Levitique

Lévitique

LEVITIQUE

 

 

 

Chapitres 13 et 14

 

Deux longs chapitres 13 et 14 sont consacrées aux maladies de la peau, particulièrement à la lèpre.

Les prêtres jouaient un rôle médical: examiner la maladie, diagnostiquer la lèpre, prescrire les mesures à prendre impérativement pour éviter la contagion ( isolement absolu du malade et donc exclusion des zones d'habitation et des assemblées cultuelles).

 

Si la maladie guérissait, le prêtre était chargé de constater et déclarer la guérison. Il intervenait dans le sacrifice que devait offrir l'homme guéri.

 

Cette référence au prêtre a parfois entraîné la conviction que la lèpre était la punition d'une faute commise: par exemple pour Miriam qui osa critiquer Moïse (Nb 12,10) le roi Ozias (2 Chr 26,16-21 et le serviteur d'Elisée, Guéhazi , qui capta à son profit les biens que Naaman, guéri de la lèpre, destinait à Elisée (2 Rois, 5,27).

La maladie, impureté physique, fut souvent réputée maladie morale et associé au péché.

 

L'isolement total du lépreux devenait exclusion, éloignement du peuple de Dieu, séparation, condamnation: une sorte de mort.

 

En proclamant tout haut qu'il était "impur" et devait être traité comme tel, le lépreux éprouvait le sentiment d'être une personne mal jugée, condamnée, indésirable, abominable aux autres, rejetée aussi par Dieu, acculée au désespoir.

 

Les prédicateurs parleront plus tard de la lèpre du péché. Et, pour le pécheur, être traité comme un lépreux devint le symbole du rejet et de l'exclusion.

*

On comprend mieux pourquoi Jésus, témoin de ce rejet médical et parfois religieux du malade, fut ému aux entrailles devant le destin des lépreux et en guérit plusieurs, les réintégrant ainsi dans leur juste réputation et dans la vie sociale et religieuse.

 

13, 1-2 & 45-46

Les commentaires de la "Bible expliquée" permettent au lecteur d'aujourd'hui de mieux comprendre le sens donné par la Bible à la qualification d'IMPUR donnée à celui qui était atteint d'une maladie.

 

L'état d'impureté rendait le citoyen inapte à la vie sociale et le fidèle inapte à la vie cultuelle.

Exclusion

Ils nous aident à comprendre le sens de la PURIFICATION, ou cessation de l'état d'impureté. C'était la réintégration dans la vie sociale et la participation au culte.

Le prêtre , officiant du temple, était chargé des deux actes: affirmation de l'état d'impureté et exclusion: réintégration dans la vie cultuelle et sociale.

Jésus respectera ces prescriptions lorsqu'il demandera à certains lépreux d'aller se montrer aux prêtres du temple pour faire constater leur guérison et être réintégrés.

Mais Jésus ne respectera pas toutes les prescriptions lorsqu'il se permettra de toucher le lépreux sollicitant sa guérison. Il se rend alors volontairement lui-même "impur" pour un certain temps: socialement, cultuellement. (voir Marc 1, 40-45)

 

19, 1 à 34

 

 

"Soyez saints parce que je suis saint, moi Yahvé votre Dieu".

Voici le fondement de tout ce qui va suivre.

Yahvé est saint, sacré, différent, sans complicité avec le mal. Il a choisi le petit peuple des fils d'Israël, l'a sanctifié en faisant Alliance avec lui.

Désormais, en toute logique, chaque membre de ce peuple se doit de vivre dans cet état d'esprit de refus du mal, de choix pour ce qui sanctifie, différencie, consacre à Yahvé.

*

Les prescriptions sont respectables dans la mesure où elles rapprochent de Yahvé, le trois fois Saint.

Seul une conscience sanctifiée accomplit des actes qui sanctifient en respectant les principes édictés d'abord pour réguler la vie sociale.

 

La relation avec Yahvé dans la prière, le culte et le sabbat. Et le refus de se créer des idoles.

 

La relation avec son père et sa mère; d'abord le respect jusqu'au terme de la vieillesse.

 

La relation avec ceux qui font partie du même peuple, du même ensemble social. Refuser la haine, la vengeance, la rancune. Aimer les autres "comme soi-même", comme on désirerait en être aimé.

 

La relation avec les étrangers, les émigrés, les pauvres. Se souvenir du long séjour en Egypte: accueil au temps de Joseph, exploitation par la suite, jusqu'au génocide dont Yahvé a délivré.

 

Les relations entre hommes et femmes.

Le respect de la vérité, de la justice et du droit des autres.

 

*

Le même état d'esprit doit caractériser tous ceux qui croient en Dieu.

Les attitudes incompatibles avec ce principe de "sainteté" détruisent la conscience des croyants et la vie en société.

Elles contredisent radicalement la foi en Dieu qu'on prétend avoir.

Elles pourrissent tout à la racine.