Exode

Exode

EXODE

 

3, 1 à 15

 

Voici un texte révélant des pensées capitales sur le Dieu de la Bible.

 

- Il suit les humains et est attentif à leurs détresses.

- Pour lui, pas de distance entre le ciel ou la montagne où les humains situent sa "résidence" et la terre qu'habite l'humanité.

- Le passé explique le présent: l'actualité plonge ses racines dans l'histoire. Il est, il était et il vient.

- Peut-on lui donner un NOM propre, personnel ? Oui, car il n'est pas un Dieu impersonnel, une sorte de "générique" parmi les dieux que se donnent les humains.

 

- Son NOM propre dit quelque chose de Lui tout en laissant une grande part de non-dit, d'inexprimable: " Je suis qui je suis", ou "je suis ce que je suis", ou "je suis et je serai toujours ce que je suis".

 

- Son NOM propre évoque la dynamique de l'existence, de l'action, du mouvement, du rayonnement inépuisable (avec le symbole du buisson qui brûle, rougeoie et flambe sans avoir besoin d'autre source que lui-même).

 

- Son NOM propre est forgé à partir du verbe être, exister, mais en le modifiant pour qu'il demeure totalement original exprimé par quatre lettres qu'on peut prononcer de différentes façons, YHWH, Yahvé, Jehovah... ou même seulement lire des yeux et du coeur sans les prononcer des lèvres .

 

- Son NOM propre, qu'aucun autre dieu-elohim ne porte, peut se traduire en français par "JE SUIS" Les "traductions" les meilleures se contentent d'écrire YHWH, ou YAHVé. Jésus reprendra les deux mots "JE SUIS" pour parler de l'Unique YHWH et de lui-même. La plupart des traducteurs utilisent malheureusement une sorte d'équivalent qui fait un peu trop oublier LE NOM: ils transcrivent "Le Seigneur"...mais il y a tant de "seigneurs" trop humains !

 

- Ce YHWH intervient dans l'histoire humaine: il écoute, il entend particulièrement les personnes en détresse, il intervient pour les soutenir et leur envoie sans cesse ses messagers pour délivrer EN SON NOM, rétablir la vraie justice, le respect de la Vérité et de la Vie.

 

Moïse est le premier de ces intervenants AU NOM de YHWH pour le peuple d'Israël.

 

Plus tard JESUS interviendra en se présentant non plus seulement au Nom de YHWH mais en étant lui-même YHWH, "JE SUIS" par toute sa personne.

 

16, 1 à 36

 

Le chapitre 16 de l'Exode entrelace deux récits: ceci en rend aléatoire l'interprétation.(comparer avec Nombres 11)

Le ou les rédacteurs invitent le lecteur à en tirer plusieurs convictions.

 

1. Le désert est un lieu d'épreuve: on y trouve à peine l'indispensable. On y murmure, on se plaint on accuse ceux qu'on juge responsables de la situation: ici Moïse, Aaron et surtout le Seigneur.

 

2. Même en plein désert, Dieu est présent, voit, entend. Il manifeste sa capacité de compassion et de pardon. Les besoins des humains le touchent.

 

3. Il intervient pour maintenir en vie ceux qui lui font confiance. Dieu nourrit son peuple en utilisant les ressources de la nature qu'il a créée.

-Ici, la manne (comme de la graine de coriandre, blanc avec un goût de beignets au miel, v.31)

- et des cailles (petits oiseaux migrateurs qui passent en mars avril et peuvent se poser en cas de grande fatigue: voir Nombres 11).

 

4. Cette nourriture vient du ciel: le rédacteur invite à reconnaître qu'elle est donnée par Dieu lui-même. Belle occasion pour développer quelques enseignements:

- nourriture donnée chaque jour, à récolter,

- impossible à stocker : elle pourrit

-sauf le jour du sabbat, car le sixième jour on en récolte le double pour se nourrir au jour du sabbat, sans travailler (v.22-30)

- nourriture suffisante, autant qu'il faut, pas plus que nécessaire.

 

5. Cette nourriture sera fidèlement donnée par le Seigneur tout au long du séjour au désert. Elle cessera quand le peuple pourra bénéficier des récoltes une fois installé dans le pays qu'il devra cultiver (v.35 et Josué 5,12)

 

6. Cette façon de considérer Dieu comme celui qui nourrit son peuple influencera la pensée religieuse. "Dieu t'a humilié, il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé" (Deut 8,3).

