Jacques

Jacques

JACQUES

 

 

Chapitre 1

 

Jacques écrit aux chrétiens d'origine juive et dispersés dans le monde gréco-romain, notamment en Syrie et en Egypte.

D'emblée il donne un certain nombre de conseils tirés du Judaïsme revisité par la pensée du Christ

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v. 1-8

Beaucoup sont mis à l'épreuve (foi, moeurs, opposition). Jacques les invite à en voir l'aspect positif. L'épreuve développe l'esprit d'endurance qui engendre souvent des progrès ou approfondissements.

Cependant, si l'épreuve dépasse les capacités de résistance, ne pas hésiter à prier en demandant un supplément de sagesse. Une telle prière sera exaucée si elle est faite avec confiance. Mais celui qui se laisse aller au doute ressemble à une vague qui va et vient sans jamais se stabiliser.: il est trop instable pour véritablement progresser.

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v.9-11

Certains regrettent de ne pas faire partie des personnes en vue, reconnues. Jacques leur rappelle que même le riche demeure fragile comme la fleur qui finit toujours par se flétrir .Mieux vaut rester fier de sa condition modeste.

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v.12-15

Ne pas confondre l'épreuve et la tentation. L'épreuve agit comme un test de qualité et de solidité quand on la traverse sans perdre confiance envers Dieu.

Elle devient tentation quand on commence à pactiser avec le manque de confiance, à devenir complice des passions intérieures qui habitent en nous.

En ce sens, Dieu ne nous pousse jamais à penser ou à faire ce qui est mal et qu'il désapprouve. Il n'est pas pervers.

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v.16-27

Le Père nous comble. Tout ce qui nous est "donné" d'en-haut suscite chez le croyant du Bien et de la Lumière.

 

Les Paroles de Dieu ( lues dans les Ecritures ou proposées par les envoyés du Seigneur) sont un cadeau à accueillir, à apprécier, à comprendre et à mettre en pratique. Se contenter de les écouter ou d'en parler doctement ne sert à rien.

Par contre, s'efforcer d'en comprendre le Sens pour en vivre devient source d'une vraie liberté et d'un grand bonheur intérieurs.

 

Les paroles ne prouvent pas grand'chose:elles peuvent même tromper.

Les actes, eux, donnent la mesure de notre engagement religieux.

Voici la "religion pure et sans tache: visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse; se garder de toute souillure due à l'influence de l'esprit de ce monde"..

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L'auteur de cette Lettre s'appelle Jacques. Il est présenté comme "frère du Seigneur" (Mt 13,55) dont Jean 7,3-6 précise qu'il n'a pas toujours eu confiance à Jésus.

Il est cependant devenu un personnage influent dans la communauté de Jérusalem (Actes ch 12, 15 et 21).

Précisons qu'il ne s'agit pas du pêcheur du Lac, fils de Zébédée et frère de Jean de Zébédée.

 

L'oubli dans lequel il est tombé en Occident a été favorisé par la promotion de l'autre apôtre Jacques, « le Majeur », fils de Zébédée, dont le pèlerinage à Compostelle s'est développé à partir du xe siècle et a connu une grande vogue durant tout le Moyen Âge.

 

 

Chapitre 2, 1 à 5

 

Jacques a observé des comportements inadmissibles dans la communauté de Jérusalem (qu’il appelle d’ailleurs, en grec, « synagogue », vieille habitude ?). On manifeste grande considération envers les riches et manque de respect envers les pauvres.

 

Jacques argumente :

- ceci contredit la foi « du » Seigneur qui n’a jamais agi avec partialité,

- vous devenez des juges au jugement perverti, pervers (c’est le qualificatif choisi par Jacques)

- vous déshonorez les pauvres que Dieu a comblés des richesses de la foi,

- et vous oubliez que ce sont généralement des riches qui vous oppriment, vous traînent devant les tribunaux et diffament le nom de chrétiens.

 

Pratiquez au moins la loi de Moïse en aimant votre prochain comme vous-même (Lev 19.18)

En agissant avec partialité vous violez un commandement important, semblable à celui qui interdit le meurtre et l’adultère.

 

Par conséquent : revenez à la Loi de liberté chrétienne selon laquelle vous serez jugés. Si vous traitez les autres sans compassion, nul n’aura compassion de vous. La compassion est supérieure au respect des prescriptions.

 

L’accusation est ferme: Jacques y reviendra en s’adressant directement aux riches (5, 1 à 6)

La forme demeure fraternelle : Jacques s’adresse à « ses frères », non à des inférieurs.

 

2, 14 à 26

 

Le style de la lettre ressemble de plus en plus au style oral: celui d'un dialogue entre les tenants de deux thèses.

