RecitsResurrection

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

Jésus se montre VIVANT après sa mort.

Les quatre évangiles relatent sous quelle forme Jésus se MANIFESTE

Deux mots (grecs) s'efforcent de NOMMER cette expérience :

Jésus est REVEILLE du sommeil de la mort: Jésus est RELEVE d'entre les morts

Un mot (français) résume cette expérience inédite: Il est RESSUSCITE

( Traduction: Nouvelle Bible de la Liturgie "Copyright AELF - Paris - 1980 - Tous droits réservés".)

MATTHIEU chapitre 28

 

 

01 Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.

 

02 Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.

03 Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.

 

04 Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.

 

05 L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.

06 Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.

 

07 Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »

 

 

 

 

08 Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

 

 

09 Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.

 

10 Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

 

 

 

 

11 Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.

12 Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme

13 en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”

14 Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

15 Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

 

 

 

16 Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.

17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.

 

 

18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.

19 Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

20 apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

MARC

chapitre 16

 

01 Le sabbat terminé,

Marie Madeleine,

Marie, mère de Jacques,

et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.

 

02 De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil.

03 Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »

 

 

04 Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande.

05 En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur.

 

06 Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé.

 

07 Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

 

 

08 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

 

( version complémentaire)

 

 

09 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.

10 Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient.

11 Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.

 

 

12 Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.

13 Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

 

 

 

14 Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.

 

 

 

 

 

 

15 Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

16 Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.

 

 

17 Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;

18 ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

 

 

 

 

19 Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.

20 Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Icône de la Résurrection

Oeuvre d'une petite soeur de Bethléem

réalisée à la demande de Jean Charles Thomas

qui la possède à son domicile

RESSUSCITER

La grande oeuvre de l'existence chrétienne

 

La tradition chrétienne des premiers siècles, qui a élaboré la règle de foi appelée Symbole des apôtres, a ajouté à la tradition apostolique rappelée par Paul aux Corinthiens la mention de la descente de Jésus aux enfers, insérée entre sa mise au sépulcre et sa sortie du tombeau : cela nous apprend que Jésus n'est pas ressuscité et monté au ciel seul, mais escorté par tous les Just

 

 

es des anciens temps à qui sa traversée de la mort avait ouvert les portes du séjour des morts et celles de la maison de son Père.

 

 

Tels étaient sans doute les « mystères du Royaume de Dieu » dont Jésus entretenait ses disciples avant son ascension (Ac 1,3), un Royaume qui allait devenir le sien par la volonté du Père d'y « transférer » la multitude de fils confiés à la garde du Fils unique, selon l'action de grâces à laquelle Paul invitait les Colossiens :

« Rendez grâces au Père qui vous a rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, Lui qui nous a délivrés de l'autorité de la ténèbre et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés » (1,12-14).

 

 

Nous discernons ici la vraie signification de la foi en la résurrection de Jésus.

Ce n'est pas de croire simplement qu'il est désormais vivant dans la béatitude céleste : cela pourrait n'être que crédulité, hommage rendu à un héros.

 

La foi vraiment salutaire est celle qui confesse le salut accompli en lui pour toute l'humanité.

 

Le salut n'est pas seulement promis, renvoyé à un futur lointain et indécis.

 

Il n'est pas achevé, certes, car il embrasse le cours entier du temps. Mais la résurrection générale des vivants et des morts est déjà commencée en Jésus : des vivants, car, «ensevelis avec lui par le baptême en sa mort »,

nous sommes destinés à revivre avec lui (Rm 6,4-5)

et même déjà ressuscites (Col 2,12),

entraînés par le courant de sa résurrection,

affirme saint Paul ;

 

et la résurrection des morts, explique-t-il également,

se distribue dans le temps

et se poursuit jusqu'à la fin des temps

à la manière d'une œuvre collective,

de la construction d'une maison,

dont tous ceux qui vivent et meurent dans le Christ sont à la fois les artisans et les matériaux :

« En lui, vous aussi, vous êtes ensemble

intégrés à la construction pour

devenir une demeure de Dieu par l'Esprit » (Ep 2,20-22).

 

 

Vision exaltante et exigeante.

 

La résurrection ne nous est pas proposée comme un repos dans la béatitude loin des tracas de la terre,

ni comme une récompense individuelle

et chèrement acquise,

ni comme un mirage rejeté dans le futur

inatteignable d'une explosion cosmique.

 

C'est un don, oui,

mais aussi un travail à entreprendre avec le Christ ;

pour l'éternité, oui, mais dès maintenant

et dès ici-bas.

 

Ressusciter en lui,

c'est porter sa charge d'humanité, prendre l'avenir du monde en charge,

participer à l'œuvre créatrice de Dieu,

actualiser son dessein sur l'univers,

mettre au monde patiemment une humanité nouvelle, affranchie de ses haines et de ses peurs,

réconciliée avec elle-même

par les liens de l'Esprit Saint.

 

Telle est l'intelligence du Royaume de Dieu, à l'œuvre dans les limites du temps et de l'espace pour les repousser à l'infini, qui se dévoile dans la foi à la résurrection de Jésus, advenue pour tous en Jésus.

 

 

En conséquence,

croire à la résurrection de Jésus

d'une manière efficace pour le salut,

c'est croire que nous sommes impliqués en elle

et vouloir nous y impliquer ;

c'est se confier à elle pour la traversée de la vie,

désirer qu'elle nous envahisse et nous entraîne,

lui confier nos envies de vivre et d'être heureux.

