SacerdoceCdF

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Ministère

presbytéral

....Sacerdoce

 

Charles

de Foucauld

Etre ou non

ordonné au sacerdoce ?

 

Célébrer

pour un peuple ?

 

Rendre Jésus proche des

plus éloignés, des plus oubliés

Charles de Foucauld et la Bible,

lien< https://www.dropbox.com/s/i1zooe7iaua5l9t/CdF et la Bible%2C v4.pdf?dl=0>

Regards actuels

sur le MINISTERE presbytéral

et le SACERDOCE des Fidèles.

 

Le siècle dernier a montré l'étonnante variété de mise en pratique du ministère dans l'Eglise catholique. On a vu le prêtre curé de paroisse et le prêtre enseignant, le prêtre engagé dans les missions hors de France et le prêtre membre de sociétés de vie apostolique en France, le prêtre ouvrier et le prêtre dans les monastères où des activités lui étaient confiées selon les besoins, de la gestion d'une ferme aux travaux de comptabilité ou d'imprimerie, le prêtre chercheur et le prêtre spécialiste de sciences, de littérature, d'histoire, le prêtre écrivain et le vicaire de grandes paroisses auquel était confiée la gestion des mariages ou l'accueil des pénitents, etc....Rares furent les prêtres engagés en politique.

 

Pour certains l'activité quotidienne la plus caractéristique était la célébration de la messe et la prière du bréviaire. Aux yeux des chrétiens, la célébration de la messe demeurait le signe typique, ainsi que le port de la soutane comme moyen public d'identification. On l'appelait monsieur le curé ou monsieur le recteur, mon père ou monsieur l'abbé.Il était célibataire et vivait soit en communauté, soit seul dans un presbytère. Il prenait sa retraite généralement dans des communautés réservées aux autres prêtres.

 

Vers la fin du siècle dernier, en France du moins, des évolutions se sont manifestées suscitant souvent des débats, notamment depuis la fin du Concile Vatican II et les années 1968. Qu'est-ce qu'un prêtre ? Les prêtres ont-ils toujours été célbataires ? peuvent-ils être mariés ? syndiqués ? engagés en politique? maires ? peuvent-ils exercer une activité professionnelle dont ils tirent leurs ressources? En France, peuvent-ils adhérer au régime général de sécurité sociale ou doivent-ils adhérer à un régime spécial comme ministres du culte catholique? doivent-ils toujours porter la soutane? etc; etc...Et trop souvent les débats, dans l'opinion, tournent autour des questions secondaires et non sur ce qui constitue le coeur même du ministère voulu par le Christ.

 

Plus récemment, en France, les débats portent sur la diminution du nombre de prêtres et les moyens de mettre l'eucharistie à la portée des fidèles chaque dimanche - sur la mobilité des prêtres entre les diocèses ou les paroisses - sur la façon de les rétribuer correctement - sur la façon de répondre aux demandes de mariage de la part des prêtres - sur les crimes de pédophilie - sur les relations entre certains évêques diocésains et leur presbyterium - sur la pouvoir de décision en tout ce qui concerne la collaboration des fidèles, femmes et hommes, à l'activité pastorale, à la mission des laïcs en pastorale, à la gestion financière des paroisses et la formation chrétienne des laïcs.

 

Le vieillissement des prêtres, les limites de l'âge qui les affectent: comment y faire face? Peut-on confier à des hommes et à des femmes non-prêtres la célébration des obsèques ? des mariages ? des baptêmes ? de l'onction des malades? notamment dans les aumôneries d'hôpitaux, y compris autour de la confession? Les prêtres, de moins en moins nombreux, vont-ils devenir essentiellement des célébrants de la messe ? Ceux qui sont devenus prioritairement des célébrants de la messe expriment souvent leurs questions devant ce "ressèrement" de la mission qui leur fut confiée par l'ordination.

 

Les tensions entre prêtres et laïcs dans la conception de l'action pastorale, de l'évangélisation, de la gestion des sacrements, de la prédication, de la relation avec les laïcs, de la relaton avec les non chrétiens, non croyants, non pratiquants...avec les autres monothéismes...avec les opinions publiques...avec le laïcisme ambiant et la perte d'influence de l'Eglise romaine...avec la réforme de la Curie...

 

 

 

Charles de Foucauld et le sacerdoce

 

 

Fin octobre 1891: CdF est moine à la Trappe d'Akbès, il se demande avec crainte si, après sa profession, on ne l'appellera pas au sacerdoce: "..Je me défends à moi-même d'y penser, mais la dernière lettre de monsieur l'Abb& (Huvelin) me trace la conduite: en tout, me dit-il, exposer ses goûts; ses répugannces et puis faire ce qui est ordonné...J'ai un goût très vif pour demeurer jusqau'au cou dans le blé et dans le bois, et une répugnance extrême pour tout ce qui tendrait à m'élooigner de cette dernière place que je suis venu chercher, dans cette abjection dans laquelle je désire m'enfoncer toujours plus à la suite de Notre Seigneur; et puis, en fin de compte, j'obéirai". CdF Frère Marie-Albéric recherche surtout cette oblation totale à Dieu que la Trappe lui permet de faire le 2 février 1892. (JF Six, Itinéraire spirituel, p.129/130)

Aussitôt après sa profession, on se propose de lui faire suivre des cours de théologie. Il écrit à sa cousine de Bondy (22 août 1892) :"Je n'ai pas caché que je n'avais aucun attrait pour cette nouvelle vocation". Mais les cours commencent en début de carême 1893: "C'est très gravce; j'espère encore que cela ne me conduira pas au Sacerdoce" (28 février 1893 à sa cousine).

" Je suis très content d'étudier la théologie...Je reste plus désireux que jamais de ne pas devenir prêtre...Les études ne valent pas la pratique de la pauvreté, de l'anbjection, de la mortification, de l'imitation de Notre Seigneur enfin". (octobre 1893). CdF demeure inquiet, préoccupé: "Pour lui, être prêtre, ce n'est pas être à la dernière place; le prêtre doit gouverner, enseigner; or, Frère Marie Albéric veut se cacher et se taire, n'avoir aucune place reconnue, être, socialement, le dernier, devenir de plus en plus le pauvre de Jésus" (JF Six, IS p.132)

 

Janvier 1897: CdF est moine Trappiste, sous le nom de frère Marie-Albéric. Il fait à Dieu abandon complet de lui-même. Le 23 janvier le Père général le confirme dans sa vocation de Nazareth et l'invite à partir à Nazareth.