 

Chacun pousse à fond son idée:

- pas de foi véritable sans des actes conformes à la foi

- pas de salut possible sans la foi qui sauve parce qu'elle prouve la confiance totale en Dieu, seul capable de sauver l'humain.

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Jacques veut-il réfuter , corriger ou préciser la pensée de Paul donnant priorité à la foi comme fondement du salut ? ( cf Romains, ch 3,4,5 et 9).

Jacques veut-il prouver que ce sont nos actes qui nous sauvent ?

 

Paul et Jacques s'appuient sur l'histoire d'Abraham, le premier insistant sur la confiance qu'il eut envers Dieu dès le début (Gen15 et 17), Jacques insistant sur l'acte d'Abraham prêt à offrir Isaac en sacrifice (Gn 22).

Deux insistances sélectionnées par deux théologiens ? Deux pasteurs cherchant à équilibrer des points de vue opposés faisant débat dans les communautés chrétiennes ?

Pourquoi pas?

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Mais tous les deux gardent en arrière-fond des affirmations de Jésus qui se complètent:

le jugement final porté par le Seigneur sur les actes des humains (Mt 25, ), le Samaritain approuvé pour ses actes de miséricorde (Lc 10, 29-37), l'arbre jugé à ses fruits et les vrais disciples qui disent et qui font la volonté de Dieu (Mt 7, 15 à 24) etc.

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Celui qui croit en Dieu met en pratique ce qu'il croit.

Celui qui prétend aimer agit selon l'amour qu'il déclare.

Comment croire quelqu'un qui affirme sa foi mais qui agit comme s'il n'avait pas la foi ?.

L'apôtre Jean abonde dans le même sens (I Jean 3, 11-19)

Il doit exister une harmonie entre les paroles et les actes, entre les déclarations de foi et le comportement selon la foi.

Parce que croire, ce n'est pas seulement penser, c'est s'engager dans une relation et dans une histoire d'amour envers le Seigneur.

 

Paul, Jacques, Jean, Luc et Matthieu le disent tous, chacun à sa façon et avec son style.

 

3, 16 à 4, 3

Jacques demande aux gens de sa communauté locale, majoritairement Juifs d'origine,

de bien distinguer:

 

- la sagesse biblique (reconnaissable à ses fruits: paix, douceur, miséricorde, impartialité, authenticité) et les sagesses à ne pas suivre, celles qui engendrent jalousie, rivalités, orgueil, refus de la vérité.

 

 

- les états d'esprit qui dérèglent le comportement (priorité aux plaisirs, à la convoitise, au pouvoir imposé aux autres) en suscitant meurtres et guerres -

et l'amour de ce que propose l'Ecriture inspirée par Dieu.

 

 

 

Globalement, Jacques invite

- à prier pour demander la sagesse que Dieu donne,

- et à résister aux suggestions qui s'y opposent et qui viennent toujours du Diable, le grand opposant à Dieu.

 

5, 1 à 6

 

Jacques vise très précisément

les riches qui exploitent,

qui accumulent les biens sans les faire produire au service des autres,

qui profitent de leur influence

pour écraser, condamner injustement

et faire périr des gens ordinaires

et innocents.

 

Avec des accents dignes

des prophètes Amos ou Isaïe,

il somme ces riches de changer radicalement

de comportement

pour employer leurs richesses

à améliorer le sort des petites gens

au lieu de contribuer à leur appauvrissement.

 

Il ne s’agit pas d’un réquisitoire contre la richesse

mais d’une attaque en règle

des « mauvais riches »

et des personnes influentes q

ui bafouent le droit des gens.

Pour les faire craquer,

Jacques leur promet un avenir épouvantable.

 

 

Comparer avec la parabole du pauvre Lazare et du riche totalement aveugle sur le sort de ses voisins. (Luc 16,19-31).

 

Jésus cherche à faire prendre conscience

de l’aveuglement du riche.

 

Jacques, lui, pratique la pédagogie

de la crainte du châtiment.

 

 

5, 7 à 12

Jacques voit le temps passer et le Seigneur ne fait pas sentir sa proximité.

 

Il propose une spiritualité de l'attente, faite de

- patience::garder son calme malgré la lassitude

- être persuadé que la germination avance sans qu'on puisse la voir

- endurance et constance au lieu de s'énerver

- ne pas faire passer sur les autres son irritation intérieure.

 

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Ainsi ont vécu les prophètes et le saint homme Job dans l'adversité.

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Dire les choses comme on les pense. Pas d'embrouilles ni de langue de bois.

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Se laisser juger seulement par Dieu. Il est plein de compassion et de bienveillance dans ses jugements.