 

Paul l'enseigne en termes rigoureusement adéquats

de vie et de mort :

ressusciter dans le Christ,

c'est mourir avec lui au péché,

à l'égoïsme de la chair,

pour vivre avec lui d'une vie toute donnée aux autres

et à Dieu (Rm 6).

 

La foi dans la résurrection de Jésus

n'est pas la croyance dans un prodige insolite

ni dans le mythe d'un autre monde,

c'est une insertion dans une vision d'histoire,

une orientation de vie,

une décision de tous les instants,

engagement à vivre d'une vie toujours nouvelle

parce que sans cesse arrachée

à la complaisance en soi,

à l'inertie,

à la suffisance:

 

là est la vraie difficulté de croire à la résurrection et le sérieux de la foi que nous mettons en elle. (p. 48-50)

 

"L'Evangile de la Résurrection",

Joseph Moingt (Bayard 2013)

 

LUC

chapitre 24

 

 

01 Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.

02 Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.

 

03 Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

 

 

04 Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.

05 Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent :

 

 

«Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?

06 Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée :

07 “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »

 

08 Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.

09 Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.

 

10 C’étaient Marie Madeleine, Jeanne,

et Marie mère de Jacques ;

les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.

 

11 Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.

 

12 Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

 

 

 

13 Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,

14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

 

17 Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.

 

18 L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »

19 Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :

20 comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.

21 Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.

22 À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,

23 elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.

 

24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

 

 

25 Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

 

 

28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.

29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

 

30 Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.

32 Ils se dirent l’un à l’autre : «Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

 

33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :

34 « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »

35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

 

 

 

36 Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »

37 Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.

38 Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?

39 Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »

40 Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.

41 Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »

42 Ils lui présentèrent une part de poisson grillé

43 qu’il prit et mangea devant eux.

 

 

44 Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »

45 Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.

46 Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,

47 et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.

48 À vous d’en être les témoins.

49 Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »

 

 

 

50 Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.

51 Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.

52 Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.

53 Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

( Fin de l'évangile )

 

 

 

ACTES DES APÔTRES,

chapitre 1

 

01 CHER THEOPHILE, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença,

02 jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.

 

03 C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

 

 

04 Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :

05 alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »

 

 

06 Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »

 

07 Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

08 Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

 

 

 

 

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.

10 Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs,

11 qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

 

 

Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.

 

 

13 À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.

14 Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

JEAN

chapitre 20

 

01 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

02 Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

 

 

 

03 Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

04 Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

 

05 En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.

 

06 Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,

 

07 ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

 

 

08 C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau.

Il vit, et il crut.

09 Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

10 Ensuite, les disciples retournèrent chez eux.

 

 

 

 

 

11 Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

 

 

13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

 

 

14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

 

 

15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

 

 

16 Jésus lui dit alors : « Marie !» S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

 

 

 

 

19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

21 Jésus leur dit de nouveau : «La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.

23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

 

 

24 Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.

25 Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

 

 

 

 

26 Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »

 

 

27 Puis il dit à Thomas : «Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

28 Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

29 Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

 

 

 

30 Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.

31 Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

 

Chapitre 21

 

01 Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.

 

02 Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.

 

 

03 Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

 

 

04 Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.

05 Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »

06 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

 

 

07 Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! »

 

Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.

 

 

08 Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

09 Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

 

10 Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »

 

 

11 Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.

 

 

12 Jésus leur dit alors : «Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

 

13 Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

14 C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

 

 

 

 

 

15 Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : «Fais paître mes agneaux. »

16 Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : «Fais paître mes brebis. »

17 Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Fais paître mes brebis.

 

 

18 Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

 

19 Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit :

« Suis-moi. »

 

 

 

20 S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »

21 Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »

22 Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »

 

 

23 Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

 

 

 

24 C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai.

 

 

 

 

25 Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

 

ANNONCER

 

l'évangile

de la Résurrection

 

Voilà pourquoi le « ministère de la réconciliation », que Paul dit avoir reçu de Dieu par le Christ (2 Co 5,18), ne se limite pas à la rentrée en grâce des pécheurs avec Dieu par la rémission des péchés,

devenue l'un des sacrements de l'Église,

mais incombe à tous les fidèles comme la vocation

à œuvrer à la paix et à l'unité entre les hommes,

pour témoigner que Jésus a bien été envoyé par le Père à cette fin (Jn 17,21-22).

 

Les chrétiens désireux d'annoncer la résurrection de Jésus

se sentiront donc collectivement responsables du ministère de la réconciliation,

dont l'Église a la charge,

qui ne concerne pas les seules destinées éternelles des individus,

mais qui s'intéresse au cheminement de l'humanité dans le temps

et aux réalités terrestres à travers lesquelles l'humanité est appelée,

dès maintenant, à devenir création nouvelle.

 

Ils auront à cœur, pour cela, de s'engager dans les diverses activités

que l'Église déploie au service du monde,

qu'il s'agisse de favoriser la paix entre les peuples,

de désarmer les conflits sociaux,

de promouvoir la dignité et les droits de la personne humaine,

de dénoncer toutes les formes d'oppression et d'injustice,

de soutenir les efforts de juste libération,

de travailler à une meilleure répartition des ressources naturelles et des fruits du travail.

