Holocauste

IDOLE

 

Notre société ne manque pas d’idoles. Elle désigne ainsi des personnes objet d’une admiration passionnée de la part de ceux qui les adorent. Vedettes, stars, artistes connus, personnes de premier plan : on leur tend le micro, la publicité s’appuie sur elles pour améliorer ses ventes. Notre société laïque et occidentale a créé le culte de nouvelles idoles: l’argent, le pouvoir, le corps, la marchandise, la technique, la science, sans oublier le sexe..

Ce phénomène remonte à la plus haute antiquité. Deux mille ans avant notre ère, pour ne parler que du Moyen-Orient, les humains avaient déjà leurs idoles. Ils honoraient les astres, certains animaux, de grands hommes politiques comme les empereurs. Ils s’en fabriquaient des représentations: sculptures monumentales ou statuettes. Ils leur érigeaient des temples où ils leur rendaient un culte. Ils leur accordaient une place d’honneur dans leurs habitations.

 

Notre mot français idole est le décalque du mot grec, eidolon, image, représentation. Nous ne discernons pas exactement si chacune de ces images était censée représenter Dieu ou si elle était seulement considérée comme un piédestal au-dessus duquel Dieu trônait.

L’ancien testament décrit un combat constant entre le culte authentique réservé au Dieu d’Abraham , d’Isaac et de Jacob et les séductions de l’idolâtrie qui ont souvent gagné la majorité du peuple d’Israël.

Toujours est-il que le décalogue commence ainsi: “Je suis le Seigneur, ton Dieu...Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. Tu ne te feras pas de statue, ni aucune forme de ce qui est dans le ciel, en haut, de ce qui est sur la terre, en bas ou de ce qui est au-dessous de la terre, dans les eaux. Tu ne te prosterneras pas devant ces choses-là et tu ne les serviras pas”. (Ex. 20.1-5)

Ce qui signifie clairement: Dieu seul est vraiment Dieu. Rien n’est plus grand que Dieu. Rien ne doit le représenter. Rien ni personne d’autre que le Dieu vivant ne doit être adoré comme Dieu, ni bénéficier d’une confiance absolue de la part d’un être humain. Ce commandement est totalement original. Mais il fut violé d’innombrables fois.

Tous les prophètes et les écrits de sagesse ont combattu le culte rendu aux idoles.

Psaume 106: “ ils se mêlaient aux païens, Ils en servaient les idoles, elles devenaient pour eux un piège! Ils avaient sacrifié leurs fils et leurs filles aux démons. Ils versaient le sang innocent, le sang de leurs fils et de leurs filles qu'ils sacrifiaient aux idoles de Canaan” (Ps 106.36-40).

Esaïe (44. 9-40) “Les fabricants d'idoles sont tous des nullités.Et leurs chers objets ne servent absolument à rien: Fabriquer un dieu, mouler une idole qui ne servira à rien, quelle sottise! Les artisans qui la fabriquent ne sont que des hommes.... Avec la moitié d’une bûche ils se font une idole, ils s'inclinent devant elle et lui adressent cette prière: “Tu es mon dieu, délivre-moi!”.Ces gens n'ont rien dans la tête. Aucun ne réfléchit, aucun n'a le bon sens de dire: “C'est devant un bout de bois que je viens m'incliner!” Leur dieu ne les délivre pas, mais eux-mêmes ne se disent pas: “Ce que je tiens dans la main n'est qu'un faux dieu, c'est évident.”

 

L’évangile nous dit que Jésus fut invité par le démon à honorer certaines idoles plus subtiles que des statuettes: les biens de consommation, l’argent, le succès, le pouvoir. Il opposa un refus absolu en citant la Parole de Dieu: “C’est devant le Seigneur, ton Dieu, que tu te prosterneras, et c’est à lui seul que tu rendras un culte”. (Luc 4.8)

La première lettre de Jean conclut: “ Mes petits-enfants, gardez-vous des idoles”.(I Jn 5.21).

 

Selon la Bible, le refus des idoles est une réaction de santé et une opération-vérité.

 

Le culte des idoles est futilité, frivolité, inconsistance: il n’apporte rien de profond.

 

Dieu seul est libérateur, source de paix, de justice et de qualité humaine.

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

 

GRAND PRÊTRE

 

J’invite nos auditeurs à se souvenir de ce que j’ai dit sur le “prêtre dans la Bible” dans une autre émission sur les mots de la Bible.

Aujourd’hui, nous évoquerons seulement le rôle du Grand Prêtre, celui qui occupe le sommet de la hiérarchie sacerdotale.

