naissancejesusdecembre

Jésus est-il né autour du 21 décembre

de l'an 6 avant notre ère?

JESUS est-il né le 25 décembre ?

Une naissance passée inaperçue

 

Personne n’a mentionné la naissance de Jésus de Nazareth, officiellement fils de Joseph le charpentier et de Marie. Pas d’état civil. Pas de reporters signalant l’exceptionnel. Selon la loi juive, le nouveau-né est circoncis huit jours plus tard et ses parents lui donnent le nom de Yeshua, signifiant « Yahvé sauve ». Il va grandir, adoptant le Judaïsme comme religion.

De grandes fêtes jalonnent ses années : Pesah (Pâque) en mars/avril, commémore en famille la sortie d’Egypte (Exode) – Chavouot, 50 jours plus tard( d’où le nom grec de Pentecôte) remercie pour le don de l’Alliance et des dix commandements au Sinaï, en mai/juin – Soukkot, 6 mois après Pâques, invite les Juifs à vivre pendant une semaine sous des « tentes » en souvenir du séjour du peuple hébreu dans le désert.

 

Une mort très publique

Quand Jésus eut dépassé les trente ans, il célébra ces pèlerinages à Jérusalem. Ses interventions dans le temple à la « fête des Tentes » firent beaucoup parler de lui. C’est au début de la fête de Pâque (probablement de l’année 30) qu’il fut condamné par les Hautes Autorités du Judaïsme et livré au représentant de Rome pour sa mise à mort par crucifixion. Et, à la fête de Pentecôte de la même année, plusieurs de ses disciples menés par Pierre témoignent que Jésus est toujours Vivant, que Yahvé l’a relevé du sommeil de la mort, et qu’il est vraiment le Sauveur offert à tous les humains acceptant de changer de comportement et d’adhérer à son enseignement, à sa vie entièrement donnée, à sa passion causée par le péché des humains et à sa Résurrection fondement d’espérance. C’est comme un feu qui embrase un grand nombre de Juifs fidèles. Ils deviennent disciples de ce Jésus qu’ils reconnaissent comme le Messie, l’Oint (christos en grec) : on les appelle donc « chrétiens ».

 

La Bonne nouvelle de Jésus est prêchée

D’abord à Jérusalem, puis en Samarie et bientôt en Syrie, en Turquie, puis en Europe et jusqu’à Rome. Partout naissent des communautés chrétiennes. En l’espace de 25 à 30 ans.

Paul écrit à plusieurs communautés. Il développe son « évangile » autour de l’adhésion à Jésus sauveur, réellement crucifié à cause des comportements mensongers et homicides de beaucoup, réellement ressuscité selon les annonces prophétiques concernant « le » grand Serviteur de Yahvé. Cet évangile n’est pas réservé aux fidèles du Judaïsme : il est proposé aux Grecs comme aux Romains.

 

D’autres disciples de Jésus le Christ écrivent.

Quoi ? D’abord un récit de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus, événements fondateurs du « christianisme », se terminant par la demande d’annoncer cette Bonne Nouvelle au monde entier. Ils rapportent un certain nombre des enseignements donnés par Jésus, soit au petit peuple soit aux gens cultivés, soit à ceux qu’il avait choisis comme ses Envoyés (apôtres, en grec). Ils évoquent aussi le rayonnement exceptionnel de Jésus au bénéfice de nombreux malades, des guérisons inexplicables. Jésus est donc « le Juste, qui est passé en faisant le Bien » et qu’une Voix venant du Ciel a présenté comme «  Fils Bien-Aimé » lors d’une « transfiguration ». Pierre écrit qu’il était sur la montagne, qu’il a vu et entendu.

 

Ainsi naissent quatre écrits constituant d’abord des témoignages centrés sur l’adulte Jésus.

 

Luc et Matthieu ajoutent quelques paragraphes sur l’origine de Jésus, sa naissance, sur Joseph, sur Marie. Ils le font chacun à leur manière.