Les fidèles encourageront l'Église à remplir ses devoirs envers le monde,

et d'abord à ne pas tolérer chez elle

les pratiques discriminatoires et inégalitaires

qu'elle reproche à bon droit aux États et aux sociétés civiles.

 

 

Aucune religion, même adossée à une révélation,

n'est indemne des traditions culturelles

qu'elle traverse au cours de son histoire

ni des formes de vie sociale et politique

des pays où elle s'est implantée,

et toutes sont tentées de sacraliser ces traditions

et d'absolutiser ces formes au titre de la loi divine à laquelle elles sont vouées.

 

 

L'Église catholique n'a pas échappé à ces contagions ni à ces tentations.

 

Dans les circonstances présentes

où elle se sent en perte de vitalité et menacée par la sécularisation ambiante,

elle court le risque de se confiner dans le sacré,

de restaurer son passé, de se préserver des idées du temps,

de se soucier de son avenir plus que des affaires et des malheurs du monde,

et de ne plus traiter avec lui que du haut de sa chaire de vérité.

 

Les fidèles conscients de cette situation,

et de la responsabilité de l'Église qu'ils partagent avec ses pasteurs,

veilleront à l'orienter sur les voies

de la réconciliation avec le monde

et d'un service effectif du monde,

tant sur le plan local que sur un plan plus universel

à la mesure de leurs moyens.

 

Car toutes les sociétés humaines sont aujourd'hui affrontées

à des lendemains incertains, à des problèmes de survie,

et il est important que les communautés chrétiennes

en restent solidaires et leur donnent l'exemple des mutations nécessaires.

 

Dans ce même esprit universaliste et humaniste,

les fidèles ne craindront pas de travailler aux côtés

de toutes personnes de bonne volonté dans des organismes séculiers,

publics ou privés,

dans le but de réparer les fractures sociales,

sous quelque forme que ce soit,

et d'améliorer la condition humaine

sur tous les points où elle est en souffrance.

 

Ce ne sera pas déserter le service de l'Église,

mais jeter des semences d'Évangile dans les réalités terrestres ;

ni diminuer la part du religieux au profit de l'humanitaire,

mais traduire dans les faits la singularité du christianisme

en tant que religion d'un Dieu incarné et souffrant.

 

L'annonce de la résurrection

passe par le témoignage rendu à l'humanité de Dieu dans le service des hommes.

« Ayons à cœur ce qui est bien non seulement devant Dieu,

mais encore devant les hommes »,

recommande Paul (2 Co 8,21), qui précise ailleurs :

« Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu :

ce qui est bien, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12,2).

 

Éclairé par l'Esprit de vérité, le chrétien juge le monde (Jn 16,8),

il discerne ce que l'esprit du monde a de contraire à celui de l'Évangile,

il apprend à se juger lui-même,

et aussi à juger l'Église en fonction de ce discernement,

il acquiert la liberté de ne pas faire comme tout le monde

pour vivre en chrétien authentique,

et l'audace de chercher la vérité sur des voies nouvelles.

 

 

L'ambition du chrétien qui veut annoncer la résurrection

est de donner corps à cet « unique homme nouveau »

que Dieu a mis au monde dans la mort et la résurrection de Jésus, d'après saint Paul (Ep 2,15) ;

 

homme unique, au sens d'unifié,

par l'élimination de toutes divisions, inégalités et animosités ;

homme nouveau par la pratique du «commandement nouveau» (Jn 13,34),

celui de l'amour du prochain poussé jusqu'au don de sa propre vie

et à la réconciliation avec ses ennemis

pour être parfait comme le Père céleste est parfait (Mt 5,48).

 

Qui se met au service de la création nouvelle

se voit entraîné dans un renouvellement incessant,

douloureux, exigeant, exaltant, de lui-même,

de son intelligence et de sa volonté,

de ses projets et de ses méthodes.

 

Il témoigne ainsi que la résurrection de Jésus

est arrivée jusqu'à lui

et l'entraîne, avec toutes ses solidarités,

au-devant de Celui qui vient. (p 93 à 97)

 

"L'Evangile de la Résurrection", Joseph Moingt (Bayard 2013)

 

 

Comment les rédacteurs des Evangiles pouvaient-ils

faire comprendre l'EXPERIENCE

des femmes et des hommes devenus convaincus

que JESUS, après sa mort,

était demeuré VIVANT et restait EN RELATION avec eux ?

Réfléchissons sur les options qu'ils ont choisies,

sur les mots qu'ils ont sélectionnés,

sur les signes, images, symboles, réalités qu'ils ont utilisés.

 

1. Ils ont choisi deux MOTS

Se relever de la position des morts, couchés, allongés...être relevé, anastasis

Se réveiller du sommeil de la mort, reprendre contact, parler, regarder.

Le mot ressusciter n'existait pas. Les traducteurs français l'emploient généralement pour traduire "se relevers" ou "se réveiller". Quand nous lisons ou entendons les mots ressusciter ou résurrection, pensons qu'il s'agit d'un relèvement, d'une remise en position debout, d'un réveil après une phase d'absence, d'inattention.

 

2. Ils ont choisi une date: "le troisième jour".

Jésus avait régulièrement évoqué cette date quand il parlait de sa passion, de sa mort, et de son relèvement d'entre les morts.

Il répétait ainsi une ancienne façon de parler d'une action puissante de Dieu, utilisée dans les Saintes Ecritures.

