Hebreux

Hébreux

HEBREUX

 

1, 1 à 6

 

Un disciple de Jésus ressuscité,

connaissant parfaitement les Saintes Ecritures

rédigées en hébreu (AT) s'adresse à ses frères Juifs:

soit par écrit, soit dans une longue causerie.

 

L'environnement culturel les éprouve:

on les persécute: ils ont besoin d'un souffle spirituel, d'espérance et d'un approfondissement culturel.

 

L'auteur centre son propos sur la personne de Jésus.

 

Citant d'innombrables passages des Ecritures du Judaïsme - à la façon des gens cultivés de son temps, ce qui peut désarçonner nos esprits cartésiens - il développe l'harmonieuse continuité entre la personne de Jésus et la pensée des Prophètes et des Sages.

*

Depuis l'aube des temps,

le Dieu Unique cherche le contact avec les humains,

notamment par l'intermédiaire du peuple hébreu.

 

Dès la première page de la Bible,

Dieu parle et cela est: il dit et cela se réalise.

Dieu est Parole et Réalité. (Genèse 1)

 

Jésus est la Parole plénière

que Dieu vient de proclamer

et de donner:

pour faire entrer l'histoire humaine

dans une ère nouvelle, définitive,

finale, durable jusqu'à la fin des siècles.

 

Jésus est totalement lié à Dieu:

Il est pour lui un Fils, son héritier,

l'expression de son être, associé à la création.

 

Il a planté sa tente parmi les humains,

pour vivre avec et comme eux,

pour leur parler et se laisser toucher:

en véritable Frère.

 

Il s'est entièrement livré entre leurs mains

pour les purifier de leurs péchés.

Désormais et pour toujours,

il est "assis à la droite de Dieu":

il porte son NOM.

 

Des temps nouveaux commencent pour l'humanité.

Les chrétiens peuvent être légitimement

fiers d'en faire partie.

 

Ils représentent l'avenir:

ils le construisent

quand ils vivent

selon leur foi chrétienne.

 

( comparer avec Jean 1, 1-18, avec Colossiens 1,5 à 23 et I Jean 1, 1 à 10)

 

2, 9 à 11

 

Cette « lettre aux Hébreux », dont l’auteur demeure non identifié, est destinée exclusivement à des lecteurs connaissant bien les Saintes Ecritures juives (ancien Testament),

habitués aux raisonnements

utilisés entre spécialistes des écoles théologiques des années 60-70.

But central visé par l’auteur : montrer que Jésus, ultime Parole adressée par le Père aux croyants, (1,1-4) mérite d’être considéré comme LE véritable Grand Prêtre célébrant le culte de l’Alliance Eternelle.

 

Jésus remplace donc tout ce que la première Alliance avait institué : médiation de Moïse, sacerdoce des descendants d’Aaron, sacrifices d’animaux destinés à la purification rituelle des péchés.

*

Cette lettre est l’unique texte du NT où les mot « prêtre » et « sacerdoce » sont utilisés pour parler de Jésus et non pas seulement des prêtres de l'Ancien Testament et du culte célébré à Jérusalem au temps de Jésus.

 

Nulle part ailleurs ces titres ne sont employés pour caractériser Jésus :

encore moins pour désigner ses apôtres, ceux qui assurent un ministère de serviteurs de Sa Parole, au milieu et au bénéfice des autres disciples chrétiens.

 

Malheureusement, d’innombrables commentaires depuis vingt siècles ont abusivement pris cette « lettre » comme point de départ pour présenter le

« ministère chrétien » .

(www.thomasjch.com/motsministere.html)

*

Le chapitre 2 rappelle que Jésus est supérieur aux anges tout en étant solidaire des humains

dont il est devenu le frère par son incarnation.

Loin d’avilir Jésus, la passion a montré son engagement au bénéfice de l’humanité.

 

Il a accepté de mourir, comme tous les hommes.

Mais il a vaincu la mort et son pouvoir.

Il a traversé cette mort injuste en gardant un amour filial

envers le Père et un amour fraternel envers les humains.

« Du fait qu’il a lui-même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés » (2,18).

En plus de Jésus, de son Père et des êtres humains l'auteur de la lettre mentionne celui qu'il appelle le diabolos, en grec, mot signifiant sa spécialité:

diviser, monter les gens les uns contre les autres.

 

L'auteur évoque ainsi Genèse 3,1 à 19, et le rôle pervers de celui qui rampe sur la poussière terrestre,s'infiltrant jusqu'à l'épouse, l'emberlificotant dans un dialogue mensonger pour la séparer de son époux et de son Yhwh-Dieu.

 

La lettre présente ce diabolos comme "ayant la domination de la mort"

et la capacité de rendre les humains esclaves de la crainte de la mort

pendant toute leur existence terrestre.

 

Les textes bibliques parlent de ce diabolos, depuis la Genèse jusqu'à l'Apocalypse (12, 1 à 18, particulièrement v.9).

En Apoc 20, 7 à 11, il perd définitivement son pouvoir.

La façon biblique de parler du diabolos ne correspond

pas à un animal ayant tête et queue, brandissant une fourche pour capter hommes et femmes

et les faire plonger dans un brasier de feu éternel appelé enfer.

