linceul

Toutes les photos en trois dimensions présentées sur ce site sont l'oeuvre de Thierry CASTEX

que je remercie tout particulièrement pour les avancées considérables qu'il a rendues possibles

de la photo en relief du Linceul

(5) Ce passage, découvert à Césarée (?) ou près d’Antioche (?), est cité par St Jérôme (vers 347-

420). D’autres fragments sont cités par Clément d’Alexandrie (vers 150 - 216), et Origène

(vers 185 - 254).

Le texte, écrit en araméen entre 100 et 150, dans les milieux judéo-chrétiens,

accorde une grande importance à Jacques.

(6) Une discussion a eu lieu entre spécialistes pour savoir s’il s’agissait de "puero ", serviteur (du

grand-prêtre) ou de "Petro ", Pierre. Ce débat ne concerne que les traductions latines, puisque

le texte retrouvé est rédigé en araméen où les mots Pierre, serviteur, et prêtre ne peuvent en

aucun cas être confondus.

(7) cf. I Cor 15,7.

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

Description du Linceul en video, accessible sur le site du Linceul de Turin à l'adresse ci-dessous

http://www.sindone.org/santa_sindone/la_sindone/00053646_Descrizione_della_Sindone.html

Un Linceul ou un Suaire ?

(Présentation: texte de JC Thomas en commentaire d'une série de diapositives, vers les années 1984, et donc déjà ancien)

 

Malgré une certaine confusion dans les traductions, on apelle linceul une sorte de drap qui servait à ensevelir les morts, notamment chez les Juifs à l'époque du Christ. Le mort, nu, était couché sur ce drap, assez long pour être rabattu sur tout le corps. La bouche était maintenue fermée par un suaire, noué en haut de la tête.

Les traductions mentionnent aussi des bandelettes

. Il s'agit de petites bandes de tissu permettant de lier les poignets et les pieds et de retenir le linceul autour du corps, notamment autour des bras et des jambes.

Ainsi enveloppé, le mort était posé dans le tombeau, généralement sur une sorte de banquette.

Un suaire est un linge des dimensions d'une serviette. Le Linceul de Turin, en raison de ses grandes dimensions, doit donc être appelé linceul et non pas suaire, malgré les habitudes courantes du langage parlant du Saint Suaire de Turin.

 

Le Linceul de TURIN

mesure en largeur 1,10 m. Sa longueur est de 4,36 m.

Quel intérêt ?

Ce Linceul demeure le seul au monde sur lequel on observe le décalque d'un homme :Environ 35/40 ans, 1,77 m de haut, longs cheveux et longue barbe.

 

Première approche

Regardez et oubliez !

En le regardant, oubliez cette double ligne de taches sombres et claires, parsemée de triangles. Elles constituent les marques d'un incendie qui eut lieu en 1532 à Chambéry. Le linceul était alors plié en trois dans le sens de sa largeur : les plis bordaient l'empreinte de l'homme, ce qui la préservera presque complètement : la chaleur atteignit le tissu uniquement à l'endroit des plis . L'eau jetée sur le drap, pour éteindre le feu, a laissé des cernes de forme losangée .

Quant aux grosses marques triangulaires , tout au long de la ligne de brûlure, ce sont les pièces de raccommodage cousues pour remplacer le tissu complètement troué à ces endroits.

Regardez et admirez !

Centrons maintenant notre regard sur le décalque de l'homme

partie faciale - partie dorsale : les deux naturellement disposées tête bêche étant donnée la façon dont le linceul était rabattu sur l'homme. Ce décalque passionna tellement les savants qu'ils en firent une observation extrêmement poussée, notamment en octobre 1978.

 

 

Qu'est-ce donc ?

Toutes les techniques furent employées : photo, rayonnements électromagnétiques non destructeurs, prélèvement de poussières et de fils.

 

Leurs conclusions sont unanimes :

Le décalque de l'homme est de deux types :

1 - Pour l'ensemble du corps, une empreinte précise, couleur sépia, très claire. Superficielle, elle ne traverse pas l'épaisseur du tissu et demeure invisible sur l'envers.

2 - Quelques détails ressemblant à des traces de sang sont imprimés dans toute l'épaisseur du tissu. Ils l'ont traversé. On les observe sur l'envers. Ces traces sont de couleur plus foncée que les autres, carmin mauve.

Intrigués par ce report de deux types différents, les scientifiques ont fouillé la profondeur du tissu. Est-ce du sang qui a coulé ?

Réponse : Oui. Certaines traces en ont gardé la forme caractéristique de cuvette : elles contiennent de l'hémoglobine détectée par réflectométrie : la microchimie et la fluorescence révèlent enfin de la porphyrine. Un homme a donc été enveloppé dans ce linceul, alors qu'il portait encore du sang, ni trop liquide, ni trop sec, pour réaliser des reports aussi nets. Les chirurgiens confirment enfin que le sang existe en parfaite correspondance avec le réseau sanguin de l'homme.

 

Le plus étonnant

Le plus étonnant demeure cette empreinte du corps. Nous ne sommes plus ici en présence de taches réalisées par contact du corps, comme pour le sang. Alors ?

 

Nature de l'empreinte ?

Est-ce une peinture ?

Absolument impossible, affirment les scientifiques. Pour peindre, il faut utiliser des pigments ou teintures et rien n'est plus facile que de les observer et d'en découvrir actuellement la nature. De plus, ces éléments liquides pénètrent plus ou moins profondément dans l'épaisseur du tissu. Rien de tel sur le Linceul de Turin : aucune traces de pigment ni de pénétration de l'image.

De plus, celui qui peint dépose nécessairement les colorants en faisant des mouvements : soit en pointillé, soit par traits et selon une dominante dans l'orientation. Or aucune méthode d'observation ne permet de détecter la moindre trace de mouvement pictural sur le Linceul de Turin. Et chaque comparaison avec les copies de ce Linceul, toutes réalisées à la peinture, évidemment, fait éclater la différence entre une copie et le Linceul. Ce dernier apparaît comme une pièce absolument originale : authentique - et non un faux.

De quel ordre est cette empreinte de l'homme tout entier ?

Serait-ce comme une photo ?

 

C'est le 28 mai 1898 qu'une première réponse éclata . A Turin, Segondo Pia, un passionné de photo, avait eu l'idée de photographier le Linceul. Lorsqu'il développa le négatif, il n'en crut pas ses yeux. Ce négatif était agréable à voir, beaucoup plus lisible que n'importe quel négatif.

Si vous regardez un négatif de visage humain, vous reconnaissez très mal la personne photographiée. Toutes les teintes sont inverses : et même l'orientation : la gauche devient droite, et inversement. En photo, il faut reporter une seconde fois l'image pour retrouver la personne telle qu'on la voit.

 

Il faut, autrement dit, établir un positif. Sur un positif, tout reprend place : les teintes, la droite, la gauche. Tout devient lisible, tel qu'on le voit des yeux.

 

Imaginez la stupéfaction de Segondo Pia : dès le premier transfert, autrement dit dès le négatif photographique, il découvre un visage de l'homme nettement plus agréable à regarder, beaucoup plus lisible que l'original sur tissu. Une déduction s'imposait donc à lui :

 

Le Linceul de Turin est du genre négatif photographique. Le plus vieux négatif de l'histoire? un négatif sur tissu, et antérieur à l'invention de la photo... de combien de siècles ?

Un négatif avec toutes les conséquences pour l'empreinte de l'homme : teintes inversées, côtés inversés, lumières inversées. Et donc lisibilité difficile.

 

Un visage unique

En revanche, le premier transfert photographique - donc le négatif photographique - fait apparaître l'image de l'homme tel qu'il était ( comme sur un positif photographique) : par exemple avec la plaie du coup de lance au côté droit. C'est donc en 1898, au hasard d'une photo, que le monde eut la première révélation du positif de l'homme du Linceul.

 

Hypothèse de 1902

Dès 1902 le biologiste Paul Vignon publie le résultat de ses recherches. Le cadavre aurait dégagé du carbonate d'ammonium qui, réagissant avec l'aloès utilisé comme aromate lors de l'ensevelissement, aurait provoqué un bruissement. Il prouva que l'empreinte ne résultait pas d'un simple contact. Il montra que l'intensité de l'image diminue lorsque la distance séparant le corps de l'étoffe augmente. Cette loi des distances demeure la grande découverte du Professeur Vignon.

 

Autres hypothèses

vers 1940

 

Ensuite, Antoine Legrand préfèra l'hypothèse de la déshydratation du corps après la mort. Lui aussi a expérimenté dès 1938 sur une étoffe de lin. Jean Volckringer corrobore à partir de la déshydratation des plantes, herbes et feuilles.

Le plus intéressant dans leur explication, c'est le fait que l'image ainsi produite est bien de la couleur très claire observée sur le Linceul : comparable aux traces de sueur laissées sur un gilet de flanelle. Et surtout, cette image n'apparait que très progressivement : environ au bout de trois ans.

