EsaÎe

Esaïe ou Isaïe

ESAÏE

 

2, 2 à 5

 

Isaïe vient de critiquer le comportement des gens de son peuple parce qu'il n'a plus rien à voir avec le respect de l'Alliance.

Et, comme souvent tout au long des messages des prophètes, les promesses de guérison alternent avec les mots de réprobation.

*

Ici, le prophète fait une annonce superbe: Yahvé va intervenir pour le bien de son peuple dévoyé, et non seulement pour lui, mais pour toutes les nations et tous les peuples.

Tout ce monde humain s'ouvrira à la Lumière venant de Dieu et de ses Paroles écrites dans les Saints Livres. Les Humains se mettront en marche vers Jérusalem comme vers la Ville Sainte: vers la colline sur laquelle le temple est construit; cette colline sera plus haute que les plus hautes montagnes sur lesquelles le Créateur parle aux Humains comme il parla jadis à Moïse pour promulguer son Alliance.

*

Tous se laisseront alors enseigner par Yahvé, l'Unique, le Miséricordieux. Tous adhèreront à ses Paroles et deviendront fidèles. Ce sera un revirement complet de l'Humanité: on abandonnera les guerres, les violences: on cultivera la création pour qu'elle assure à tous de quoi se nourrir, travailler, être respecté, vivre en paix dans un bonheur durable.

*

Ce sera un très grand Jour pour Dieu et pour l'Humanité.

*

Par contre, ce Jour sera redoutable pour ceux et celles qui décideront de s'opposer à Yahvé et à ses fidèles (lire la suite, Es 2,8 à 22)

*

Superbe annonce qui doit doper notre espérance et susciter notre amour de Dieu et de son Alliance universelle.

C'est fou le nombre de ceux et celles qui aujourd'hui attendent et espèrent un avenir meilleur. Mais faisons-nous suffisamment d'efforts pour hâter ce jour ? pour le préparer ?

 

5, 1 à 7

 

5, 1 à 7 La Bible parle très souvent de la vigne: objet de soins attentifs, espérance de fruits délicieux et de bons vins pour la fête et les relations entre humains. La vigne symbolise également le peuple de Dieu. La Bible évoque alors le rapport amoureux du Seigneur envers les humains, et ses espoirs déçus.

* Esaïe cisèle cette poésie magnifique, vibrante d'espérance pour mieux dénoncer l'ingratitude des humains insensibles à l'amour reçu de Dieu. Il en fait le Chant du Bien-Aimant mal aimé.

Le Bien-Aimant ne peut pas faire plus. Il donne tout, espère le grand cru millésimé. Tout vigneron "élevant" sa vigne comprend d'emblée cette attention amoureuse et cet espoir du résultat exceptionnel.

Hélas ! Le produit de tant d'amour n'est parfois que grappe pourrie et piquette imbuvable ! La déception répétée entraîne finalement le désintérêt. L'amour bafoué devient décision d'abandon.

Les versets 4 à 6 décrivent cette désolation.

 

En matière humaine, remplacer les soins qui "élèvent" par l'inattention ou la perversion engendre fatalement des désastres. Le crime remplace le droit, l'infidélité pourrit l'alliance.

 

Dieu l'éducateur Bien-Aimant espère toucher l'esprit de son peuple en lui rappelant les grandes lignes de son histoire: innombrables bienfaits reçus et pitoyables résultats. Le psaume 79/80 développe ce contraste en répétant le refrain:" Dieu, fais-nous revenir, que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés! Jérémie: "Comment t'es-tu changée pour moi en vigne méconnaissable et sauvage?" (Jer 2,21; 12,10)

 

Plus tard, Jésus retournera ce thème de la vigne décevante et sans fruit.

Il se présentera comme La Vigne faisant la joie du Père, le Vigneron Bien-aimant. De nouveaux sarments produiront des fruits. La joie du Père sera de les voir porter du fruit en abondance (Jean 15, 1 à 8)

Toute communauté chrétienne doit se laisser interpeller par cette complainte de la vigne. Chacun de nous également.

Observons les fruits que nous produisons alors que nous bénéficions de tant d'Amour.

 

 

6, 1 à 8

 

Voici un des rares textes prophétiques parfaitement daté: 740 avant notre ère.

 

Il commence par décrire la façon dont Isaïe se représente la grandeur et la sainteté de Yahvé. (Comparer avec Ezéchiel, 1, 2 et 3)

 

L'être humain est tout autre que Dieu: la sainteté ne le définit pas. De plus, il fait partie d'un peuple qui s'oppose à la sainteté de Dieu. Il a besoin d'être transformé, purifié.

 

Dès qu'il le reconnaît, il est purifié, changé, pardonné.

Isaïe fait partie de ceux qui croient en Dieu et vivent selon cette foi. Il est proche de Dieu. Disponible.

 

Attentif à tous les appels venant de Dieu, il perçoit ce manque de "porte-parole" de Dieu (prophète). Sans hésiter, il se porte volontaire pour assumer ce ministère.

Ce volontariat le distingue de Jérémie ou d'Ezéchiel qui commencent par reculer devant l'appel du Seigneur

 

Par contre, le peuple auquel Isaïe est envoyé est bien toujours égal à lui-même: il a la tête dure, la nuque raide. Il s'occupe de tout et s'intéresse à tout, sauf à ce que Dieu aime et demande pour le bonheur des humains.