Vieille image impressionnante des catéchismes en images des années 1930/1940 qui ont marqué des générations.

 

Malheureusement, certains prédicateurs continuent à parler ainsi du diabolos et de l'enfer, soit par ignorance biblique, soit pour susciter la peur chez leurs auditeurs et les obliger

à se "convertir".

*

 

 

 

 

2, 11 à 18

 

L'auteur de cette Lettre aux Hébreux résume ses convictions de base sur la personnalité de Jésus.

 

- A travers lui c'est le Dieu unique qui parle à l'ensemble des humains.

 

- Ils peuvent entendre son message puisqu'il parle leur langage de chair et de sang, de gestes et de paroles. Les anges n'ont pas cette possibilité.

 

- Jésus réussit cette transmission parce qu'il fait l'expérience commune à tous les humains: il est mortel et connaît la souffrance mais la peur de mourir ou de la souffrance ne le domine pas. A ce titre, il peut libérer ceux qui passent leur vie dans l'esclavage de ces peurs et du "diable" , (ou "diviseur" ) qui en profite pour imposer ses idées négatives et morbides.

 

- Jésus a conduit son existence avec un coeur de frère envers ceux qui partagent la condition humaine. Ceci ne l'humilie en rien. Il aime être appelé leur frère.

 

- Ayant vécu cette condition de chair et de sang, il est capable d'intercéder et d'offrir ce qui plaît à Dieu, à la façon du meilleur des Grands Prêtres, ou plutôt de l'Unique Grand prêtre pour toute l'Humanité.

*

Et l'auteur de la Lettre va immédiatement aborder son long développement

- sur le Christ, Grand Prêtre plein de miséricorde et de compréhension.(chapitres 3 à 9)

- sur le culte parfait et efficace qui nous réconcilie avec le Père Universel. (ch 10)

 

4, 1 à 13

Hébreux 4, 12-13

 

L'auteur a commencé sa Lettre en exprimant sa conviction: Dieu ne cesse de parler depuis les origines.

A ce moment solennel de l'histoire c'est par un Fils que Dieu s'adresse aux humains, un Fils rayonnement de sa gloire, assis à sa droite après avoir purifié les péchés du monde.

Ce Fils considère les humains comme des frères puisqu'il a partagé leur humanité.

 

Jean l'évangéliste a commencé son témoignage sur ce Fils, Jésus, en écrivant solennellement et de façon réaliste:

il était la Parole de Dieu, dès le commencement de tout, Lumière, Vie;

tout fut créé par cette Parole qui devint personne humaine,

planta sa tente au milieu de son Peuple et laissa resplendir son rayonnement,

le rayonnement même de Dieu que personne n'a jamais vu. (Jn 1, 1 à 18).

 

La Lettre invite donc à écouter cette Parole Incarnée

et à mettre en actes ce qu'elle demande pour entrer dans le repos intérieur d'une conscience illuminée jusqu'à sa source. L'auteur la compare à un glaive à deux tranchants.

L'Apocalypse développe la même comparaison de l'épée acérée, à deux tranchants, sortant de la bouche du Christ dont le Visage ressemble au soleil lorsqu'il brille dans sa toute puissance.Cette épée n'apporte pas la mort.

"N'aie pas peur! C'est moi qui suis le Premier et le dernier ! le Vivant. Je suis mort mais je suis Vivant à tout jamais" (Ap. 1,16 à 18).

 

La Parole Incarnée juge des sentiments et des pensées du cœur, met tout à nu pour bénéficier du juste jugement de celui à qui chacun devra rendre compte.

Tous les artistes ayant mis en image l'Apocalypse ont donné forme à cette Parole incisive qu'il ne faut pas redouter puisqu'elle suscite la Vie et non pas la mort.

 

 

L'auteur de "La Lettre" interpelle ses lecteurs. Ils connaissent bien les Saintes Ecritures Juives. Elles rappellent l'expérience désastreuse de ceux qui , pendant le séjour au désert, ne comprirent pas que Dieu, leur libérateur, parlait par les événements: don de l'eau, de la manne, de la guérison après morsures des serpents: certains n'ont jamais cessé de critiquer Yahvé.

Résultat: ils ne sont pas entrés dans la Terre promise, ce lieu où ils devaient trouver le repos. Ils ont défié Dieu. Ils ont manqué de foi.

 

Que cette expérience malheureuse ne se reproduise donc pas. Et l'auter répète à trois reprises cette exhortation du psaume 94/95:

" Aujourd'hui, si vous entendez la voix du Seigneur, n'endurcissez pas votre coeur". Ne défiez pas Dieu. Faites-lui confiance.

 

La lettre s'adresse à des Juifs affrontés à des problèmes d'endurance dans la foi, de doute après l'enthousiasme des débuts qui suivirent la résurrection du Seigneur, en l'an 30. Voici déjà 35 ans au moins que ces croyants du judaïsme adhèrent à la foi chrétienne , est-ce que les choses ont véritablement changé ? Sont-ils tentés de "retourner symboliquement en Egypte", de revenir au passé, de reprendre la route du Temple de Jérusalem pour y revivre le culte concret, agneaux immolés, encens quotidien, rites parlants ?

