Galates

Galates

GALATES

 

1, 6 à 24

 

Paul a traversé à deux reprises le territoire des Galates (autour d'Ancyre, l'actuelle Ankara, occupé depuis 300 ans avant notre ère par un peuple d'origine celte, les Galates).

 

Il ne les a donc pas évangélisés lui-même. Apprenant qu'ils imposent aux non-juifs devenus chrétiens une partie des obligations du judaïsme, il redoute la naissance d'un mélange religieux qui pervertirait la fidélité au Christ.

 

Avec la plus extrême vigueur, Paul essaie de convaincre les Galates. Il leur rappelle sa propre expérience: juif ultra fidèle à toutes les prescriptions du Judaïsme, il les a toutes relativisées en découvrant le Christ, lui-même Juif fidèle qui prit ses distances avec ces prescriptions pour revenir aux deux commandements fondamentaux: aimer Dieu de tout son coeur, de tout son esprit, de toutes ses forces, et aimer son prochain comme soi-même.

 

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Tel est le seul évangile, la seule Bonne Nouvelle qui sauve celui qui adhère à Jésus ressuscité en lui donnant toute sa confiance.

Cette Bonne Nouvelle du salut offert aux non-juifs, Paul affirme qu'elle est la seule authentifiée directement par le Christ qui s'est manifesté à lui. Ce n'est pas de Pierre, de Jacques ou d'un autre apôtre qu'il l'a reçue, mais du Ressuscité lui-même.

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Occasion pour nous de vérifier si notre Foi est fondée sur le Christ, sur son Père, sur l'Esprit de Dieu et non plus d'abord sur ceux ou celles qui nous ont transmis ce qu'ils croyaient.

La foi ne doit pas rester à l'état de tradition reçue qu'on protège contre toute modification, par fidélité aveugle. La foi est engagement personnalisé qui forge nos convictions et nos engagements, qui évolue et prend de nouvelles dimensions au fur et à mesure que nous écoutons la Parole du Seigneur et les demandes de nos frères et soeurs en humanité.

 

2, 16 à 21

 

Après avoir rappelé son parcours spirituel de la Loi à la Foi Paul expose ses arguments aux Galates tentés de revenir à la Loi.

 

1. Jadis, la fidélité à la loi précisée par Moïse ne sauvait pas: elle faisait prendre conscience de la faiblesse humaine qui rend incapable d'observer toutes les prescriptions. La Loi jouait le rôle d'un pédagogue, d'un surveillant rappelant à l'ordre celui qui sortait des limites du permis. Bref, la Loi ne changeait pas l'existence: elle ne sauvait pas, elle ne convertissait pas.

 

2. Par contre, la Foi-confiance accordée à Jésus, Vivant, met immédiatement sur la Route du Salut. Elle touche le coeur en faisant comprendre à quel point le Christ s'est engagé contre ce qui blesse l'être humain: mensonge, haine, faux témoignage, injustice, partialité, complicité avec ceux qui condamnent sans savoir etc...Victime de ces attitudes inhumaines, le Christ a réagi, parlé, dénoncé le mal: mais il n'a pas reculé, il n'a pas non plus crié vengeance contre ceux qui faisaient le mal. Il a même prié le Père de leur pardonner pour que leur coeur soit touché et qu'ils changent de comportement.

 

3. Paul invite donc les chrétiens à se laisser toucher et instruire par l'exemple du Christ. A penser et à vivre désormais en regardant le Christ et en se laissant conduire par son Esprit, sa Loi unique d'aimer comme Il aime/

 

4. Il n'y a donc aucune commune mesure entre la loi mosaïque et la Foi au Christ.

 

5. Pourquoi donc les Galates ont-ils envie de revenir à la Loi ? Pourquoi agissent-ils comme si le Christ ne les avait jamais touchés et mis en route vers le Père et vers leurs frères?

 

6. Et si nous, chrétiens actuels, avons plus confiance dans les lois et prescriptions de nos églises que dans la personne même du Christ ? Nous choisissons le moins bon et l'obsolète en méprisant l'essentiel et le meilleur, la Foi. Nous préférons régresser plutôt que progresser. Qu'est-ce qui nous pousse à cette attitude suicidaire? Probablement de mauvais bergers, comme disait Paul aux Galates.

 

3, 26 à 29

Les temps changent!

Après le temps de la Loi, voici le temps de la Foi.

Après le temps de Moïse, voici le temps du Christ.

Hier les membres du peuple Juif étaient les seuls bénéficiaires de la grâce de Dieu. Maintenant tous les disciples du Christ deviennent des Justes par la Foi.

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Les frontières sont déplacées. Le mur qui séparait Juifs et non-Juifs est abattu.

 

TOUS font partie d'un même peuple. TOUS font partie de l'unique corps dont le Christ est la tête.

 

Aux yeux de Dieu, rien ne sépare les personnes humaines: Il les voit toutes à l'intérieur de son Fils Bien-Aimé.

 

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Paul laisse transparaître son enthousiasme devant le Dessein de Dieu.

Il espère ainsi convaincre les Galates qui se sont laissés dériver hors de la bienveillance gratuite de Dieu.

 

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Nous laisserons-nous enflammer par cette évidence toujours actuelle ? "Tous vous êtes enfants de Dieu par la Foi: vous avez revêtu le Christ"

 

4, 4-7

Voici le seul passage de ses lettres où Paul évoque la Mère de Jésus:

l

Le Fils de Dieu a été envoyé par Dieu, son Père, pour faire des humains ses fils.

