Nombres

Nombres

NOMBRES

 

6, 22-27

En ces premiers jours de l'année nouvelle nous allons exprimer nos voeux à ceux que nous aimons. Il s'agit de ce que nous leur souhaitons, de ce que nous désirons pour eux, du bonheur que nous leur voudrions. Il y aura des voeux prononcés du bout des lèvres, ne nous engageant en rien. Ceux qui aiment ne prononcent pas des voeux creux, stériles, platoniques: ils s'engagent à les faire aboutir en ce qui les concerne. *** Voici deux bonnes suggestions pour un début d'année de belle qualité: 1. En souhaitant une bonne année à nos parents et amis, joignons-y un minimum d'engagement intérieur. Je souhaite que celui-ci soit moins solitaire en 2012: que vais-je faire pour diminuer sa solitude ? - Je vais souhaiter qu'il soit libéré d'une dépendance : que ferai-je pour accompagner sa libération intérieure? - etc... 2. Et j'accompagnerai mes voeux de "prière de bénédiction" , selon les mots de la Bible au livre des Nombres. Demander à Dieu de bénir quelqu'un, le lui demander de toute son ardeur, c'est lui confier ceux que nous aimons pour que Dieu leur donne ce dont ils ont le plus besoin. Il juge mieux que nous les vraies attentes intérieures de nos proches. Faisons-lui confiance. Laissons à Dieu toute liberté. Il accordera ce que nous n'osons pas demander, ou ce que nous avons jugé inutile. Dieu donne LE MEILLEUR. Pour notre part, prions-le de faire du bien à ceux qui en ont le plus besoin.

 

11, 25-29

 

Moïse ne pouvait pas assumer tous les rôles au service du peuple.

La Bible parle plusieurs fois d’homme sages, dignes de confiance, incorruptibles, choisis par Moïse pour assurer certaines fonctions : juger, rétablir la paix, faire des discernement, conseiller ou répercuter les ordres venant de Moïse.

Dans Exode 18, 13-26, c’est le beau-père de Moïse, Jethro, qui donne le conseil judicieux de se faire seconder.

Selon Deut. 1, 9-18, c’est Moïse qui en a eu l’idée.

Le livre des Nombres nous propose ici une version accordant à Yahvé l’influence décisive : Moïse choisit 70 « anciens », les place autour de la Tente où il rencontre le Seigneur, et c’est Dieu qui donne à chacun une participation à l’esprit de collaboration, de sagesse, de courage et de discernement.

 

Non sans humour, l’auteur du livre affirme que deux collaborateurs supplémentaires se mettent à collaborer, en « prophétisant », c’est-à-dire en parlant selon l’esprit du Seigneur.

Un jeune rapporte le fait.

 

Réaction de Moïse ?

Admirable : si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes, ce serait merveilleux.

 

Le nombre de soixante dix va devenir

le nombre systématique des collaborateurs

assumant des ministères au bénéfice du peuple.

 

Ils seront toujours des membres choisis dans le peuple,

pour son bien,

investis d’un bon esprit de sagesse et de foi,

suscité par Dieu et authentifié par d’autres responsable du peuple.

 

Avec deux hommes supplémentaires.

D’où les variantes entre soixante dix et soixante douze.

 

 

Jésus, en plus des Douze, enverra en mission

soixante douze hommes (Luc 10, 1-12), certains manuscrits écrivant soixante dix.

 

Il les appellera « anciens », « plus anciens », presbyteroi,

pour qualifier leur ministère au sein de la communauté locale.

 

Tous les textes de Pierre, de Paul et de Jean

conserveront cette appellation et cette référence fondatrice

du ministère voulu par Jésus.

 

Lire aussi<www.thomasjch.com/motsministere.html>

 

 

20, 1 à 13 ( comparer avec Exode 17, 1 à 8)

 

Deux mots résument le manque de confiance du peuple envers son Libérateur.