*

Afin de conjurer ce risque, la Lettre rappelle que, depuis toujours, la Parole de Dieu est vivante, efficace, énergique: elle va jusq'uaux racines de l'âme, jugeant les intention et les pensées du coeur.

 

Pas question donc d'oublier cette priorité à l'écoute de Yahvé.

 

Et Jésus, le Fils de Dieu, en fut l'expression visible : il demeure le coeur de la foi véritable, le coeur du culte qui plaît à Yahvé, le célébrant supérieur à tous les grands prêtres du Temple de Jérusalem.

 

En un mot, il est LE Grand Prêtre, l'Unique Grand Prêtre, solidaire de tous les humains.

 

4, 14 à 16

La Lettre vient d'exalter la Parole de Dieu, en la comparant à un glaive mettant à nu nos pensées les plus secrètes.

Elle va consacrer au sacerdoce unique et exceptionnel de Jésus les chapitres 5 à 8. Comme si le rédacteur de cette Lettre ressentait le besoin de faire une brève transition, il résume en quelques lignes la psychologie de Jésus.

Il écrit donc à son sujet: Jésus fut sensible à nos faiblesses, il a été mis à l'épreuve et testé: il a traversé des épreuves semblables à celles que nous connaissons en raison de nos faiblesses et de notre adhésion quasi spontanée à ce qui est mauvais.

Il a très largement dépassé la mesure courante, ses souffrances furent exceptionnelles, comme celles que connaissent certaines personnes innocentes, aujourd'hui avilies ou exterminées par des pouvoirs barbares.

Le rédacteur de la Lettre nous invite ainsi

à nous tourner vers ce Jésus,

désormais vivant dans le monde de Dieu. Soyons assurés qu'il nous accueillera avec compassion, et viendra à notre secours.

 

4,14 à 5, 9

 

 

L'auteur de La Lettre insiste à nouveau sur la fidélité à suivre Jésus, sans céder à la tentation de revenir en arrière.

Jésus, le Fils, est actuellement Vivant, en présence de Dieu.Il a traversé des heures incroyablement éprouvantes, mais il est demeuré fidèle. Recourons à lui: il nous viendra en aide.

*

L'auteur aborde maintenant l'enseignement central: Jésus est devenu le Grand Prêtre exceptionnel des croyants originaires du Judaïsme.

Cette façon de parler de Jésus est tellement nouvelle que l'auteur se lance dans un long développement, caractéristique des commentaires habituels des Rabbins. Il n'hésite pas à le faire car il veut transmettre une doctrine solide, faite pour des adultes dans la foi chrétienne. Il a bien conscience de passer au-dessus de la tête de beaucoup de lecteurs, dont la culture est à peine ébauchée.

*

Il rappelle d'abord des évidences au sujet des grands prêtres et prêtres du temple de Jérusalem: leur statut d'hommes, de la descendance d'Aaron, exposés à bien des faiblesses, mais ayant mission d'immoler des animaux pour les offrir en sacrifice quotidien. Ils honorent ainsi Dieu qui répond à ces sacrifices en accordant son pardon.

*

Il insiste sur le fait que tous les prêtres du Temple le sont devenus par naissance d'un père lui-même prêtre. De génération en génération, le sacerdoce est ainsi transmis depuis Aaron. Ce qui pose problème pour Jésus, le vrai non-prêtre puisqu'il est de la tribu de Juda et non de la descendance d'Aaron.

L'auteur sait que Jésus ne s'est jamais présenté comme prêtre du temple.

Il le compare alors à Melkisedec, ( aspect développé en 7, 1 à 26)

Et cite le psaume 110 pour conclure: Jésus est prêtre, d'un autre "ordre", d'un autre "type", d'un autre "culte".

C'est parce qu'il est Fils de Dieu qu'il est le vrai, le seul Grand prêtre parfait.

Jésus fut éprouvé durant sa vie mortelle, plus que tout grand prêtre. Dieu l'a trouvé plus fidèle que tous les grands prêtres.

Il est devenu Grand prêtre par son obéissance,

Les lecteurs de la Lettre sont invités à le considérer comme supérieur à tous les Grands prêtres du Judaïsme: ces derniers sont obsolètes, dépassés, remplacés. Les croyants nouveaux n'ont plus besoin d'eux et de leurs sacrifices qui ne sauvent personne.

Le raisonnement va se prolonger longuement, systématiquement.

 

 

4, 14 à 5, 13

L'auteur de cette Lettre s'adresse à ses frères du Judaïsme, devenus chrétiens, qui connaissaient parfaitement ce que dit la Bible sur les grands prêtres du Judaïsme qui disparurent en l'an 70 en même temps que le temple de Jérusalem dont ils étaient les desservants et les responsables.

 

L'auteur compare Jésus à ce que furent les grands prêtres dans la lignée d'Aaron. Et il est le seul à dire que Jésus fut le vrai Grand Prêtre - l'unique Médiateur de l'Alliance éternelle, par sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection.

Aucun autre chrétien n'est appelé "prêtre", encore moins "grand prêtre" ou "pontife" ou "médiateur", dans tout l'ensemble du Nouveau Testament.

