, il en va ainsi depuis plus de 2100 ans ! Le Siracide l'avait dit !

Nous le constatons: il voyait juste et reniflait nos hypocrisies.

Ecoutons-le et examinons sérieusement nos comportements hypocrites...nous qui nous prétendons si justes, fidèles à la parole de Dieu.

Nous savons ?

Pourquoi n'agissons-nous pas selon notre connaissance ?

Sans les actes, les paroles demeurent trompeuses.

 

 

 

Chapitre 35

 

Méditons tout ce chapitre 35 sans nous contenter de quelques versets.

Chaque phrase est parfaitement accessible.

 

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L'inspiration en est remarquable. Déjà se profile le juste équilibre entre le coeur qui offre et le sacrifice qu'on célèbre.

Le culte en esprit et en vérité.

 

Avec le sourire, la générosité, l'accueil par un Dieu attentif aux prières des plus petits.

 

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Oui, Dieu nous juge, mais tellement mieux que tous les juges terrestres. Il nous connaît. Il voit les intentions. Il ne cède pas au chantage des puissants, il n'oublie aucune demande des plus humbles ou des plus oubliés.

"Il voit les larmes qui coulent sur les joues de la veuve".: certains traduisent poétiquement: "Les larmes de la veuve coulent sur les joues de Dieu". Voici l'empathie de Dieu envers les humbles, dont la contrepartie est la rigueur avec ceux qui traitent de haut les plus humbles.

 

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Ce chapitre a déjà la saveur du Nouveau testament sur la prière et sur le culte "en esprit et en vérité" (Jean 4,23).