(Isaïe l'a clairement écrit dans les deux premiers chapitres de son livre: à relire)

 

Le prophète pressent donc que sa mission sera pénible. Il verra des malheurs s'abattre sur son propre peuple rebelle.

Mais, comme toujours chez Isaïe, le malheur est toujours une porte d'entrée vers un avenir meilleur.

Le malheur n'est jamais la fin de tout, mais plutôt le gage d'un renouveau, d'un commencement.

***

Ce coeur de message d'Isaïe vaut pour son époque, déjà bien lointaine, et pour toutes les époques, même les pires. Dieu fait toujours jaillir une nouvelle création dès que les humains se tournent vers lui et acceptent de changer.

Et chez les humains en général, et chez les gens de son propre Peuple en particulier. Mais peu nombreux sont ceux qui en sont persuadés: un dizième ? un petit reste ?.

 

7, 10 à 16

 

Quelques bribes historiques. Achaz règne à Jérusalem de 736 à 716. Il fait ce qui déplaît à Yahvé, notamment en immolant son fils au dieu Moloch et en instaurant un culte à d'autres idoles.

Il ne fait pas confiance à Yahvé mais à des alliances politiques qu'Esaïe déconseille de la part de Yahvé.(2 Rois 16)

*

Israélites et Syriens se coalisent pour prendre Jérusalem. Esaïe invite plus que jamais le roi Achaz à faire confiance à Yahvé, à se convertir. Il lui suggère de demander un signe de l'assistance de Yahvé. Achaz refuse sous le prétexte hypocrite de ne pas tenter Yahvé.

*

Esaïe annonce que Yahvé va quand même donner un signe. Une jeune fille vierge, nubile, va devenir enceinte, enfanter un fils, lui donner le nom significatif d'Emmanuel (Dieu avec nous), l'élever jusqu'à l'âge de discernement entre ce qui est bon et ce qui est mauvais (façon d'indiquer un délai de 7 à 10 ans). Avant les dix années à venir, ajoute Esaïe, la coalition se dissoudra d'elle-même, Israël et la Syrie se sépareront, et Jérusalem sera sauvée...pour quelques années encore.

*

Ezéchias, le fils de cet Achaz deviendra roi à 27 ans: il règnera vingt neuf ans sur Jérusalem ( 716 à 687). Il sera un excellent roi selon le coeur de Yahvé, dont il restaurera le culte, notamment la célébration de la Pâque. (2 Rois 18 à 20)

*

Ce texte d'Esaïe insiste donc sur la responsabilité des gouvernants:- soit se laisser conseiller par Dieu, en choisissant ce qui est bon pour le peuple et en rejetant ce qui est mauvais - soit ne tenir aucun compte de Dieu et lui résister.

 

Leçon complémentaire: Yahvé, lui, demeure fidèle. Il promet que le peuple ne souffrira pas de la perversité du roi.

 

Yahvé donne lui-même des "signes", particulièrement celui de la naissance d'un fils d'une jeune fille vierge et nubile (almah, en hébreu,, et non pas bethoulah, mot précis désignant la virginité, parthenos en grec de la Septante, virgo en latin). Qui ? Quand?.

 

Autre signe, le nom donné à ce fils qui sera fidèle à Dieu dès son plus jeune âge: Emmanuel, Dieu avec nous.

 

On comprend facilement que les évangélistes aient vu la pleine réalisation de cette vision d'avenir en la personne de Jésus, fils de la Vierge Marie, Fils de Dieu, fils de l'Humain, venu partager notre destin pour nous faire regarder vers Dieu et restaurer la Paix et l'Harmonie entre les humains.( Mt 1,23; Lc 1,27)

 

L'Apocalypse le rappelle en montrant la communion enfin établie entre Dieu et son Peuple, avec ce Nom "Dieu-avec-eux" qui rappelle le nom d'Emmanuel (Apoc 21,3)

 

8,23 à 9, 3

 

Isaïe demeure traumatisé par ce qui est arrivé à son peuple. Il avait inauguré sa mission en 740 et quelques années plus tard l'envahisseur Assyrien avait annexé tout le nord du pays, les territoires de Galilée, et l'est du Jourdain, les territoires de Zabulon et Neftali. Il avait déporté beaucoup de gens de Samarie, détruisant leur capitale et important depuis l'Assyrie des païens avec leurs dieux. Toute cette partie nord était devenue pays occupé, soumis aux habitudes d'étrangers ne reconnaissant pas Yahvé. La honte !

Les ténèbres !

*

Mais voici qu'Esaïe annonce un renversement. Un jour viendra où ces territoires seront libérés par un descendant du Peuple choisi: un enfant rempli de l'esprit de Yahvé, un chef qui emportera la victoire contre les occupants.

Ce sera une grande victoire. Esaïe la salue de loin . Il utilise toutes les expression caractérisant la fin d'une guerre, le rétablissement de la paix, la disparition des engins de guerre.

Mieux encore, ce chef providentiel sera profondément religieux, aimant le droit, la justice, la sagesse.