C'est donc à tort qu'un certain nombre de textes de la tradition catholique appliquent à Pierre, ou à des Papes, des évêques et des Anciens (Presbytres) les termes de "pontifes", "prêtres". Il s'agit d'une usurpation d'identité qui engendre dans les esprits de multiples attitudes faussant complètement les rapports entre chrétiens, disciples du Christ. Combien d'années faudra-t-il encore pour que disparaissent ces vieilles habitudes sans aucun fondement dans la Révélation chrétienne ?

Nul ne doit jamais prendre la place du Christ. Nul ne doit jamais parler ou agir comme s'il était un substitut du Seigneur Jésus.

 

 

5, 7 à 10

Attention, le rédacteur de cette lettre pense exclusivement aux "prêtres du Judaïsme", membres de la tribu de Levi, famille d'Aaron.

Y voir la définition de ceux que nous appelons maintenant "prêtres"

(par déformation du mot grec presbuteros qui désigne les Ancien et les Envoyés du Christ) c'est déformer entièrement la perspective de cette Lettre aux Hébreux.

 

Il y a 20 siècles, voici comment le Judaïsme considérait les grands "prêtres",

officiant dans le temple de Jérusalem (pensez à Caïphe, à Zacharie..),

notamment le jour de Kippour.

Louis Segond les appelle "sacrificateurs", en hébreu kohen. Ils ont disparu définitivement en l'an 70 avec la destruction du Temple de Jérusalem, lieu de leur fonction.

 

2. Jésus de Nazareth N'était "pas prêtre" par naissance, puisqu'il ne faisait pas partie de la tribu de Lévi (mais de celle de Juda, par Joseph). L'auteur de la Lettre veut, malgré tout, faire réfléchir les disciples du Christ à propos du Sacerdoce exceptionnel et unique accompli par Jésus.

- Il raisonne donc à la façon d'un théologien juif en expliquant: Jésus est "prêtre" en sa qualité de Fils unique du Père (la lettre cite le Psaume 2, 7 et le psaume 110, 4) (v.5-6). Sous-entendu: c'est beaucoup mieux que d'être seulement de la famille humaine d'Aaron.

- Et l'auteur ajoute que Jésus est "prêtre à la façon de Melkisedech" (et non pas d'Aaron), ce roi de justice, dont on ne connaissait pas le père, et qui "célébra" avec du pain et du vin et non pas en immolant de animaux-substituts de l'être humain. (lire Gn 14,18)

-Jésus est également membre de la famille humaine puisqu'il a pris notre humanité.

Sous-entendu: il est beaucoup plus humain que tous les humains grands prêtres.

- Comme tous les humains, il a traversé des temps d'épreuve et de détresse. En fait, beaucoup plus durement en raison de l'opposition que lui ont imposée les autorités religieuses de son peuple Juif, les "Sacrificateurs" dirigeant le culte dans le temple de Jérusalem.

- Jésus a tiré de cette épreuve un enseignement et une capacité extraordinaire d'aimer même ceux qui ne l'aiment pas.

- Désormais toujours Vivant comme Ressuscité, il vit auprès du Père Universel, intercédant et s'offrant en permanence pour ceux qui croient en Lui.

En résumé: Il est donc le seul grand prêtre "éternel".

Tous les "grands prêtres" ou "grands sacrificateurs" du Judaïsme ont disparu depuis l'année 70.

La Lettre aux Hébreux - qui ressemble à une homélie - met en valeur cette idée centrale. N'en déformons pas le sens.

A-t-elle été écrite avant 70 ou après 70 ? ?

 

* N'oublions jamais qu'aucun autre texte du Nouveau Testament n'a donné à Jésus le titre de "Prêtre".

Aucun Apôtre, aucun Disciple de Jésus depuis deux millénaires ne doit se prendre pour un "prêtre".

Malheureusement, la confusion s'est installée, durablement, officiellement...

Elle fait partie des "mots" et des "maux" du ministère dans le langage catholique.

 

5, 1 à 14

 

La Lettre rappelle plusieurs caractéristiques des prêtres du Judaïsme:

- ce sont des hommes, avec leurs faiblesses: ils peuvent ainsi comprendre les faiblesses des autres,

- ils font partie du peuple d'Israël et ont besoin, eux aussi, du pardon de Dieu,

- ils n'ont rien fait de particulier pour devenir prêtres: ils le sont par engendrement d'un père prêtre.

- le sacerdoce est un honneur qu'on ne s'attribue pas, qu'on se s'arroge pas,.

*

La lettre s'efforce maintenant de montrer comment Jésus peut être considéré comme "prêtre" d'un autre type, d'une autre "religion",différente du Judaïsme.

 

- C'est Dieu qui l'a déclaré prêtre. C'est Dieu, le véritable créateur du "sacerdoce d'Aaron", qui l' a fait prêtre en tant que Fils

- Il a été parfaitement humain: éprouvé comme tous les humains, plus que beaucoup, même, sans jamais pécher,

-il n'a donc pas besoin d'être pardonné: c'est lui qui devient source de pardon.

- son sacerdoce ressemble à celui des prêtres du temple de Jérusalem mais il est d'un tout autre ordre, bien supérieur.

 

L'auteur va développer cette différence dans les chapitres 7 à 10, noyau central de sa Lettre.