 

Luc précise qu’il a enquêté. Il donne des repères historiques sur le début de la vie publique de Jésus (Lc 3,1-2). Les annonces de la naissance de Jean et de celle de Jésus ont eu lieu « au temps où Hérode était roi de Judée » (Lc 1,5).

 

Matthieu compose un texte original sur l’annonce faite à Joseph, la naissance de Jésus « à Bethléem, en Judée à l’époque où Hérode était roi » (Mt 2,1).

 

Aucun de ces deux évangélistes qui, pourtant, s’intéressent à la petite enfance de Jésus, ne donne quelque date que ce soit pour sa naissance, hormis cette mention explicite d’Hérode dont les paramètres historiques sont bien connus : il fut roi de Judée de 37 à l’an 4 avant notre ère. Pour les quatre évangiles, la datation de la naissance de Jésus semble avoir trop peu d’importance par rapport à sa vie, son message, sa mort et sa résurrection.

 

Trois siècles de domination du culte romain.

 

Les adeptes du « christianisme » n’ont pas bonne presse. On les accuse de tout. Néron, dans son délire poético mystique, leur impute la responsabilité d’un grand incendie. Beaucoup d’empereurs organiseront la persécution de ces gens qui n’honorent pas les dieux de Rome et des Empereurs.

 

Au sommet de ce culte, Mithra, né le 25 décembre, à peu près au moment du solstice d’hiver. Le 16 de chaque mois et le dimanche, jour du soleil (en latin dies solis), étaient des jours sacrés. Venu du Moyen Orient, ce culte était particulièrement en honneur dans les Légions romaines.

 

L’empereur Aurélien, en 274, inaugure le Temple du Soleil sur le Champ de Mars à Rome.

 

En 313, l’empereur Constantin

rétablit la liberté de culte dans l’empire.

Il met fin aux persécutions. Il aide les chrétiens à s’organiser. Il place le Dieu des chrétiens au-dessus de son rôle d’Empereur.

Le Dieu des chrétiens devient le « Sol invictus », le Soleil invaincu :

à la place de Mithra dont le culte commence à décliner.

 

 

En 354, le Pape Libère en profite pour fixer au 25 décembre la fête de la naissance de Jésus, son « dies natalis » qui devient Noël. Il affirme ainsi que Jésus est le véritable « soleil invaincu » et qu’il mérite d’être célébré au moment où le soleil commence à faire reculer les heures de la nuit, effectivement quelques jours après le solstice d’hiver.

Les jours commencent à s’allonger.

Le Noël chrétien est né.

 

En 380, l’empereur Theodose impose le catholicisme comme religion d’Etat obligatoire.

 

En 392, le même empereur interdit les cultes païens, parmi lesquels figurait le culte de Mithra.

Celui-ci disparaît de l’Occident.

Jésus-Christ remplace Mithra,

les rites chrétiens remplacent ceux du mithraïsme.

 

 

Depuis 1947, des précisions inattendues

 

En 1947 des textes furent découverts dans les grottes de Qumran.

 

L’un d’eux a pour nom « le livre des Jubilés ».

 

Il semblait intéresser seulement les spécialistes de l’histoire du judaïsme au temps de Jésus.

On y trouve un calendrier du service assuré dans le temple de Jérusalem par les 24 classes de prêtres (1 Chroniques, 29, 1-19).

 

 

Or, Luc précise qu’il y avait « au temps d’Hérode, roi de Juda, un prêtre portant le nom de Zacharie, de la classe d’Abia…Vint pour Zacharie le temps d’officier devant Dieu selon le tour de sa classe ; suivant la coutume du sacerdoce, il fut désigné par le sort pour offrir l’encens à l’intérieur du sanctuaire du Seigneur » (Luc 1, 5 et 8-9)

 

Faisons un recoupement avec le calendrier du livre des Jubilés

http://www.louisg.net/C_essenien.htm

 

Le service d’une classe durait exactement une semaine.