*

 

Jésus de Nazareth en fera une riposte à Satan, lorsqu'il éprouvera la faim pendant ses "quarante jours au désert", où il sera testé, tenté, mis à l'épreuve

Il y reviendra dans son discours sur "le pain du ciel" à la synagogue de Capharnaüm (Jean 6), en affirmant qu'Il est, en personne, le Vrai Pain venu du Ciel pour nourrir l'Humanité.

 

17, 1 à 7

 

Deux mots résument le manque de confiance du peuple envers son Libérateur.

*

Meribah: querelle, accusation. L'eau manque. Voici une nécessité vitale à satisfaire sou peine d'en mourir. Le peuple accuse carrément Moïse d'avoir programmé ce manque d'eau en amenant tout ce monde dans le désert.

Le peuple accuse Yahvé d'avoir quitté son peuple, de l'avoir abandonné en plein désert pour qu'il y trouve la mort. Le peuple interprète la réalité, cherche querelle à ses responsables, déclarés coupables ou mal intentionnés.

Cette attitude devient un nom de lieu: Meribah.

 

Massa ! Attitude complémentaire: lancer un défi, mettre à l'épreuve, tester les capacités de Moïse et de Yahvé de faire face à une situation difficile..

Le psaume 94/95 le rappelle: "Ils m'y ont défié, dit Yahvé, ils m'ont poussé à bout même après avoir vu ce que j'avais fait" (v.8-9)

"Vous ne mettrez pas Yahvé votre Dieu à l'épreuve, comme vous l'avez mis à l'épreuve à Massa".(Dt 6,16)

Jésus le redira au Satan qui l'invite à lancer un défi à Dieu en se jetant du haut du temple.(et la sixième demande du Notre Père pourrait se traduire: ne nous conduis pas à Massa et à Méribah!)

*

Yahvé a pourtant donné au peuple de l'eau jaillissant du rocher. Et la tradition identifie cette source à Yahvé lui-même. Yahvé le Roc, Yahvé la Source de la Vie.

**

Mais le peuple, autrement dit nous aussi, à certaines heures, nous accusons Dieu, nous lui lançons des défis: nous donner, sans délai, ce que nous demandons. Nous commandons à Dieu de nous obéir. Et, s'il ne nous obéit pas, nous l'accusons de nous laisser tomber, d'être impuissant, de ne pas exister.

Malgré tout ce que nous avons déjà reçu de lui et qui prouve sa fidélité attentive à nos vrais besoins

*

Dans la version parallèle de Nombres, 20, 2-13, Aaron accompagne Moïse - et il est seulement question de Meribah, de.querelle et d'accusation: "mais Yahvé saisit cette occasion pour manifester sa sainteté".

 

17, 8 à 16

 

 

La Bible mentionne les Amalécites comme des ennemis toujours prêts à guerroyer contre le peuple d'Israël en l'empêchant d'entrer dans la terre promise ou d'y vivre en paix. Ils habitaient au sud de la Judée. Ils sont présentés comme descendants lointains d'Esaü.

*

Moïse choisit de vaillants guerriers sous la conduite de Josué pour venir à bout des Amalécites. Ceux-ci s'opposant au peuple de Yahvé sont donc logiquement présentés comme ennemis de Yahvé.

*

Selon la même logique,

 

1. seule la prière de Moïse à Yahvé peut conduire à la victoire. Il faut tendre les bras vers Dieu: le geste est déjà prière. Et les images s'enchaînent: bras de Moïse tendus vers le ciel, victoire du peuple.

Une fois de plus, Moïse devient intercesseur, le priant par excellence, celui que Yahvé écoute toujours.

 

2. Les Amalécites deviennent synonymes d'ennemis héréditaires. Haman étant de leur descendance ne peut qu'en vouloir à mort au peuple de Dieu (voir livre d'Esther). Mais il sera finalement exterminé grâce à l'intervention d'une femme, Esther.

" Le Seigneur sera toujours en guerre contre eux" devient une conclusion logique !

