Moise

Nicodème

 

Nicodème a beau n’être mentionné que 5 fois dans tout le Nouveau Testament, et encore dans le seul évangile selon Jean, il tient une belle place dans la mémoire collective des chrétiens.. Même le dictionnaire Larousse lui consacre plusieurs lignes: les voici “notable juif, membre du sanhédrin (évangile de Jean). Pharisien, il fut un disciple secret de Jésus dont il alla, avec Joseph d’Arimathie, réclamer le corps à Pilate”.

Un détail seulement est inexact: Dans l’évangile,Nicodème n’est pas nommé avec Joseph d’Arimathie lorsque celui-ci réclame à Pilate le corps de Jésus. Par contre, l’évangéliste le mentionne comme ayant participé à l’ensevelissement de Jésus: c’est Nicodème qui apporte un mélange de myrrhe et d’aloès , en riche quantité (cent livres, soit 30 kilogs), probablement déposés dans le tombeau , autour du corps de Jésus, lui-même enveloppé des linges funéraires, linceul et suaire, selon la manière d’ensevelir chez les juifs, précise Jean qui écrit bien après les faits et en pensant à ses lecteurs non-juifs, qui ignorent les coutumes ancestrales du monde juif.

Cette présence de Nicodème au moment de l’ensevelissement a de quoi nous étonner. Luc, Matthieu et Marc nous disent que plusieurs femmes regardent la scène de l’ensevelissement: elles reviendront le lundi matin pour embaumer le corps de Jésus. Le quatrième évangile ne mentionne pas leur présence, mais parle de Nicodème, tandis que les trois autres évangiles parlent seulement de Joseph et ne soufflent mot sur Nicodème.

Luc précise que Joseph “était membre du Conseil, homme juste et bon, il ne s’était pas associé au dessein ni aux actes du Conseil, et il attendait le royaume de Dieu” . Jean va plus loin en affirmant: “Joseph d’Arimathie était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs”.

Le même évangéliste Jean ne dit rien de tel sur Nicodème, au moment de l’ensevelissement de Jésus pour la bonne raison qu’il a déjà parlé deux fois de ce notable juif, le seul à s’être opposé ouvertement à ses collègues au moment où beaucoup étaient divisés au sujet de l’identité de Jésus: un vrai Prophète ? le Messie? un illuminé? un homme dangereux? Les chefs des prêtres et des pharisiens semblaient unanimes pour rejeter Jésus: unanimes, sauf un, précisément ce Nicodème qui ose contrer les autres avec courage:”Selon notre loi, nous ne pouvons pas condamner un homme sans l’avoir d’abord entendu et sans savoir ce qu’il a fait”. Les autres notables lui rétorquent, non sans mépris:”Es-tu de Galilée, toi aussi? Examine les Ecritures, et tu verras qu’aucun prophète n’est jamais venu de Galilée”. (Jn 7. 45-52)

Nicodème avait donc défendu Jésus, non pas forcément en tant que disciple, mais au nom d’une juste application de la Loi religieuse qui imposait un véritable jugement, avec deux témoins et possibilité donnée à l’accusé de se défendre. L’évangéliste Jean nous fait ainsi toucher du doigt la forte et belle personnalité de Nicodème.

Car déjà, ce quatrième évangile avait rapporté un long entretien de Nicodème avec Jésus., de nuit. A cet homme de haute culture Jésus avait révélé des réalités spirituelles capitales: Dieu est Souflle suscitant toujours la vie et le salut des personnes humaines. Ce Dieu aime l’humanité entière et lui donne son Fils pour qu’il devienne leur lumière. Mais beaucoup préfèrent se passer des lumières de Dieu .Toute personne doit choisir en conscience: ou bien regarder vers le Fils de Dieu, accepter une nouvelle naissance, qui consiste à croire et à développer ce germe d’une vie nouvelle grâce à l’Esprit de Dieu, - ou bien rester enfermé sur soi et refuser tout ce qui vient de Dieu, amputant ainsi l’existence de sa dimension spirituelle . Jean consacre tout le chapitre 3 à cet enseignement capital de Jésus.