*

L'évangéliste Matthieu citera ce passage d'Esaïe pour en montrer la réalisation dans le ministère de Jésus autour du lac de Galilée et dans les territoires du nord. L'honneur d'être les premiers à entendre la Parole de Dieu lavera la honte passée. La Lumière poindra d'abord dans ces territoires avant de gagner le Sud et Jérusalem. (Mat 4, 12 et ss)

 

L'évangéliste Jean ira encore plus loin: dans un long passage sur la femme de Samarie, il montrera Jésus évangélisant les gens de Samarie qui n'avaient plus de relation avec les gens de Judée. (Jean 4).

 

Jésus suscitant la réconciliation entre

les gens de la Samarie

et ceux du pays de Judée, et de Jérusalem.

 

 

11, 1 à 10

 

L'harmonie l'emportera, la paix s'établira, Yahvé réussira

*

Puissance et poésie ont engendré ce texte sublime. Le prophète pressent que Yahvé accomplira ce qu'il a promis, bien au-delà de ce que l'humain peut imaginer.

*

Le Seigneur suscitera un humain dans la lignée de David, le jeune berger devenu un grand roi.

En lui brilleront toutes les qualités d'un homme branché sur Dieu. Chacune de ses pensées, chacune de ses paroles, tous ses choix seront dignes de Yahvé, inspirés par son Esprit. Chaque expression des versets 2 à 5 définit l'homme providentiel que Dieu donnera un jour à son peuple pour le rendre libre, uni, portant aux humains un message aussi espéré qu'inattendu.

*

Il en résultera un incroyable retournement de l'ensemble des vivants. Ceux qui se dévoraient se respecteront. Ceux qui s'opposaient collaboreront. Admirable description symbolique de cette ère nouvelle, plus efficace qu'une longue argumentation philosophique ou sociologique.

*

"La connaissance du Seigneur remplira le pays aussi parfaitement que les eaux recouvrent le fond des mers". L'humanité connaîtra Dieu: elle en vivra.

*

Ce sera un "signal pour les peuples du monde". Tous viendront le consulter. Tous suivront ses conseils.

*

Les textes de la Seconde Alliance parleront de Jésus, né à Bethléem, ville de Jessé et de Juda, en reprenant les expressions de cette sublime vision du prophète Esaïe..

 

22,

19-23

Esaïe 22,

19-23

Le prophète est un homme de foi, attentif à la pensée de Dieu, et qui ose la transmettre au peuple et à ses dirigeants, qu'elle leur plaise ou non. Tout prophète s'exprime selon son style habituel.

Isaïe commente ici l'actualité gouvernementale du royaume de Judée, capitale Jérusalem.

Shebna en est comme le premier ministre, secrétaire du roi, ayant pouvoir d'ouvrir les portes accédant au Roi: il en porte les clés ("pouvoir des clés" en langage d'époque). Isaïe reproche à ce haut responsable son luxe, son insolence de parvenu, probablement aussi son favoritisme envers les gens de sa parenté...qui sont peut-être des étrangers si on en juge par le nom de Shebna.

D'où les questions que lui pose le prophète comme autant de reproches: "Quelle propriété as-tu ici?, quels parents y as-tu pour oser t'y creuser un sépulcre ? ...Le Seigneur te jette avec force...comme une balle vers une terre vaste en tous sens. C'est là que tu mourras...ô toi, la honte de la maison de ton maître ! Je te déposerai de ta charge" (v.16-18)

Son remplaçant s'appellera Héliakim, fils d'Helcias: un homme du pays ! "Je lui remettrai tes pouvoirs...Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David: s'il ouvre, personne ne fermera, s'il ferme, personne n'ouvrira." (pouvoir des "clefs", pouvoir exceptionnel, quasiment sans limitation).

Eliakim se comportera comme un père pour les habitants de Jérusalem, selon l'esprit de David, et non pas comme un despote totalitaire.

Le prophète n'hésite pas à prendre parti dans le concret des débats politiques de son temps. Il ose affirmer que tel est le parti que prend Yahvé, le Roi ultime du "Royaume" dont le Roi politique en place n'est que le représentant.

Un prophète, dans le langage contemporain, c'est toujours un homme courageux, libre, branché sur Dieu, osant questionner l'ensemble du peuple ("les gens" ) et même les gouvernants, quitte à subir leur rejet ou leur répression.

Jésus fut un prophète par son enseignement. Il fut rejeté par les Autorités religieuses qu'il n'hésitait pas à critiquer.

Il fut livré aux Autorités politiques romaines, qui le livrèrent à la mort en réponse à la pression des autorités religieuses attisant la haine du peuple juif, le peuple dont Jésus faisait partie.

Se comporter en prophète n'est jamais de tout repos. Transmettre l'enseignement venant du Seigneur: c'est toujours prendre un risque. A toutes les époques

 

 

25, 6 à 12

Le livre d'Esaïe comporte un petit groupe de textes consacrés à sa perception du grand avenir de l'Humanité ( chapitres 24 à 27). On y trouve cette annonce pleine d'espérance au bénéfice de TOUS les peuples du monde et non pas seulement du peuple de Dieu.

 

1.Celui qui invite, c'est Yahvé, le Dieu de l'Univers, du cosmos.

2.Il invite l'ensemble des peuples et des nations. L'universalité est soulignée: la terre habitée, l'Humanité. Nul n'est exclu de l'invitation.

3. Le repas sera extraordinaire: un Festin avec un menu haut de gamme: les meilleures viandes et les grands crus de vins. Un festin tellement extraordinaire qu'il n'y en aura jamais de meilleur, bref un Festin qui durera, LE festin de l'Histoire.