Pour qu'il soit vraiment un humain, ce Fils de Dieu est né d'une femme, dit Paul.

Tout humain est né d'une femme, né d'une mère. Du roi à l'esclave, du saint au pécheur, du croyant au non-croyant. Etre né d'une femme fait partie de notre nature, de notre définition. Le Fils de Dieu a eu et gardera éternellement cette qualité et cette relation à sa mère, Marie.

En ce début d'année, que personne n'oublie cet honneur d'être né d'une femme. Que personne n'oublie de rendre honneur, gratitude et affection à sa mère.

Que personne ne salisse la beauté de la maternité.

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Pendant longtemps, les chrétiens ont dit de Marie qu'elle était la "Mère de Jésus", celui-ci étant reconnu comme "Fils de Dieu".

C'est à partir du Concile d'Ephèse, en 431, que les chrétiens ont pris l'habitude de contracter les deux expressions en osant l'expression "Marie mère de (Jésus qui est Fils de) Dieu".

Il est encore plus exact de dire et de penser que le Dieu des monothéistes n'a pas de mère.

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Paul ne développe pas ce rapport de Jésus à sa mère. Il l'évoque seulement.

Son raisonnement se poursuit: être fils place normalement dans la situation d'héritier...au décès du père...ce qui ne pouvait pas se produire pour Jésus, le Fils Unique de l'Eternel.

C'est donc en devenant eux-mêmes enfants de Dieu que les disciples du Fils acquièrent

le statut d'héritiers de l'Eternel:

dès qu'ils laissent agir en eux l'Esprit de Jésus, Esprit filial qui amène à dire

à l'Eternel:

"Abba, mon Père ".

 

5, 1 à 18

Paul argumente maintenant à partir de l'idée de liberté. Non pas la liberté comme droit de faire n'importe quoi, mais la liberté comme capacité de libération.

 

Selon Paul, les prescriptions de la loi (comme la circoncision) faites pour rendre libres, sont devenues des fardeaux qui rendent esclaves.

Par contre, la Foi envers le Christ rend libre. Elle libère nos capacités d'aimer. Et celui qui aime fait tout avec joie. En obéissant à l'unique commandement d'amour, le disciple obéit à toutes les prescriptions visant à développer la foi et l'amour.

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Un principe boucle le raisonnement de Paul: l'Amour d'agapè étant suscité par l'Esprit de Dieu, il suffit de se laisser diriger par l'Esprit pour

- aimer en vérité

- devenir libre

-servir la communion fraternelle

-honorer Dieu

- obéir à ses commandements.

 

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Celui qui a compris cette logique et la met en pratique ne peut pas revenir en arrière, en se comportant comme un froid applicateur de règlements.

 

"Le Christ nous a libérés pour que nous soyons des êtres libres. Tenez bon: ne vous laissez pas de nouveau réduire en esclavage".

 

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Notre façon de comprendre et de vivre la Foi chrétienne fait-elle de nous des personnes libres ?

 

 

5, 16-25

 

Paul résume les trois façons de conduire son existence:

 

1. Selon "les désirs et passions de sa nature" ( selon la chair, dit le grec, non pas au sens sexuel mais plus généralement selon les pulsions incontrôlées ).

Il en résulte colère, rivalités, jalousies, immoralité, vice, orgies, etc...

 

 

2. Selon les prescriptions contenues dans ce qu'on appelle la loi de Moïse.

Evidemment, c'est déjà la preuve d'une soumission respectueuse envers Dieu, dit Paul. Mais les multiples précisions de cette loi constituent une sorte de carcan qui peut faire désespérer tellement il est difficile de tout observer.

 

 

3. Selon les suggestions intérieures de l'Esprit Saint et de l'Amour qu'Il inspire. C'est alors comme une sorte de libération spirituelle par désir d'avancer à la Lumière de la Vérité du Christ.

Il en résulte joie, paix, patience, bienveillance, bonté, douceur, maîtrise de soi: bref, tout ce que fait réaliser l'Amour selon Dieu.

 

 

Paul demande aux chrétiens de Galatie (partie nord de la Turquie) de choisir évidemment la troisième perspective.

En renonçant radicalement à la première (il invite à la faire mourir, à la crucifier).

Sans se contenter de la soumission à une loi religieuse qui ne soit pas prioritairement inspirée par l'Esprit du Christ.

 

6, 1 à 18

 

 

 

 

 

Paul termine sa lettre par une série de conseils simples, judicieux, apaisés.

 

Deux fondements sur lesquels construire les relations aux autres et à soi-même : la loi du Christ - et la référence à l'Esprit Saint.

 

Il conclut en -prenant la plume ( alors qu'il a dicté l'ensemble de la lettre).

Il résume sa pensée sur l'inutilité de la circoncision pour celui qui donne sa foi au Christ.

Il souligne ce qui doit l'emporter: l'amour du Christ envers nous, rendu évident par son engagement jusqu'à la mort acceptée sur la croix.

 

Chaque fois que Paul parle de la croix, c'est l'amour du Christ qu'il évoque.

*

 

Lorsque nous avons le devoir de faire des remontrances aux autres, ne laissons jamais le dernier mot à la réprimande ou au débat. Comme Paul, terminons par la référence à l'Amour du Christ et à son commandement de nous aimer comme il nous a aimés.