Les traductions le désignent: soit comme chef de la maison de Dieu, soit prêtre en chef, soit parfois prêtre tout court, ou enfin “celui qui a reçu l’onction” (cependant l’onction n’était pas réservée au seul grand prêtre : Ex. 28.40; 30.30).

Son entrée en fonction fait l’objet de solennités qui durent sept jours (Ex. 29.35, Lev. 8.33)

Deux figures de grands prêtres dominent l’histoire au temps de David: Abiathar et Tsadoq: ce dernier l’emportera tandis que le premier sera écarté.( 1 Rois 1-2)

Par la suite, on devenait grand prêtre après avoir été prêtre en second, remplaçant le grand prêtre en cas d’empêchement.(Jér 29.26). Seuls les descendants d’Aaron, prouvant leur généalogie, pouvaient devenir prêtres puis grands prêtres à partir des années 520 avant JC (Esd 2.61-63, Néh 7.63-65).

Le Grand prêtre présidait le sanhédrin, conseil suprême de la nation. Il veillait sur le Trésor. .Seul, une fois par an,il entrait dans le lieu très saint pour le grand jour de l’Expiation (Héb 9.7)

A l’époque des Maccabées, environ 160 à 140 avant notre ère, la nomination ou la déposition des grands prêtres devint le fait du prince étranger. La place était fort convoitée. Elle faisait l’objet de tractations politico-religieuses. En effet, le grand prêtre occupait une position quasi royale depuis le retour de l’exil..L’un d’eux, le Grand prêtre Simon Maccabée, fut proclamé “grand prêtre, stratège et chef des Juifs” (1 Mac 13.42).

Les noms et les durées de règne des cinquante grands prêtres depuis le retour de Babylone jusqu’à la guerre juive des années 66-70 après Jésus Christ nous sont connus.

En 37 avant notre ère, le Roi Hérode le Grand, allié à Rome, reprit le pouvoir politique à son compte, nomma les grands prêtres qu’il changeait tous les ans. Ils recevaient pouvoir sur le culte, essentiellement en référence à la Torah, selon l’esprit des Sadducéens. Ils tenaient peu compte des Prophètes ou des Sages, ce que les Pharisiens et les Esséniens leur reprochaient.

Telle était la situation au temps de Jésus..La famille des Grands prêtres avait la haute main sur tout ce qui concernait la vie religieuse..

Les Evangiles mentionnent les Grands prêtres Hanne et Caïphe comme principaux accusateurs de Jésus. Caïphe proclame: “Vous n’y comprenez rien. Ne saisissez-vous pas qu’il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et qu’ainsi la nation entière ne soit pas détruite?” (Jn 11.50) Au moment de la passion de Jésus, Caïphe réunit le grand conseil. Il somme Jésus de dire si, oui ou non, il est “le Messie, le fils du Dieu vivant” (Mat 26.3).Le quatrième évangile précise que “l’autre disciple était connu du grand prêtre” et avait amené Pierre à la porte du palais de Hanne, le beau-père de Caïphe. Là, Pierre affirmera ne pas connaître Jésus.(Jn 18.15-18)

Les Actes des Apôtres présentent “les grands prêtres Hanne, Caïphe, Jean, Alexandre et tous les membres de la famille du grand prêtre “ (Act 4.6) “ et les membres du parti des Sadducéens (comme) remplis de jalousie à l’égard des apôtres” (Act 5.17) et décidés à en finir avec eux..

Paul affirmera qu’il avait reçu du grand prêtre les pleins pouvoirs pour arrêter, à Damas, les disciples de Jésus (Act.22.5)..Mais, après son retournement sur la route de Damas, le grand prêtre Ananias défèrera Paul au pouvoir romain : cette tentative n’aboutira pas à l’élimination de Paul car une violente dispute oppose alors les phraisiens et les sadducéens membres du grand conseil (Actes 21 et 22)..

 

Malgré ce contexte, la Lettre aux Hébreux n’a cependant pas hésité à faire de longs développements sur le rôle spécifiquement religieux du grand prêtre. L’intention de l’auteur est claire: il veut montrer que Jésus est le véritable grand prêtre de la Nouvelle Alliance, supérieur à tous les grands prêtres de l’ancienne Alliance. Il présente le Christ comme “fidèle en tant que Fils, placé à la tête de la maison de Dieu. Et nous sommes sa maison, si nous gardons notre assurance et l’espérance dont nous sommes fiers”. (Héb 3.6). Il poursuit: “Nous avons, en effet, un grand-prêtre souverain qui est parvenu jusqu’en la présence même de Dieu: c’est Jésus, le Fils de Dieu...Bien qu’il fût le Fils de Dieu, il a appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert. Après avoir été élevé à la perfection, il est devenu la source d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. En effet, Dieu l’a déclaré grand prêtre dans la tradition de Melkisedec”. (Héb. 4.14 & 5.8-9). “Quand le Christ est entré, une fois pour toutes dans le lieu très saint, il n’a pas offert du sang de boucs et de veaux; il a offert son propre sang et nous a ainsi délivrés définitivement de nos péchés... Par l’Esprit éternel, il s’est offert lui-même à Dieu comme sacrifice parfait...Voilà pourquoi le Christ est l’intermédiaire (médiateur) d’une alliance nouvelle, afin que ceux qui ont été appelés par Dieu puissent recevoir les biens éternels qu’il a promis aux siens...Il est entré dans le ciel même, où il se présente maintenant devant Dieu pour nous”. (Héb 9.12, 14-15, 24).