D'où le terme d'image latente. Dans cette hypothèse, on comprend que les personnes ayant recueilli le Linceul n'aient rien remarqué d'autre, au début, que les traces de sang reportées, elles, par contact. Cependant, pour eux aussi, la non pénétration dans la profondeur du tissu et la perfection de l'empreinte demeure trop exceptionnelles pour faire de cette hypothèse une preuve scientifique.

vers 1975

 

Des savants américains, ensuite, ont préféré parler de bruissement consécutif à la chaleur. En effet, l'incendie de 1532 a laissé quelques larges traces du même ordre que l'empreinte de l'homme. Mais eux aussi concèdent que leur hypothèse d'un cadavre, dégageant une chaleur d'environ 240 degrés pendant une quarantaine d'heures n'explique rien... et ne peut absolument pas être contrôlée par expérimentation.

Pas plus que celle de Rogers, en mars 1977, parlant d'un éclair du genre fulguration nucléaire pendant 1 millième de seconde.

 

Actuellement Jean-Baptiste Rinaudo travaille sur une autre hypothèse.

 

Et aujourd'hui ? Toujours inexpliquée

Pratiquement : toutes ces hypothèses en restent à l'état embryonnaire. Si elles mettent, peut-être, sur la voie du processus physique ou chimique qui produisit l'empreinte, elles n'expliquent nullement sa perfection unique et surtout, aucune ne permet de refaire, aujourd'hui, un second et identique Linceul .

 

En trois dimensions

Cette empreinte est également tri-dimensionnelle. Qu'est-ce à dire ? Elle porte en elle le code, les informations permettant de construire cette image en trois dimensions, à la différence de toutes les peintures et de toutes les photographies. Paul Vignon l'avait supposé.

 

Essais de 1974

Un autre français , Paul Gastineau, en avril 1974, le premier, réalise un bas-relief du visage, grâce à un appareil de son invention : un stylet, couplé sur un système optique utilisant un rayon lumineux très fin, creuse une matière malléable : il emploie une photo du Visage, balayé ligne par ligne. Le relief apparaît, proportionnel à l'intensité des parties claires ou foncées.

 

 

Essais de 1976

USA et Italie

Aux Etats-Unis, en 1976, Jackson et Jumper, de la N.A.S.A. eurent l'idée de placer une photo du Visage dans un analyseur d'images, le V.P.8, utilisé pour obtenir des photos en relief des planètes, en décodant sur ordinateur les différences de lumière reçue, pour les transformer en apparence de relief. Résultat du même ordre.

TamburelliI, en Italie, par traitement numérique de l'image de Turin grâce à un ordinateur, obtient, lui aussi, la vue de cette troisième dimension.

 

Suite de la Présentation générale du Linceul de Turin

 

Une image codée. Qui y aurait pensé ?

 

Une conclusion s'impose à tous, désormais : l'effigie de Turin est codée.

Elle porte en elle des informations sur la troisième dimension, celle de la profondeur, du relief, imparfaitement certes, mais réellement.

 

Voici le Visage obtenu par Aldo GUERRESCHI < aldo@guerreschi.net > à partir d'un procédé personnel

et l'ensemble du Linceul,partie faciale, partie dorsale, en trois dimensions.

 

Ces expériences permettent de conclure.

 

Aucun laboratoire, malgré la perfection de la technologie actuelle, n'a imité effectivement ni refait, aujourd'hui, une copie à l'identique du Linceul de Turin. Même les très rares scientifiques qui prétendent avoir parfaitement percé le secret du Linceul de Turin et qui y voient l'oeuvre d'un faussaire de XIV ème siècle, se sont bien gardés de contrôler, par la preuve de la reproduction, la validité de leurs explications.

 

Un tissu daté au carbone 14

On a fait subir au Linceul de Turin l'épreuve du Carbone 14.

Epreuve, en effet, que le résultat : Le tissu fut daté de la fin du XIIème siècle ou de la première moitié du XIVème. Résultat diffusé en 1988.

A partir de cette date, certains, considérant que l'expérience avait été honnêtement et interprétée correctement, ont cessé de s'intéresser à ce tissu. Pour eux, il a perdu son intérêt...puisqu'il ne peut en aucun cas être de l'époque de Jésus de Nazareth.

 

 

D'autres continuent à réfléchir et expérimenter. Pourquoi ? Parce que, pour eux, tant qu'on n'aura pas décrit la méthode selon laquelle, au Moyen-Age, quelqu'un aurait obtenu, ou fabriqué , ou imaginé le Linceul de Turin, la recherche scientifique doit continuer. A leurs yeux, la datation au carbone 14 ne peut pas anéantir, à elle seule, l'ensemble des autres observations dont les conclusions orientent plutôt vers une autre origine, plus ancienne.

Voir la précision récente de Harry GOVE

et celle de Ray ROGERS : site à ouvrir < http://www.suaire-science.com

 

 

Une pièce unique, un authentique ?

 

Puisque le Linceul de Turin demeure une pièce authentique, originale, impossible à copier, inexplicable, mystérieuse d'où nous vient-elle donc ?

Quelle peut être son origine ?

Son origine ?

 

La méthode historique consiste à remonter le cours du temps pour situer l'époque la plus reculée à laquelle on parle du Linceul de Turin :

Il est arrivé à Turin en 1578. Une gravure d'époque en constitue un témoignage incontestable. Au milieu de dix autres évêques, St Charles Borromée, archevêque de Milan, était là. Pourquoi Turin ? Parce que capitale du Royaume de Savoie depuis 1562.

Or, le Linceul de Turin était propriété de la Maison de Savoie qui avait fait édifier, à Chambéry, précédente capitale du Royaume, une chapelle destinée à devenir la châsse du Linceul. C'est là qu'il subira l'incendie de décembre 1532.

Il y était arrivé en 1453.

D'où venait-il ?

De l'église collégiale de Lirey, en Champagne, près de Troyes, où commencèrent les premières expositions en 1357... et aussi les premières contestations sur l'authenticité du Linceul.

 

Avant 1357

 

1204

Son histoire antérieure demeure aléatoire. Le chevalier Robert de Clari affirme qu'avant 1204, à Constantinople, au monastère Ste Marie de Blachernes, chaque vendredi, on montrait une effigie du Christ dont les caractéristiques ressemblent étrangement à celles du Linceul de Turin. Or, Constantinople fut pillée par les Vénitiens et les Français de la IVème Croisade à partir du 12 avril 1204.

 

Le chevalier français Othon de la Roche séjourna précisément aux Blachernes puis s'installa à Athènes. Une lettre de 1205, adressée au Pape, permettrait de l'identifier comme l'auteur probable de l'enlèvement du Linceul.

C'est d'Athènes qu'il l'aurait expédié, dès l'année 1208, à son père qui résidait à Besançon (où le Linceul connut un premier incendie en la cathédrale St Etienne en 1349).

Et avant 944 ?

Le Linceul serait arrivé en 944 à Constantinople, un sermon semble le décrire.

Et avant le séjour à Constantinople ? Des témoins du VIIIème siècle, comme St Jean de Damas (mort vers 754) et même du VIIème, comme l'évêque français Arculfe qui nous a laissé un récit détaillé de son voyage en Palestine, affirment qu'ils y ont vu le Linceul du Christ, à Jérusalem.

 

Est-ce l'image d'Édesse ?

Plusieurs historiens pensent qu'on peut l'identifier au Linge vénéré à Édesse et qui représentait seulement le visage du Christ.

Résultats insuffisants de la recherche historique ? Certes. Cependant, ne l'oublions pas, les silences de l'histoire ne constituent rarement une objection déterminante contre l'existence d'un fait ou d'un objet. Le vingtième siècle nous en a donné deux immenses preuves.

Les silences de l'Histoire

 

Avant 1957, personne n'avait jamais parlé des 600 manuscrits de Qumran; ils existaient quand même bel et bien, dormant depuis 19 siècles dans les grottes des rives de la Mer Morte.

Et le trésor de Toutânkhamon, découvert en 1922 ! 171 objets qui se trouvaient dans la tombe depuis 3270 ans !

Un modèle pour les peintures et les mosaïques ?

 

Voici une autre piste de recherche historique sur laquelle travaillait déjà le Professeur Vignon :

Avant le VI ème siècle, les peintres représentaient parfois le Visage du Christ sous la forme d'un homme jeune, cheveux courts, sans barbe. Depuis le VI ème siècle, en Orient notamment, une toute autre image s'impose, à tel point qu'elle demeure aujourd'hui, comme en témoignent toutes les représentations sur Jésus de Nazareth.

Le Visage y apparaît plus grave, avec un regard profond. De longs cheveux noirs tombent de chaque côté du visage. Le Christ porte une barbe abondante que rejoint une moustache. Sur le haut du front, presque toujours une petite mèche de cheveux. La ressemblance est frappante avec le Visage de l'homme du Linceul.