Le 24 janvier, CdF écrit au Père Jérôme, son ami trappiste: "Je que c'est ma vocation de descendre...toutes les portes me sont ouvertes, pour cesser d'être religieux de choeur et descendre au rang de familier et de valet...Je vous fais descendre aussi, mon si cher frère: être frère d'un domestique, d'un familier, d'un valet, ce n'est pas brillant aux yeux du monde.

Merci de m'ouvrir votre coeur sur vos désirs du sacerdoce: je bénis Dieu de toute mon âme de ce qu'il vous a inspiré ce désir... Il n'est pas de vocation au monde aussi grande que celle du prêtre: et, en effet, ce n'est plus du monde, c'est déjà du ciel...Le prêtre est quelque chose de transcendant, de dépassant tout...Quelle vocation mon cher frère et combien je bénis Dieu de vous l'avoir donnée!...Une fois, j'ai regretté de ne pas l'avoir reçu, regretté de ne pas être revêtu de ce saint caractère: c'est au fort de la persécution arménienne...J'aurais voulu être prêtre, savoir la langue des pauvres chrétiens perécutés, et pouvoir aller de village en village, les encourager à mourir pour leur Dieu...Je n'en étais pas digne...Là où on peut faire le plus de bien aux autres, là on est le mieux: l'oubli entier de soi, le dévouement entier aux enfants de notre Père céleste, c'est la vie de Notre Seigneur, c'est la vie de tout chrétien, c'est surtout la vie du prêtre" ( depuis Rome, 24 janvier 1897).

 

1897, Le voici chez les Clarisses de Nazareth.Il expérimente la présence eucharistique et la méditation de l'évangile. Il pense à ce que sera la vie des petits frères: «Ma règle est si étroitement liée au culte de la Sainte Eucharistie qu'il est impossible qu'elle soit observée par plusieurs sans qu'ils aient un prêtre et un tabernacle; ce n'est que lorsque je serai prêtre et qu'il y aura un oratoire autour duquel on puisse se serrer, que je pourrai avoir quelques compagnons... »

 

"L'eucharistie, le Christ ressuscité qui s'est donné...à tous jusqu'à la fin des siècles, l'Eucharistie ne fait-elle pas ce même travail silencieux ( de conversion) ? Voilà ce qui le pousse à devenir prêtre: pour l'Eucharistie ; et d'abord un Christ donné à ceux qui sont au-dehors, par les chemins , sur les places, ceux qui sont hors de la maison de Nazareth et de son festin, la vie même de Dieu partagée" (Charles de Foucaulsd, JF Six, Le livre ouvert,2005, page 53)

 

CE QUE CDF PENSE DE LA MESSE COMME OFFRANDE DU SACRIFICE DU CHRIST

 

"Le Sacrifice est unique. C'est le sacrifice appelé messe...Ce sacrifice est d'une sainteté infinie et d'un prix inifni puisque c'est Jésus s'offrant lui-même, la chose offerte n'est pas une choses créée et finie, mais Dieu lui-même, c 'est-à- dire l'infini. Une seule messe glorifie plus Dieu que ne pourrait le faire la louange de tous les anges et le martyre de tous les hommes....En assistant à la messe nous devons adorer Dieu en lui disant que nous l'aimons et lui appartenons. Le remercier des bienfaits dont il nous a comblés ainsi que tous les autres hommes. Lui demander pardon de nos péchés et de ceux de tous les hommes. Lui demander que nous et tous les humains fassions à tous les moments de la vie ce qui lui plaît le plus et le louions éternellement dans le ciel" (L'évangile présenté aux pauvres du Sahara, 1938, p.116) (date de ce texte de CdF ?)

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L'enseignement est classique, mais sa force a été déterminante pour décider Charles de Foucauld lui-même à revenir sur sa première résolution de ne pas demander le sacerdoce. L'aspect sac rificiel de la messe aurait contriibué à lui faire accepter l'idée du sacerdoce, si on le suit dans son élection du 26 avril 1900....Parmi les raisons qu'il retient il y a celle-ci: " Le prêtre continue son oeuvre et jamais ne l'imite plus parfaitement que quand il offre le saint sacrifice et administre les sacrements: une recherche de l'humilité qui écarterait du sacerdoce ne serait donc pas bonne car elle écarterait de l'imitation de Notre Seigneur qui est "la seule voie" et dont l'imitation est - pour moi, en particulier -) ma vocation spéciale".

 

Cet aspect sacrificiel explique aussi son désir de voir se multiplier les messes" - Bouvier p.268)

 

En aout 1900, Charles rentre en France. M. l'Abbé Huvelin est bien d'accord pour qu'il reçoive le Sacerdoce.

Il se prépare à la Trappe ND des Neiges, qui se trouve dans le diocèse de Viviers, dont Mgr Bonnet est l'évêque. C'est lui qui accepte de l'ordonner prêtre le 9 juin 1901. En adhérant aux perspectives de CdF qui anticipe l'idée des prêtres "fidei donum", prêtres d'un diocèse de France se mettant au service d'un autre diocèse, pour un temps plus ou moins long. "Mes retraites de diaconat et de sacerdoce m'ont montré que cette vie de Nazareth, il fallait la mener parmi les brebis les plus délaissées. Le divin banquet dont je devenais le ministre, il fallait le présenter, non aux parents, aux voisins riches, mais aux boiteux, aux aveugle, aux pauvres". Et son regard se tourne vers les populations du Maroc et du Sahara qu'il a parcourus: "Aucun peuple ne me semblait plus abandonné que ceux-ci". (JF Six, CdF p. 55)

" Je me réconcilie avec votre idée de l'Afrique si délaissée", lui écrit Huvelin le 26 juin.

 

Son projet de 1901 ? « J'ai été passer un an dans un couvent, à étudier, et j'y ai reçu les Sts Ordres. Prêtre depuis le mois de juin dernier, je me suis senti appelé aussitôt à aller aux "brebis perdues", aux âmes les plus abandonnées, les plus délaissées, afin d'accomplir envers elles ce devoir de l'amour :les confins du Maroc. »

 

CdF est à Beni Abbès le 29 octobre 1901, quinze ans jour pour jour après sa conversion de 1886.Il n'est plus "le père de Foucauld", mais le Frère Charles: "Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère, leur frère universel. Ma vie se partage entre la prière; puis (ce qui prend beaucoup de temps), recevoir les visites, quelques officiers, beaucoup de soldats, beaucoup d'Arabes, beaucoup de pauvres à qui je donne de l'orge et des dattes dans la mesure du possible. Seul prêtre à) 300 kms à la ronde". (JF Six, ibid, p 57).