Osée 6.2 "après deux jours Yahvé nous fera revivre, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence"

Luc 9.22 « Le Fils de l'homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, être réveillé » Luc 13.32 Il leur dit : « Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour je suis accompli !" (à la perfection, au terme, à l'achèvement de mon oeuvre)

Luc 24.21 Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Luc 24.46 et il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et serait relevé d'entre les morts le troisième jour".

Actes 10.40 "Dieu l'a réveillé le troisième jour et lui a donné de se manifester...,

1 Corinthiens 15.4 "qu'il a été enseveli, et qu'il a été réveillé le troisième jour selon les Écritures"

Voir aussi Apocalypse: 11 " Mais, après ces trois jours et demi, un souffle de vie venu de Dieu entra en eux : ils se dressèrent sur leurs pieds, et une grande crainte tomba sur ceux qui les regardaient."

Le troisième jour est celui où jaillit une clarté nouvelle sur la vie de Jésus après sa mort.

Avant le lever du soleil, des femmes se hâtent vers le tombeau: il fait encore sombre. Et voilà que tout s'éclaire pour elles, tout devient lumineux. La réalité leur apparaît, leur est manifestée.

Les évangélistes ne veulent pas dire, pour autant, que Jésus serait entré dans cette vie nouvelle seulement trois jours après avoir été crucifié.

La tradition a d'ailleurs indiqué "l'emploi du temps" de Jésus jusqu'au troisième jour. Il est "descendu aux enfers", ce lieu où séjournent les morts (selon la culture de l'époque) . Il y a retrouvé tous ceux qui attendaient une entrée dans une existence nouvelle. Il leur a annoncé que le moment était venu pour les humains ( adam et éve) de vivre avec Yahvé: les icones représentent Jésus sortant du séjour des morts en entraînant l'homme et la femme vers la lumière, vers le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

 

3. Ils ont écrit: "La tombe était ouverte".

Une tombe ouverte, ce n'est plus une tombe. Le rite final de sépulture, c'est de fermer le cercueil, puis de l'enterrer. Si la tombe est ouverte, c'est qu'un changement considérable est intervenu. La mort est un lieu clos dont on ne sort pas. Les lieux de vie, eux, permettent d'entrer et de sortir, d'aller et de venir.

Matthieu est encore plus concret, plus descriptif: il nous fait assister à l'ouverture du tombeau par un ange qui roula la pierre et s'assit dessus tandis que la terre tremblait. L'ange avait l'aspect de l'éclair, son vêtement était blanc comme neige. Les gardes se mirent à trembler et devinrent comme morts. Le même Matthieu avait déjà montré combien la mort de Jésus sur la croix avait été un événement impressionnant: "la terre trembla et les rochers se fendirent; les tombeaux s'ouvrirent, les corps de nombreux saints qui étaient endormis se réveillèrent et, sortant hors des tombeaux après le réveil de (Jésus) ils entrèrent dans la ville sainte et se manifestèrent à beaucoup" (27, 52-54). Dans l'AT les grandes manifestations de Yahvé ébranlaient la nature, entraînant tremblements de terre, éclairs, grands bruits, frayeurs des vivants. Les "Jours" de manifestation de Yahvé, les montagnes se fendaient, les étoiles tombaient du ciel, soleil et lune s'obscurcissaient. Matthieu réutilise ce genre littéraire conventionnel.

Des femmes témoignent: la tombe était ouverte. Elles sont soulagées car, en marchant vers le tombeau pour donner au corps de leur Jésus tous les soins qu'il méritait, elles se demadaient comment elles pourraient rouler la pierre qui fermait le tombeau creusé dans le roc. Elles, les vivantes, vont pouvoir honorer le mort qu'est devenu Jésus.

 

4. Ils ont précisé: "La tombe était vide". Conclusion: "ON" l'a enlevé.

Pas de cadavre. Pas de corps. Un tombeau neuf, redevenu vide de corps. Remis à neuf, pourrait-on dire.

Ce qui constitue un problème.

La seule explication envisagée par les femmes, notamment Marie de Magdala, est: "on a enlevé le Seigneur", on l'a volé, on nous l'a enlevé pour nous en priver. Quelle personne malveillante a pu faire une chose pareille ?

Marie de Magdala court avertir Simon Pierre et l'autre disciple: ils vont accourir pour vérifier si Marie a bien été fidèle au réel.

Matthieu, lui, évoque une autre hypothèse qui a circulé un certain temps: "Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit, pendant que les gardes dormaient..." (28,13). Hypothèse née dans la tête des grands prêtres et de pharisiens ayant bien retenu les paroles de Jésus, cet "imposteur qui a dit, de son vivant, "trois jours après je m'éveillerai". Alors, toi (Pilate) ordonne que le sépulcre soit surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent u peuple: "Il est réveillé des morts". Cette dernière imposture serait pire que la première". Une belle somme d'argent fut remise aux gardes pour qu'ils témoignent dans ce sens. (27, 63-65 et 28, 12-15).