En montrant Nicodème présent lors de l’ensevelissement de Jésus, avec Joseph, l’évangéliste nous dit : les notables juifs ne furent pas tous des opposants à Jésus: certains furent convaincus que Jésus de Nazareth avait vécu en bon fidèle Juif et avait enseigné la juste relation entre les humains et Dieu. Toutefois, ces notables furent retenus par la crainte et ne devinrent pas publiquement disciples de Jésus.

Je vois en Nicodème le type même des croyants convaincus qui ne vont pas jusqu’à leur plein épanouissement spirituel et chrétien parce qu’ils craignent de perdre l’approbation de leur entourage ou des opinions dominantes.

 

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

MATTHIEU 19.9

Les multiples TRADUCTIONS du mot grec «porneia »

 

 

Septante grecque : « Si ce n’est pour porneia »

Vulgate : nisi ob fornicationem

 

TOB : sauf en cas d'union illégale

Bible Jérusalem : pas pour « prostitution »

Bible Français Courant : alors qu'elle n'a pas été infidèle

Colombe : sauf pour infidélité

Darby : non pour cause de fornication,

Corse : ne u casu d'unioni for di lege,

Segond 1910 :sauf pour infidélité

Nouvelle Bible Segond : sauf pour inconduite sexuelle

Nouvelle Edition de Genève : sauf pour infidélité

Parole de Vie : sauf quand le mariage est contraire à la loi

Semeur 2000 : sauf en cas d'immoralité sexuelle

Osty : sauf pour fornication

Chouraqui : sauf à propos de sexe

Deiss : si ce n’est pour inconduite

Liturgique : sauf en cas d’union illégitime

 

 

 

 

Parallèles :

 

Mat 5.32 (pas d’exception)

Marc 10, 11-12 (pas d’exception mentionnée). Mais Marc mentionne la répudiation du mari par son épouse : « Et si c’est elle qui, après avoir répudié son mari, en épouse un autre, elle commet l’adultère »(Osty)

Luc 16.18 (pas d’exception)

 

 

Personnellement, j'opte pour le sens suivant: Jésus affirme que l'union conjugale entre un homme et une femme est définitive (indissoluble) SAUF s'il s'agit d'un acte du genre "prostitution".

 

Dans ce cas, il n'existe rien d'autre qu'un acte sexuel n'engageant ni l'homme ni la femme, acte n'impliquant pas une relation psychologique d'affection.

 

 

Par contre, si l'homme et la femme se sont engagés selon Dieu, en conscience, librement et profondément pour mener durablement la vie commune, il s'agit d'un vrai mariage, cette union dont parle la Bible en Genèse 2. Celle que le Créateur Yahvé Elohim veut entre l'homme et la femme....depuis l'origine...et encore maintenant.

 

MOÏSE

 

Elle n’est pas banale, l’histoire de Moïse. Hébreu né en Egypte, il aurait dû être éliminé conformément à l’ordre du pharaon qui voulait limiter la prolifération des garçons du peuple hébreu, ses esclaves. Mais la fille de pharaon récupère ce petit hébreu dans le panier de papyrus qui dérivait sur le Nil. Elle le fait allaiter par la mère de l’enfant puis l’adopte en l’appellant Moïse, parce que ce nom signifie “retiré” de l’eau.

Sauvé des eaux, Moïse sauvera plus tard ses frères de race. Élevé comme un égyptien libre, il libèrera le peuple hébreu auquel le pharaon refusait la liberté. Connaissant le culte religieux des égyptiens, il fera découvrir aux hébreux le Dieu de leurs ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Il transmettra les dix commandements de Dieu, il éduquera le sens religieux de son peuple, il organisera le culte en le confiant à son frère Aaron, il sera l’intermédiaire permanent entre le peuple et Dieu. Il conduira le peuple aux frontières de la terre que Dieu avait promise.