N'étant pas seul, il a le droit de célèbrer l'eucharistie tous les jours.

Il cherche des compagnons pour vivre selon les mêmes perspectives. Ils ne viendront pas: sas règle de vie est trop sévère; elle ne convient qu'à lui. Mais il demeure prêt à tout: à voir se réaliser ses projets de "fondation" ou à rester seul.

"Je me vois avec étonnement passer de la vie contemplative à la vie du saint ministère. J'y suis conduit malgré moi par le besoin des âmes" (1902)

"Je suis surchargé de travail extérieur...Je suis de mon mieux le petit règlement que vous connaissez" (1902, à Mgr Guérin)

Les événements vont, de nouveau, se charger de faire évoluer ses conceptions. Il espère la présence de "prêtres-apôtres", une "avant-garde silencieuse" de l'action missionnaire (JF Six, Itinéraire, p. 288). Mais personne ne viendra.

 

Mars 1903, son ami Laperrine, promu commandant des oasis sahariennes, lui ouvre les yeux sur les touaregs. Ne seraient-ils pas ces hommes les plus éloignés de Dieu, les plus abandonnés? L'hypothèse s'incruste dans le coeur de CdF: "M'installer chez les Touarges, aussi au coeur du pays que possible" ...Aller préparer, commencer l'évangélisation des Touaregs, en m'é(ablissant chez eux...y prier, y étudier la langue, y traduire le Saint Evangile, entrer en relation avec les Touaregs, porter Jésus en silence chez ceux qui l'ignorent. (JF Six p. 294). Et donc y vivre sans clôture...et peut-être seul..et peut-être sans pouvoir y célébrer la messe. Telles peuvent être les conséquences d'une telle décision.

Apparaît en pleine lumière ce qui pousse intérieurement CdF à franchir ce pas: aller préparer l'évangélisation des Touaregs. Activité éminemment conforme au ministère presbytéral.

Le 30 juin, CdF écrit son "projet" à Mgr Guérin et à l'abbé Huvelin, non sans crainte: " Tout mouvement m'effraie, me donne comme un vertige, un effroi; je crains de faire fausse route...Crainte de l'illusion et de la lâcheté naturelle m'inspirent cet effroi à chaque action importante...Maintenant que ces deux lettres sont parties le même jour, c'est la paix, la joie, une confiance calme et un désir vif mais très tranquille". (à Mgr Guérin, 30 juin 1903)

Le 13 juillet, l'abbé Huvelin accepte le projet. Laperrine , le 22 juillet, lui envoie l'autorisation de s'établir chez les Touaregs.

Le 1er août, Mgr Guérin expose toutes les difficultés que susciterait cette installation chez les Touaregs, notamment le problème délicat : obtenir l'autorisation de dire la messe sans servant. Et surtout: " Votre place serait-elle bien là, à la remorque de ce camp essentiellement nomade, vous qui ne rêvez que de vie monastique?" (JF Six, Itinéraire p. 297)

Le 30 octobre, CdF écrit à l'abbé Huvelin: "Je renonce définitivement à mon projet de voyage et d'établissement plus au sud" : des combats ont eu lieu et le risque est trop grand.

 

Un ami de CdF, l'abbé Crozier, publie Excelsior en 1903, véritable somme théologique sur l'union à Dieu: aimer Jésus et faire connaître son amour, son coeur. Crozier, pradosien, du diocèse de Lyon, est imprégné de la spiritualité sacerdotale du Père Chevrier ( 1826-1879) exposée dans le livre "Le prêtre selon l'Evangile ou le Véritable disciple". A. Chevrier écrivait: "Étudier Jésus sera toute mon étude, imiter Jésus sera tout mon désir, le but unique de toutes mes pensées, la fin de toutes mes actions . A quoi sert l’Évangile, si on ne l’étudie pas ?". Ayant découverte la détresse des ouvriers, A. Chevrier fondait le Prado en 1860 en vue de l'annonce de l'Evangile auix plus déshérités. Le rapprochement est évident entre les spiritualités de CdF et celles de Chevrier et de Crozier: y sont inséparables l'amour du Christ et le désir de le faire connaître aux plus déshérités.

 

Le 15 juillet 1904, CdF écrit à l'abbé Huvelin: " Le bon Dieu m'a fait la grande grâce d'être depuis quatre mois dans un pays jusqu'à présent fermé à la sainte Hostie, au saint Evangile...J'y fais ce que je puis...Je tâche de mettre les indigènes, les Touaregs, en confiance avec moi, de les apprivoisier...de faire régner entre nous l'amitié...Je sème, d'autres moissonneront"

Entre le 13 janvier 1904 et le 24 janvier 1905, CdF va "nomadiser", se déplacer, à Timiaouin, Silet, Abalessa, Tit, Amra, Tazerouf, El Abiod, In Salah, Adrar, Timimoun, Ghardaïa. Le 13 août, il arrive à Tamanrasset et s'y construit une cabane.

 

En 1907, le Frère Michel, malade, le quitte. CdF n'a plus de servant de messe. Il ne peut plus célébrer l'Eucharistie tant que l'Autorité catholique ne lui donnera pas l'autorisation de célébrer la messe tout seul. Le 6 juillet, il reprend à Tamanrasset sa vie régulière et monastique. " Je ne puis dire la messe que de loin en loin quand il passe des Français". Noël 1907, Noël sans messe.

 

Il écrit à Mgr Guérin le 2 juillet 1907: "La question que vous posez: vaut-il mieux séjourner au Hoggar sans pouvoir célébrer la sainte messe, ou la célébrer et ne pas y aller, je me la suis souvent posée. Etant seul prêtre à pouvoir aller au Hoggar, tandis que beaucoup peuvent célébrer le très Saint Sacrifice, je crois qu'il vaut mieux aller malgré tout au Hoggar, laissant au bon Dieu le soin de me donner le moyen de célébrer, s'il le veut ( ce qu'il a toujours fait jusqu'à présent, par les moyens les plus divers). Autrefois, j'étais porté à voir, d'une part l'Infini, le Saint Sacrifice; d'autre part, le fini, tout ce qui n'est pas Lui, et à toujours tout sacrifier à la célébration de la sainte messe. Mais ce raisonnement dut pécher par quelque chose, puisque, depuis les apôtres, les plus grands saints ont sacrifié, en certaines circonstances, la possibiité de célébrer à des travaux de la charité spirituelle, voyage ou autre" (JF Six, Itinéraire, p. 329)

 

1908: CdF est dans la nuit, l'ultime abandon que Dieu lui propose de réaliser. Partout autour de lui c'est la misère: il n'a pas plu depuis deux ans, famine. Il s'effondre physiquement, renonce à tout travail. Mais le 31 janvier 1908 lui parvient l'autorisation de célébrer la messe sans servant Joie !

