Septante

Thomas

L’un des Douze apôtres de Jésus s’appelait Thomas. Son nom est mentionné sur les 4 listes d’apôtres données par le NT.

Plus que d’autres, il a bénéficié d’une réelle notoriété comme type même de l’incrédule, celui qui ne croit pas ce que les autres lui disent. A ne pas confondre avec l’incroyant.

Alos que les trois évangiles et les Actes des apôtres se contentent de placer son nom dans leurs listes des Douze, le quatrième évangile , qui ne fournit pas cette liste, nous parle de Thomas dans 5 circontances.

La première nous prouve l’attachement de Thomas à la personne de Jésus. Déjà condamné par les autorités religieuses du Judaïsme, et contraint à se cacher loin de Jérusalem, Jésus apprend la mort de son ami Lazare. Il décide de venir à Béthanie, aux portes de Jérusalem.. “11:8 Les disciples lui répondirent: <<Maître, il y a très peu de temps on cherchait à te tuer à coups de pierres là-bas et tu veux y retourner?>> 11:9 Jésus leur dit: <<Il y a douze heures dans le jour, n'est-ce pas? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde. 11:10 Mais si quelqu'un marche pendant la nuit, il trébuche, parce qu'il n'y a pas de lumière en lui.”. 11:16 ...Alors Thomas -- surnommé le Jumeau -- dit aux autres disciples: “Allons-y, nous aussi, pour mourir avec notre Maître!”. Libre dans ses prises de position, courageux, montrant son attachement profond envers Jésus, tel nous apparaît Thomas. L’évangéliste mentionne au passage que le nom de Thomas en araméen signifie jumeau, et il le traduit en grec: Didyme.

Seconde mention pendant le dernier repas de Jésus avec ses disciples. L’évangéliste a déjà parlé de Judas, de Pierre. Voici qu’il parle maintenant de Thomas. Jésus vient d’inviter ses disciples à garder la paix du coeur et à placer leur foi en lui tout comme en Dieu. “ Thomas lui dit: <<Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous en connaître le chemin?>> 14:6 Jésus lui répondit: <<Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne peut aller au Père autrement que par moi. 14:7 Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, vous l'avez vu.>>. Thomas ose poser des questions, plus précisément les questions que les autres se posent mais qu’ils n’osent pas exprimer. Voici un disciple qui cherche à comprendre. et qui nous a permis de connaître la façon dont Jésus se définit: Chemin vers le Père, Vérité, Vie.

Troisième mention: après la résurrection de Jésus. Thomas était absent au soir de la première manifestation de Jésus aux Onze. Pourquoi? Aurait-il perdu confiance? Se serait-il éloigné de la communauté des disciples ? Etait-il en désaccord avc eux? En tout cas, il n’a pas vu le ressuscité et il n’a pas confiance dans la parole de ceux qui prétendent l’avoir vu.Il n’a confiance qu’en lui-même, il ne croit que ce qu’il vérifie. Il affirme donc:”Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas.”

Quatrième mention, la plus célèbre. “Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Les portes étaient fermées à clé, mais Jésus vint et, debout au milieu d'eux, il dit: “La paix soit avec vous!” 20:27 Puis il dit à Thomas: “Mets ton doigt ici et regarde mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois!” 20:28 Thomas lui répondit:”Mon Seigneur et mon Dieu!” 20:29 Jésus lui dit: “C'est parce que tu m'as vu que tu as cru? Heureux sont ceux qui croient sans m'avoir vu!”

Thomas représente ainsi le disciple qui reconnaît son peu de confiance envers les autres, qui est pleinement convaincu de la nouvelle présence du Christ au milieu du monde, une présence invisible mais oh combien attentive à nos pensées les plus intimes. Notez au passage que l’évangéliste ne nous dit pas si Thomas a effectivement touché les plaies du ressuscité. Il relate par contre la proclamation de foi tellement forte, complète, personnelle:Tu es le Seigneur de moi, le Dieu de moi: mon Seigneur et mon Dieu. L’évangéliste conclut alors son évangile sur cette grande adhésion de foi: “Jésus a fait encore, devant ses disciples, beaucoup d'autres signes miraculeux qui ne sont pas racontés dans ce livre. 20:31 Mais ce qui s'y trouve a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. Et si vous croyez en lui, vous aurez la vie par lui.” (Jn 20).

La cinquième et dernière mention de Thomas se trouve dans le chapitre 21, probablement rédigé par des disciples de l’évangéliste. Il y est question de la dernière manifestation du ressuscité au bord du lac de Galilée.Sept disciples sont là, ensemble, prêts à partir en pêche à l’invitation de Simon-Pierre. Or, immédiatement après Simon-Pierre, l’évangéliste place le nom de Thomas. Pourquoi? Peut-être parce que ce disciple avait pris une place importante dans la première communauté chrétienne ? En raison de sa belle profession de foi? Parce qu’il représentait aussi le double besoin des humains: faire confiance et comprendre: croire et comprendre le bien-fondé de ce qu’on croit: engager son coeur et sa raison dans la force d’une même adhésion.