4. La Joie remplacera le deuil: plus de larmes, ni de regrets, ni de voile obscurcissant les visages, plaqué sur eux comme un enduit (sic).

5. La mort sera terrassée, disparue de l'horizon des humains. A perpétuité. Une perspective de vie l'emportera.

6. Tous les participants à ce festin reconnaîtront l'Unique Dieu comme celui qui Sauve, qui éloigne le déshonneur, et celui de son peuple Israël, et celui de tous les peuples.

7. Cette vision d'avenir n'est pas une invention du prophète: elle est Parole engageant le Dieu de Tous.

*

Incroyable perspective.

Révélation ( "apocalypse") sur l'à-venir, vision de bonheur et non de catastrophe finale. Espérance de Bonheur et non pas frayeur devant un cataclysme inévitable.

Nous sommes aux antipodes du cinéma catastrophe !

 

 

 

 

 

 

 

35, 1 à 10

Esaïe chante le grand retour des exilés, déportés. Le Seigneur Yahvé ouvre une autoroute dans le désert: tout le long, de l'eau à profusion pour ceux qui ont soif.

 

Et les coeurs chantent à l'unisson de la nature. Tous reviennent "retournés", convertis, ayant évacué leurs peurs, libérés.

 

Le moral est au zénith pour ceux qui reviennent: ils voient, ils entendent, ils bondissent, ils crient leur bonheur, ils débordent de joie.

 

Esaïe multiplie les expressions réalistes (désert, soif, bêtes dangereuses) pour faire comprendre que toute la nature obéit désormais à Yahvé pour montrer l'amour bienfaisant de Dieu envers son peuple éprouvé mais purifié.

*

Route réservée à ceux que Dieu aime et qui aiment Dieu.

Chemin de bonheur pour ceux qui se laissent conduire et illuminer par Dieu.

 

*

Lisons ces lignes comme une promesse faite à tous ceux et celles qui se mettent en route vers Dieu avec confiance.

A ceux qui croient en lui.

A ceux et celles qui se laissent libérer par lui.

 

Chapitre 35

 

Ce chapitre 35 fait probablement partie de ce que nous appelons le "livre de la consolation" ("consolamini", en latin, ou réconfort) (chapitres 40 à 55) attribué à un second Isaïe, postérieur au prophète historique (740 à 680).

Ce prophète écrivit probablement vers la fin de l'exil à Babylone (587 à 538), lorsque le païen, Cyrus II, le Perse (550 à 530) donna l'autorisation aux Juifs déportés à Babylone ( Bagdad) de rentrer en Judée et à Jérusalem.

Ce retour d'exil est mis en scène par le prophète comme une immense procession dont YWHW lui-même ouvrirait la marche. En font partie les Juifs ayant compris la nécessité de "revenir au Seigneur" et de changer désormais de comportement (conversion, repentance).

 

Les chapitres 36 à 40 d'Esaïe sont une sorte de copié-collé du second livre des Rois 18, 13 à 20, 19. D'où l'apparent désordre de numérotation de ces chapitres.

 

Ce retour d’exil suscite enthousiasme, admiration, reconnaissance. Il exalte la capacité d’amour du Seigneur envers son peuple pour le recréer, le relancer dans une nouvelle dynamique.

Le négatif devient positif,

la désolation consolation,

le drame se transforme en victoire,

douleur et plainte auront pris fin.

 

Le NT reprendra certaines expressions : les yeux des aveugles se dessilleront, la langue du muet criera de joie, l’eau jaillira dans le désert etc. Ainsi sera décrite l’œuvre de Jésus, guérisons, résurrection, salut, libération du mal…(cf 61, 1-11)

*

Chaque fois qu’une personne sort d’une période dramatique de son existence, c’est une sorte de retour d’exil qu’elle expérimente.

Chaque fois qu’un peuple retrouve la liberté après une phase d’esclavage, de terrorisme ou d’extermination, nous pouvons reprendre ce texte poétique et prophétique.

 

 

40, 1 à 11

 

Consolez, réconfortez, poussez un grand soupir de soulagement !

Ainsi commence un ensemble de 15 chapitres d'une tonalité chaleureuse, s'adressant à l'esprit, aux sentiments et à la volonté.

 

Les destinataires ? Tout un peuple ayant vécu de longues années sous la contrainte: probablement le Peuple d'Israël exilé à Babylone de 597 à 539 avant notre ère.

Le but ? Susciter un sursaut pour en finir avec la déprime, l'éloignement vis-à-vis de Yahvé, ou avec une religion factice.

L'auteur ? Un spirituel inspiré, imprégné du message de prophètes comme Osée, Amos ou Esaïe. Aussi a-t-on assemblé son message avec celui de l'Esaïe historique (740 à 680?).

*

Comme des messages joyeux, lancés du haut de plusieurs collines se faisant écho, la clameur s'amplifie : Dieu va intervenir, Dieu intervient pour libérer, rénover, redresser, relancer les humains qui avaient fini par perdre confiance en lui.

Oui, Dieu a entendu, il a vu, il ne peut plus supporter le désespoir de ses amis.

 

Ceux-ci sont comme l'herbe, sans constance, magnifique le matin et fanée le soir. Mais la Parole du Seigneur peut les transformer, leur redonner vigueur.