*

Ce récit enseigne la puissance du Seigneur à laquelle on accède par la prière. Mais l'enseignement du Christ, plus tard, renversera la logique des "ennemis héréditaires": il faut en finir avec la vengeance perpétuelle et tendre aux pacifications qui permettent les réconciliations.

*

Dans les relations familiales, voire nationales, quelle attitude devons-nous préférer pour ouvrir des voies d'avenir ? La vraie réponse viendra par Jésus, l'intercesseur permanent près de Yahvé.

 

 

20,1 à 21

 

La Bible relate deux fois ces DIX Paroles (ou Décalogue, ou Dix commandements)

(Exode 20, Deutéronome 5)

1. Le contexte: Yahvé le Seigneur prend l'initiative, il choisit Moïse comme intermédiaire pour transmettre ses intentions au peuple qu'Il a choisi.

En Exode la scène se passe trois mois après la sortie d'Egypte, au pied du Sinaï- En Deutéronome, au moment où le peuple va entrer dans la Terre promise.

La mise en scène est celle d'un rappel solennel en Deutéronome: bourrée de manifestations impressionnantes en Exode: nuées, feu, éclairs, tonnerre pour souligner la grandeur inaccessible du Seigneur qui cherche cependant le contact avec les humains.

2. Le Seigneur HYWH Adonaï a choisi de se lier à une petite portion d'humanité, le peuple d'Israël. L'ayant libéré de l'esclavage, protégé d'un génocide, Il veut maintenant en faire un allié reconnaissant. Il lui accorde son alliance, le choisit comme signe de sa préférence. Parce qu'il est petit, il va l'élever, le faire grandir. Il lui demande seulement d'accepter, de dire oui, et de s'engager dans cette sorte de pacte entre inégaux. Exode 24 évoque le rituel de ratification de l'alliance: le oui, le sacrifice de paix, le sang comme signature et le repas de communion.

 

3. Les Dix Paroles de l'Eternel sont dix Lumières, que le peuple accueille comme des balises, orientations, commandements pour marcher vers la Vie et le Bonheur en évitant de sombrer dans les désastres.

(voir Deut 30)

 

Quatre Paroles règlent la relation à HYWH l'invisible

- Une affirmation: JE SUIS l'Unique: Tu n'auras aucun autre dieu,

- Tu ne te créeras aucune idole

- Tu n'invoqueras aucun autre Nom que le mien,

- Un jour sur sept me sera consacré, libre des travaux quotidiens.

 

Six Paroles règlent les relations SOCIALES

-Honore ton père et ta mère

-Pas de meurtre

-Pas d'adultère

-Pas de rapt ni de vol

-Pas de faux témoignage

-Pas de désir de t'accaparer ce qui appartient à ton prochain

 

4. Ces DIX Paroles conviennent aux croyants monothéistes.

 

Les SIX Paroles sociales conviennent à toutes les sociétés.

Elles peuvent inspirer le comportement des humains, y compris ceux qui se disent non croyants.

Faire systématiquement le contraire dégrade considérablement la société.

Elles semblent d'ailleurs inscrites sur le coeur et dans les consciences à la façon d'un patrimoine commun à l'Humanité.

 

**

Observons aujourd'hui en quoi les sociétés

respectent spontanément ou violent systématiquement les six paroles sociales

et vivent paisiblement

ou se plaignent de toutes sortes de malheurs...

qu'elles ont engendrées par leur mépris des propositions faites par Yhwh.

*

Comme chrétiens admirons-nous la grande sagesse des DIX propositions de Yhwh ? Notamment parmi les QUATRE premières ?

- La priorité accordée à notre relation avec le Créateur et Bienfaiteur de toutes les personnes humaines ?

- L'intelligence de consacrer un jour sur sept à l'approfondissement

de notre relation avec lui ?

- Dans la transmission de valeurs envers les plus jeunes générations est-ce que nous osons parler de ces DIX paroles inspirées ?

 

 

 

 

20, 1-17

 

Comparez cette version du Décalogue et son contexte avec la version rapportée en Deutéronome 5,6-21. Intéressant pour la meilleure connaissance des styles de rédaction dans la Bible.

 

Les DIX PAROLES fondamentales adressées par Yahvé à son peuple se trouvent ici.