 

 

5. Jean en dit plus : "Les linges de l'ensevelissement gisaient là, vides".

 

Le quatrième évangile fournit de nombreux détails (lieux, dates, fêtes) non mentionnés par les trois autres évangiles. En parlant du tombeau ouvert, il est le seul à rapporter le constat fait par Simon Pierre et l'autre disciple: les linges de l'ensevelissement étaient toujours dans le tombeau, à l'endroit où ils avaient enveloppé le corps, y compris le suaire toujours enroulé à l'emplacement de la tête. Mais...ces linges étaient affaissés, gisant, vides : le corps avait disparu.

Après ce constat fait par deux témoins,(donc, témoignage recevable) Jean ajoute:

- que "le disciple voit et croit" en faisant personnellement le lien avec les Ecritures ( et ce disciple, c'est lui)

- que les disciples retournèrent chez eux...

La disparition du corps amplifie la question: où est le crucifié? Seule la réflexion sur les Ecritures peut orienter vers la Foi en la Résurrection . Mais elle peut aussi en rester là: chacun retourne à la maison, à la vie courante.

 

 

6. Jean développe l'expérience de Marie de Magdala: absence, recherche, signe, mission.

 

Le quatrième évangile évoque l'expérience de Marie Madeleine: relisez 20, 11-18. Hors du tombeau, elle pleure l'absence de Jésus. Dans le tombeau, deux messagers (anges) l'aident à prendre conscience de son drame: on a enlevé "mon Seigneur". Elle est privée de sa présence.

Elle se retourne: le mot de la conversion, du retournement de la conscience et de la vie.

Et alors elle voit quelqu'un qui lui demande la raison de son désarroi. Elle le prend pour le jardinier. L'évangéliste évoque le symbole du jardin où Yahvé dialoguait avec le premier couple humain, du jardin où Jésus avait été semé, mis en terre, du jardin où l'humain est mis à l'épreuve, tenté, testé dans sa confiance. Du jardin où se fait entendre la "voix" du Seigneur.

Et la relation s'établit avec la Voix, la Parole, le Verbe. Relation nouvelle, différente.

Et Marie entend sa mission: "Va trouver mes frères" et dis-leur.....Ne reste pas seule, sors de ton chagrin, retrouve la communion fraternelle.

Et Marie devient le Témoin, femme, choisie par Jésus pour porter aux hommes disciples l'annonce de la Résurrection.

 

 

7. Un même Message pour tous.

 

Les évangélistes clarifient la situation, lèvent l'ambiguïté laissée par les visites au tombeau ouvert.

Un ou deux messagers (anges) annoncent le message:

Ne craignez pas ! Ne pleurez pas !

Je sais qui vous cherchez !

Il n'est pas parmi les morts!

Il est vivant, relevé, réveillé !

Il vous précède en Galilée, aux frontières du monde religieux et du monde païen !

C'est là que vous le verrez !

Deux mille ans n'ont rien changé à ce coeur du message pascal. Chaque expression demeure éternellement.

 

8. Des réactions permanentes: questionnements, bouleversements, silence, non-foi ...

 

Les évangélistes reprennent tous le même refrain: "Et ils ne les crurent pas".

Marc résume cette réaction spontanée au chapitre 16: 08 Les femmes sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

09 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. 10 Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. 11 Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.

12 Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. 13 Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

14 Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.

15 Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. 16 Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé

 

Les hommes disciples ne croient pas les femmes qui témoignent.

Thomas ne croit pas les dix autres.

Quand le Ressuscité se donne à voir, personne ne le reconnaît d'emblée.

C'est le signe qu'il a changé. Il ne vit plus comme avant. Il a changé de statut: visibilité, relation, convivialité.

La relation de chacun avec le Ressuscité suscite toujours les mêmes réactions.

L'expérience de la foi en Jésus ressuscité ne relève pas de la preuve scientifique: mais elle n'est ni folie ni naïveté.

Croire n'est pas voir. Nul n'est obligé de croire. Nul ne doit être contraint à croire.

Croire, c'est s'engager librement, c'est accorder sa confiance à quelqu'un qu'on a déjà quelques raisons d'aimer.

 

9. Le Ressuscité est le même qui fut apprécié, condamné et crucifié.

 

Les évangélistes soulignent cette identité, tout particulièrement Luc 24 et Jean 20 et 21..

Il montre ses mains, ses pieds, la trace du coup de lance à son côté.

Aux onze et à Thomas

Aux femmes revenant du tombeau.

 

Il refait des gestes familiers: manger, rompre le pain, inviter à table, offrir du poisson.

Il n'a rien d'un fantôme, rien d'un pur esprit désincarné. A la fois présent et absent: le même et tout autre.

Sur la route d'Emmaüs et au bord du Lac de Galilée.

Le Ressuscité demeure celui qui vit en relation, marche avec, écoute et dialogue, interpelle et guérit, pardone et relève,

Le Fils de l'homme et celui qui se désignait comme le JE SUIS, portant le Nom même de Yahvé,

Le Seigneur qui préside et le Serviteur qui se met à genoux devant de pauvres humains

Le Juste qui passa en faisant le bien, et le Fils Unique que les Autorités religieuses refusaient

L'homme de Nazareth acclamé par les foules, puis délaissé, trahi et livré à la mort.

Impossible de parler de Lui ou de le Suivre en retenant seulement un aspect de sa personnalité.

 

 

10. Le Ressuscité est indissociable des Saintes Ecritures

 

Tous les évangélistes rappellent que Jésus, de son vivant terrestre, annonçait sa mort et sa résurrection "selon les Ecritures".