 

Et la première de ses Paroles, la voici: Réconfortez, consolez mon peuple.

La seconde: des gens de bonne volonté sont au travail pour ouvrir une autoroute dans le désert afin de faciliter le retour vers Dieu pour en faire une marche triomphale.

La troisième ? Dieu prend la tête de son peuple, comme un Berger, comme un conquérant joyeux auquel rien ne résistera.

*

A méditer quand tout va mal dans le monde, la société, la communauté locale ou la vie de chacun.

 

 

40, 1 à 11

 

Superbe commencement d'un message de réconfort destiné au peuple de Dieu qui traverse une des périodes les plus sombres de son histoire. - C'est bientôt fini. La situation effroyable va bientôt se renverser. Reprenez espoir.

- Participez au renouveau. Ne laissez pas les événements tout faire à votre place. Comme le proclame la VOIX venant de Dieu: préparez votre coeur. à accueillir le Seigneur. Votre existence ressemble à un désert sur lequel rien ne pousse: il est sec, plein de barrières infranchissables comme des montagnes, ou de vides et d'absences de désir spirituel. Changez ! Convertissez-vous !

- Ne vous contentez pas de plaider votre faiblesse humaine. Vous êtes comme l'herbe ? Dieu vous donnera force, vitalité, endurance.

- Transformez votre regard sur Dieu. Vous pensiez qu'il n'avait que punition en tête à cause de vos mauvais comportements ? En fait, il vous a laissé supporter les malheurs que vous aviez vous-mêmes causés. Maintenant, il vole à votre secours pour ne pas vous laisser périr. Il vient vous sauver du mal. Avec la tendresse d'un berger..

***

Jean le Baptiste reprendra ce message pour préparer le peuple de Dieu à accueillir le Christ (Mat 3, 1-21).

Il citera ce début du livre du "réconfort" pour résumer la Bonne Nouvelle de l'avènement du Seigneur Jésus.

Quand Dieu est en approche, c'est d'abord pour notre bien, pour notre épanouissement. Il ne fait pas sans arrêt des reproches. Il nous propose un avenir meilleur. A nous de le saisir. de nous redresser, de nous réveiller, de collaborer.

Et de répandre cette Bonne Nouvelle par le témoignage d'un renouvellement personnel et par nos paroles de réconfort envers ceux qui peinent.

Sinon, nous devenons des gens qui découragent les meilleures volontés.

**

Si vous avez vibré intérieurement en écoutant les premières notes du Messie de Haendel, laissez-vous emporter par la même émotion en lisant ce texte qui les inspira au musicien.

Et si vous êtes aujourd'hui découragé, dépité, "dans le 36eme dessous", en écoutant les mauvaises nouvelles sélectionnés par ceux qui nous "informent" de l'état du monde minute par minute, prenez conscience que les mauvaises nouvelles se vendent mieux que les bonnes ! L'audimat le confirme. Il trahit ce qui habite le fond de notre conscience. Le Mal (ce qui nous fait du mal) nous fascine plus que ce qui est Bon et nous fait du Bien. Pourquoi ? Probablement parce que nous connaissons et subissons nos limites et nos faiblesses. Elles nous collent à la peau. Elles constituent notre enracinement terrestre.

 

Nous avons besoin d'un remède pour corriger notre regard. Ouvrons nos deux yeux et non pas seulement celui qui se focalise sur le négatif.

Les humains ne sont pas tous mauvais. En chacun de nous coule une source de vie. Chez les autres également.

Nous sommes "intelligents" lorsque nous y réfléchissons. L'élargissement du regard nous réconforte : il n'est pas consolation à bon compte, par fuite hors du réel.

Nos sociétés comblées de biens matériels attendent une guérison. L'auteur des chapitres 40 à 55 d'Esaïe nous offre ce Bien spirituel...depuis plus de 2300 ans.

Nous serions stupides de le refuser.

Lisons, méditons en écoutant l'ouverture du Messie de Haendel ou d'autres musiques positives. Elles sont Paroles de Dieu.

***

Les événements que vit actuellement le monde entier invitent à faire ce mouvement de réflexion,

d'analyse sur les causes,

de conversion,

d'amorce de renouveau

et ainsi d'espérance.

 

42,1 à 9

 

Ces versets forment le premier des quatre «chants du serviteur » que l’on trouve dans la deuxième partie du livre d’Ésaïe.

 

Toute l’attention est concentrée sur la personne et l’action du serviteur, mais ce personnage est difficile à identifier.

 

On hésite entre un être collectif, le peuple d’Israël personnalisé (comme au v. 19), ou un individu.

Ce personnage intervient-il à la fin des temps ou est-il un personnage historique du passé ou du présent ?

 

De plus en plus nombreux sont ceux qui voient dans le serviteur le prophète lui-même.

 

Cette dernière interprétation n’exclut pas que l’on puisse comprendre ce personnage comme un messie à venir.

 

 

Les épreuves ne sont jamais épargnées à ceux qui servent la Parole de Dieu.

Le serviteur a pour mission d’établir le droit sur la terre.

 

Même les païens l’écouteront (v.4).

 

Le serviteur apportera la lumière aux nations, libérera le peuple, réveillera la foi là où elle dort, la fortifiera ; il confirmera l’alliance de Dieu avec l’humanité (v.6).