 

Pourquoi ce changement ? Tout simplement, répondent beaucoup d'historiens, parce qu'une tradition vivante disait :"Voici le Visage authentique du Christ. Il n'a pas été peint de main d'homme !" On comprendrait mieux alors pourquoi les peintres se faisaient un devoir de représenter le Christ à la façon dont on pouvait voir le Linceul... dès le VIème siècle par conséquent. La connaissance historique nous laisse encore insatisfaits. Elle nous indique cependant une voie plausible.

 

 

Quel type de tissu ?

sa provenance

Une autre question fut donc posée : quelle est l'origine du tissu ?

Est-il possible de conserver en aussi bon état un tissu aussi vieux ?

Réponse des spécialistes, comme le professeur Gilbert Raes de Gand. Il s'agit d'un très beau tissu de lin, tissé en chevron, et portant des traces de coton du Moyen-Orient : ce qui est caractéristique des tissus fabriqués notamment dans la région de SIDON, précise l'archéologue Maurice Pillet. Rien ne s'oppose à sa conservation.

Le Musée de Turin possède, d'ailleurs, un Linceul égyptien trouvé dans la tombe de KHA : datant, par conséquent, de 1400 ans avant Jésus-Christ.

Des grains de pollen dans le tissu

L'étude des pollens va dans le même sens que l'essai de reconstitution historique. En Suisse, le criminologue Max FreiI a photographié, sous grossissement à 20.000 fois, divers pollens prélevés sur le Linceul de Turin.

Les pollens ont la vie dure. Et surtout, ils permettent d'identifier les lieux où séjourna le Linceul car trois d'entre eux ne se trouveraient qu'en Palestine, dans le désert de Juda, tout près de la Mer Morte, donc à proximité de Jérusalem. Max Frei l'a montré dès 1973, et après 1978.

D'autres pollens viennent de Turquie, de la région de Constantinople, et, bien entendu, de France et d'Italie.

 

Faisons le point

La plupart des sciences affirment : le Linceul de Turin n'est pas une peinture, ni une fabrication géniale du XIV ème siècle. Il correspond à un tissu de l'époque et du pays du Christ. Il a séjourné au Moyen-Orient, et, notamment, près de Jérusalem.

 

Voici la question fondamentale :

Quel homme y a été enveloppé pour sa sépulture ?

Est-ce Jésus de Nazareth, comme l'affirme une Tradition séculaire ? Nous possédons les quatre Évangiles, dont la rédaction commença en même temps que la prédication évangélique, par des contemporains de Jésus. Ce sont des documents de première main.

En les lisant, nous constatons que Jésus de Nazareth a vécu très exactement ce dont le Linceul de Turin conserve la trace indélébile.

 

Vous pouvez maintenant continuer cette première présentation, globale du Linceul en lisant le rapport du Linceul avec les Evangiles, ou approfondir votre connaissance de ces images.

 

Quel artiste digne de ce nom aurait eu l'idée de chercher à faire un scoop avec la partie dorsale d'un homme flagellé ? Y compris avec cet allongement disgracieux des jambes... dû à un repli du linceul à hauteur des fesses de l'homme du linceul ? Qui ?

Lisez ce qui suit ...

ORIGINALITE absolue

du LINCEUL de TURIN

 

 

Un article de Jean Charles Thomas

publié par la revue :" Montre-nous ton Visage"

n° 28, juin 2003

 

 

1. Représentations du VISAGE

Lisons d'abord le résumé que présente Mr Baima-Bollone dans son livre récent intitulé:

"101 questions sur le Saint Suaire" (Éditions St Augustin, Fribourg, 2001, 316 pages).

Nous remercions ces Éditions pour l'aimable autorisation de reproduction qu'elles nous ont accordée.

Les illustrations ont été choisies par MNTV et ne figurent pas dans l'ouvrage.

Tout le livre étant astucieusement présenté sous la forme de questions et réponses voici les question 20 et 21 et la réponse intégrale de l'auteur, directeur de l'Institut médico-légal de Turin.

 

 

20. Le Saint Suaire a-t-il laissé des traces dans l'histoire de l'art?

 

"Dans les années trente, le spécialiste du Saint Suaire Paul Vignon, professeur à la Sorbonne, concentre son attention sur les œuvres d'art antérieures à l'apparition du Saint Suaire en Europe, pour vérifier si certaines d'entre elles laissent découvrir des traces caractéristiques du visage du Saint Suaire.

Il procède de la façon suivante. Il dessine de sa main le visage que l'on peut déduire de la photographie du Saint Suaire. Il remarque que cela peut conduire à commettre quelques erreurs, dues soit à l'absence de contours bien définis soit à la nécessité d'estomper les lésions, le sang et l'aspect cadavérique. Il doit ensuite «ouvrir» les paupières, de manière à recréer le visage de Jésus vivant.

 

Parmi les « erreurs », il y a une forme carrée au-dessus du nez, à l'endroit où se trouve ce que l'on appelle en anatomie la « glabelle», qui n'a pas de correspondant dans la constitution humaine normale mais que l'on voit pourtant reproduite sur bon nombre de visages de l'Antiquité.

Les recherches de Vignon ont été poursuivies par de nombreux spécialistes de l'histoire de l'art avec des résultats fructueux. Jusqu'à la moitié du IIIe siècle, la représentation de Jésus est totalement idéale.

 

Dans beaucoup de chambres funéraires des catacombes de Rome, il apparaît comme un jeune berger avec son troupeau.

Même si des études récentes montrent des cas encore plus anciens, sur une fresque de l'Hypogée des Aureli à Rome, de la moitié du IIIe siècle, apparaît un visage du Christ avec barbe.

 

Ce type de visage barbu se répand rapidement et remplace le précédent. L'église Sainte-Pudentienne à Rome contient, dans l'abside, une mosaïque du Ve siècle avec un visage de Jésus à la chevelure abondante, avec de grandes lèvres, une bouche légèrement tordue, un nez asymétrique et un regard perçant légèrement de côté. Les cheveux, la forme et le port du visage, le front large, les yeux, la ligne du nez, les moustaches, la bouche et la grande barbe rappellent le visage du Saint Suaire.

 

Ces caractéristiques précises de la physionomie se cristallisent dans la série des gigantesques images byzantines ou d'influence byzantine du Christ Pantocrator, que l'on voit dans les absides de nombreuses églises en Orient et en Occident. Ces images grandioses veulent refléter la souveraineté suprême du Christ, dont l'immensité est évoquée par les dimensions extraordinaires du portrait, tandis que sa toute-puissance est soulignée par le fond d'or.

"Essayons d'identifier les points caractéristiques de la physionomie qui paraissent les plus importants: une ride transversale sur le front, un carré ouvert vers le haut, également sur le front, un V ou un triangle au-dessus du point d'ancrage du nez, le sourcil droit plus haut que l'autre, les pommettes très accentuées, un espace sans poils entre la lèvre inférieure et la barbe, une barbe bifide, une ligne transversale sur la gorge, les yeux très accentués comme ceux d'une chouette, deux mèches de cheveux qui tombent sur le front.»

[Y. Bongert, L'iconographie du Christ et le Saint Suaire de Turin, dans ISHL 1993, pp. 93-101].

Les rapports de cohérence avec le Saint Suaire sont conjecturaux mais indéniables. Par exemple, la présence d'une ou plusieurs mèches de cheveux qui se détachent du haut et reviennent sur le front, parfois remplacées par un signe blanc, n'ont de correspondance avec aucun document, aucune image et aucune réalité dont on pourrait faire l'hypothèse si ce n'est avec la coulée de sang en forme de sur le front du visage du Saint Suaire.

De même la main droite qui bénit, portée à la hauteur de la poitrine dans une attitude non naturelle, pourrait aussi être mise en rapport avec une interprétation erronée de la tache de sang que le Saint Suaire porte à cet endroit. La littérature spécialisée souligne que les points de coïncidence entre les œuvres d'art et le visage du Saint Suaire sont en réalité de simples présomptions. Mais on reste frappé par l'existence de certaines ressemblances vraiment singulières.

«En bref, pour conclure sur ce point, nous croyons qu'il faut reconnaître l'existence d'un type de Christ, facilement identifiable, dont la représentation se différencie de tous les autres personnages, et cela indépendamment de l'habitude de l'artiste, de la position ou des éléments particuliers qu'il a pu donner à son oeuvre. La ressemblance de ce type de Christ avec le visage de l'Homme du Saint Suaire est tout aussi indéniable» [Y. Bongert, L'iconographie du Christ et le Saint Suaire de Turin, dans ISHL 1993, pp. 93-101].

 

Cette typologie se maintient dans de nombreux exemples des années suivantes.

 

Parmi ceux récemment connus, il y a une miniature d'un manuscrit arménien de 1193, conservé dans la bibliothèque melkite de Venise, qui semble concrétiser ces caractères tant sur le corps que sur le visage: celui-ci montre de nombreuses caractéristiques du Saint Suaire comme les longs cheveux, la mèche sur le front, le long nez, les moustaches et la barbe bipartite.

