Proverbes

Proverbes

PROVERBES (Livre des Proverbes)

 

 

8, 12 à 31

 

L'auteur du livre des Proverbes cherche à convaincre son lecteur pour qu'il devienne un vrai Sage.

Il met en scène la Sagesse s'adressant à l'ensemble des Humains. Il lui donne la Parole.

 

***

Alors, personnifiée, la Sagesse parle!

Elle se présente comme antérieure à toute la création, déjà là quand le Créateur lançait le cosmos et imaginait les personnes humaines. Tellement proche du Créateur, associée à toute son oeuvre de Sagesse.

Le plus divine des qualités de Dieu.

 

Non plus cachée en Dieu mais envoyée en mission parmi les Humains pour leur transmettre la Sagesse même de Dieu, source des plus grands biens.

Celle qui conduit toujours aux bons choix: qui protège contre les mauvaises solutions.

Sagesse divine, supérieure à tout.

Une voix à écouter, une route à suivre, un amour à imiter.

Elle ne cesse de se manifester aux personnes qui l'apprécient ou la désirent. Elle aime être aimée et accueillie.

 

***

 

Toutes ces expressions personnifiant la Sagesse s'adaptent parfaitement au Christ, Parole de Dieu incarnée pour nous faire découvrir le Dessein bienveillant du Père. Tout naturellement, les chrétiens appliquent au Christ cette personnification de la Sagesse. Son enseignement n'est-il pas le plus haut sommet de la Sagesse ?

 

9, 1 à 9

 

Le rédacteur des Proverbes vient de présenter la Sagesse comme une personne très proche de Dieu, connaissant pleinement ses pensées et désireuse de les proposer aux membres du peuple pour en faire l'âme de leur existence.

La voici qui invite à sa table  en hôtesse de grande qualité. A cœur de sa riche maison aux sept colonnes, elle prépare un festin : viandes savoureuses, vin parfumé. Elle envoie ses servantes proclamer sur les lieux élevés pour que tout le monde puisse entendre : Venez à table, mangez le pain qui vous transmettra mon intelligence, guérissant votre naïveté et rectifiant vos erreurs de jugement. Alors vous progresserez sur la voie qui conduit à la vie.

Les sages profiteront de ce banquet de sagesse. Les sots se laisseront piéger par Dame Sottise qui a dressé, elle aussi, une piètre table à laquelle elle convie les gogos toujours prêts à avaler les stupidités en vogue.

Chacun doit réfléchir et choisir la table opulente où les conversations, les nourritures et les boissons rendront meilleurs les convives préférant l'écoute de Dieu à l'écoute des conformismes à la mode.

Ainsi se terminent les 9 premiers chapitres de ce livre de proverbes dont la suite doit beaucoup aux collections du Moyen Orient. C'est aussi la partie la plus centrée sur l'origine divine de la véritable sagesse, la partie la plus proche de l'enseignement des Prophètes.

Ce livre est rédigé en hébreu. Le rédacteur en attribue la source à Salomon, fils de David, roi d'Israël (1,1) parce qu'il représente le modèle de sagesse le plus célèbre de l'époque.

 

Chapitre 31

 

Intéressant reflet de la culture de l'époque (ultime rédaction après l'exil ?) le livre des Proverbes mélange des apports venant du peuple Juif et des peuples voisins.

Il se termine par ce portrait d'une femme de valeur, alliant force intérieure et richesse.

*

Aux chapitres 8 et 9, le rédacteur a donné la parole à celle qu'il appelle La Sagesse, une proche de Dieu, invitant les humains à suivre ses conseils pour devenir intelligents, justes, actifs, responsables...

 

Il consacre la dernière page de sa collection de pensées positives à ce portrait d'une femme mettant parfaitement en application tous les conseils de Dame Sagesse.

*

Reprenant une technique littéraire alphabétique, il commence chaque phrase par une lettre de l'alphabet hébreu, et dans l'ordre exact de ces lettres ( de a à z , dirions-nous).

Il dresse donc le portrait en 21 qualité, autant qu'il y a de lettres.

 

L'impression d'ensemble ?

Cette femme de valeur ressemble à la femme idéale.

Active, très impliquée dans la vie de sa maison, elle y prend une place capitale.

Loin d'être une mineure soumise, elle mène une existence beaucoup plus indépendante qu'on ne l'imaginerait.

Elle travaille et produit de la richesse.

Elle se donne de la peine mais ne semble jamais fatiguée.

Elle n'est pas coupée de la vie sociale ou politique.

Sa richesse lui donne les moyens d'être généreuse envers les personnes à faibles ressources.

 

Son mari et ses enfants sont donc légitimement fiers d'elle: ils la trouvent exceptionnelle.

La dignité ne l'empêche pas d'être pleine de charme..

A l'origine de cette réussite exceptionnelle on reconnaît sa relation au Seigneur.

*

Nous retrouvons ici l'inspiration des premières pages de la Genèse ( même époque?) où le Créateur imagine et réalise une personne féminine égale en dignité à la personne masculine, les deux constituant le couple que Dieu aime, source d'une famille épanouie où chacun est respecté tel qu'il est et s'engage dans une existence durablement amoureuse, créatrice et éducatrice de vie, cellule fondamentale de la vie sociale, économique, religieuse.

*

Et si chaque homme tenté de machisme relisait régulièrement ce portrait ? et rédigeait le portrait de son épouse ? pour le lire devant les enfants, par exemple le dimanche ?