 

Jean affirme: 20.08 C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

09 Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Luc insiste à plusieurs reprises.

- Avec les deux disciples sur la route d'Emmaüs: 24.25 Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

- Avec tous les disciples: 44 Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »

45 Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.

46 Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,

47 et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.

48 À vous d’en être les témoins.

 

L'expérience d'une relation authentique avec le Ressuscité a été et demeure fondée sur une lecture et une juste compréhension des Saintes Ecritures.

Cette expérience est offerte à tous les chrétiens d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Le disciple se nourrit du Pain de la Parole et du Pain eucharistique. S'il n'a aucune relation avec ces deux Nourritures que donne le Père, il risque fort de s'inventer son Dieu, de s'imaginer son Christ. Et de devenir un faux témoin, seulement plein de lui-même.

Le vrai disciple, lui, garde les yeux fixés sur le Seigneur,

attentif à sa Parole,

sûr de sa proximité,

en communion avec ses frères et soeurs:

"JE SUIS avec vous, tous les jours,

jusqu'à la consommation du siècle " (Mt 28,20)

 

 

11. "De tout cela vous êtes les Témoins".

"Ne tremblez pas, ne craignez pas ! Depuis longtemps, ne te l’ai-je pas fait entendre, ne te l’ai-je pas annoncé ? Vous êtes mes témoins ! Y a-t-il un Dieu en dehors de moi ? Il n’est pas d’autre Rocher ; je n’en connais pas." (Is - 44 : 08)

 

Luc rédige son évangile...d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. Lc - 1 : 02

 

Jésus dit...À vous d’en être les témoins. Lc - 24 : 48

...Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Ac - 1 : 08

 

Pierre dit: Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. Ac - 2 : 32

Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. Ac - 3 : 15

 

Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » Ac - 5 : 32

 

Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Ac - 10 : 39

...non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Ac - 10 : 41

 

Il est apparu pendant bien des jours à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple. Ac - 13 : 31

 

Pierre écrit: En effet, ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. 2P - 1 : 16

 

 

Ainsi donc, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, ( He - 12 : 01)

Un témoin, c'est d'abord quelqu'un qui existe, observe, voit, entend, retient. Un être d'expérience.

Il vit une relation avec le Dieu Vivant et son Fils, le ressuscité.

Il entretient cette relation en se laissant conduire par l'Esprit de Dieu.

Il rayonne de cette expérience, même sans le vouloir, même sans le savoir. Sa vie parle de Celui qui le fait vivre.

Il exprime ce qu'il croit lorsqu'il est questionné: avec clarté, douceur, courage, même si celui qui le questionne est un violent.

Comme Jésus avec ses disciples, devant les Autorités religieuses de haut niveau, devant les représentants du Pouvoir politique.

Il peut être Envoyé en Mission de Témoin: non comme un propagandiste, non comme un mercenaire tenu de faire des quotas, non comme un violent chargé d'imposer sa loi - mais comme un Ami parlant à des amis, comme un Frère dialoguant aves des frères et soeurs, comme une personne heureuse de proposer ce qui la fait vivre.

Il sait d'avance que son action ou sa parole sont seulement une occasion pour l'Esprit de faire jaillir le contact avec Dieu.

Et il en est profondément HEUREUX.

 

En quels termes ces témoins ont-ils parlé de Jésus ressuscité ?

 

PIERRE

- s'adressant à la foule le jour de Pentecôte:

Actes 2 22 Hommes d’Israël, écoutez les paroles que voici. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

23 Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.

24 Mais Dieu l’a ressuscité (relevé, anestêsev) en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.

....

30 Comme il (David) était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui.

31 Il a vu d’avance la résurrection (relèvement )du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.

32 Ce Jésus, Dieu l’a ressuscitérelevé) ; nous tous, nous en sommes témoins.

33 Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez.

...

36 Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. »

 

- dans le Temple de Jérusalem à la foule étonnée par la guérison de l'informe mendiant à la Belle Porte

Actes 3, 14 Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.

15 Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité (réveillé ) d’entre les morts, nous en sommes témoins.

16 Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous.

 

- devant le Conseil suprême du Judaïsme

Actes 5 30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ( réveillé) Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.

31 C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés.

32 Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »

 

- aux romains de la maison de Corneille, l'officier romain:

Actes 10. 38 Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui.

39 Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,

40 Dieu l’a ressuscité (réveillé) le troisième jour. Il lui a donné de se manifester,

41 non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection (relèvement) d’entre les morts.

42 Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.

 

- aux chrétiens de la Diaspora en Asie

I Pierre

1.3 Béni le Dieu et Père du Seigner de nous, Jésus Christ: dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés à nouveau pour une vivante espérance par le relèvement (anastasis) de Jésus Christ d'entre les morts..."

 

3.18 "Le Christ lui-même a souffert pour (peri) les péchés, une fois pour toutes, juste pour les injustes, afin de vous présenter à Dieu;

d'une part en étant mis à mort quant à la chair,

d'autre part en étant vivifié quant à l'Esprit..."

 

 

PAUL

- à Antioche de Pisidie

Actes 13 27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, ainsi que les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat ; or, en le jugeant, ils les ont accomplies.