Voici le genre de disciple dont Thomas me semble être le modèle, si je comprends bien le quatrième évangile. Et, puisque l’évangéliste ne parle jamais du jumeau de Thomas, ne serait-ce pas une façon de nous dire que chaque chrétien est le jumeau de Thomas?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thomas

 

L'un des douze apôtres, dont le nom vient d'un mot araméen signifiant jumeau; Jean en donne l'équivalent grec, Didyme (cf. Jean 11:16) Thomas était prêt à mourir avec son maître (Jean 11:16) mais il est plus connu pour être celui qui douta de la résurrection de Jésus jusqu'à ce que Jésus lui-même le convainque; Thomas le confessa alors comme son Seigneur et son Dieu (Jean 20:24ss).

 

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

Le Salut

 

Sauver quelqu’un, c’est le tirer d’un danger, d’un malheur, de la mort. Ou encore le préserver de la destruction, de la perte. Ou encore, maintenir en bonne santé, conserver.

Nous donnons le titre de sauveur à ceux qui délivrent d’un esclavage, d’une occupation, de la domination d’un tyran.

La Bible présente Dieu comme le sauveur de son peuple.

L’ange Gabriel demande à Marie d’appeller son fils Jésus, autrement: “salut donné par Dieu”. Et elle chantera: “Mon âme exulte en Dieu, mon sauveur”.

Quand Jésus naît les anges proclament: “Aujourd’hui, est né pour vous un sauveur”.

 

Le véritable salut vient de Dieu. Laissé à ses propres forces, aucun être humain ne peut se donner le salut. Pierre dit avec force, dès le jour de la Pentecôte: “Tout le peuple d’Israël doit le savoir avec certitude: ce Jésus que vous avez cloué sur la croix, c’est lui que Dieu a fait Seigneur et sauveur”. Et la première lettre de Jean affirme: “ Nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde”

Plusieurs mots décrivent cette réalité du salut: libération, rédemption, rachat, guérison, protection..

Quels sont donc les risques qui peuvent entraîner la perdition de l’être humain?

La Bible répond: l’esclavage, le génocide ( pour le peuple en Egypte) : la jalousie qui suscite le meurtre- (pensez à Caïn et aux frères de Joseph): la domination étrangère, l’exil et la déportation, (comme pour les juifs à Ninive et à Babylone):le faux témoignage et l’injustice, qui font condamner des innocents: l’idolâtrie qui détourne de la vérité.

Jésus ajoutera bien d’autres comportements qui perdent les humains: colère, mépris, mensonge, adultère, refus de croire, dépendance par rapport à l’argent, au besoin de briller ou de dominer les autres, peur de risquer sa vie pour assister des personnes en danger, refus d’obéir aux commandements donnés par Dieu pour réguler la vie relationnelle. Ces comportements représentent ce que la Bible appelle péché Pécher, c’est manquer le but, passer à-côté de ce qui rend juste selon Dieu, prendre une mauvaise direction qui conduit à une impasse, choisir ce qui tue plutôt que ce qui fait vivre.

Voilà exactement ce dont Jésus veut libérer. ceux qui croient en lui: “Dieu n’a pas envoyé son fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour sauver le monde par lui”. Et le “Je crois en Dieu” redit: “Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme”.

Comment Jésus sauve-t-il ? En donnant un enseignement qui transforme, éclaire et conduit à un changement de comportement. En vivant d’une manière nouvelle qui l’a rendu totalement libre par rapport au mal et au péché. En se consacrant fidèlement à la mission que le Père lui a donnée de guérir, d’éclairer et de libérer toute personne ayant besoin d’être arrachée à la domination du mal. Il s’y est investi jusqu’à l’extrême de l’amour et au péril de sa vie. Finalement, Jésus s’est livré entre les mains des hommes pécheurs qui le condamnent à mort: il s’est laissé exécuter injustement mais sans se retourner contre ses meurtriers dans un désir de vengeance.

Voilà ce que nous croyons: ce n’est pas la souffrance et la mort de Jésus qui sauvent, par elles-mêmes: c’est la manière dont Jésus a vécu cette mort totalement injuste. Et lorsque nous contemplons la passion de Jésus, son attitude, son courage, son amour nous touchent le coeur. Nous voyons en lui le Juste, l’homme courageux, celui qui vit d’amour et demeure sans haine, celui qui laisse agir le mal sans faire le mal: celui qui subit la souffrance et la mort sans maudire, mais en pardonnant: celui qui n’est jamais vaincu par le mal mais qui remporte la victoire sur le mal en faisant le bien.

Sauver, c’est terrasser le mal en mettant le bien à la place du mal.

C’est mettre la santé là où il y avait la maladie, faire grandir la paix et la justice là où guerre et injustices détruisaient tout..