*

Meribah: querelle, accusation. L'eau manque. Voici une nécessité vitale à satisfaire sou peine d'en mourir. Le peuple accuse carrément Moïse d'avoir programmé ce manque d'eau en amenant tout ce monde dans le désert.

Le peuple accuse Yahvé d'avoir quitté son peuple, de l'avoir abandonné en plein désert pour qu'il y trouve la mort. Le peuple interprète la réalité, cherche querelle à ses responsables, déclarés coupables ou mal intentionnés.

Cette attitude devient un nom de lieu: Meribah.

 

Massa ! Attitude complémentaire: lancer un défi, mettre à l'épreuve, tester les capacités de Moïse et de Yahvé de faire face à une situation difficile..

Le psaume 94/95 le rappelle: "Ils m'y ont défié, dit Yahvé, ils m'ont poussé à bout même après avoir vu ce que j'avais fait" (v.8-9)

"Vous ne mettrez pas Yahvé votre Dieu à l'épreuve, comme vous l'avez mis à l'épreuve à Massa".(Dt 6,16)

Jésus le redira au Satan qui l'invite à lancer un défi à Dieu en se jetant du haut du temple.(et la sixième demande du Notre Père pourrait se traduire: ne nous conduis pas à Massa et à Méribah!)

*

Yahvé a pourtant donné au peuple de l'eau jaillissant du rocher. Et la tradition identifie cette source à Yahvé lui-même. Yahvé le Roc, Yahvé la Source de la Vie.

**

Mais le peuple, autrement dit nous aussi, à certaines heures, nous accusons Dieu, nous lui lançons des défis: nous donner, sans délai, ce que nous demandons. Nous commandons à Dieu de nous obéir. Et, s'il ne nous obéit pas, nous l'accusons de nous laisser tomber, d'être impuissant, de ne pas exister.

Malgré tout ce que nous avons déjà reçu de lui et qui prouve sa fidélité attentive à nos vrais besoins

*

Dans la version parallèle de Nombres, 20, 2-13, Aaron accompagne Moïse - et il est seulement question de Meribah, de.querelle et d'accusation: "mais Yahvé saisit cette occasion pour manifester sa sainteté".

 

21, 4 à 9

 

Aaron vient de mourir : on l'enterre à Hor. Son fils Eleazar lui succède comme grand prêtre. L'ambiance est lourde. Une fois encore le peuple récrimine contre Yahvé et Moïse. Le séjour dans le désert, inconfortable, leur pèse: comme ils en ont l'habitude, ils accusent Dieu de mauvaises intentions à leur égard.

Le rédacteur interprète donc les morts par piqûres de serpents à une intervention de Yahvé pour éduquer son peuple à partir des situations de la vie courante.

Dieu donne en même temps le remède sous la forme d'un serpent enlaçant le haut d'un poteau assez élevé pour que tous puissent le voir.

*

Ce serpent de bronze ou d'airain agit comme un signe:

- rappel du mal qui fait souffrir jusqu'à mettre la vie en danger,

- proposition d'élever le regard intérieur vers Yahvé qui ne cesse de vouloir du bien à son peuple: la santé, la guérison, la fin des accusations, la redécouverte de sa bienveillance et de sa miséricorde.

*

Sont guéris et vivent

- ceux qui acceptent de regarder en face et de reconnaître leur maladie (adhésion aux suggestions du Serpent de Genèse 3, du Mauvais, du Pervers)

- et qui renouvellent ou renforcent leur relation avec le Dieu de l'Alliance et ses Dix Paroles de Vie.

*

"Ni herbe ni pommade ne vint les soulager, mais Ta Parole, Seigneur, elle qui guérit tout ", dira la Sagesse

"Celui qui se tournait vers ce signe était sauvé, non pas à cause de ce qu'il regardait, mais par toi, le Sauveur de tous" (16,5 à 14.)

*

Jésus se présentera comme le "signe" qui sauve ceux qui regardent vers lui dans la foi confiante (Jean 3, 14-15; 12, 31-35)