*

Auparavant, il interpelle ses lecteurs qu'il qualifie de "bébés"dans la nouvelle foi et la connaissance des Ecritures (de l'AT, certes, mais probablement aussi des récentes Ecritures relatant l'enseignement de Jésus, ses paroles, sa passion et sa résurrection auxquelles il vient de faire allusion aux versets 7 à 10.)

 

Le chapitre 6 de La Lettre va rappeler une sorte de catéchisme fondamental sur

- le repentir

-la foi en Dieu

- les baptêmes,

- l'imposition des mains

- la résurrection des morts,

- le jugement définitif.

 

Selon cet avertissement solennel: impossible à ceux qui ont accuelli la foi nouvelle (en Jésus) d'y revenir s'ils ont le malheur d'y renoncer pour retourner à la foi ancienne (du Judaïsme).

On peut lire, en filigrane, que la rupture est déjà consommée entre le Judaïsme et le christianisme.

Paul n'écrivait pas autre chose aux Romains et aux Galates dans les années 55/60.

La Lettre est probablement rédigée avant la destruction du temple de Jérusalem qui entraînera la disparition du sacerdoce d'Aaron: avant 70 par conséquent. Elle parle des prêtres du temple encore en exercice, dont le sacerdoce révèle déjà ses limites internes et que Jésus a déjà rendu caduque (voir Jean 2,13-25)

 

7, 1 à 28

 

 

La Lettre consacre le chapitre 7 à Melkisedeq, personnage énigmatique dont la Genèse dit seulement:

" Melchisédech, roi de Shalem, apporta du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu Très-Haut. 19 Il prononça cette bénédiction :

« Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut qui créa ciel et terre,

20 et béni soit le Dieu Très-Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains. »

Et Abram lui donna la dîme de tout." (Gn 14, 18-20).

 

L'auteur de La Lettre argumente à partir de ces trois versets et du verset 4 du psaume 110 pour dire:

(Jésus), le Fils de Dieu est prêtre selon le sacerdoce de Melkisedek

- il n'a pas pour père un descendant d'Aaron, mais Dieu lui-même,

- il demeure pour toujours, à la différence des prêtres du temple de Jérusalem

- il officie dans le sanctuaire céleste, supérieur à tout et indestructible, et non dans un temple terrestre

- il célèbre avec le pain et le vin et non à partir d'offrandes végétales ou animales,

- il offre sa propre vie et non celle d'animaux,

- l'offrande de lui-même est tellement supérieure à celles du sacerdoce d'Aaron qu'elle n'a pas à être refaite indéfiniment: elle a été faite une fois pour toutes,

- cette offrande Unique demeure pour l'éternité

- elle sauve de manière définitive ceux qui s'approchent de Dieu,

Jésus est donc bien Prêtre, Le Grand Prêtre "qui nous convenait, saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux": "Il est toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui s'approchent de Dieu".

*

Par contre, les prêtres de la descendance de Lévi et d'Aaron étaient déjà présents en germe dans les reins d'Abraham, leur ancêtre. En Abraham, Ils ont reconnu la supériorité du sacerdoce de Melkisedeq, roi de Justice et de Paix.. En Abraham Ils ont versé la dîme, ils ont été bénis par quelqu'un de supérieur à eux. Ils n'ont pas bénéficié d'un serment solennel de Dieu les instituant prêtres et sacrificateurs, à la différence de Melkisedeq..

 

Et la Lettre de conclure:

A l'évidence, Jésus, le Fils, "est arrivé au parfait accomplissement pour l'éternité. Or, point capital de notre exposé, c'est bien un tel grand prêtre que nous avons, lui qui s'est assis à la droite du Trône de la Majesté comme ministre du vrai sanctuaire et de la véritable tente dressé par le Seigneur et non par un homme" (7, 28 et 8, 1-2)

 

9, 1 à 28

 

La Lettre, au chapitre 8, souligne la nécessité de passer à

- un culte meilleur ( non plus l'offrande de dons et de sacrifices)

- et à une Alliance supérieure-(gravée, non plus sur la pierre mais dans les pensées et les coeurs, selon la promesse rapportée par Jérémie 31, 31-34).

 

Au chapitre 9, elle rappelle les grands éléments du culte de l'alliance du Sinaï, tels qu'ils existèrent dès le séjour au désert :

- une première tente, le Saint, avec chandelier et pains d'offrande,

- une seconde tente, le Saint des Saints, avec brûle parfum, arche d'alliance contenant de la manne, le bâton d'Aaron et les tables de l'alliance.

La première accueille le culte quotidien ou hebdomadaire:( avec ablutions, aliments, boissons, et rites humains, v. 10) la seconde les rite annuels du Grand Pardon, v. 7 à 9).

 

"Mais le Christ est survenu, grand prêtre des biens à venir" (v.11)

Il est entré directement dans une tente plus grande, plus parfaite: le Sanctuaire du ciel, le vrai Saint des Saints,

Il y est entré "une fois pour toutes",

en offrant son propre sang",

en s'offrant lui-même à Dieu,

purifiant ainsi notre conscience des oeuvres mortes (v.14)

en enlevant les péchés de la multitude (v.27-28)...

 

*

Ce faisant, Jésus est le Médiateur de l'Alliance Nouvelle, aux deux sens du terme:

- Alliance scellée entre Dieu et son Peuple, lien d'amour définitif et fidèle de la part de Dieu, lien d'amour fragile et souvent infidèle de la part de son peuple .