Il commençait le jour du sabbat à midi. Il revenait donc à la même classe exactement 24 semaines plus tard.

Pour que les 24 classes fassent exactement le même nombre de semaines de service dans le temple, on avait établi un calendrier sur un cycle de 6 années (soit 6 x52=312 semaines, nombre exactement divisible par 24 classes).

 

Chaque classe assurait donc 13 semaines de service réparties sur 6 années. Ingénieux. A tel point que ce calendrier servait aussi à préciser les dates : d’abord la semaine puis les jours (classe sacerdotale Abia, cinquième jour = mercredi de la semaine du service de la classe Abia)

 

Ce calendrier était reproduit à un certain nombre d’exemplaires.

Les manuscrits de Qumran en comportent plusieurs, parfaitement identiques.

Tous sont antérieurs à l’an 70 de notre ère, année de la chute de Jérusalem et de la destruction du temple…et de la fin du service des 24 classes. Année où furent cachés les manuscrits dans les grottes de Qumran.

 

« Le manuscrit 4Q320 précise que la première garde de la première année incombait à Gamul qui l'effectuait donc du 28/12 du mois solaire précédent au 03/01 du premier mois solaire de l'année…Notons que John P.Pratt, diplomé d'astronomie et spécialiste de chronologie religieuse dont le site est ici (www.johnpratt.com/), après de savants calculs pense que l'époque de ce calendrier de Qumran que nous avons tenté de mieux connaître serait le Mercredi 25/03/42 av. J.-C du calendrier grégorien. Je rappelle que l'époque (epact en anglais) d'un calendrier c'est la date du premier jour du premier mois de sa première année. Il aurait cessé d'exister en 70 ap. J.C. au moment de la destruction du Temple » (site www.louisg.net).

 

SI nous acceptons le mercredi 25/03/42 av. JC comme point de départ du cycle de six ans, nous constatons que

ce cycle a recommencé le 25 mars des années 36, 30,24,18, 12 et 6 avant notre ère.

 

La sixième année du cycle commencé en l’an 12 nous sommes donc en l’an 7.

 

Or, cette année-là, la classe d’Abia a accompli son service une première fois à partir du 4 avril une seconde fois à partir du 21 septembre de l’an 7.

 

Adoptons cette date comme celle à laquelle Zacharie fut « tiré au sort » pour assurer le service au nom de la classe d’Abia dont il faisait partie.

Il reçoit l’annonce de la naissance d’un garçon : son épouse Elisabeth est enceinte. Le garçon naîtra 9 mois plus tard, soit autour du 21 juin de l’an 6.

 

 

Luc a pris soin de préciser à deux reprises que Marie reçoit l’annonce de la naissance de Jésus tandis que sa cousine Elisabeth « en est à son sixième mois » (Lc 1,26 et 36). Donc autour du 21 mars de l’an 6.

Ce qui conduit à dater la naissance de Jésus neuf mois plus tard, autour du 21 décembre de l’an 6.

 

Recoupons cette date avec les données chronologiques de Matthieu concernant le massacre des garçons de moins de deux ans autour de Bethléem ordonné par Hérode après avoir enquêté près des Mages sur la date de naissance du « roi des juifs » (Mat 2, 8+13+16).

Hérode est mort en l’an 4 avant notre ère. Il est parfaitement plausible qu’il ait ordonné la mort des garçons nés entre les années 7 et 4 avant notre ère.

 

Luc (2, 8 à 20) mentionne l’annonce faite aux bergers qui « dans les champs, veillaient les veilles de la nuit sur leur troupeau ».

Ils allèrent « jusqu’à Bethléem ».

