RoisPremier

Rois, Premier Livre des Rois

ROIS Premier Livre

 

3, 4 à 15

 

Le rédacteur du Livre des Rois, après avoir raconté la prise du pouvoir par Salomon, sans en cacher les violences et les infidélités envers Yahvé, souligne son amour de la sagesse.

 

Une sagesse donnée par le Seigneur et non pas seulement innée.

 

Le récit du songe de Gabaon met en scène les désirs profonds de Salomon, pour assurer la bonne gouvernance du peuple que Dieu lui a confié. En réponse, le Seigneur comble ce jeune roi de tout ce qu'il a demandé et de beaucoup d'autres avantages ou richesse dont il n'avait pas fait mention.

 

Remarquer les expressions qui poussent tous les traits au maximum pour faire de Salomon un roi hors du commun, surpassant tous les souverains de son époque. Le rédacteur montre ainsi que Yahvé honore son propre peuple et dirige l'histoire au profit de ceux qu'il choisit.

 

Le lecteur que nous sommes doit bien comprendre le genre littéraire choisi par l'auteur: souligner la générosité de Dieu, servie par une toute-puissance que rien ne bride. Souligner aussi que l'être humain obéissant et reconnaissance envers Dieu est comblé tant qu'il reste fidèle, mais réduit à peu de choses quand il se laisse aller à l'orgueil ou à l'idolâtrie ou à l'ivresse du pouvoir et des plaisirs égoïstes.

*

Si tous ceux auxquels est aujourd'hui confiée une responsabilité de gouvernement pouvaient adhérer à cette prière pour bien gouverner selon la Sagesse de Dieu...

Il est permis de "rêver", à Gabaon ou dans toutes les capitales du monde contemporain !

 

17, 1 à 24

 

Cet homme porte un nom significatif : "Mon Dieu c'est Yahvé".

Plusieurs faits de son existence en constituent la preuve, selon le rédacteur du Livre des Rois.

1. Il s'adresse d'abord à son roi, résidant à Samarie, Achab. Un roi pire que ses prédécesseurs à la tête du royaume du nord, Israël. Il s'est détourné de Yahvé, il organise dans son palais le culte de Baal, il épouse une étrangère, Jézabel, fille du roi de Sidon.

(I Rois 16, 29-34). Il lui annonce que Yahvé, l'unique vrai Dieu d'Israël, fait tomber une période de sécheresse, pour faire réfléchir les gens d'Israël sur leurs méfaits. Et la sécheresse arrive, prouvant que Yahvé est bien le vrai Dieu, et non pas baal.

2. Elie échappe à la famine, en faisant ce que Yahvé lui dit. Il quitte la Samarie, part à l'est, traverse le Jourdain, et s'installe près du torrent de Kerith. Là, il a de quoi boire au torrent, et Yahvé veille à ce qu'il ne manque ni de pain, ni de viande (rappel de la manne et des cailles donnés par Yahvé au peuple pendant le séjour au désert). Les corbeaux sont les intervenants providentiels qui s'en chargent, dit le rédacteur.

3. Lorsque la famine devient plus sévère, Elie obéit à Yahvé qui lui demande de partir à l'ouest, de traverser le Jourdain et la Samarie pour rejoindre Sarepta, dans le territoire de Sidon, près du rivage méditerranéen, mais surtout pays païen, dont est originaire Jézabel, femme d'Achab. Elie va y manifester que Yahvé est vraiment le Seigneur.

4. Le rédacteur multiplie les détails significatifs : une veuve avec un fils unique est sur le point d'y mourir de faim, Elie lui promet que si elle l'accueille et le nourrit (lui d'abord, elle après ! effroyable égoïsme apparent d'Elie), obéissant ainsi à l'ordre de Yahvé - qui n'est pas le dieu de la veuve- alors elle échappera à la famine et sera un signe pour son pays...et pour Jézabel, sa compatriote et pour Achab, le roi impie.

Et il en fut ainsi, précise le rédacteur plein de finesses de style.

5. Pour en terminer avec ce récit, la fils de la veuve de Sarepta va perdre la santé. Tombé gravement malade, il est jugé quasi mort par sa mère qui se demande alors: le Dieu d'Elie est-il venu me punir de ne pas faire partie de ses fidèles ?

Elie interpelle donc son Yahvé (comme jadis Moïse dans le désert): " Veux-tu du mal même à cette veuve chez qui je suis venu en émigré au point que tu fasses mourir son fils?" (v.20).