 

BIBLIOGRAPHIE: W. Buist et H. Pfeiffer, Das Turiner Grabtuch und das Christusbild, II: Das echte Christusbild. Das Grabtuch, der Schleier von Manoppello und ihre Witkungsgeschichte in der Kunst mit einem Anhang von Gino Zaninotto, Francfort 1991.-H. Pfeiffer, L'Arte e la Sindone, dans SCAR 1998, pp. 107-122.

 

21. Le Saint Suaire a-t-il été reproduit sur les monnaies byzantines?

 

La typologie dominante des monnaies de l'empire byzantin montre le visage ou le buste de l'empereur et des associés au trône, des allégories comme celles de « Constantinople» ou de la «Victoire » ou bien des monogrammes et des inscriptions, avec l'adjonction de symboles chrétiens. Justinien 1er (527-565) y apparaît avec les attributs de l'empereur chrétien, autrement dit avec le globe surmonté d'une croix dans la ma#in droite et la croix dans la main gauche.

Tibère Constantin (578-582) y fait figurer la croix en haut de quatre degrés et ses successeurs feront de même. Cette iconographie numismatique correspond aux canons esthétiques et aux habitudes de l'époque. Les représentations des monnaies changent subitement à l'époque de la première période du règne de l'empereur Justinien II (685-695).

 

En 691-692 se tient un concile connu sous le nom de concile in Trullo ou concile Quinisexte. Le premier nom vient du fait qu'il se tient dans la salle à "coupole" du palais impérial ou salle du "Trullo"; le second vient du fait qu'il confirme les décrets dogmatiques et les canons disciplinaires du cinquième concile oecuménique de 553 et du sixième de 680-681. Le canon 82 dispose que l'image du Christ le représente en tant qu'homme et non pas de façon symbolique.

 

Le très religieux Justinien II, pour respecter les dispositions conciliaires, fait représenter pour la première fois, avec un réalisme impressionnant, le buste de Jésus tant sur le solidus [aureus] («sou [d'or] »), qui est la monnaie d'or ayant cours dans tout l'empire, que sur le tremissis, qui vaut un tiers de solidus." (p.79-81)

(Fin de citation du livre de Pierluigi Baima Bollone)

 

 

Quelles affirmations plausibles en tirer?

 

Il est donc fondé de souligner les multiples ressemblances entre le visage de l'homme du Linceul et la grande majorité des compositions artistiques du visage du Christ depuis le 8e ou le 9e siècle.

 

- Et déjà se posent deux questions: est-ce le linceul qui a tenu lieu de modèle? La réponse positive est plausible pour celui qui apporte une attention particulière à certains détails, comme le fit Paul Vignon.

- Mais alors, seconde question: si le visage du Linceul a servi de modèle, c'est qu'il avait déjà été vu, observé, et qu'il avait réputation d'être une représentation du Christ "non faite de main d'homme": autrement dit, qu'il existait déjà... avant le 13e ou le 14e siècle.

- Ajoutons toutefois une observation. Les artistes n'ont jamais renoncé à leur liberté d'interprétation, même s'ils ont pu connaître la tradition d'une représentation authentique du visage de Jésus, "non faite de main d'homme". Aucune obligation n'a contraint les artistes à copier ou imiter le visage du linceul.

 

Les exceptions ne manquent pas.

Michel Ange, pour sa part, a sculpté dans le marbre le visage du Christ présentant sa croix (en1526) ou reposant, mort, sur les genoux de sa mère, Marie, (la fameuse Pietà, en 1540): il a alors globalement respecté la tradition: longs cheveux partagés par le milieu, moustache, barbe. Par contre, dans la chapelle Sixtine, son Christ du jugement dernier a une chevelure crépue, en forme de casque, et n'a ni barbe ni moustache ( 1536-1541 ).

 

 

Si donc nous centrons nos observations sur le visage, nous sommes fondés à penser qu'il existe un lien entre le visage du Linceul et l'immense majorité des visages que les artistes ont donnés au Christ, non seulement sur la croix ou après sa mort, mais dans tous les instants de son existence terrestre ou glorieuse.

Ceci plaide en faveur d'une antériorité logique du Linceul (existant et observé) sur l'ensemble des œuvres artistiques réalisées depuis le 7e ou 8e siècle environ.

 

 

 

 

2. Représentations du CHRIST

 

Il nous faut pousser plus loin nos analyses.

 

Le Linceul va s'avérer totalement original, incomparable, impossible à dater par critique interne à partir de sa "composition".

 

 

a) Le matériau utilisé

 

En parcourant les différents lieux où des artistes représentèrent un élément du mystère chrétien, depuis les catacombes jusqu'aux églises les plus somptueuses, sans oublier les demeures privées, nous trouvons des peintures murales, des fresques,des bas-reliefs, bronzes, sculptures sur marbre, pierre ou bois, marqueteries de marbres de couleurs différentes, mosaïques, icônes à vénérer, ivoire sculpté, argent repoussé, émaux, vitraux, enluminures sur parchemin ou autre support et, bien évidemment, la toile entièrement recouverte de peinture.

Le linceul de Turin demeure totalement original puisqu'il s'agit d'un linge très partiellement recouvert des "traces" d'un corps d'homme. La majeure partie de la superficie ne porte aucune trace: elle demeure à l'état "brut" de tissu de lin. Ceci constitue une exception totale par rapport aux habitudes artistiques qui utilisent complètement le matériau dont elles se saisissent.

 

Questions: si un artiste a décidé, un jour, de composer une telle "oeuvre d'art", où en a-t-il pris l'idée?

Pourquoi ne fut-il jamais imité par la suite?

Faute de formuler la plus petite hypothèse susceptible de répondre à ces questions, il s'avère bien impossible de situer cette "oeuvre d'art" dans l'histoire des arts.

Alors,en vérité, s'agit-il d'une oeuvre d'art?

Ne serait-ce pas plutôt un "objet authentiquement original et unique" qu'aucun artiste n'a eu, un jour, l'idée de créer ?

 

 

b) Les thèmes représentés.

 

Au début de l'histoire chrétienne, les artistes évoquent plutôt les rassemblements, funéraires ou eucharistiques.

Dans les catacombes, on passera des symboles (poisson, pain,agneau,croix) aux représentations de la personne du Christ.

 

La méditation sur les dimensions de sa personnalité va donner naissance à des thèmes, repris et adaptés aux divers matériaux:

celui du pasteur, ami de l'homme,

du Seigneur s'imposant en majesté impériale,

du maître au milieu de ses disciples attentifs,

de l'homme éternellement jeune,

de l'instaurateur de l'Alliance nouvelle donnant sa Loi,

du triomphateur ayant remporté la victoire sur la mort,

de l'homme siégeant à la droite de Dieu après être monté aux cieux et avoir traversé les enfers d'où il tire l'homme et la femme, pour leur donner vie éternelle,

de l'Enseignant levant la main droite pour donner poids à son enseignement et tenant le Livre sacré dans la main gauche,

du Juge de l'humanité faisant oeuvre de justice et séparant les bons et les méchants,

du ressuscitant ou ressuscité,

du transfiguré, du crucifié,

de l'homme couronné d'épines ou flagellé,

de celui qui porte sa croix ou de celui qu'on dépose au tombeau,

du Pantocrator aux dimensions gigantesques s'imposant par sa majesté à quiconque entre dans l'église...

Tels semblent être les principaux thèmes utilisés par les artistes au cours des siècles.

 

 

Quel est le thème illustré par le linceul de Turin?

Quiconque passe de ces thèmes à un regard sur le linceul ressent immédiatement une impression de "jamais vu".

 

La moitié du tissu est consacrée à la partie dorsale et arrière de l'homme: qui aurait osé ?

 

Si artiste il y a eu, quel thème aurait-il voulu représenter pour conduire notre méditation?

Manifestement celui des mauvais traitements infligés à un adulte flagellé, couronné d'épines, crucifié et ayant reçu un coup de lance au côté droit. Là réside un ensemble de précisions qui orientent vers le Christ et les quatre récits évangéliques de sa passion.

L'homme est entièrement nu, manifestement immobilisé dans la mort, gisant sur une dalle de tombeau,

sans aucun environnement comme les peintres en composaient dans le thème de la déposition de croix ou de la préparation de l'ensevelissement.

 

Cette "oeuvre" aurait donc été composée pour mettre en image la situation d'un Christ reposant définitivement dans la mort,

disparu pour toujours du monde des vivants ?

Est-ce plausible quand on rapproche un tel thème de tous ceux qu'illustraient les artistes comme soutiens pour la foi?

 

 

Un thème à ce point inédit, aussi peu porteur de foi ou d'espérance, pouvait-il remporter un succès quelconque?

L'artiste qui l'aurait imaginé aurait probablement essuyé plus de critiques ou de condamnations que d'approbations.