 

L’évangile de Matthieu identifiera très clairement le Christ à ce serviteur annoncé par le prophète (Matt 3.16-17 ; 12.18 ; 17.5).

 

43, 16-21

 

Dieu est, était et sera. Il sait ce qu'il y a dans l'humain. Il constate que peu d'entre eux vivent sans traverser des épreuves, des moments de recul ou de découragement.

 

Dieu se préoccupe de l'avenir des humains. Il le veut viable, meilleur que le passé.

 

Il proclame donc sa préférence pour le renouvellement permanent

 

Il invite les humains déprimés, dépassés ou rattrapés par leurs erreurs d'hier à ne jamais désespérer.

 

"Ne pensez plus au passé ", à votre passé. C'est du passé. Regardez plutôt comment l'avenir est déjà en train de germer. Voyez ce qui pousse et non pas ce qui se fane ou dépérit.

Dans votre vie, chez vos proches, dans les sociétés ou les peuples.

 

Tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir. C'est Dieu qui le dit. Et l'histoire passée le prouve. Le monde est en permanente évolution, en cours de création.

Participez à ce mouvement.

 

Et ne passez pas votre temps à critiquer Dieu et sa mauvaise gestion des événements. Vous l'accusez à tort. C'est vous qui avez causé pour une grande part la situation qui vous fait souffrir.

Cessez de gémir et de déprimer.

 

43, 18-25

Superbe analyse du passé sous la forme d'un procès équitable.

Et superbe expression de la nouveauté que Yahvé va susciter pour son peuple.

La générosité de Yahvé retourne la situation. Malgré- ou plutôt en raison - des fautes de son peuple, il annonce une transformation radicale, sorte de re-création des humains qui se sont détournés de Dieu en adhérant à des biens idolâtrés.

***

Chacun de nous peut s'appliquer

- à la fois ce procès, ce débat (ce que nous reprochons à Dieu - et ce qu'il nous reproche)

- à la fois cette générosité de Dieu qui se montre prêt à ne plus tenir compte du manque d'amour envers lui

- et ce renouvellement complet que Dieu veut réaliser en nous, en toute personne s'étant détournée de Dieu en idolâtrant des valeurs (argent? honneurs? pouvoir ? violence ? sexe? succès?)

***

Nous pouvons également appliquer ce texte à des collectivités ou communautés, religieuses ou non. Envers tous Dieu ses intentions: faire du neuf, améliorer; remplacer le mal par du Bien, la destruction par la reconstruction...

 

Un grand texte pour espérer

 

44, 24

à 45, 8

 

Le peuple élu, appelé Israël, réside encore en exil, dans les environs de Babylone, sous domination assyrienne (Irak).

En 539, Cyrus, roi des Mèdes et des Perses, l'empire en plein développement (Iran) investit sans violence la ville de Babylone (Irak) , renverse le pouvoir assyrien. Il inaugure une politique de collaboration avec les populations qu'il soumet. Les Juifs déportés vont en bénéficier, revenir à Jérusalem, y reconstruire le temple.

*

Un prophète (dont les paroles sont insérées dans le livre d'Esaïe, chapitres 40 à 55) célèbre l'action libératrice de Cyrus, en affirmant qu'elle est d'abord action du Dieu Unique. Sans que Cyrus en ait conscience, lui, le païen honorant d'autres dieux, Mazda, il est choisi par le Dieu de l'Univers qui l'investit d'une mission dépassant le niveau politique. Le prophète l'appelle donc messie, consacré à une mission venant de yhwh. Il l'avertit pour qu'il pour qu'il se tienne à sa juste place, celle d'un homme et non d'un dieu.

Le prophète choisit et répète des expressions qui ne laissent aucun doute: il n'y a qu'un seul Dieu, guide des hommes, sauveur des peuples, maître de l'univers.

Il agit à travers tous les humains, même ceux qui l'ignorent, ne le reconnaissent pas ou le rejettent.

Son pouvoir extraordinaire ne fait pourtant pas de lui un dictateur. Car il ne poursuit qu'un seul but: le bien de l'Humanité à travers les vicissitudes de l'histoire et la succession des civilisations ou des empires.

Imaginons que tous les grands responsables politiques adhèrent à cette conception de leur pouvoir temporaire - promouvoir le bien commun, particulièrement celui des personnes rejetées au dernier rang - ne pas imposer aux gens de son peuple le culte de leur personnalité - ne pas en profiter pour s'enrichir en détournant ce qui est donné à leur peuple - ne jamais oublier que leur pouvoir cessera un jour car aucun humain n'est éternellement en place, y compris les tribuns, les gourous, les oppresseurs, les dictateurs soutenus par un régime policier, etc. Quel bouleversement !

Le prophète nous invite à en rêver...non pas tête dans les nuages, mais pieds sur terre avec réalisme, espoir et engagement. Sans jamais sombrer dans le défaitisme qui conduit à la passivité en faisant le lit des chefs s'érigeant en maîtres absolus.

49, 1-6

 

Voici un prophète dépassant le rayonnement ordinaire d'un porte-parole de Dieu.

Il a pris conscience:

 

- d'avoir été envoyé au-delà de ses proches, des gens de son peuple,

 

- d'avoir réalisé sa mission sous la protection exceptionnelle de Dieu

 

- d'avoir annoncé un message percutant, totalement inédit, et nouveau.