Selon des traités anciens, les Juifs distinguaient trois types de troupeaux. A laine blanche, les bergers pouvaient les rentrer, le soir, dans les bergeries situées dans un centre habité. A laine mélangée noir et blanc, ou à laine noire, ces troupeaux étaient considérés comme impurs et les bergers n’avaient pas le droit de les faire entrer, le soir, dans un centre habité. Ils devaient donc passer aux champs les veilles de la nuit, quelle que soit la température en hiver. Et il leur fallait se déplacer (sans leurs bêtes) pour aller en ville. D’où leur statut d’hommes des champs, marginaux, exclus de la vie courante, participant à l’impureté de leurs bêtes.

 

 

 

 

Pouvons-nous conclure ?

 

. Les données chronologiques de Luc et de Matthieu ne seraient pas exclusivement symboliques : entre autres, évocation d’Hérode pour rappeler le pharaon qui décida le génocide des garçons , évocation de Jésus échappant au massacre à l’image de Moïse – évocation des bergers comme premiers destinataires de la Bonne Nouvelle pour anticiper l’attitude de Jésus fréquentant les gens marginaux ou considérés comme infréquentables : possédés, taxateurs, lépreux.

 

. Luc a enquêté.

Il a retenu des éléments chronologiques qui lui semblaient utiles :

Abia, les bergers avertis de nuit, dans les champs, à proximité mais hors de Bethléem, voyant le « bébé enveloppé de langes et couché dans une mangeoire » (2, 7 +12+16).

 

Le même Luc a daté le début de la prédication de Jean-Baptiste par rapport à Tibère, Ponce Pilate, Hérode Antipas et Philippe, les fils d’Hérode le Grand, Lysanias, Hanne et Caïphe (3, 1-2).

Donc autour de l’an 27/28 de notre ère. « Jésus, à ses débuts avait environ 30 ans » (3,23). Si Jésus est né fin décembre de l’an 6, il avait effectivement 32 à 33 ans au début de sa vie publique.

 

. Matthieu précise que les Mages d’Orient virent « le petit enfant dans la maison » (2,11). (en grec paidion, petit enfant, et non plus bréphos, bébé ; oikia, maison et non plus phatnè, mangeoire).

Un certain temps s’est écoulé depuis la naissance de Jésus. Joseph a reçu un message : « prends le petit enfant et sa mère et fuis en Egypte ». Ce qu’il a fait « de nuit » (2,13-14). Hérode donne donc l’ordre de tuer tous les « enfants ..de deux ans et au-dessous selon l’époque qu’il se fit préciser auprès des Mages » (2,16).

 

. Pour Luc et pour Matthieu, les données chronologiques sont premières : elles fondent le récit.

Elles s’appuient sur des traditions qui leur ont paru dignes de foi historique.

En même temps, Luc et Matthieu en profitent pour évoquer des prolongements symboliques sur la personnalité de Jésus, sur les annonces faites par certains textes bibliques et que Jésus réalise pleinement dès le début de son existence.

 

. Jésus « incarne » les Paroles de Dieu inscrites dans les Saintes Ecritures :

il est « l’agneau de Dieu »

et le « berger »,

dira Jean l’évangéliste (Jn 1, 14 ; 1,29+36 ;10, 11+14)

.

« Quand est venu l’accomplissement du temps, Dieu a envoyé son fils, né d’une femme et assujetti à la Loi », écrira Paul aux Galates (4,4).

 

. Et si les dates de mars, de juin et de décembre ont été retenues pour célébrer l’Annonciation, la naissance de Jean-Baptiste et la naissance de son cousin Jésus, ce n’est pas essentiellement pour fêter symboliquement le printemps ou l’hiver avec son « sol invictus ».

C’est aussi – disons prudemment - ce serait aussi et d‘abord parce que des traditions orales avaient conservé ces dates comme étant celles des naissances de Jean et de Jésus.

 

- Donc avant la décision du pape Libère en 354.

Celui-ci aurait ainsi tenu compte ET des traditions orales concernant la vraie date de naissance de Jésus, ET des symboles concernant le Jésus historique, Soleil levant, invaincu et invincible par sa Résurrection d’entre les morts.

 

Jean Charles Thomas

12 janvier 2011