- Testament accordant des grâces et bienfaits aux membres de son peuple, choisis par Dieu comme héritiers de ses valeurs spirituelles. (v. 15 à 21).

 

Le rédacteur mentionne, au passage, le rapport rituel entre l'Alliance et le sang, tel qu'il commença au pied du Sinaï et tel qu'il se prolonge dans le temple de Jérusalem: "c'est avec du sang qu'on purifie presque tout, et sans répandre de sang il n'y a pas de pardon" (v.19-23)

"Or, il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés" (10, 4)

 

 

 

9, 11-15

 

 

L'auteur de cette lettre cherche à convaincre ses lecteurs. Ils connaissent les Saintes Ecritures concernant l'Alliance du Sinaï, ils savent que Jésus a fait du repas Eucharistique une Alliance Nouvelle, éternelle, très supérieure à l'Alliance du Sinaï. Voici son argumentation.

1. Jésus s'est offert lui-même, au sens où il a accepté librement d'être immolé par ses accusateurs, sans désir de se venger. Il savait que cet acte d'amour était seul capable de toucher le cœur d'une majorité de personnes humaines. Quelle supériorité sur l'immolation d'animaux, ignorant tout des intentions de ceux qui les immolaient ! 2. Jésus n'avait qu'une vie: il l'a donnée jour après jour, en s'investissant dans la guérison des humains.

Il a célébré ce don plénier de lui-même au cours d'un repas "pour le pardon des péchés". Cette "livraison " symbolique de lui-même peut être célébrée avec action de grâce (eucharistie) par tous ceux qui croient..

Ils peuvent y communier en mangeant le Pain de Vie et en buvant à la Coupe du salut .

Ils sont invités à offrir leur temps, à exprimer les raisons de leur bonheur intérieur avec leurs proches. Rien de tout cela dans l'antique immolation des animaux.

3. Les péchés dont on se reconnaît responsable sont réellement effacés, purifiés, par chaque "communion" consciente, libre, sincère, à cette Offrande du Christ.

Chaque fois que le disciple du Christ y participe, et non plus seulement une fois par an à la fête de Kippour.

Telle était l'Alliance nouvelle annoncée par le Prophète Jérémie (Jer 31, 31-34).

Si nous ne connaissons pas les écrits de la première Alliance (que nous appelons Ancien Testament) nous ne serons probablement pas touchés par ce type d'argumentation.

La lecture de cette Lettre aux Hébreux (plus probablement, d'ailleurs, de cette homélie prononcée pour des Hébreux de culture Juive, connaissant les Ecrits de l'AT) conduit beaucoup de lecteurs non initiés à des erreurs d'interprétation, particulièrement sur la fonction des Ministres ordonnés que nous appelons à tort des "prêtres". Si chaque ministre ordonné au ministère presbytéral se prend pour un grand prêtre au sens de l'AT, voire de médiateur entre Dieu et les disciples du Christ... et s'il impose aux fidèles cette conception de son ministère de présidence du Repas Eucharistique...il crée probablement des conflits d'interprétation, en se situant comme une personne sacrée, à part, supérieure à l'ensemble des fidèles, séparée d'eux,

 

Voir des compléments à propos des "viri probati" dont a parlé le Pape François.

 

 

10, 1 à 15

 

Le rédacteur de La Lettre conclut ici son développement sur le Christ, le Véritable Grand Prêtre et sur l'Unique sacrifice qu'il a célébré sur terre.

 

- Non pas un sacrifice à base d'animaux immolés, substituts représentant le croyant, mais tellement peu efficaces pour réaliser la purification intérieure des humains.

- Le Christ s'est offert Lui-même. Il s'est engagé personnellement, librement. Il a vécu chaque jour de sa vie par Amour de Dieu et des humains, ses frères. A son dernier jour, quand ses adversaires répandaient son sang, il a continué à aimer, au lieu de se venger et de maudire; il a tenu son regard vers le Père en lui gardant confiance filiale et amour.

 

- Une si parfaite offrande intérieure. délivre de leurs péchés ceux qui croient au Christ.

-

Désormais toujours Vivant auprès de Dieu, lui-même Dieu-Fils, le Christ demeure éternellement dans cette attitude d'offrande intérieure. Il purifie de leurs péchés tous ceux qui s'unissent à lui par la foi, par la célébration de son sacrifice unique, par la communion personnelle à cette attitude d'offrande de soi imprégnée d'Amour.

*

Par voie de conséquence, les sacrifices d'animaux dans le Temple de Jérusalem n'ont plus raison d'être. "Il supprime donc les anciens sacrifices et les remplace par le sien" (v.9)

*

Ces lignes donnent aux chrétiens de l'époque la clé pour la célébration de l'Eucharistie, la Fraction du pain et le partage de la coupe. Elles ont certainement contribué à détacher les Juifs devenus disciples du Christ de leur attachement au culte et au sacerdoce du temple.

 

Elles nous donnent maintenant une juste conception du culte chrétien, de la façon chrétienne de célébrer la Nouvelle Alliance à chaque Eucharistie. Nous ne sommes plus dans un temple, nous ne sommes plus au Golgotha: nous nous unissons au Culte céleste définitivement agréable à Dieu et dont le Christ est le célébrant.