 

- d'avoir bénéficié d'une préparation à sa mission avant même d'avoir vu le jour.

 

Dieu a toujours été avec lui. Lui-même a toujours été fidèle à Dieu.

***

 

Chaque croyant est, à sa mesure, le porte-parole de Dieu. S'il réfléchit au rayonnement de son existence, il peut se dire:

 

- je ne suis pas devenu membre d'un "peuple de prophètes" de ma propre initiative. Dieu a pensé à moi avant que je pense à lui. Dieu a compté sur moi. Il a eu l'initiative.

 

- c'est à la mesure de ma fidélité à la Parole de Dieu que le témoignage de ma vie et de mes paroles ont exercé de l'influence,

 

- il m'est impossible de mesurer jusqu'où ma vie et mes paroles ont exercé une influence. C'est Dieu qui prépare, il est la Source, son Esprit donne du poids à mon humble fidélité: Lui seul juge de l'efficacité de mon existence.

 

 

- Il m'est seulement demandé de demeurer à son entière disposition et de remercier pour la confiance que Dieu m'accorde, malgré mes faiblesses de croyant.

 

49, 14 à 26

 

Le prophète vient d'annoncer la délivrance des exilés. Pour mieux réconforter son peuple ,il le fait dialoguer avec Yahvé .

 

1. Ce petit peuple a-t-il été abandonné, oublié, répudié ?

Yahvé répond en choisissant des expressions maternelles admirables. Et les preuves sont là: Yahvé aime comme un époux, comble de fils celle qui se croyait définitivement incapable d'enfanter.

 

2. Ces enfants viendront de partout. Loin d'être méprisés comme une fin de race, ils seront honorés par des rois et des princesses.

 

3. Loin d'être un butin sans intérêt relâché par un guerrier victorieux, le peuple sera vengé par Yahvé qui forcera l'oppresseur à lâcher prise.

 

Et voici les mots clés de cette victoire:

Yahvé va être reconnu comme le Sauveur,

le Rédempteur,

l'Indomptable,

l'Epoux amoureux,

le Protecteur.

*

"Ainsi tu sauras que

JE SUIS YAHVE, ( mots équivalents en hébreu),

et ceux qui m'espèrent

ne seront pas honteux".

 

" Ton Sauveur, c'est moi".

 

50, 4 à 11

 

Le disciple fidèle

 

Dans ce troisième chant, "le serviteur de Yahvé" énonce ses convictions. Elles retracent son parcours.

 

- Il accueille la Parole du Seigneur, lui ouvrant toute grande son attention, matin après matin

(Deut 6.4).

- Il la transmet au peuple de Dieu, fidèlement, sans la voiler, ni en atténuer la vigueur,

 

- En retour, le peuple le critique, le persécute, lui crache à la figure, car c'est un peuple à la tête dure, rebelle à toute Parole venant d'En-Haut,

 

- Courageusement, le Serviteur affronte cet injuste rejet et les souffrances physiques ou morales qui en découlent. Au point que certains voient en lui un homme rejeté par Dieu

 

- Intérieurement, il tient bon car il se sait innocent. Il fait confiance au Seigneur. Il s'en remet à son jugement. Dieu le soutient dans ce mal qu'il subit injustement.

*

Ce Serviteur a l'intime conviction que Dieu accepte de supporter pendant un temps le mépris et la souffrance: mais un jour, proche, Dieu rétablira la vérité, jugera les injustes, et fera triompher le Serviteur et son Message.

 

Le serviteur s’adresse ensuite aux humains

(v. 10-11).

 

A ceux qui se veulent fidèles à Dieu, il demande de faire confiance à la lumière divine.

A ceux qui refusent Dieu, il prédit qu’ils périront victimes de leurs mauvais choix de vie.

 

A tous il pose une question qui résonne jusqu’à nos jours : qui, parmi vous, se fie au Seigneur et reconnaît son autorité ?

 

Même quand on ne comprennent pas comment Dieu agit, on peut choisir de lui faire confiance.

 

Dieu est toujours force et lumière.

 

*

On comprend mieux pourquoi les rédacteurs des Evangiles verront en Jésus le parfait Serviteur de Dieu, traversant sa Passion et entrant ainsi dans le rayonnement de sa Résurrection.

 

 

50, 4-7

 

Pas de fidélité sans souffrance acceptée (50.4-11)

Dans ce troisième chant, le serviteur se présente comme un disciple fidèle au Seigneur dont il ne cesse d’écouter la Parole (Deut 6.4).

Courageusement, il la met en pratique, quoi qu’il lui en coûte : il s’en remet totalement à Dieu qui lui donne la force de tenir bon malgré le mal subi.

Pour la première fois, apparaît l’idée que le porte-parole de Dieu accepte sa souffrance. Il sait qu’il n’est pas coupable : il sait que Dieu est du côté de ceux qui le servent fidèlement.

 

 

Le serviteur s’adresse ensuite à tous les humains

(v. 10-11).

A ceux qui se veulent fidèles à Dieu, il demande de faire confiance à la lumière divine. A ceux qui refusent Dieu, il prédit qu’ils périront comme ils ont choisi de vivre.