 

Il comprend de mieux en mieux que

- Jésus a sauvé l'humanité en souffrant sur la croix et en y vivant rejet et abjection - dont l'eucharistie est l'offrande renouvelée - .

- et aussi que Jésus a sauvé par toute sa vie publique, son enseignement, sa présence à Nazareth et sa vie entièrement donnée aux gens. Se livrer à tous, se consacrer à tous, donner sa vie, aimer, voilà aussi comment CdF se sent appelé à vivre en prêtre. L'abbé Huvelin l'avait incité à vivre dans cette perspective: "Nazareth est partout où l'on travaille avec Jésus dans l'humilité, la pauvreté, le silence" (18 septembre 1905)

 

Entre septembre 1907 et Pâques 1908, CdF pense de plus en plus à l'évangélisation des populations délaissées. Pendant sa retraite annuelle à In Salah il a l'idée d'une nouvelle Fondation. A Pâques 1908, il en compose les statuts: ce sera l'Union des Frères et Soeurs du Sacré Coeur de Jésus. Le 1er juin 1908 il en expose les grandes lignes à Mgr Guérin: "Association composée de chrétiens de tous sexes, de toutes conditions, qui aurait pour un de ses objets la conversion des infidèles" (JF Six, Itinéraire, p. 344)

 

Le ministère exercé par CdF comporte d'abord la présence, la proximité, la relation avec la population locale et sa variété: en imitation de Jésus qui vivait au milieu des gens de Galilée ou de Judée ( prioritairement les "brebis perdues") tout en faisant quelques "sorties" en territoires du " dehors", la Samarie, Tyr, Sidon ou la Décapole dans un esprit d'ouverture universelle, oeucuménique.

 

Spontanément, il exercera ce ministère d'incarnation jusqu'à la fin de sa vie, en communion avec son évêque, Mgr Bonnet dont l'âme missionnaire le soutient. Il célèbrera l'eucharistie pour que le Christ soit présent au milieu de ces populations. Et pourtant il sera capable de renoncera à la célébration eucharistique pendant plusieurs mois pour respecter les règles canoniques de l'époque. Jamais, par contre, il ne cessera d'assurer le ministère de présence et de proximité: nous mesurons ainsi la véritable priorité "ministérielle" de CdF, lui qui, jadis, envisageait surtout de multiplier les messes et les tabernacles.

 

LE 6 DECEMBRE 1911, il écrit au Père Voillard, son nouveau père spirituel: "Je soupire après le temps où, les outils nécessaires pour l'évangélisation étant terminés - lexique, grammaire, traduction des Sains Evangile et de quelques autres passages des Livres saints- je pourrai consacrer beaucoup plus de temps à voir les âmes, et ne pas me borner à lier amitié, mais à leur parler plus que je ne fais du bon Dieu et de Jésus. Il faudra bien quatre ans encore pour achever les outils. Ce retard n'est pas un mal. Les âmes seront mieux préparées, seront plus en confiance". (Bouvier, p.292)

 

Le 29 juillet 1916, à Charles Bazin; "Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiance, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire peut, quelques chrétiens (...) Il faut nous faire accepter des musulmans , devenir pour eux l'ami sûr, à qui on on va quand on est dans le doute ou la peine; sur l'affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument." (Bouvier p.295)

 

 

Alors que la théologie de son époque l'invitait à donner priorité à la célébration de la messe, CdF a compris intérieurement que l'imitation de Jésus l'invitait à donner de plus en plus d'importance à un ministère de présence, de proximité fraternelle, de défricheur préparant les humains à s'ouvrir un jour au Message du Christ. Indissociablement, à partir de l'année 1908, il a compris que tous les disciples du Christ devaient collaborer à ce ministère de défricheur, particulièrement lorsqu'ils vivent dans des pays ou des cultures hostiles ou fermées au message de l'Evangile.

Il est ainsi devenu un anticipateur sur la collaboration de tous les chrétiens à l'évangélisation de leurs contemporains, là où ils vivent.

 

On peut lire sur Wikipedia une présentation du rapport de CdF à l'EUCHARISTIE, au SACERDOCE, à l'APOSTOLAT

 

Après avoir été ordonné prêtre, Charles continue à accorder une importance primordiale à l'eucharistie. Dans sa solitude en plein Sahara, il écrit à Marie de Bondy qu'il est avec son « meilleur ami » et que « rien ne lui manque ». Il affirme « Quand on voit la sainte hostie, que dire sinon que la nuit de cette vie a perdu ses ténèbres?... À côté d'elle, tous les rois de la terre sont comme s'ils n'étaient pas, de purs néants ».

 

Charles de Foucauld développe une conception originale de l'eucharistie, qui constitue une nouveauté théologique. Il croit que la présence eucharistique rayonne, donne des grâces et permet, par sa simple présence, la sanctification de personnes qui vivent à proximité.

 

Cet amour de l'eucharistie se déploie au fil du temps : il écrit en 1907, à propos de sa dévotion à l'eucharistie : « Autrefois, j'étais porté à voir d'une part l'infini, le saint sacrifice, d'autre part le fini, tout ce qui n'est pas lui, et à toujours tout sacrifier à la célébration d'une sainte messe... Mais ce raisonnement doit pécher par quelque chose, puisque, depuis les apôtres, les plus grands saints ont sacrifié en certaines occasions la possibilité de célébrer à des travaux de charité spirituelle, voyages ou autres .