Selon les réflexions théologiques de la Lettre aux Hébreux, le Christ a mis définitivement fin au rôle des grands prêtres et à leur histoire tumultueuse. .Historiquement, ne l’oublions pas, les grands prêtres ont disparu des institutions du Judaïsme avec la destruction du Temple, oeuvre des romains en l’an 70 de notre ère.

 

Holocauste

 

Ce mot n’apparaît qu’une seule fois dans les évangiles, en conclusion d’un dialogue entre Jésus et un spécialiste des Ecritures. La question porte sur le commandement le plus important. Jésus répond: le voici: ”Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force et tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Le spécialiste approuve Jésus et conclut: ”Cela vaut mieux que tous les holocaustes et sacrifices” (Mc 12. 30-33).

Magnifique discernement de ce juif fidèle.Depuis des siècles, rien n’était plus important que les holocaustes et sacrifices comme preuve de soumission envers lui. Depuis Moïse, selon les Ecritures, chaque matin et chaque soir, on offrait un agneau en holocauste. Cette tradition séculaire disparut avec la destruction du temple de Jérusalem, en l’an 70 de notre ère. Mais depuis les prophètes, beaucoup de Juifs reconnaissaient que l’essentiel de la religion et de l’alliance avec Dieu se jouait dans le coeur de chaque être humain et non pas dans le temple, sur l’autel, à travers une fonction réservée aux prêtres.

Qu’était donc un holocauste? D’abord un acte du culte. Après avoir tué un animal mâle et sans défaut, le prêtre le dépeçait, il plaçait les morceaux sur un endroit élevé recouvert de bronze où était entretenu un feu de bois. L’animal y était entièrement brûlé. La fumée montait vers le ciel et représentait la prière du peuple de Dieu et son adoration permanente du matin au soir.

L’autel était évidemment placé dehors, devant l’entrée du sanctuaire, dans l’enclos délimitant le temple. Tout le monde pouvait voir la fumée monter et s’associer au culte célébré par les sacrificateurs, ou prêtres.

D’où proviennent les appellations données à ce culte? En hébreu domine l’expression “monter”, représentée par le panache de fumée d’odeur agréable pour le Seigneur. Le grec associe deux mots pour souligner que tout, absolument tout (holon) doit être consumé (kautoma): d’où “holocautoma”, que le latin a transformé en “holocaustum” tandis que le français se contentait de prononcer “holocauste”..

L’ancien testament décrit l’holocauste, la façon d’immoler, de laver, de répandre le sang de l’animal et de disposer les morceaux sur l’autel pour que tout soit consumé. Le Lévitique s’ouvre sur ces prescriptions. Il énumère immédiatement les autres actions cultuelles: l’offrande végétale (farine, huile, encens) , le sacrifice de paix et de communion où seulement une partie de l’animal est brûlée pour Dieu tandis que le reste est mangé par ceux qui l’ont offert pour manifester leur communion avec Dieu. Il y a aussi les sacrifices pour obtenir le pardon, le sacrifice de réparation pour fautes commises.

La femme devait se purifier après la naissance d’un enfant en offrant un sacrifice. De même le lépreux guéri, etc. Toute la vie courante était, pour ainsi dire, cultualisée. L’holocauste quotidien à l’entrée du temple accomplissait le devoir de prière du peuple de Dieu. Aux grandes heures de son histoire, les rois David et Salomon offrirent mille holocaustes nous dit la Bible. Considérable et probablement très amplifié!

Après le retour de l’exil , le temple de Jérusalem fut le seul endroit autorisé pour ce culte. Marie ,40 jours après la naissance de Jésus viendra le consacrer à Dieu et se purifier en offrant une paire de tourterelles, le sacrifice des gens du petit peuple. Jésus sera témoin des holocaustes lors de ses séjours à Jérusalem. D’où la force révolutionnaire et universelle du véritable culte que Dieu aime: non pas les holocaustes d’animaux mais l’engagement loyal d’un coeur. rempli d’amour pour Dieu et son prochain..

 

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