Mieux vaut les appeler Paroles que commandements. La première, en effet, n'est pas un ordre mais une affirmation capitale de Yahvé : JE SUIS YAHVE TON DIEU QUI T'AI FAIT SORTIR D'EGYPTE".

Jésus n'a rien modifié à ces Dix Paroles. Selon Matthieu, il les a commentées dans le sermon sur la montagne (Mt 5-7)

 

***

Ces orientations sont tellement capitales qu'elles structurent la relation

- première entre l'humain et Dieu

- seconde, entre les humains.

***

Jésus et les spécialistes de la Sainte Ecriture étaient d'accord pour reconnaître comme

- PREMIERE cette relation d'amour avec Yahvé (sous la forme connue: Ecoute Israël, Tu aimeras Yahvé ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton esprit, de toutes des forces, Dt 6)

- et comme SECONDE, dans la pleine logique avec la première, la relation avec le prochain sous la forme connue: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, rapportée par Lévitique 19,18.

***

Une société se donnant comme orientations capitales exactement le contraire de ces Dix Paroles prendrait le risque d'organiser le chaos dans la vie sociale...

 

20, 15 à 21,9

 

Le chapitre 20 de l'Exode rapporte d'abord les Dix Paroles (décalogue) de l'Alliance. ( voir également Deut 5, 1 à 21)

Suivent quatre chapitres de prescriptions diverses.

Elles permettent de régler les problèmes sociaux de la vie quotidienne.

Leur lecture nous aide à comprendre les conditions de vie de l'époque.

 

Le code des relations sociales est intimement lié au code religieux.

 

Celui qui prétend respecter Dieu doit respecter les personnes de son environnement social..

 

Une insistance est mise en évidence: les pauvres, les orphelins, les veuves, les jeunes filles, les femmes, les émigrés, les serviteurs doivent bénéficier d'un respect et d'une aide particulière parce qu'ils ont moins les moyens de se défendre. Dieu veille particulièrement sur eux: "Si vous les opprimez, ils m'appelleront à leur secours et, moi, le Seigneur, je vous assure que j'entendrai leur appel" (v.22)

 

Deux principes se profilent derrière la variété des règles et prescriptions:

- la réparation des dommages doit permettre une prise de conscience du mal que chacun inflige aux autres. Ne fais donc pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.

- la peine infligée doit être équivalente au dommage qu'on a fait subir: une dent pour une dent, une vie pour une vie, un oeil contre un oeil. La vengeance illimitée n'est pas admise. Les conflits ne doivent pas donner lieu à un cercle infernal. Chacun doit maîtriser sa violence devant le mal qu'il subit.

*

Ce qui plaît à Dieu, c'est que l'être humain se comporte comme un être humain, et non pas comme une brute ou un barbare. La religion n'impose pas des actes bizarres: elle est impliquée dans les comportements les plus quotidiens.

 

24, 3-11

 

Voici les éléments caractérisant cette alliance:

1. C'est Dieu qui prend l'initiative. Il vient de libérer le peuple: il propose maintenant à ce peuple d'anciens esclaves une preuve d'amour inimaginable. Il veut s'en faire un peuple choisi, aimé, protégé, favorisé. Par pure gratuité.

L'amour seul explique ce choix de Dieu.

2. Tout le peuple va bénéficier de ce choix de Dieu, et non pas seulement quelques privilégiés. Il devient peuple de prophètes, de rois, de prêtres comme la Bible le répètera en maints endroits. 3.Dieu explique à "son" peuple ce qu'il doit être et faire pour répondre à l'amour. L'obéissance prouvera son adhésion et sa fidélité. Les commandements ( Dix paroles, Décalogue) guideront chaque membre vers le bonheur.

4.Le peuple exprime son acceptation, il la répète. Est-il conscient de l'ampleur du don qu'il accepte ?

de l'engagement qu'il prend?

Son Oui demeure très humain, limité.

La Fidélité sera sans faille du côté de Dieu, mêlée d'infidélités du côté des humains.

5. Le rite du sang est une constante de l'époque. Il nous étonne probablement aujourd'hui. Aussi devons-nous le considérer comme un signe, une évocation, une façon de voir et non

pas comme le cœur du message.

Le message porte sur l'Alliance, le lien d'amour privilégié.