 

Il choisit de partir à Tamanrasset afin de vivre un plus grand amour du prochain, quitte à ne plus pouvoir célébrer la messe, ni adorer l'eucharistie, malgré la vraie souffrance que cette séparation entraîne. Il cherche alors à faire rayonner, dans la charité envers les autres, l'amour qu'il porte à l'eucharistie. Il veut voir « Jésus en tous les humains ». Il écrit quatre mois avant sa mort à Louis Massignon : « Il n'y a pas, je crois, de parole de l'Évangile, qui ait fait sur moi une impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : « Tout ce que vous faites à l'un de ces petits c'est à Moi que vous le faites. » Si l'on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, celles de la bouche qui a dit :« Ceci est mon corps, ceci est mon sang », avec quelle force on est porté à chercher et aimer Jésus dans ces petits. »

 

Un apostolat novateur

Charles de Foucauld découvre très vite la limite de l'évangélisation classique sur les populations touarègues. Celles-ci sont de nature assez indépendante, ce qui conduit Charles à refuser d'employer la prédication comme moyen principal des conversions. Son désir d'imiter la vie cachée de Jésus le conduit à innover de façon radicale dans l'apostolat, qui n'est dès lors plus conçu comme une stratégieD 5, mais consiste alors à essayer d'être, dans sa vie quotidienne, un exemple de vie chrétienne. Ceci se traduit par une présence chrétienne auprès des populations non-chrétiennes en menant une vie semblable à celles-ci, tout en cherchant à imiter la vie de Jésus.

 

Progressivement, Charles considère qu'il ne faut pas chercher à tout prix des conversions, encore moins des conversions forcéesD 6. Il faut aimer son prochain, même si sa religion est différente, le respecter, et essayer de le comprendre. L'étude de la langue touarègue par Charles de Foucauld entre pleinement dans cette démarche d'acceptation, de compréhension et d'aide aux populations pour lesquelles on ne fait « pour ainsi dire rien »..

 

Cette connaissance de l'autre doit conduire, pour Charles de Foucauld, à rechercher son bien-être matériel, par l'éducationC 8 et le progrès technique, mais aussi à développer l'intelligence de l'autre et sa dignité, et cela sans rien attendre en retour, afin de faire des populations indigènes « nos égaux ». Il écrit à Marie de Bondy : « Il faudrait instruire d'abord, convertir ensuite. On ne peut pas en faire d'abord des chrétiens et civiliser ensuite ». Cette démarche conduit ainsi à se faire aimer, pour mieux amener à la religion en la faisant aimer et apprécier par le comportement quotidien, qui est celui de l'imitation de Jésus. Comme il l'écrit à Mgr Guérin : « Prêcher Jésus aux Touaregs. Je ne crois pas que Jésus le veuille ni de moi ni de personne. Ce serait un moyen de retarder, non d'avancer leur conversion. Cela les mettrait en défiance, les éloignerait, loin de les rapprocher. Il faut y aller prudemment, doucement, les connaître, nous faire d'eux des amis ».

 

Il voulait pour son apostolat outre des sœurs blanches et des religieux, des professeurs qui viennent de France, professeurs de français (il apprenait aux enfants touaregs les Fables de La Fontaine) et de musique, puis des personnes étudiant la culture et civilisation touarègues pendant au moins six ans ; c'était donc déjà aussi une relation d'« amitié partagée » et non à sens unique, presque, dirait-on aujourd'hui, d'échanges culturels, la reconnaissance de leur culture et de leur identité.

 

Charles refuse pendant longtemps le terme de missionnaire : « Ma vie n’est point ici celle d’un missionnaire, mais celle d’un ermite », écrivait-il à Henry de Castries le 28 octobre 190533. Le 2 juillet 1907, il écrivait encore à Mgr Guérin, en soulignant les mots : « Je suis moine, non missionnaire, fait pour le silence, non pour la parole ". Ce refus d'être appelé missionnaire le conduit à vouloir développer un apostolat de la présence silencieuse, « incognito ». Dans sa correspondance, Charles est convaincu que cette présence est essentielle afin de « défricher », première étape à la conversion. Pour Charles de Foucauld, le premier apostolat que doivent poursuivre des missionnaires isolés est celui qui passe par « de la bonté, de l'amour et de la prudence », même si cette étape peut prendre des « siècles » avant la conversion. Outre son monumental dictionnaire français-touareg et les lexiques, les poésies touaregues, il avait traduit des extraits de la Bible en tamachek, la langue touarègue, ainsi que les quatre Évangiles, qui ne furent pas retrouvés.

 

 

 

 

 

 

 

Le "ministère presbytéral"

dans la Tradition catholique latine

 

Jésus-Christ a voulu donner au monde des Apôtres, des Serviteurs, des Anciens, des Missionnaires...

Il a formé les Douze et les Soixante dix pour cette mission ( voir tout l'évangile)

Simon Pierre, Paul, Jacques, Jean l'ont parfaitement compris. Ils savaient très bien qu'ils n'étaient pas les successeurs des "prêtres" du Temple de Jérusalem et que leur ministère relevait d'une tout autre perspective. (voir Paul à Tite et Timothée)

 

( lire en bas de cette page la comparaison entre les mots bibliques du "sacerdoce" et ceux du "ministère", ainsi que l'histoire brève de leur évolution, notamment en français)

 

Jésus a repris l'image biblique du Pasteur pour parler de lui et de ses apôtres.

Jean 10, Jean 21, dans l'esprit d'Ezéchiel 34 ( Dieu fait des reproches aux responsables du peuple - et aux membres du peuple. Il annonce qu'il reprendra directement le pastorat de son peuple )

Simon-Pierre commente: " 01 Quant aux anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler :

02 soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévouement ;

03 non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau.

04 Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas". ( I Pierre 5, 1 et ss)

 

Jésus a envoyé ses Messagers préparer sa venue:

Luc 10. 01 Après cela, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.

02 Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

03 Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.04 Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.05 Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”06 S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

07 Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.08 Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.

09 Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”

(...)

16 Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »

17 Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »

18 Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.19 Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.

20 Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

 

21 À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit :

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 22 Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

23 Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !

24 Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

 

Jésus a envoyé ses messagers pour une mission universelle:

Matthieu 28.16 Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.

17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.

18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.

19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

20 apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

Paul commente: I Corinthiens 1. 14 "Je remercie Dieu de n’avoir baptisé aucun de vous, sauf Crispus et Gaïus :15 ainsi on ne pourra pas dire que vous avez été baptisés en mon nom. 16 En fait, j’ai aussi baptisé Stéphanas et les gens de sa maison ; et je ne sais plus si j’ai baptisé quelqu’un d’autre.

17 Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

18 Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.

 

Paul aux "Anciens " d'Ephèse ( Presbytres)

 

Actes 20. 18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie :

19 j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ;

20 je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison.

21 Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus.

22 Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas.

23 Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent.

24 Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu.

25 Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume.

26 C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous,

27 car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu.

28 Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. ....

32 Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui a le pouvoir de construire l’édifice et de donner à chacun l’héritage en compagnie de tous ceux qui ont été sanctifiés.