 

L'originalité se double d'une énigme insurmontable quand ou pense à l'absence de moyens artistiques mis en oeuvre pour créer une telle représentation: ni peinture, ni teinture, ni frottis ou décalcomanie disent les experts.

 

 

Aucune technique actuellement répertoriée et reproductible: aucun thème suivi:

nous pouvons conclure qu'aucune intention préalable n'a guidé un artiste qui aurait décidé de produire une telle "oeuvre" humaine,

et "avec quoi?"

 

Originalité du thème christologique,

du matériau utilisé,

absence totale d'explication sur la "fabrication" du linceul:

voici trois éléments qui méritent considération, quelle que soit la période de l'histoire à laquelle chacun estime pouvoir rapporter son origine.

 

 

Que conclure?

 

Le Linceul de Turin demeure impossible à dater par la critique interne, par l'analyse scientifique des techniques utilisées, par le matériau choisi, par le thème religieux évoqué.

Il peut aussi bien être situé au premier siècle qu'au XIVe (mais pas après puisqu'il a toujours été visible depuis cette époque).

 

Impossible à dater à partir de sa technique ou de sa thématique, toujours inexpliqué, il semble pouvoir être logiquement considéré comme le linceul funéraire d'un homme qui ne s'y est pas décomposé, qui en aurait été "détaché" d'une façon quasiment impossible à reproduire puisqu'on n'en trouve aucune trace, d'un homme qui aurait subi flagellation, couronnement d'épines, portement de croix, crucifixion, coup de lance au côté, détachement de la croix et ensevelissement dans ce beau tissu de lin et déposition dans un tombeau dans lequel il ne serait pas resté plus de quelques jours puisqu'il aurait fallu le retirer de ce linceul pour assurer au grand jour la circulation de ce linceul.

 

 

La meilleure hypothèse.

 

Ceux qui connaissent les textes évangéliques pensent inévitablement à un homme qui correspond en tous points à celui du linceul de Turin: Jésus de Nazareth.

 

Ils ne pourront probablement jamais le prouver scientifiquement, même si on réalisait une analyse d'ADN, faute de connaître celle de ce Jésus ou de ses parents à laquelle il faudrait la comparer!

 

Ceux qui connaissent aussi "l'exploitation" publique faite des reliques à certaines époques ne manquent pas d'évoquer l'hypothèse d'une "fabrication du linceul" destinée à gagner de l'argent ou à soutenir la foi chrétienne.

Qu'ils veuillent bien peser les chances de succès publicitaire, médiatique ou religieux d'une telle "fabrication" !

 

Elle aurait permis de prouver la résurrection ?

Certainement pas, puisque l'homme représenté est manifestement mort, immobilisé dans la mort: rien ne dit qu'il va se relever d'entre les morts.

 

Autre hypothèse 'publicitaire': prouver que Jésus de Nazareth avait été exécuté par crucifixion?

Voici bien l'envers d'un scoop, puisque les quatre évangiles l'affirment depuis longtemps.

***

 

Revenons donc à la lecture des évangiles.

 

Ils sont écrits pour présenter Jésus comme Seigneur, Fils de Dieu, Sauveur, vainqueur de la mort: on peut donc les croire quand ils consacrent tant de pages à décrire la condamnation, les abaissements, tortures et la mort de ce Jésus: finalement à relater son échec total à vues humaines.

 

Or, les trois synoptiques disent très simplement que Jésus a été "enroulé dans un linceul" et déposé dans un tombeau:

que ce tombeau était ouvert et vide trois jours plus tard.

 

Quant au quatrième évangile, comme à son habitude, il note des détails observés par des témoins, et, à partir de ces détails, il suggère quelque chose d'important pour la foi. Or, précisément, cet évangile décrit les linges d'ensevelissement demeurés à leur place, dans le tombeau ouvert, mais affaissés, gisant... le corps qu'ils avaient enveloppé n'étant plus là. Ce faisant, il parle de linges funéraires vides, devenus inutiles, mais récupérables par ceux qui ne craignent pas de devenir "impurs" (impropres au culte) en touchant ce qui a touché la mort.

 

Faute de connaître d'autres cas similaires par des témoignages historiques,

est-il interdit de penser prioritairement au Christ des Evangiles lorsque nous regardons le linceul de Turin?

 

Aussi, lorsque des spécialistes d'une technique de datation disent que ce tissu a été fabriqué aux XIIIe-XIVe siècles, ils ne me semblent pas pouvoir scientifiquement prétendre qu'il s'agit là d'une vérité définitive tant que d'autres scientifiques, de manière complémentaire, n'auront pas fourni des preuves concernant la technique utilisée (et reproductible) pour composer le linceul de Turin.

 

A ce titre, l'objection actuelle du C.14 ne nous semble pas pouvoir se présenter comme une objection scientifiquement absolue, incontournable, invalidant toutes les autres observations sérieusement conduites selon une multiplicité de disciplines non moins scientifiques. Nous n'avons pas perdu le droit d'attendre avant d'adhérer à des conclusions s'imposant à tous.

 

Nous ne sommes pas déraisonnables lorsque nous continuons à chercher, et surtout,

dès maintenant, à nous laisser toucher par ce que le linceul de Turin nous donne à méditer au sujet de Jésus de Nazareth.

 

Jean Charles THOMAS

Ancien évêque de Corse et des Yvelines

 

 

Brève bibliographie.

• Un livre référence: « Théophanies du Christ » de Jean-Marie TÉZÉ, chez Desclée, Paris 1988, 204 pages illustrées sur 18 thèmes de représentations du Christ.

• Voir aussi :"Images du Christ" de Frédéric Van der Meer, Fonds Mercator-Albin Michel 1980 (sculpture au nord des alpes et des pyrénées) 327 pages: thèmes abordés: Visage inconnu, le Maître, le Vainqueur, la Majesté " le Juge"- Le crucifié, le Fils de l'homme, l'homme des douleurs, le Dieu fait homme.

• Également: "2000 ans d'art chrétien" Emile Berthoud, C.L.D.1998, 473 pages.

 

 

° DANS UN ESPRIT très proche de cette réflexion, lisez la synthèse que publie le site

http://www.suaire-science.com

Réflexions de scientifiques sur le Linceul de Turin

 

« Il est impossible, de comprendre comment l'image d'un corps humain a pu être réalisée sur ce linge »

Le négatif révèle finalement une image plus réelle, en quelque sorte un vrai positif

 

Philippe Quentin

 

«Il y a beaucoup de discussions plus ou moins pertinentes sur le Suaire, mais il y a un point sur lequel tous les gens sérieux devraient être d'accord. Il est à l'heure actuelle très difficile, voire impossible, de comprendre comment l'image d'un corps humain tête-bêche a pu être réalisée sur ce linge connu avec certitude, rappelons-le, depuis le milieu du XIV siècle.

Deux aspects sont à prendre en compte : les propriétés physico-chimiques de la coloration

et les propriétés de l'image quelle sous-tend.

 

Sur le premier point le caractère dans la masse et très superficiel de la couleur (qui plus est à profondeur constante sur toutes les parties colorées) correspond grossièrement, expérience faite, au roussissement que produirait par exemple un faisceau de protons accéléré sous une différence de potentiel de plus d'un million de volts, ou alors un faisceau laser de grande puissance, bombardant le linge. Quand on a dit cela on n'est pas plus avancé quant à savoir comment l'image s'est imprimée au début de la guerre de cent ans ou avant ! C'est peut-être un autre phénomène, mais force est de constater qu'on ne sait pas quoi au juste...

 

Les propriétés de l'information véhiculée par l'image elle-même sont tout à fait étonnantes.

On ne citera ici que la corrélation absolument étonnante entre l'intensité de la couleur et la variation du relief de l'objet imagé, ce qu'on résume en disant pour faire court que l'image comporte des informations à trois dimensions. Comme on ne sait pas comment la coloration s'est formée on ne peut pas comprendre à partir de là cette très étrange propriété. De ce point de vue-là, l'attribution de l'image à un faussaire médiéval soulève plus de questions que cette affirmation bien légère n'en résout. Si on définit le miracle par le résultat d'un processus que la science n'est pas en mesure d'expliquer, il n'est pas exagéré de considérer que jusqu'à nouvel ordre le Suaire de Turin pourrait être un objet miraculeux. Miracle du 1er siècle ou du quatorzième ou de n'importe quel siècle...qu'est-ce que cela change pour le croyant, autant d'ailleurs que pour l'incroyant ?