Les livres de l’Exode et des Nombres célèbrent la vie et l’action de Moïse. Ils ont inspiré des films comme “les dix commandements” ou, plus récemment, “le prince d’Egypte”. .

Toute la Bible présente Moïse comme un personnage exceptionnel: chef puissant et libérateur, législateur, homme de grande foi, parlant à Dieu comme à un ami, intercédant pour que Dieu pardonne les incessantes infidélités du peuple. Il pardonne lui-même à ceux qui le critiquent. Cet homme de sainteté, plein d’humilité,est intimement lié à la religion de l’ancien testament. Il est le modèle de tous les prophètes qui s’efforceront de ramener le peuple à la fidélité envers l’Alliance dont Moïse avait été le médiateur.

Le Nouveau Testament parle de Moïse plus de 100 fois. Jésus rappelle combien Moïse avait compris le sens de la Loi donnée par Dieu. Lorsque Jésus apparaît lors de sa transfiguration, il est accompagné de Moïse, l’homme de la Loi venant de Dieu. A propos de la faculté de répudier que Moïse avait concédée aux hommes, Jésus précise que Moïse y a été contraint par la dureté du coeur et la faiblesse de l’amour des hommes envers leurs épouses. Jésus ¨rappelle ainsi, en passant, que Moïse aima fidèlement son épouse Séphora: la Bible, d’ailleurs, n’attribue aucune autre épouse à Moïse, à la différence de tous les grands ancêtres du peuple d’Israël.

L’apôtre Paul rappelle que Dieu a sauvé tous ceux qui furent fidèles à la Loi selon l’esprit de Moïse, et qu’il sauve maintenant tous ceux qui vivent selon la Foi reçue de Jésus et de l’Esprit saint.

Et l’évangéliste Jean présente l’histoire religieuse selon deux grands axes: “Dieu nous a donné la loi par Moïse; mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ” (Jn 1.17)

Jésus ressuscité, sur la route d’Emmaüs, “explique ce qui était dit à son sujet, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des prophètes”.(Luc 24.27)

Cette allusion aux livres de Moïse rappelle la tradition selon laquelle Moïse aurait été un écrivain auquel sont attribués un certain nombre de passages de la Bible, notamment sur la loi de Dieu et sur l’histoire du peuple dans le désert. (Ex 24.54-8, Nb 33.1; Deut 31.9).

 

La Lettre aux Hébreux:fait un grand éloge de Moïse:

“11:23 Par la foi, les parents de Moïse le tinrent caché pendant trois mois après sa naissance. Ils virent que c'était un bel enfant et n'eurent pas peur de désobéir à l'ordre du roi. 11:24 Par la foi, Moïse, devenu grand, renonça au titre de fils de la fille du Pharaon. 11:25 Il préféra être maltraité avec le peuple de Dieu (plutôt que de jouir des plaisirs momentanés du péché). 11:26 Il estima qu'être méprisé comme le Messie avait beaucoup plus de valeur que les trésors de l'Égypte, car il gardait les yeux fixés sur la récompense future. 11:27 Par la foi, Moïse quitta l'Égypte, sans craindre la colère du roi; il demeura ferme, comme s'il voyait le Dieu invisible. 11:28 Par la foi, il institua la Pâque...”

Le Deutéronome attribue à Moïse l’essentiel des exhortations à observer l’alliance qu’on peut y lire. Le livre prend fin sur ces paroles à la gloire de Moïse. “ Sur le mont Nébo, le Seigneur montra à Moïse tout le pays promis...Moïse, le serviteur du Seigneur, mourut là: sa vue n’avait pas baissé et il était encore plein de vitalité...Dieu lui-même l’enterra dans une vallée de Moab et...jusqu’à ce jour, personne n’a su exactement où se trouve sa tombe...En Israël, il n’y a plus jamais eu de prophète semblable à Moïse: le Seigneur s’entretenait avec lui face à face”. (Deut 34, passim)

 

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