28 Sans avoir trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort, ils ont demandé à Pilate qu’il soit supprimé.

29 Et, après avoir accompli tout ce qui était écrit de lui, ils l’ont descendu du bois de la croix et mis au tombeau.

30 Mais Dieu l’a ressuscité (réveillé) d’entre les morts.

31 Il est apparu pendant bien des jours à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple.

32 Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères,

33 Dieu l’a pleinement accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant (relevant) Jésus, comme il est écrit au psaume deux : Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré.

...

37 Mais celui que Dieu a ressuscité (réveillé) n’a pas vu la corruption.

38 Sachez-le donc, frères, grâce à Jésus, le pardon des péchés vous est annoncé ; alors que, par la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être délivrés de vos péchés ni devenir justes, 39 par Jésus, tout homme qui croit devient juste.

 

- Aux Juifs de la synagogue de Thessalonique

Actes 17. 02 Suivant son habitude, Paul entra chez eux. Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures,

03 dont il ouvrait le sens pour établir que le Christ devait souffrir et ressusciter (être relevé) d’entre les morts ; il ajoutait : « Le Christ, c’est ce Jésus que moi, je vous annonce. »

 

- Au Roi Agrippa, à Bérénice et au Romain Festus

Actes 26 199 Dès lors, roi Agrippa, je n’ai pas désobéi à cette vision céleste,

20 mais j’ai parlé d’abord aux gens de Damas et à ceux de Jérusalem, puis à tout le pays de Judée et aux nations païennes ; je les exhortais à se convertir et à se tourner vers Dieu, en adoptant un comportement accordé à leur conversion.

21 Voilà pourquoi les Juifs se sont emparés de moi dans le Temple, pour essayer d’en finir avec moi.

22 Fort du secours que j’ai reçu de Dieu, j’ai tenu bon jusqu’à ce jour pour rendre témoignage devant petits et grands. Je n’ai rien dit en dehors de ce que les prophètes et Moïse avaient prédit,

23 à savoir que le Christ, exposé à la souffrance et premier ressuscité ( relevé) d’entre les morts, devait annoncer la lumière à notre peuple et aux nations. »

24 Il en était là de sa défense, quand Festus s’écria : « Tu délires, Paul ! Ta grande érudition te fait délirer ! »

25 Mais Paul répliqua : « Je ne délire pas, Très excellent Festus ! Mais je parle un langage de vérité et de bon sens.

26 Le roi, à qui je m’adresse avec assurance, est au courant de ces événements ; je suis convaincu qu’aucun d’eux ne lui a échappé, car ce n’est pas dans un coin perdu que cela s’est fait.

 

- Aux notables Juifs de Rome

Actes 28. 23 Après lui avoir fixé une date, ils vinrent le trouver en plus grand nombre dans son logement. Paul rendait témoignage au royaume de Dieu, dans ce qu’il leur exposait, et il s’efforçait de les convaincre à propos de Jésus, en partant de la loi de Moïse ainsi que des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir.

24 Les uns se laissaient convaincre par de telles paroles, les autres refusaient de croire.

25 N’étant pas d’accord les uns avec les autres, ils s’en allaient, quand Paul leur adressa cette seule parole : « L’Esprit Saint a bien parlé, quand il a dit à vos pères par le prophète Isaïe :

26 Va dire à ce peuple : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.

27 Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.

28 Donc, sachez-le : c’est aux nations que ce salut de Dieu a été envoyé. Les nations, elles, écouteront. »

 

 

- Aux chrétiens de CORINTHE dans la finale de sa première lettre:

I Cor 15. 01 Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ;

cet Évangile, vous l’avez reçu ;

c’est en lui que vous tenez bon,

02 c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ;

autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.

 

03 Avant tout, je vous ai transmis ceci,

que j’ai moi-même reçu :

le Christ est mort à cause de nos péchés conformément aux Écritures,

04 et il a été enseveli ;

il a été réveillé le troisième jour conformément aux Écritures,

05 il s'est donné à voir à Pierre, puis aux Douze ;

06 ensuite il s'est donné à voir à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,

07 ensuite il s'est donné à voir à Jacques, puis à tous les Apôtres.

08 Et en tout dernier lieu, il s'est donné à voir à l’avorton que je suis.

......

11 Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez.

 

 

 

JEAN dans l'apocalypse

 

1.4 "JEAN aux sept Eglises en Asie, grâce et paix

...de la part ...de Jésus Christ, le témoin, le fidèle, le premier-né des mort et le prince des rois de la terre...

 

1.7 Voici il vient avec les nuées et tout oeil le verra

et ceux qui le transpercèrent

et se frapperont à son sujet toutes les tribus de la terre.

OUI. AMEN

 

1.8 Moi JE SUIS

l'ALPHA et l'OMEGA, dit le Seigneur Dieu

le ETANT,

le IL ETAIT,

et le VENANT,

le Tout-puissant (pantocrator)

 

1.9 Moi, Jean, votre frère

et votre compagnon dans l'épreuve, la royauté et la persévérance en Jésus....

 

 

Et l'ASCENSION ?

Luc est le seul à évoquer cette idée.

Les trois autres évangélistes n'en disent rien.

En lisant attentivement Luc nous constatons qu'il en parle à deux reprises,

dans des termes et "mises en scène" différentes.

Nous comprendrons mieux l'intention qui est la sienne.