 

 

Un linge même aussi respectable et même vénérable, en toute hypothèse, le Suaire de Turin reste un linge. Le croyant ne vénère pas en fait ce linge, mais à travers lui, Celui qui y est représenté et qui, rappelons-le au passage, est humblement à disposition en beaucoup d'endroits dans sa présence eucharistique. Il me semble utile de remettre les choses à leur place. Jean-Paul II lors de sa visite l'a admirablement exprimé".....A la lumière de la présence du Christ au milieu de nous,... je me suis arrêté ensuite devant le Suaire, le Lin précieux qui peut nous aider à mieux comprendre le mystère de l'amour du Fils de Dieu pour nous... Le Suaire est provocation à l'intelligence... Le Suaire est miroir de l'Evangile". »

 

 

« Les résultats de 1988 ( test carbone 14) soulèvent des questions qu'on ne peut éluder. Certes, le protocole de prélèvement et d'accompagnement scientifique de cette campagne de datation relève d'un amateurisme coupable. La mise à l'écart scandaleuse des équipes américaines qui avaient réalisé des travaux de grande classe une dizaine d'années auparavant a été sur ce point une vraie catastrophe. Cependant il est totalement déraisonnable de suspecter a priori la méthode employée et de mettre en cause la compétence avérée des équipes retenues.

 

Il faut comprendre que cette approche ne fournit un temps que de façon indirecte. On mesure dans un morceau du tissu des concentrations relatives entre du carbone radioactif et du carbone qui ne l'est pas. Tout ce qui pourrait modifier pour quelque raison que ce soit de telles concentrations sur tout le tissu ou sur une partie casse l'horloge. De ce point de vue, le prélèvement dans une seule région du tissu qui est la plus susceptible d'avoir subi une altération (un coin) est a priori problématique. Des considérations sur la modification chimique au cours du temps d'un composé de la cellulose du lin semblent indiquer que le tissu n'est pas homogène sous ce rapport. Il est clair qu'une nouvelle campagne scientifique consistant en des prélèvements très minimes en des points répartis sur tout l'ensemble du Suaire et incluant tout un ensemble de mesures physico-chimiques, optiques et de radioactivité serait très fructueuse ».

 

Philippe Quentin, professeur émérite de physique nucléaire de l'Université de Bordeaux , il enseigne à l'ICES de la Roche-sur-Yon, membre du centre d'études nucléaires de Bordeaux Gradignan, auteur d'un livre sur le saint Suaire, "Que penser du Suaire de Turin aujourd'hui?" Editions de l'Emmanuel, 2001

 

 

Pierre de Riedmatten, président de l'association Montre-Nous Ton Visage, fondée en 1981

« Il y a une très grande probabilité, qu'il a bien entouré un dénommé Jésus, crucifié en Palestine sous Ponce Pilate vers l'an 30, ayant subi, dans le même ordre, tous les supplices de la Passion décrits dans les quatre évangiles ; et que ce linceul n'aurait pas pu être conservé si le mort était resté dedans. Mais le Linceul ne pourra jamais prouver physiquement la Résurrection. Comme le tombeau vide, il en est un signe très fort. Cela nous rapproche de cette phrase essentielle : Le Christ se laisse trouver, il ne se laisse pas prouver ! ».

"Le Saint-Suaire", 2014, éditions Fidélité

 

 

 

En guise de conclusion toujours provisoire ?

 

Le linceul apparaît aujourd'hui comme une icône, une icône « écrite avec le sang» (Benoît XVI), une icône de la Passion certes, mais qui rend témoignage davantage de la Résurrection. Le précieux linge mortuaire est un signe, pas un article de foi. Comme toute relique, il permet de mieux rentrer dans la prière, dans le dialogue avec Dieu et c'est bien cela que l'Eglise souhaite promouvoir de manière incessante. Nous n'avons pas besoin, bien sûr, du linceul pour croire, cependant la relique de Turin est un signe d'une force incroyable. Il est bon de revenir à la Parole de Dieu, car c'est bien en voyant le linceul roulé sur lui-même avec ses bandelettes, mais ne contenant aucun corps, que Jean a cru.

Grégoire Moreau, dans "Catholiques en Vendée, n° 124, 6 mai 2015

 

Invitation à contempler le Linceul

Expo MNTV, La Chaume, 25 avril 2015: fête de St Marc

 

Homélie de Jean Charles Thomas

 

Le lundi saint 9 avril 1979 j'étais invité à participer à l'émission télévisée des Dossiers de l'écran sur LE SAINT SUAIRE. Le sous-titre en était LE TEMOIN SILENCIEUX.

Depuis des siècles, le Linceul impressionne les esprits avec la force d'un prestigieux Témoin.

Et il nous demande de témoigner aujourd'hui en faveur du Seigneur Jésus, livré à cause de nos péchés, ressuscité pour que nous vivions comme des Justes.

 

 

Contemplons ce Témoin silencieux.

 

Etendu de tout son long, il perpétue l'évidence d'un fait indéniable: le Fils de l'homme a connu la mort. Ayant pris la condition humaine, il ne pouvait pas éviter ces marqueurs universels: naître et mourir. De toutes façons, le Fils de Marie aurait un jour perdu son existence terrestre. Preuve absolue du réalisme de son Incarnation.

Mais le linceul raconte les dernières heures de son passage parmi les hommes.

Les humains étant ce qu'ils sont, se livrer entre leurs mains représente un risque considérable. Jésus de Nazareth en demeure la preuve éclatante et toujours vérifiable.

Parce que les humains sont lâches, ils gifflent et cognent pour faire plaisir à leurs chefs. Le linceul en témoigne.

Parce que les humains sont plus prompts à châtier qu'à éduquer, ils flagellent sans limite. Le linceul en témoigne.

Parce que les humains aiment tourner en dérision ceux qui représentent une autorité interpellant les consciences, Jésus fut couronné d'épines, on cracha sur lui, on retourna contre son visage le sceptre de roseau.

Parce que ceux qui exercent un pouvoir sont capables de le dévoyer, d'en abuser, en imposant des charges insupportables sur le dos de leurs subordonnés, Jésus fut chargé de sa croix, épaules meurtries par son poids.

Parce que les humains adorent clouer au pilori, enchaîner les hommes libres, réduire à l'impuissance ceux qui représentent des raisons d'espérer, Jésus fut cloué sur la croix, "comme un oiseau de proie sur la porte d'une grange" (Péguy).

Parce que les humains n'aiment pas les justes au grand coeur, les sentiments de miséricorde et les élans de générosité, on lui a transpercé le coeur pour être certain que jamais plus ce coeur ne ferait battre d'autres coeurs.

 

De tout cela témoigne le linceul, silencieusement, imperturbablement, définitivement.

 

En le regardant, pensons à ce que les humains, hier comme aujourd'hui et malheureusement encore demain, sont capables de faire contre leurs frères et leurs soeurs en humanité. Laissons-nous toucher. Ne restons pas de glace. Ne détournons pas les yeux. Regardons en face cette fascination pour le mal qui conduit, encore et toujours, ceux qui se laissent manipuler par les pensées mensongères, les idéologies homicides, la recherche du pouvoir absolu.

 

Ayant analysé les blessures infligées au corps du Fils de l'Homme, celui qui résume le destin de l'humanité souffrante, fixons notre regard sur son Visage, sa Sainte Face.

Si le corps révèle les aspects sombres et négatifs du Mal et de la Haine, le Visage laisse rayonner les valeurs positives du Bien, du Beau et du Vrai. Il nous permet d'admirer la façon divine d'affronter le mal, et d'exorciser la violence injuste imposée à ceux et celles qui ne sont pas coupables.

Ses traits sont paisibles, apaisés après l'abominable souffrance.

Ses yeux fermés témoignent de son intense méditation intérieure.

Sa bouche ne laissera sortir aucune parole inconsidérée, aucun appel à la vengeance.

Son silence exprime les nobles sentiments qui montent du coeur de Dieu: compassion, miséricorde, pardon, réconciliation.

 

Plus nous contemplons ce témoin silencieux, plus il se met à nous parler intérieurement.

Plus le mal-être humain lui impose le silence, plus le Christ devient Parole.

Plus on prive le Christ de sa vie terrestre, plus il nous comble de propositions pour vivre éternellement.

 

Nous sommes nombreux à constater le rayonnement de ce Témoin. Il parle au coeur et à l'esprit de jeunes et de personnes âgées, d'hommes et de femmes éclatant de vitalité ou écrasés par la souffrance. Il suscite l'intérêt de scientifiques et d'historiens, de croyants et d'agnostiques, d'évangélisateurs et de sceptiques. Il fascine, interpelle; il exhorte à améliorer nos comportements. Influence inexplicable, sauf si l'Homme du Linceul est toujours Vivant. Sauf s'il a laissé les linges de son ensevelissement pour qu'ils deviennent les signes et les témoins de sa Résurrection.

 

A chacun de nous s'adresse le Témoin silencieux. Accueillons ses demandes.

 

Deviens personnellement un Témoin !

Ne commence pas par te demander comment témoigner. Deviens, sois un Témoin.

Laisse-toi d'abord habiter par la relation avec le Seigneur ton Dieu. Laisse son Esprit devenir ton Guide. Médite jour après jour la Parole de Celui qui nous a fait connaître les pensées et l'Amour du Dieu Unique, Amour miséricordieux.