 

10, 5-10

 

Quel est le culte que Dieu aime?

Quelle liturgie préfère-t-il?

***

La réponse indiscutable est là depuis 20 siècles.

 

L'Unique prêtre, c'est le Christ.

L'offrande agréable à Dieu, c'est uniquement celle qu'il a faite de sa personne, de sa volonté, de son temps, de son existence et à Dieu son Père et aux Humains.

 

Il n'existe aucun sacrifice plus authentique.

Tout ce que nous appelons "le saint sacrifice" n'a de valeur qu'en référence à cette exceptionnelle offrande

- du Fils Unique à son Père,

- du Premier-né à ses frères et soeurs humains, pécheurs et pardonnés, sans en exclure aucun.

***

Comment participer saintement à cet "unique sacrifice" ?

En rendant grâces au Christ pour avoir librement traversé la passion, la mort et la résurrection avec Amour et sans esprit de vengeance.

 

En nous offrant dans le même Esprit pour participer à tout ce qui restaure les relations fraternelles et pacifiques entre les humains, à commencer par nos plus proches.

" Faites ceci en Mémoire de Moi".

 

11, 1 à 19

 

L'auteur (inconnu) de ce SERMON aux Hébreux a commencé par développer l'identité du Fils (Jésus): il est l'ultime Parole d'un Dieu qui n'a cessé de parler aux humains depuis la création. (comparer avec Jean 1 sur le Christ, Parole incarnée, et Colossiens 1, 12-24).

Après avoir longuement parlé de ce Fils comme véritable grand prêtre d'un culte nouveau, l'auteur exhorte ses auditeurs à vivre généreusement selon la foi de leurs ancêtres croyants. Il

se réfère aux Ecritures de l'AT que ses auditeurs connaissent bien.

*

La foi ? c'est la ferme confiance en Dieu: elle connaît sans voir, elle possède déjà un peu de ce qu'elle tiendra pleinement dans l'avenir. Elle suscite un dynamisme vital permettant de traverser les difficultés sans s'écrouler.

Ainsi fut la foi d'Abel, d'Hénoch, de Noé, d'Abraham et de Sara, d'Isaac, de Jacob, de Moïse et de beaucoup d'autres.

*

Dans un style oral plein de souffle, le prédicateur trouve des expressions superbes pour faire pressentir ce que dut être la foi d'Abraham et de Sara. Partir sans savoir où Dieu les conduisait, s'installer provisoirement, rester prêt à repartir comme un voyageur sur une terre étrangère, aspirer à une patrie meilleure que Dieu offrira, croire qu'on aura une postérité quand on a dépassé l'âge d'en avoir une, et accepter d'offrir l'unique enfant ainsi reçu en croyant que Dieu demande d'offrir et non pas d'immoler. Et même si par impossible Dieu demandait d'immoler il serait capable de ressusciter celui qui s'offrirait jusqu'à en mourir (allusion à Jésus que Dieu ressuscite parce que la Vie l'emporte toujours sur la mort).

*

Le sermon aux Hébreux sur la Foi des ancêtres se termine par une magnifique exhortation à l'endurance (11, 32 à 12, 5)

 

Impossible de lire tout haut ces lignes sans avoir le coeur tout brûlant...comme les disciples d'Emmaüs après avoir entendu le Ressuscité évoquer les grands événements de la Foi (Luc 24, 25 à 28 et 32)

 

====

Qu'est-ce que croire, avoir la foi ?

L'auteur de cette lettre à des croyants connaissant les Saintes Ecritures répond en évoquant les grands croyants de la Première Alliance.

*

Deux dimensions décrivent l'essentiel: avoir l'intime conviction que Dieu nous propose des réalités réalistes et réalisables - et que le visible n'est pas le seul réel, la seule vérité, la seule chose authentique.

Le scientifique découvre, prouve et réalise. Le croyant découvre, reçoit, comprend, adhère et met en pratique.

*

Depuis les débuts de l'Humanité, il y a eu des croyants qui écoutaient la voix intérieure de Dieu, aimaient ce qu'elle proposait, et le mettaient en pratique, même lorsque cette voix intérieure semblait demander des choses impensables, voire anormales. Le croyant qui préfère les orientations venues de Dieu finit toujours par comprendre que Dieu choisit infailliblement la meilleure solution pour notre bonheur et notre épanouissement.

 

*

L'une des caractéristiques du croyant c'est qu'il avance vers l'avenir en gardant les yeux fixés sur les signes que Dieu fait.

Aussi est-il souvent en décalage par rapport à ce que font ceux qui ne croient qu'en leurs propres pensées.

 

Le croyant traverse son existence à la façon d'un voyageur, d'un pèlerin, de quelqu'un prêt à aller plus loin que la route visible.

Aussi peut-il être perçu comme un "étranger", un "exilé", l'homme d'une autre planète. Il habite un monde et un univers dont Dieu est l'architecte et le constructeur.

Souvent en décalage parce qu'il voit des réalités qu'il ne verrait pas s'il n'accueillait pas en lui la lucidité que Dieu lui donne.