33 Je n’ai convoité ni l’argent ni l’or ni le vêtement de personne.

34 Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons.

35 En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

 

 

L'évêque Boniface (un moine anglais du nom de Winfrid, auquel Grégoire II donna le nom de Boniface, fut l'apôtre de la Germanie et le réorganisateur de l'Eglise franque. Evêque pendant 32 ans, de 722 à 754, il parcourut la Germanie, établissant des diocèses et fondant des monastères. Il écrivit dans une Lettre n° 78 :

" Ne soyons pas des chiens muets, ne soyons pas des guetteurs silencieux, ne soyons pas des mercenaires qui fuient devant le loup, mais des pasteurs attentifs, veillant sur le troupeau du Christ, prêchant aux grands et aux petits, aux pauvres et aux riches, le dessein de Dieu, aux hommes de toute condition et de tout âge, autant que Dieu nous en donnera le pouvoir, à temps et à contre-tems, ainsi que saint Grégoire nous l'a prescrit dans son livre sur la charge pastorale".

 

On peut trouver des centaines de développements identiques dans les écrits des évêques, des papes ou des conciles.

 

Le Concile Vatican II, dans le décret sur la charge pastorale des évêques, ( octobre 1965) résume ainsi la mission:

 

" Le Christ Seigneur, Fils du Dieu vivant, est venu pour sauver son peuple du péché et pour sanctifier tous les hommes: comme il fut lui-même envoyé par le Père, ainsi envoya-t-il ses apôtres; il les sanctifia, en leur donnant le Saint-Esprit, pour qu'eux aussi ils glorifient le Père sur la terre et fassent que les hommes soient sauvés "en vue de l'édification du Corps du Christ " (Eph 4,12)

 

Le même Concile Vatican II, dans le décret "presbyterorum ordinis" (7 décembre 1965) rédigé et adopté en latin.

Le mot "presbyter" y est systématiquement employé pour désigner le ministère "presbytéral": malheureusement, les traductions françaises, ne disposant pas du mot "presbytres", ont systématiquement déformé le sens du mot latin en le remplaçant par "prêtres": seules sont correctement traduites les expressions "ministère presbyteral" , ou "presbyterium" pour désigner l'ensemble des "presbytres" d'un diocèse. En hébreu, grec ou latin les mots choisis désignent des Anciens, assumant une fonction de bon jugement, de communion, d'apaisement, de sagesse au sein de la communauté locale.

Le Nouveau Testament n'emploie jamais le mot "prêtre" pour parler des Apôtres ou des hommes assurant le rôle et la fonction d"Ancien" dans l'Eglise du Christ. Quand le NT emploie le mot "prêtre" c'est exclusivement pour parler des "prêtres du Judaïsme", des sacrificateurs officiant dans le Temple, des descendants de la tribu de Lévi et de la famille d'Aaron (kohen en hébreu, hiereus en grec, sacerdos en latin).(voir plus bas un développement à ce propos)

 

Jamais le Christ n'a dit à Pierre, Jacques ou Jean qu'ils devaient être des "prêtres": il leur a demandé de se comporter en Anciens, en Sages, en Pasteurs, en Serviteurs de leurs frères et soeurs chrétiens pour les aider à devenir ensemble un "peuple sacerdotal",

ce que Pierre a fort bien compris en écrivant aux chrétiens: "2. 09 Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. 10 Autrefois vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu ; vous n’aviez pas obtenu miséricorde, mais maintenant vous avez obtenu miséricorde". (I Pierre 2, 5, 9-10)

 

Le ministère presbytéral selon Vatican II: " Exerçant, pour la part d'autorité qui est la leur, la charge du Christ Chef et Pasteur, les "presbytres" (Anciens), au nom de l'évêque, rassemblent la famille de Dieu, fraternité qui n'a qu'une âme, et par le Christ dans l'Esprit ils la conduisent à Dieu le Père...Dans cette oeuvre de construction, la conduite des "presbytres", à l'exemple de celle du Seigneur, doit être d'une grande humanité envers tous les hommes... Ils ont à veiller, par eux-mêmes ou par d'autres, à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint Esprit, à l'épanouissement de sa vocation personnelle selon l'Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés...Pour arriver à cette maturité, les "presbytres" sauront les aider à devenir capables de lire dans les événements, petits ou grands, ce que réclame une situation, ce que Dieu attend d'eux. On formera encore les chrétiens à ne pas vivre pour eux seuls, selon les exigences de la Loi Nouvelle de Charité, mettre au service des autres le don reçu par chacun, afin que tous remplissent en chrétiens le rôle qui leur revient dans la communauté des hommes." (Decret sur le ministère, n° 6 - PO. 7 décembre 1965)

 

Fin 1973, dans le livre "Eglise et Ministères", Jean Charles Thomas développait alors quatre dominantes du ministère presbytéral:

1. Service... de l'initiative permanente de Dieu : être signe du Christ Tête de l'Eglise, notamment dans la célébration des sacrements

2. ...de l'universalité dans l'unité: veiller à la communion fraternelle

3. ...de la participation active des membres de l'Eglise: dans l'esprit des lettres de Paul, de Pierre, et selon la pratique de Jésus avec ceux qui le suivent.

4. ...de la collaboration au salut du monde: "Allez dans le monde entier", l'Esprit de Pentecôte "met au monde" l'Eglise du Christ

("Eglise et Ministères", J.C. Thomas, évêque d'Ajaccio, Fleurus, 1974, pages 129-139)

 

 

Jean Rigal, en 2011, rappelle:

"Dans une perspective relationnelle, les prêtres ne sauraient être définis seulement ni d'abord comme les hommes du sacrifice eucharistique. Ils sont plus globalement, les serviteurs du peuple de Dieu:

dans le triple service de la Parole de Dieu, de la vie sacramentelle et de la conduite pastorale.

Ces trois fonctions ne sont pas indépendantes, elles s'interpénètrent et renvoient l'une à l'autre. C'est l'une des insistances de Vatican II comme l'a souligné le théologien Joseph Ratzinger: le décret conciliaire sur le ministère des prêtres " présente un fait remarquable et surprenant: ce n'est pas en premier lieu le sacrifice qui rend raison du ministère des prêtres, c'est le rassemblement du peuple de Dieu" (Ces questions qui remuent les croyants, p. 288-289)

 

 

Le Pape François insiste sur plusieurs convictions que devraient partager tous les chrétiens, notamment tous les ministres d'une Eglise en mission:

(La Joie de l'Evangile, 2013)

 

46. L’Église “en sortie” est une Église aux portes ouvertes. Sortir vers les autres pour aller aux périphéries humaines ne veut pas dire courir vers le monde sans direction et dans n’importe quel sens. Souvent il vaut mieux ralentir le pas, mettre de côté l’appréhension pour regarder dans les yeux et écouter, ou renoncer aux urgences pour accompagner celui qui est resté sur le bord de la route. Parfois c’est être comme le père du fils prodigue, qui laisse les portes ouvertes pour qu’il puisse entrer sans difficultés quand il reviendra.