Jésus a été meurtri, condamné, tourné en dérision par le comportement injuste de ceux qui se laissent dominer par le mal. En méditant sa passion, nous comprenons le cycle infernal du mal qui détruit l’humanité. Nous prenons conscience de notre dépendance par rapport au mal

Et, regardant l’amour du Christ, nous lui disons: “Jésus, fils de Dieu, sauveur, prends pitié de moi, pécheur”.

Alors notre coeur s’ouvre au salut.

Une lumière s’infiltre en nous.

Plus nous nous disons: “C’est pour me libérer du mal que Jésus m’a aimé jusqu’à donnner sa vie”, plus l’Esprit de Dieu agit dans notre conscience pour nous sauver.

Celui qui croit que Jésus veut le sauver, celui qui le prend pour guide, celui-là est déjà sauvé.

 

La SEPTANTE

 

Aux alentours des années 280 à 250 avant Jésus Christ, la langue grecque était devenue celle des gens cultivés. Alexandre le Grand (356-323), élève du philosophe Aristote, avait conquis une partie de l’Asie Mineure jusqu’à l’Indus, et fondé en Egypte, dans le delta du Nil, une ville portant son nom: Alexandrie: c’était en 332.

Les livres saints du peuple d’Israël étaient alors rédigés exclusivement en hébreu. Une tradition rapporte que Ptolémée, le souverain de l’Egypte, aurait confié à des juifs vivant à Alexandrie, le soin de les traduire en grec. Les 70 savants juifs ,(autrement dit septante juifs) auraient achevé ce travail gigantesque en 72 jours (globalement septante jours). Il semble plus probable que ces 70 savants ont effectivement traduit seulement les cinq premiers livres de la Bible appelés en grec le “pentateuque”. Les autres livres de la Bible furent traduits en grec par la suite. L’ensemble aurait été achevé vers la fin du second siècle avant J.C.

Pour désigner cette traduction grecque on prit l’habitude de l’appeler la “Septante”.

Cette Bible en grec représente donc, historiquement, la première traduction de l’ancien testament: une initiative qui n’a cessé d’être appliquée à des centaines de langues parlées aujourd’hui. L’une des plus célèbres fut la traduction en latin réalisée sous la responsabilité de St Jérôme, vers les années 400 de notre ère. L’Eglise catholique romaine a considéré cette traduction latine, dite la Vulgate, comme sa traduction officielle. Les églises orthodoxes, majoritairement grecques à l’origine, adoptèrent la Septante comme traduction officielle: elles sont en train de la retraduire en grec moderne.

Autre caractéristique importante de la Septante: plusieurs livres écrits partiellement en hébreu, furent traduits en grec alors qu’ils ne faisaient pas partie de la liste officielle des livres bibliques reconnus par le Judaïsme: Baruch, la Lettre de Jérémie, Tobit, Judith, le Siracide, le premier livre des Maccabées et les développements grecs de Daniel et d’Esther. Plus tard, certains livres bibliques furent écrits directement en grec et introduits dans la Septante: le livre de la Sagesse et le second livre des Maccabées. La Septante est ainsi devenue la version amplifiée de l’AT reconnue par les chrétiens orthodoxes et par les chrétiens latins puisque la Vulgate les a introduits dans sa version officielle. Le Nouveau Testament , quant à lui, a été écrit en grec: les évangélistes citent l’ancien testament dans la version grecque des Septante..

Le Judaïsme, vers la fin du premier siècle de notre ère, ne reconnut pas cette version amplifiée des écritures juives. Au seizième siècle, les Réformés les imitèrent. Selon une expression née à cette époque, on appela ces livres complémentaires des livres “deutérocanoniques”, appartenant, autrement dit, à une “deuxième liste”, en grec “deutéro”. C’était aussi, dans le contexte de l’époque, une façon de se démarquer de la version latine, la Vulgate, adoptée par les évêques romains dès le début du Concile de Trente (1545-1563) et déjà répandue par Gütenberg comme premier livre imprimé vers l’année 1440.

Retenons ceci: la Septante fut la première traduction de l’ancien testament hébreu dans une langue et une culture vivantes. Ce travail d’adaptation à la culture courante n’a jamais cessé depuis à travers le monde entier.Il a contribué à faire de la Bible un grand livre digne de figurer dans le Patrimoine de l’Humanité..

Les débats suscités par la Septante autour des livres “deutérocanoniques” trouvent leur prolongement dans la double édition de la Bible, avec ou sans ces livres, surtout depuis le XIX è siècle. Les chrétiens d’aujourd’hui choisissent donc l’une ou l’autre édition selon leurs préférences.

Actuellement, la fidélité aux textes de l’AT est recherchée prioritairement dans la fidélité au texte hébreu, langue première de l’AT. Mais, grâce à l’informatique, on peut déormais lire en parallèle le texte hébreu, la version grecque, la version latine, et de multiples traductions en français. Le but n’est pas de “faire savant” mais bien d’approcher au mieux le sens inspiré de la Parole de Dieu pour en nourri son existence. Ainsi peut-on dire que Dieu, maintenant, parle dans toutes les langues et pour toutes les cultures.

 

Copyright © All Rights Reserved