*

Si vous vibrez intérieurement en lisant ce chapitre, c'est que la foi vous habite.

 

En plus de ce que La Lettre cite sur la façon dont Jésus applique parfaitement le coeur de la religion juive et des Ecritures, on peut évoquer aussi Michée et le Psaume 50/51:

 

Michée (textes contemporains d'Isaïe, 8 siècles avant notre ère, complétés dans les siècles suivants)

Chapitre 6

06 « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur ?, demande le peuple.

Comment m’incliner devant le Très-Haut ?

Dois-je me présenter avec de jeunes taureaux pour les offrir en holocaustes ?

07 Prendra-t-il plaisir à recevoir des milliers de béliers,

à voir des flots d’huile répandus sur l’autel ?

Donnerai-je mon fils aîné pour prix de ma révolte,

le fruit de mes entrailles pour mon propre péché ?

 

08 – Homme, répond le prophète,

on t’a fait connaître ce qui est bien,

ce que le Seigneur réclame de toi :

rien d’autre que respecter le droit,

aimer la fidélité,

et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »

 

09 La voix du Seigneur appelle la cité :

« Écoutez...

10 Puis-je supporter une mesure fausse,

des biens acquis par fraude et un boisseau honteusement réduit ?

11 Puis-je tenir pour innocents ceux qui utilisent des balances fausses,

et des sacoches de poids truqués ?

12 Les riches sont pleins de violence.

Les habitants profèrent le mensonge, leur langage n’est que tromperie.

13 Moi-même j’ai commencé à te frapper, à te dévaster à cause de tes péchés.

14 Toi, tu mangeras, mais tu ne seras pas rassasiée,

chez toi viendra la famine.

Tu mettras de côté, mais tu ne pourras rien garder

et ce que tu aurais gardé, je le livrerai à l’épée.

15 Toi, tu sèmeras, mais tu ne moissonneras pas ;

tu presseras l’olive, mais tu ne t’enduiras pas d’huile,

tu presseras le raisin, mais tu ne boiras pas de vin.

16 Les prescriptions d’Omri ont été observées, ainsi que toutes les pratiques de la maison d’Acab. Vous avez marché selon leurs conseils. C’est pour cela que je te livrerai à la dévastation et tes habitants à la raillerie. Le mépris des peuples pèsera sur vous. »

 

Psaume 50/51

Après une faute grave quels sont les signes de conversion véritable?

12 Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,

renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

13 Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

14 Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne.

15 Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

16 Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.

17 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

18 Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste.

19 Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;

tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

20 Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.

21 Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

 

 

12, 1 à 9

 

 

L'auteur de la Lettre nous invite à garder les yeux fixés sur Jésus parce qu'il est le premier grand témoin d'une vie lumineuse et rayonnante à imiter.

 

Avant lui, d'autres grands témoins ont suivi une route de courage: nous pouvons méditer leur histoire dans la bible : elle nous suggèrera des comportements actifs, courageux, novateurs, adaptés à notre environnement et à nos possibilités.

 

Ne regardons pas seulement ceux que l'opinion nous montre comme des héros ou des stars à imiter! Il s'agit bien souvent de "contrefaçons" d'humanité ne méritant aucune approbation.

 

Ecoutons plutôt les conseils de certains sages, de personnes qui ne cherchent pas à se faire valoir, qui n'ont aucun bénéfice à tirer de leurs choix de vie.

**

L'auteur se livre ensuite à un développement pédagogique de son époque pour montrer que les difficultés ou les souffrances peuvent être utiles pour progresser. Nous sommes libres d'adhérer ou non à son raisonnement.

 

Ce qui est certain, c'est que la vie nous fait traverser des heures difficiles dont Dieu n'est pas automatiquement l'origine. Ce sont des "épreuves" qui testent nos aptitudes à réagir, à faire face sans capituler ou s'écrouler.

Plus que jamais, nous devons rester conscients, garder les yeux fixés sur Jésus et sur de vrais témoins de la foi. Demander à l'Esprit de nous donner du souffle, de la lucidité, du courage pour vouloir et faire ce qu'il y a de meilleur pour nous et pour nos proches. Là est la victoire de la foi.

 

12, 18 à 24

 

Dieu ne se manifeste pas aujourd'hui comme hier au Sinaï. Les signes de sa présence ne sont plus terrifiants.

 

Il demeure invisible mais les nouveaux signes suscitent joie et paix:

-comme une ville nouvelle habitée par des personnes respectant Dieu,

- comme une montagne lumineuse,

- comme une assemblée de gens en fête célébrant le Seigneur,

- comme un juge accueillant et bienveillant qui donne l'espoir d'être compris et pardonné,

- et surtout comme le Jésus de l'histoire, côtoyant les humains et scellant avec eux une Alliance Nouvelle fondée sur la réciprocité de l'Amour.

 

Aujourd'hui, Dieu nous parle à travers tous ces Signes et Images accessibles.

N'en profitez pas pour vous endormir: le Message demeure capital: il requiert toute votre attention.

 

 

Les réalités invisibles sont durables, permanentes, éternelles. Elles construisent du définitif. Apportez-leur donc plus d'attention qu'aux réalités visibles.

 

Avancez comme ceux qui discernent l'invisible. Regardez l'horizon vers lequel vous marchez.