 

47. L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. ... et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est “ la porte”, le Baptême. L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles.[51] Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs.

Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.

 

48. Si l’Église entière assume ce dynamisme missionnaire, elle doit parvenir à tous, sans exception. Mais qui devrait-elle privilégier ?

Quand quelqu’un lit l’Évangile, il trouve une orientation très claire : pas tant les amis et voisins riches, mais surtout les pauvres et les infirmes, ceux qui sont souvent méprisés et oubliés, « ceux qui n’ont pas de quoi te le rendre » (Lc 14, 14). Aucun doute ni aucune explication, qui affaiblissent ce message si clair, ne doivent subsister. Aujourd’hui et toujours, « les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile »,[52] et l’évangélisation, adressée gratuitement à eux, est le signe du Royaume que Jésus est venu apporter. Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres. Ne les laissons jamais seuls.

 

49. Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je répète ici pour toute l’Église ... : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités.

Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures.

Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie.

Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37).

 

 

Suggestions pour nous, aujourd'hui .

 

Pour ceux qui assument un MINISTERE ordonné: épiscopat, presbytérat, diaconat - ou une MISSION pastorale déterminée

** Se poser périodiquement les questions suivantes, seul et avec d'autres:

- ai-je évolué dans la façon dont je conçois le ministère qui m'a été confié ? En quoi ? Particulièrement sur mon rapport au "sacré" et mon rapport au "souci de l'évangélisation" ? Suis-je d'abord soucieux de célébrer ou d'abord soucieux d'évangéliser ?

- est-ce que je suis prioritairement ou exclusivement en relation avec des chrétiens pratiquants pour répondre à leurs demandes ? ou prioritairement en relation avec les hommes et les femmes de mon temps, tels qu'ils sont, en portant toujours le souci de témoigner de ce que je crois et de leur proposer l'espérance chrétienne dans la mesure où ils n'y sont pas absolument hostiles actuellement?

- est-ce que je réfléchis avec d'autres sur la façon de vivre le ministère?

- à quels textes est-ce que je me réfère ordinairement pour mieux comprendre les axes majeurs du ministère chrétien? Bible ? Ecrits spirituels ? controverses théologiques? Concile de Trente ? Concile Vatican II ?

 

Pour les chrétiens

** Est-ce je suis globalement satisfait ou insatisfait des prêtres de ma paroisse ? de mon mouvement d'AC ? de mon diocèse ? de mon évêque ?

- Qu'est-ce que j'aime et approuve dans la façon dont vivent, parlen, prêchent, ou célèbrent les prêtres que je connais ? que j'ai connus ?

- Qu'est-ce je n'aime pas et désapprouve dans la façon dont vivent, parlen, prêchent, ou célèbrent les prêtres que je connais ? que j'ai connus ?

- Est-ce que ce sont des raisons fondées ou seulement des réactions épidermiques ? Sur quoi est-ce que je m'appuie pour réagir ainsi?

- Est-ce j'ai essayé d'en parler avec eux?

- Si un prêtre et un laïc donnent la communion qu'est-ce qui me guide pour aller vers l'un ou l'autre?

- Est-ce que je suis disponible pour assurer une mission dans ma communauté locale ? Est-ce que je refuserais? et pourquoi?

- Si un de nos fils voulait devenir "prêtre" quelle serait ma réaction ?

- Est-ce que je demande aux prêtres de me consacrer leur temps, parfois bcp de temps, pour s'occuper de moi ?

- Les "prêtres" sont-ils taillables et corvéables à merci, tous les jours de l'année ? Sont-ils exploitables jusqu'à la mort ?

- M'arrive-t-il de me soucier de leur solitude ? de leur santé ? de leur vie relationnelle ? de leurs moyens financiers ?

- Est-ce que je suis plus prompt à parler de leur habillement, de leur apparence, de leur tempérament - que de leur fidélité au ministère qui leur a été confié ?

 

 

 

Pour ceux qui adhèrent aux perspectives de Charles de Foucauld

** Qu'est-ce qui m'étonne, me réjouit, m'interpelle dans la façon dont CdF a d'abord refusé, puis désiré, puis accepté le sacerdoce ?

- sa conception de la messe, du saint Sacrifice dont la valeur est infinie ? de la présence "réelle" du Christ là où est l'Hostie ?

- sur quoi CdF a-t-il évolué dans son rapport au ministère ?

- de quel diocèse faisait partie CdF ? Pourquoi a-t-il été ordonné prêtre pour ce diocèse ?

- pourquoi CdF a-t-il choisi d'aller vers les Touaregs ? s'est-il installé à Tamanrasset?

- en quoi a consisté son sacerdoce au milieu des musulmans?

- CdF a-t-il décidé seul ? Avec qui a-t-il dialogué en tout ce qui concerne son ordination et son ministère ?

- CdF a-t-il cherché à rendre les baptisés attentifs à leur rôle évangélisateur ? A partir de quelle année surtout ?

- qu'est-ce que je retiendrais de la vie de CdF pour approfondir le rôle des "prêtres" dans le monde actuel?

Les MOTS bibliques du SACERDOCE

 

Hébreu: kohen (sacrificateur, prêtre) Qorban (offrande), Qodesh,Qadesh (sanctifié, consacré)

 

Grec: hiereus, archihiereus (sacrificateur, prêtre, grand prêtre) - hagion (saint, sanctuaire) - hieron (temple) - thusia (sacrifice)- thuein (sacrifier, immoler)

 

Latin : sacerdos (prêtre) - sacer (sacré) - sacerdotale- sacrificare, sacrificium (sacrifier, sacrifice) - sanctus (saint)-

 

Trois faits indiscutables dans le NT

 

1. Ces mots sont appliqués exclusivement aux prêtres ou sacrificateurs du temple de Jérusalem (descendance d'Aaron)

 

2. Les mots désignant le sacerdoce sont appliqués exclusivement au peuple de Dieu -ou réservés à Jésus Christ et seulement dans la lettre aux Hébreux.