A trois reprises, Elie sa s'étendre sur l'enfant, invoquer Yahvé en disant: "Que le souffle de cet enfant revienne en lui".. E

Et il en fut ainsi.

La veuve reçut son fils bien vivant.

Alors elle proclama: "Oui, maintenant, je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole de Yahvé est vraiment dans ta bouche" (v.34).

Elie accomplit ainsi sa première mission.

Non pas chez les gens de son peuple- devenus incroyants- mais chez des étrangers que Yahvé comble de biens avant même qu'ils ne reconnaissent comme leur Dieu.

 

L'histoire d'Elie n'en reste pas là.

Il va devoir maintenant affronter directement le culte idolâtrique et les crimes de sang de son peuple, soutenus par Jézabel et Achab.

Il deviendra ainsi Le Premier des Prophètes de Yahvé.

 

( Lire également Siracide 48, 1 à11 et 2 Chroniques 21,12)

Les évangiles parleront de lui à propos de Jean Baptiste et de la Transfiguration

 

 

17, 17 à 24

 

 

Elie, fuyant ses compatriotes qui se détournent de Yahvé en pratiquant la religion païenne de leurs voisins, se trouve en pays païen où une veuve découvre le Dieu d'Elie.

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Affrontée à une terrible famine, la veuve accepte généreusement de donner à Elise l'huile et la farine constituant ses derniers vivres avant de mourir. Et Yahvé récompense sa générosité: huile et farine suffisent pour nourrir la veuve, son fils, et Elie jusqu'à la fin de la famine.

Yahvé est un Dieu qui écoute les supplications de la veuve et de l'orphelin.

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Quand la veuve voit mourir son fils, elle réagit en s'en prenant à Elie et à son Dieu, comme l'aurait fait n'importe quelle veuve privée de son ultime soutien.

 

Elie intercède alors près du Seigneur. Il "fait comprendre" à son Dieu que pareille détresse n'est pas conforme aux "habitudes" de celui qui prend toujours la défense de la veuve. Et Dieu se laisse convaincre: il revient à ses déclarations habituelles et les met en pratique en redonnant vie au fils unique de cette veuve.

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Le Dieu d'Elie est ainsi présenté comme proche des petits et des pauvres: il protège leur existence contre la faim et contre la séparation de la veuve et de son fils.

 

19, 1 à 21

La mission continue

et s'adapte

 

Elie a défendu les droits de Yahvé avec énergie, y compris par l'épée. Et il s'est découragé, fuyant le lieu du combat.

Yahvé ne l'a pas abandonné.: Il a fait bouger les pensées d'Elie questionnant ainsi ses méthodes apostoliques !

Yahvé a relancé le zèle d'Elie, l'orientant vers de nouvelles missions. Toujours aussi fidèle Elie fait ce que Dieu lui demande.

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Parmi les ordres d'En-Haut figure la continuité du prophétisme. La Parole de Dieu doit parvenir au Peuple.

Elie (dont le nom signifie Yahvé est mon Dieu) transmet donc le flambeau à Elisée ("Dieu a aidé").qui devient serviteur, disciple et héritier de l'esprit d'Elise, mais à sa manière. Au lieu de faire pression sur ses auditeurs à la manière d'Elie, Elisée deviendra serviteur de guérisons et de la vie retrouvée, conseiller de rois et médiateur de pacification..

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Nul n'exerce la mission reçue sans s'impliquer personnellement. Le Message de Dieu prend ainsi les couleurs du messager.

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Nous pouvons le constater depuis des siècles. Le peuple de Dieu est un peuple de prophètes. Aussi parle-t-il de multiples langues, s'adaptant aux nations et aux époques. Mais le tempérament du messager ne doit pas étouffer ou déformer le Message.

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Chaque messager réagit à l'appel selon son tempérament. Elisée étonne donc Elie en prenant le temps de terminer son travail, de saluer les gens de sa maison et de leur offrir un repas d'adieu.

Le Message vient du Seigneur. Les messagers sont faits de chair et d'os, pétris d'humanité.

Ils peuvent rendre le Message sympathique: leur témoignage de vie peut malheureusement aussi rendre le Message peu désirable.

Le Seigneur fait comprendre à Elie qu'il doit exhorter et non pas exterminer, écouter Dieu au lieu d'imposer ses propres pensées, agir avec endurance et non pas se décourager devant l'opposition. Et, par dessus tout, s'adapter à la tendresse de Dieu, à son désir de voir les humains se laisser réconcilier avec Lui.