 

Sois persuadé qu'en te laissant de mieux en mieux habiter par l'Esprit du Christ, tu laisseras transparaître l'espérance qui te fait vivre, et les valeurs que tu aimes. Le témoin authentique rayonne en silence.

 

Et si des proches te demandent pourquoi tu aimes à la façon de Dieu, pourquoi tu préfères les réconciliations, pourquoi tu compatis, pourquoi tu restes prêt à pardonner, exprime-toi avec douceur et clarté. Ne cache pas tes convictions.

N'oublie surtout pas d'en dire la source jaillissante: ta foi en Jésus mort à cause de nos fautes et ressuscité pour que nous devenions des justes. Exprime ton admiration aimante envers Celui qui se livra entre nos mains par Amour bienveillant, gratuit, alors qu'il savait parfaitement que beaucoup refusaient son Amour . Mais il savait aussi qu'une minorité oserait y croire et en ferait le ressort de son existence, devenant ainsi la Face positive de l'Humanité.

 

Parce qu'il est toujours Vivant, le Témoin silencieux parle, agit, convertit, et enthousiasme ceux qui regardent vers Lui.

Notre coeur n'est-il pas tout brûlant quand nous le contemplons ?

 

Jean Charles Thomas

ancien évêque de Corse et de Versailles

fondateur de l'association "Montre-nous ton Visage", en 1981

 

Exposition ( vue partielle) sur le Linceul de Turin présentée à la Chaume, LES SABLES D'OLONNE (Vendée)

par l'Association MONTRE NOUS TON VISAGE, 215, rue de Vaugirard, 75015 PARIS

site internet: http://www.suaire-turin.fr

Forum organisé à PARIS par MNTV

le 7 mars 2015

Les linges de l'ensevelissement

de Jésus

selon les quatre Evangiles

 

Prière attribuée à Sainte Brigitte

en contemplant la passion, la mort,

la mise au tombeau,

et la résurrection de Jésus-Christ.

 

Brigitte (1303-1373) appartenait à l'aristocratie suédoise.

Mariée à un homme profondément chrétien, elle lui donna huit enfants.

A la mort de son mari, elle commença à recevoir des révélations sur la Passion du Christ,

à laquelle elle communiait de tout son être.

Elle passa à Rome les vingt-trois dernières années de sa vie dans la pauvreté et ta prière.

 

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui as prédit ta mort avant l’heure ;

qui, à la dernière Cène, as merveilleusement consacré avec du pain matériel ton corps qui nous rachète ;

qui l'as donné par amour aux Apôtres en mémoire de ta très précieuse passion ;

toi qui, en leur lavant les pieds de tes très saintes et nobles mains,

leur as donné humblement un modèle d'humilité.

 

Honneur à toi, Jésus Christ mon Seigneur qui,

par la peur de ta passion et de ta mort

as fait jaillir une sueur sanglante de ton corps innocent ;

pourtant tu as accompli notre rédemption

que tu voulais réaliser ;

et ainsi tu as manifesté avec une parfaite évidence ton amour pour le genre humain.

 

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur,

qui fus conduit devant Caïphe et qui as humblement permis,

toi qui es le juge de tous, qu'on te livre au jugement de Pilate.

Gloire à toi, Jésus Christ mon Seigneur,

pour les moqueries que tu as subies :

tu as été revêtu de pourpre, couronné d'épines très aiguës,

et tu as supporté, avec une grande patience,

de recevoir des crachats sur ta face glorieuse,

d'avoir les yeux voilés et d'être frappé durement

à la mâchoire et au cou par les mains cruelles des impies.

 

Louange à toi, Jésus Christ mon Seigneur, qui t'es laissé lier à la colonne, atrocement flageller, conduire et montrer tout sanglant au tribunal de Pilate, avec une infinie patience, comme l'Agneau innocent.

 

Honneur à toi, Jésus Christ mon Seigneur : avec tout ton glorieux corps ensanglanté, tu as été condamné à mourir sur la croix ; tu as douloureusement porté la croix sur tes saintes épaules ;

et, conduit par des furieux au lieu de ta passion, puis dépouillé de tes vêtements,

tu as voulu être ainsi cloué à la croix.

 

Honneur éternel à toi, Seigneur Jésus Christ:

dans une telle angoisse tu as regardé avec des yeux d'amour

ta noble mère qui n'avait jamais commis de péché ni consenti à la plus légère faute ;

et pour sa consolation tu l'as confiée à la garde de ton disciple.

 

Bénédiction éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur :

dans les affres de la mort, tu as donné à tous les pécheurs

l'espérance du pardon lorsque tu as miséricordieusement

promis la gloire du paradis au malfaiteur qui se tournait vers toi.

 

Louange éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur,

pour cette heure où tu as souffert sur la croix,

pour nous pécheurs, les plus grandes amertumes et les angoisses les plus extrêmes ;

car les souffrances très aiguës de tes blessures atteignaient durement ton âme

et transperçaient cruellement ton cœur sacré ;

finalement ton cœur a éclaté, tu as rendu l'esprit et, penchant la tête,

tu t'es remis humblement aux mains de Dieu ton Père,

et alors ton corps a connu le froid de la mort.

 

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur,

qui as racheté les âmes par ton sang précieux et ta mort sacrée,

toi qui les as miséricordieusement ramenées de l'exil à la vie éternelle.

 

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur,

qui pour notre salut as permis que ton côté et ton cœur fussent percés par la lance,

et qui as fait jaillir de ton côté les flots de ton sang précieux pour nous racheter.

 

Gloire à toi, Jésus Christ mon Seigneur,

parce que tu as voulu que ton corps béni soit déposé de la croix par tes amis

et couché dans les bras de ta mère très douloureuse ;

et parce que tu as permis qu'elle l'enveloppât de linges,

qu'il soit mis au tombeau et gardé par des soldats.

 

Honneur éternel à toi, Jésus Christ mon Seigneur,

qui es ressuscité des morts le troisième jour ;

qui t'es manifesté vivant aux témoins de ton choix ;

qui, après quarante jours, es monté au ciel

à la vue de beaucoup,

et qui y as établi avec honneur tes amis que tu avais délivrés des enfers.

 

Jubilation et louange éternelle à toi,

Seigneur Jésus Christ,

qui as envoyé le Saint-Esprit

dans le cœur de tes disciples

et as développé en eux un amour infini de Dieu.

 

Béni sois-tu, digne de louange et de gloire éternellement,

Jésus mon Seigneur, qui trônes en ton royaume céleste

dans la gloire de ta divinité,

vivant corporellement avec tes membres très saints

que tu as tirés de la chair de la Vierge.

 

Et c'est ainsi que tu viendras

au jour du jugement pour juger les âmes de tous,

vivants et morts.

 

Toi qui vis et règnes

avec le Père et l'Esprit Saint

pour les siècles des siècles.

Amen.

 

 

Que disent les évangiles apocryphes sur les Linges

de l’ensevelissement ?

par Mgr. J.C. Thomas

( Article paru dans la revue "Montre-nous ton Visage", n° 43)

 

Lors de l’émission "La Foi prise au mot ", en mai 2010 (1), Mgr. Thomas a évoqué certains textes

apocryphes qui parlent des Linges de l’ensevelissement (2). Bien que, déjà, "le Canon de

Muratori " (3) ne retenait pas les apocryphes, les textes développés ici laissent à penser que le

Linceul du Christ a pu être conservé.

 

 

a) Evangile de Pierre (4)

…Après la mort de Jésus :

-"23. Les Juifs se réjouirent et donnèrent son corps à Joseph, afin qu’il l’ensevelît, puisqu’il avait vu tout le bien qu’il avait accompli.

- 24. Joseph prit le Seigneur, le lava, l’enveloppa dans un linceul et le porta dans son propre tombeau appelé jardin de Joseph…

- 26. Mes compagnons et moi étions dans l’affliction. Blessés dans nos âmes, nous nous tenions cachés, car ils nous recherchaient, ainsi que des malfaiteurs, et comme si nous voulions incendier le temple.

- 27. Nous jeûnions de surcroît, et restions assis dans le deuil et les larmes, nuit et jour, jusqu’au sabbat….

- 34. Le lendemain, au commencement du sabbat, de Jérusalem et des environs arriva une foule qui voulait voir le sépulcre scellé.

- 35. Dans la nuit qui précéda le dimanche, tandis que les soldats relevaient la garde, deux par deux, une grande voix retentit dans le ciel.

- 36. Et ils virent s’ouvrir les cieux et deux hommes, nimbés de lumière, en descendre et s’approcher du tombeau.

- 38. A cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les Anciens, qui

étaient là, eux aussi, à monter la garde.

- 39. Et quand ils eurent raconté ce qu'ils avaient vu, ils virent à nouveau trois hommes sortir du tombeau ; deux d'entre eux soutenaient le troisième et une croix les suivait.

- 40. Et, tandis que la tête des premiers atteignait le ciel, celle de l'homme qu'ils conduisaient par la main dépassait les cieux.