Pour conclure son évangile (Lc 24,50-53, Luc choisit les verbes suivants:

- Jésus conduit ses disciples dehors (du cénacle ? de la ville de Jérusalem ? près de Béthanie?)

- Jésus lève les mains et les bénit

- il se sépara d'eux

- il était emporté au ciel

- et eux s'étant prosternés

- retournèrent à Jérusalem dans la joie

- et ils étaient dans le temple bénissant Dieu (fin de l'évangile)

 

Pour commencer son livre des Actes des Apôtres (Actes 1, 1 à 14)

Les expressions choisies par Luc

- Jésus donne ses ordres aux apôtres

- durant 40 jours

- et il est enlevé

 

- il s'était donné à voir

- leur avait parlé du Royaume

- partagé le sel avec eux,

- et prescrit de ne pas s'éloigner de Jérusalem

- mais d'attendre la promesse du Père: une plongée dans l'Esprit saint (baptême de Pentecote) dans peu de jours.

 

- Les apôtres questionnent: est-ce maintenant que tu rétablis la royauté pour Israël?

- Jésus élude la question, ne répond pas, mais répète: vous recevrez une puissance venant du Saint Esprit, et vous serez mes témoins...jusqu'à l'extrémité de la terre.

 

- Et alors, Jésus, les regardant,

- fut élevé

- et une nuée le soustrait de leurs yeux.

 

- Et comme ils fixaient leurs regards vers le ciel

- tandis que Jésus s'en allait

- voici deux hommes en vêtements blancs qui leur disent:

- Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous regardant vers le ciel ?

- "Ce Jésus,

celui qui est enlevé d'auprès de vous vers le ciel,

viendra de la même manière que vous l'avez contemplé s'en allant vers le ciel".

 

Depuis le mont des Oliviers, ils retournèrent à Jérusalem

- dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement

- les Onze (tous nommés individuellement)

- persévérant dans la prière,

- avec des femmes, et Marie la Mère de Jésus et les frères de lui.

 

Observez les différences choisies par Luc

pour faire comprendre des nuances de pensée:

 

- lieu de départ: Béthanie / Jérusalem, cénacle

- lieu de retour après le départ de Jésus: le temple/le cénacle

- les participants: apôtres seuls /ou la communauté des disciples élargieà des femmes, notamment la Mère et les Frères de Jésus

-la période: non mentionnée dans l'évangile / conventionnelle de 40 jours

- le ciel / la nuée, (expression biblique qui manifeste et voile la présence de Dieu)

- mention ou non de deux hommes en blanc portant le message explicatif

- les verbes: se séparer, être emporté, être enlevé, être élevé, s'en aller, venir et s'en aller...

 

Les intentions de Luc. Ce qu'il veut faire comprendre à ses lecteurs

 

Evangile: Jésus se sépare de ses disciples, devenus croyants et attendant l'Esprit (Pentecôte, 50 jours après Pâques).

Jésus rejoint le monde de Dieu (ciel), ayant achevé sa mission sur terre.

Conclusion brève d'un premier livre sur les actes de Jésus

 

Actes des Apôtres: ouverture plus développée d'un second livre sur les actes des Témoins de Jésus

- leur ultime formation à l'intelligence des Ecritures qu'ils vont exposer aux croyants

- leur très modeste compréhension du sens des réalités spirituelles par les apôtres ( royaume de Dieu ou royauté en Israël?)

- la fin de leur prise en charge directe par Jésus ( 40 derniers jours) et l'attente de leur prise en charge par l'Esprit Saint (dans peu de jours)

- la confirmation de la mission des Envoyés de Jésus - et par Jésus, et par deux hommes en blanc (évocation des messagersde Dieu dans la bible)

- l'heure est venue de la séparation: Jésus rejoint le monde de Dieu ( ciel, nuée) - et les Apôtres partent jusqu'aux extrémités de la terre, lieu de mission.

- l'assemblée des disciples s'élargit considérablement: passant de douze (évangile) à 120 (cénacle) et des milliers (pentecôte)

 

Le mot précis d' "Ascension" n'est pas utilisé par Luc:

il utilise par contre les expressions et images

de la séparation après un temps vécu ensemble,

de l'élévation dans le ciel ( le haut et le bas/ descente du ciel par l'incarnation/ montée au ciel comme retour vers le Père,

de l'exaltation au-dessus du monde humain,

de la nuée symbole biblique constant pour évoquer la présence et de l'action de Dieu dont les humains n'ont qu'une faible compréhension.

 

Paul écrit aux Ephésiens:

4, 09 Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre.

10 Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers.

 

Paul évoque aux Philippiens le parcours du Christ,

choisissant la condition humaine (descente, abaissement, anéantissement, service)

et recevant de Dieu le Nom au-dessus de tout Nom (exaltation, gloire, droit à l'adoration)

Phi. 2, 6 à 11)

 

Et les "Credo" reprendont ces images et comparaisons:

"Pour nous, les hommes, et pour ntore salut..

il descendit du ciel...

il est descendu aux enfers (séjour des morts)

il est monté aux cieux,

il est assis à la droite de Dieu "

 

( En complément : "Jésus, approche historique", José Antonio Pagola, Le Cerf, 2012, p.421 à 450 et 479-484 pour la Résurrection

note 7 des pages 439-440 sur l'Ascension).

 

 

 

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