( I Pierre 2, 5, 9-10 et Apoc 5,10 et 20, 6)

 

3. Aucun de ces mots n'est appliqué à Jésus ni à ses apôtres dans les textes du NT

 

 

Un constat historique: en l'an 70, les armées de Titus détruisent le Temple de Jérusalem.

Le sacerdoce et les prêtres chargés d'offrir les sacrifices disparaissent du Judaïsme.

 

***

Au fil des siècles, les textes de l'Eglise latine

- respecteront la différence entre "sacerdoce" et "presbyterat"

jusqu'à la séparation de 1054 entre l'Orthodoxie et la Latinité.

- et, progressivement, dans la latinité, la confusion se glissera entre "sacerdoce" et "presbyterat".

 

Le Concile de Trente (1545/1563) utilise de plus en plus souvent le mot "sacerdos" pour désigner les "presbytres" ou anciens, (avec rares exceptions, voir Alberigo, tome 3, p. 1513, pour initier une réforme du ministère presbytéral - et p.1523, canons 14 et 15)

 

Vatican II, 1965, reviendra au juste emploi du mot "presbyter" et non pas "sacerdos" dans son décret "presbyterorum ordinis".

 

Par contre, les traducteurs français, ne disposant pas du mot français "presbytre", et n'osant pas revenir au mot exact: "Ancien", feront systématiquement l'erreur de traduire "presbyter" par "prêtre". Toutefois ils respecteront la traduction de l'adjectif "presbytéral", et des substantifs "presbyterat" et "presbyterium".

 

La version française du Code de Droit canonique de 1983 recopiera ces mêmes erreurs (canons 757 et 759, par exemple) alors que la version originale latine utilise à bon escient le mot "presbyter".

Le Code multiplie des expressions nouvelles comme "ministère sacré", "ministres sacrés"...

 

Le Catéchisme de l'Eglise catholique de 1992 recopie ces erreurs de traduction française (entre autres n° 1553, 1554, 1562, 1563): et pourtant le sous-titre français qui précède le n° 1562 respecte le vrai sens des mots en parlant de "l'ordination des presbytres ".

 

On relève le même mélange de traductions exacte et de traductions erronnées dans la version française du Rituel de l'ordination au ministère "presbytéral".

***

 

Il faudra probablement encore de longues années avant que cesse la confusion entre les mots grecs ou latins du SACERDOCE

et les mots français du MINISTERE PREBYTERAL.

 

Mais, déjà, nous pouvons faire l'effort de ne pas confondre

ce qui relève du SACERDOCE

et ce qui relève du MINISTERE:

non pas par scrupule de linguiste

mais par fidélité envers ce que le Christ ressuscité attend de ses Apôtres, Anciens, Envoyés, Missionnaires

au bénéfice du Salut de l'Humanité.

 

 

 

Les MOTS bibliques du MINISTERE

 

Hébreu:zaqen (ancien) -Zabach (offrir) -

Ra'ah (berger, pasteur)

 

Grec:presbyteros (ancien, plus ancien) - presbyterium (ensemble d'anciens) - episkopos (veillant sur) - diakonos (serviteur) - diakonia (service) -

poimen, poimanô (berger, faire paître) - boskein ( faire paître) -

apostolos (envoyé, apôtre)

 

Latin : presbyter (ancien, presbytre) - presbyterium (groupe d'anciens) -episcopus (veillant sur, évêque) - diaconus (serviteur, diacre) -

pastor (pasteur)- missus (envoyé) -

ministerium (service, ministère)

 

Constat indiscutable dans le NT

 

Les textes du NT choisissent exclusivement parmi ces mots grecs et latins pour désigner

 

1. Jésus-Christ comme "envoyé du Père" ou "Pasteur" ou "Berger" dans l'accomplissement de sa mission d'évangélisation et de sauveur au bénéfice des humains.

 

2. les Anciens, Apôtres ou Envoyés du Christ,

les ministres du NT et leurs ministères au bénéfice des humains et dans l'Eglise de Jésus Christ

 

***

 

En lisant attentivement les textes des Conciles

d'avant 1054 et d'après 1054,

on observe des évolutions du vocabulaire latin et français (voir colonne ci-contre).

 

Du Concile de Trente au concile Vatican II, le vocabulaire privilégie la famille des mots du SACERDOCE, du Sacré, du Sacrifice, du Sacrificateur,

caractéristiques des Prêtres de la descendance d'Aaron.

Ceux-ci étaient prêtres de père en fils, mariés, et assuraient à tour de rôle le service dans le Temple de Jérusalem.

 

Le NT les mentionne souvent.

Ils représentent l'autorité religieuse dans le Judaïsme.

Le Lévitique définit leurs fonctions principales.

Ils feront partie de l'Autorité s'opposant

à Jésus de Nazareth et le condamnant pour blasphèmre.

 

Jésus n'était pas "prêtre" puisqu'il n'était pas de la descendance d'Aaron.

 

Jean le Baptiste, par contre, était prêtre, fils du prêtre Zacharie. Mais il n'assura pas le service dans le Temple de Jérusalem, en fidélité à une mission de préparation à l'accueil du Sauveur par la conversion personelle et le baptême d'eau.

 

 

Les prêtres ont disparu du Judaïsme

avec la destruction du temple de Jérusalem

en l'an 70

par l'armée romaine de Titus.

 

Jésus n'a pas fondé un nouveau "sacerdoce".

C'est toute son "assemblée", son "église",

qui est "sacerdotale",

chaque chrétien étant chargé de s'offrir au Père,

de se "consacrer à son oeuvre, la foi et l'Amour".

Deux dominantes

bien différentes

entre le

 

Sacrificateur,

prêtre,

affecté

aux réalités

cultuelles

dans un lieu sacré

et le Pasteur,

Ancien,

Sage

affecté aux

réalités pastorales

 

Envoyé de Dieu

dans la communauté

humaine,

en vue de

sa sanctification

selon la

Bonne Nouvelle

de l'Alliance

Depuis la destruction du Temple de Jérusalem en l'an 70 par l'armée romaine le Judaïsme n'a plus de célébrations sacrificielles, n'a plus de SACERDOCE selon Aaron, n'a plus d'offrandes d'animaux comme substituts du croyant.

Les SYNAGOGUES, lieux de rassemblement des Juifs croyants, avec les rouleaux des SAINTES ECRITURES sont devenues le coeur de la RELIGION, sous la responsabilité

prioritaire

des Rabbins.