 

Jésus reprendra ces éléments dans le repas eucharistique de l'Alliance Nouvelle

et éternelle

entre Lui et ceux qui croient en lui. Lire entre autres

Marc 14, 12 à 26

Matthieu 26, 17 à 35

Luc 22, 7 à 34

I Cor 11,23 à 26

Jean 6, 26 à 59

 

Compléments sur le thème de l'Alliance

 

 

32, 1 à 21

 

Terrible chapitre! Il relate l'une des plus grandes fautes que puisse commettre l'humain, ici tout le peuple !

Le péché fondamental, grave, consiste à renier l'alliance conclue, à apostasier, à répudier celui qui vous aime fidèlement, Yahvé Dieu.

 

Pour quelle raison ? Parce que Dieu semble absent, ne se manifeste pas visiblement, ne parle plus (y compris au sens où il ne dit plus rien, où il n'intéresse plus l'humain).

 

Cette perte d'intérêt envers Dieu sera évoquée tout au long de la Bible, notamment par les prophètes qui la qualifieront d'infidélité, d'adultère et de prostitution, non pas sexuelle mais spirituelle, prostitution du coeur et de l'esprit qui se donnent à un autre dieu, à un faux dieu, à une idole.

 

Les conséquences de cette faute sont considérables.

Le peuple devient un infidèle, un rebelle qui rejette son bienfaiteur, un insensé abandonnant la voie de la sagesse pour choisir le malheur et la mort.

Dieu éprouve colère et tristesse, regrettant d'avoir tellement donné d'amour à celui qui le rejette. Il envisage de le détruire, pour recommencer avec une humanité nouvelle (comme après le déluge).

Et Moïse intercède, négocie, rappelle à Yahvé qu'il s'est définitivement engagé à ne pas détruire les pécheurs mais à tout faire pour le convertir et le ramener vers lui.

Aaron, premier grand prêtre, pervertit le ministère qu'il a reçu de Dieu. Il organise un culte idolâtrique. Il cède aux demandes du peuple au lieu de lui rappeler les exigences de l'Alliance.

Moïse sera tellement perturbé par ce gâchis religieux qu'il armera le bras des lévites pour tuer les infidèles et purifier ainsi le peuple, ordonnant lui-même ce qu'il avait supplié Yahvé de ne pas faire.

 

Terrible mais exemplaire réflexion sur le mal fondamental que l'humain peut commettre à chaque époque: rejeter celui qui vous aime, qu'il soit Dieu ou qu'il soit un autre humain. L'envers du premier commandement.

 

Ex 34, 1 à 9

 

 

Comparer avec l'accord d'Alliance scellé en Ex 19-20.. Le peuple l'ayant rompu en honorant un veau d'or, Moïse a cassé la table des Dix Paroles de Yahvé (Ex 32, 19).

*

Dieu demeure fidèle. Il ordonne à Moïse de monter encore à sa rencontre sur la montagne avec de nouvelles tables sur lesquelles seront écrites les Dix Paroles (ou Décalogue également appelé Dix commandements).

 

Yahvé redit son Nom propre: Je SUIS QUI JE SUIS.

Il y associe ses qualités : miséricorde, bienveillance, fidélité, loyauté, décision de pardonner à ceux qui se tournent vers lui, mais rigueur envers ceux qui lui tournent le dos. Justice tenant compte de la responsabilité de chacun.

 

Ces qualités de Yahvé seront souvent réaffirmées par la suite, notamment dans le Deutéronome 4, 31, les Nombres 14,18, les Prophètes et les psaumes. Elles qualifieront le Dieu Père, Juste et plein de Compassion qui s'est ainsi manifesté dès les débuts de l'Alliance.

 

Moïse se prosterne devant cette Voix s'exprimant depuis la Nuée. Il adore, reconnaît, admire.

 

Et il met immédiatement en application cette découverte en intercédant pour son peuple de rebelles à la nuque raide

 

Moïse sera fidèle à ce rôle de défenseur du Peuple. Il rappellera à Yahvé son engagement de Fidélité aux heures des plus sombres infidélités du peuple, se faisant médiateur et ambassadeur de réconciliations. (voir Nombres 14, 10 à 23, entre autres).