- 50. Le dimanche matin, Marie de Magdala, la disciple du Seigneur, craintive à cause des Juifs, parce qu’ils étaient enflammés de colère, n’avait pas accompli au tombeau les devoirs que les femmes ont coutume d’accomplir vis-à-vis des morts qui leur sont chers.

- 51. Elle prit avec elle ses amies et entra dans le sépulcre où il avait été déposé….

- 55. …Un jeune homme, assis au milieu du tombeau, leur dit :

- 56. "Il est ressuscité et il est parti. Si vous ne me croyez pas, baissez-vous et regardez l’endroit où il gisait. Il n’y est pas, puisqu’il est ressuscité et qu’il s’en est allé là d’où il a été envoyé ".

- 57. Alors les femmes épouvantées s’enfuirent.

- 58. C’était le dernier jour des Azymes, et beaucoup s’en retournaient chez eux, la fête étant finie.

- 59. Nous, les douze disciples du Seigneur, nous pleurions, nous étions dans le désarroi. Et chacun, consterné par ces événements, rentra chez lui.

- 60. Moi, Simon Pierre et André, mon frère, nous prîmes nos filets et gagnâmes la haute mer…Et Levi était avec nous, fils d’Alphée, que

le Seigneur…"

(Fin du texte retrouvé).

 

 

 

 

 

b) Evangile selon les Hébreux (5)

- passage "Sur les hommes illustres "

 

"- 2. Quand le Seigneur eut donné son suaire au serviteur du prêtre (6) ,

il se rendit auprès de Jacques (7)

et lui apparut.

Car Jacques avait juré de ne plus prendre de pain

depuis cette heure où il avait bu à la coupe du Seigneur,

jusqu’à ce qu’il l’eût vu relevé du sommeil des morts ".

 

 

 

c) Actes de Pilate - Appelés plus tard "Evangile de Nicodème " (8)

 

Ce texte comporte une intention apologétique évidente : Pilate devient le témoin privilégié de l’innocence et de la divinité de Jésus, vu du côté romain, de même que du côté juif, chez Nicodème et Joseph d’Arimathie (9)

.

"- 15.1.Nicodème dit au Grand Conseil : "envoyons des hommes par tout le territoire d’Israël, et voyons si par hasard le Christ n’aurait pas été enlevé par un esprit et déposé sur l’une des montagnes "…Ils dépêchèrent des éclaireurs dans tout le pays d’Israël, et ils cherchèrent Jésus, mais sans succès. A Arimathie, ils trouvèrent Joseph…

- 15.3. Ils choisirent sept hommes amis de Joseph…et lui remirent une lettre l’invitant à venir témoigner…

- 15.4. Nicodème reçut chez lui (Joseph) et donna un grand festin où il invita Anne, Caïphe, les Anciens et les prêtres et les lévites, tout heureux de manger et boire en sa compagnie…

- 15.5. Le lendemain, qui était un vendredi,…ils l’invitent à ne rien cacher. Joseph répondit : "Je ne vous cacherai rien ". Ils lui dirent : "Nous étions très fâchés que tu aies demandé le corps de Jésus, que tu l’aies roulé dans un linceul tout blanc et déposé dans le tombeau. C’est pour cela que nous t’avons enfermé… " .

- 15.6. Joseph prit la parole : "Vous m’avez enfermé le vendredi, vers la dixième heure, et je suis resté là tout le sabbat. Mais à minuit, tandis que j’étais debout à prier, la maison où vous m’aviez enfermé se souleva par les quatre coins et une sorte d’éclair vint éblouir mes yeux. Epouvanté, je tombai à terre. Alors quelqu’un me prit par la main et m’enleva de l’endroit où je gisais, et une eau fraiche coula sur moi de la tête aux pieds, tandis que des effluves de myrrhe emplissaient mes narines. Il m’essuya le visage, m’embrassa et me dit : "Ne crains pas, Joseph, ouvre tes yeux et regarde celui qui te parle ". Levant mon regard, je vis Jésus. Mes frayeurs redoublèrent. Je pensai que c’était un fantôme, et je me mis à réciter les commandements. Mais il les récita avec moi. Or, vous ne l’ignorez pas, quand un fantôme entend réciter près de lui les commandements, il prend la fuite. Voyant qu’il les disait avec moi, je m’écriai : "Rabbi Elie ! ". Il me dit "Je ne suis pas Elie " - "Qui es-tu, Seigneur ", lui dis-je. Et il me dit : "Je suis Jésus. Tu as demandé mon corps à Pilate, puis tu m’as enveloppé dans un pur linceul, et tu as couvert mon visage d’un suaire, puis tu m’as déposé dans ton caveau neuf et tu as roulé une grande pierre à l’entrée de la tombe ".Et je dis à celui qui me parlait : "Viens me montrer l’endroit où je t’ai placé ". Il me conduisit à cet endroit et me le montra. Le linceul y traînait encore, et le suaire qui avait couvert son visage. Alorsj’eus la preuve qu’il était Jésus. Il me prit par la main et, toutes portes closes, me transporta au milieu de ma demeure. Il me conduisit auprès de mon lit et me dit : "Paix à toi ! ". Il m’embrassa encore et ajouta : "Tu ne sortiras pas de chez toi avant quarante jours. Car voici, je vais rejoindre mes frères, en Galilée ".

 

 

 

 

d) Réflexions

1- Ces textes mentionnent l’ensevelissement de Jésus dans un linceul, et la

présence d’un suaire sur son visage. Ils relient ainsi les trois synoptiques

et le quatrième évangile.

2- Ecrits après les évangiles, ils prouvent que des écrivains portaient un

réel intérêt au linceul et au suaire dans les années 130-150. Comme

l’évangile de Jean.

3- Le bref passage de l’évangile selon les Hébreux mentionne que le suaire avait

été donné au serviteur du prêtre après la résurrection, et par le Seigneur luimême.

Il fallait bien l’autorité du Seigneur pour oser toucher et

transmettre ce linge mortuaire réputé impur. Selon ce texte, le suaire a

donc bien été récupéré.

4- Même affirmation, beaucoup plus développée, dans les Actes de Pilate.

Elle porte cette fois et sur le linceul et sur le suaire. Et c’est encore le

Seigneur qui transmet lui-même, après sa résurrection, les linges dans

lesquels il fut enseveli. Ce texte légitime donc et authentifie la

récupération, la conservation et la transmission de ces linges…. Il

corrobore l’évangile de Jean.

5- Ajoutons enfin qu’aucun apocryphe ne fait mention d’une empreinte de

Jésus visible sur le linceul. Selon des textes plus tardifs, ce serait sur le

linge d’Edesse qu’on trouverait pour la première fois mention de cette

empreinte, sur un sindon (linceul) tetradiplon (quatre fois double, plié

quatre fois ?) dont une tradition dira que cette empreinte "n’est pas faite

de main d’homme "

(10)

.

Mgr. J.C. Thomas

 

 

Vous pouvez lire sur ce site le texte intégral des

ACTES de PILATE ou EVANGILE de NICODÈME

d'où est tiré le passage sur le linceul et le suaire en 15.6

NOTES

 

(1) cf. Interview, par la chaîne KTO/TV, de Mgr. Thomas et Pierre de Riedmatten - diffusée le 2

mai 2010 dans l’émission "La Foi prise au mot " (DVD disponible au siège de MNTV).

 

(2) cf. "Evangiles apocryphes ", réunis et présentés par France Quéré " - Ed. Seuil, novembre 1983.

(3) Ce document, daté de 70 après J.C., retrouvé au XVIIIème siècle à la Bibliothèque

Ambroisienne de Milan et publié (en Italie) par Louis Antoine Muratori en 1740, est la plus

ancienne liste des livres bibliques (y compris ceux du Nouveau Testament) reconnus par

l’Eglise comme "canoniques ".

 

 

 

 

 

(4) D’origine probablement syrienne, et daté des années 130, ce texte est le plus ancien récit

apocryphe de la Passion. Il a une parenté de pensée avec l’évangile de Jean, car la mort de Jésus s’y superpose à sa glorification. Il a été découvert à Akhmîn (Haute Egypte) en 1886, dans la tombe d’un moine.

(8) Ce texte a été vraisemblablement écrit au IVème siècle, en reprenant des éléments écrits au IIème siècle, puisque Justin (v. 100 - 165) et Tertullien (v. 155 – v. 222) font mention d’Actes de Pilate. Il a fait l’objet de nombreuses recensions, en syriaque, arménien, éthiopien, latin et grec.

 

(9) Ce texte est cité ici à partir du grec, selon le livre de F. Quéré. Voir le texte complet à l’adresse

: http://francis.tillemans.free.fr/textes/apocryphes_fichiers/Pilate.html

(10) Voir à ce sujet les développements de Ian Wilson, dans "L’énigme du Suaire ", éd. Albin Michel

- 2010, p. 363 et ss.

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