 

A tous est posée une question qui résonne jusqu’à nos jours : qui parmi vous se fie au Seigneur et reconnaît son autorité ? Même ceux qui ne comprennent pas comment Dieu agit peuvent choisir de lui faire confiance. Dieu sera leur lumière.

 

Après avoir lu ce commentaire posons-nous la question qui le termine: "Est-ce que je me fie au Seigneur ? Est-ce que je reconnais son autorité ?"

***

- Se fier à quelqu'un, c'est lui faire confiance, le croire sur parole, croire en lui, avoir foi en lui, s'en rapporter à lui quand on doit prendre une décision.

 

LE disciple et parfait serviteur de Dieu fut Jésus, si bien décrit par le prophète plusieurs siècles auparavant. Le rédacteur de ce "troisième chant du Serviteur" se fonde probablement sur sa propre expérience de très saint disciple vivant à l'écoute de Yahvé, attentif à ses moindres désirs pour engager sa vie dans la direction de Dieu.

**

- Reconnaître l'autorité de Dieu, c'est à la fois le respecter, l'admirer, lui être reconnaissant de tout ce qu'il donne gratuitement. C'est faire preuve d'intelligence puisque Dieu est l'auteur de l'intelligence du monde créé, l'Esprit qui discerne les réalités cachées aux esprits superficiels.

***

-Un tel disciple n'a pas honte de s'appeler serviteur de Dieu, et serviteur des humains à la manière du Seigneur Yahvé. Il en est même fier, plein d'assurance, sachant que rien ne peut le terrasser puisque Dieu a pris l'engagement d'être chaque jour à ses côtés.

 

52, 7 à 10

 

Le rédacteur de ces lignes, (auquel on donne également le nom d'Esaïe, le prophète historique -740 à -680) écrit autour des années où le roi perse, Cyrus, autorise le peuple à rentrer dans son pays (-539).

Il réfléchit aux libérations dont a bénéficié Israël: fin du génocide en Egypte, passage de la mer rouge et du Jourdain. Il y voit la sollicitude permanente de YWHW le Seigneur qui n'abandonne jamais ceux qui lui font confiance.

 

Il en profite pour donner à son peuple une clé de lecture de son histoire.

Chaque fois qu'il devient infidèle, Dieu l'abandonne à sa liberté: ses erreurs causent son malheur: ses adversaires l'agressent, détruisent ses populations et ses villes, le déportent en exil.

Et Dieu s'abstient d'intervenir.

 

Jusqu'à ce que le peuple comprenne qu'il est la cause de ses épreuves:

et que tout changera dès qu'il retournera vers YWHW , en respectant la justice, la vérité, la sincérité dans le culte.

 

Alors Dieu retrouve sa liberté d'intervention.

Il met fin aux exactions des ennemis de son peuple.

Déployant son bras, Il agit en sauveur: comme s'il rachetait son peuple d'esclaves en payant le prix de son retour au statut de peuple libre, maître de son destin.

 

 

Dans un style chaleureux, bourré d'images poétiques, le (second) Esaïe proclame le retournement de l'histoire.

Il invite à l'espérance, à la joie.

"Surgis, surgis, revêts-toi de puissance, ô Sion, revêts tes habits de splendeur, Jérusalem, ville de sainteté...mets-toi debout, hors de la poussière, toi, la captive, fais sauter les liens de ton cou. C'est gratuitement que vous avez vendus, c'est sans argent que vous serez rachetés" (v.1 à 3)

La paix va revenir, la bonté, le salut.

" les yeux dans les yeux, les gens du peuple voient le Seigneur en train de regagner Sion. Explosez, poussez des acclamations car YWHW réconforte son peuple. Tous les confins de la terre verront le salut de notre Dieu" (v.7-10)

*

Trop souvent, les croyants prennent leurs distances vis-à-vis de Dieu et de la foi. Perdant leur crédibilité, ils subissent l'ironie des non croyants ou leur agressivité qui peut aller jusqu'à la persécution.

 

Une certitude doit les habiter et leur éviter le désespoir: dès qu'ils reviendront plus sincèrement vers le Seigneur celui-ci interviendra pour les rendre meilleurs, libres et à nouveau rayonnants.

 

Aujourd'hui comme hier.

 

 

-

52, 13 à 53, 12

 

De l’humiliation à la gloire

 

Le quatrième chant du serviteur révèle,de façon bouleversante, quelle sera la destinée de ce serviteur, en butte à l’hostilité des humains.

 

Ayant commencé par mépriser son apparente insignifiance, ils l’avaient interprétée comme le signe d’un abandon par Dieu, voire d’une preuve de culpabilité.

 

Mais Dieu donne sens à ce chemin de souffrance.

 

Parfaitement conscient des révoltes de son peuple, le serviteur choisit, par amour et solidarité, d’en supporter lui-même les conséquences, laissant à Dieu le jugement.

 

Sans nier le mal qu’on lui fait subir, sans faire violence à quiconque, il accepte d’être méprisé, condamné, mis à mort.

 

En le regardant, certains découvriront les conséquences du mal qu’ils font.

 

En voyant comment Dieu approuve et redonne la vie à celui qui se laisse ainsi humilier, ils discerneront le projet de Dieu : faire reconnaître la grandeur cachée de celui que l’on charge de tous les maux et qui intercède pour les pécheurs.

 

Le serviteur a été puni pour des crimes qui n’étaient pas les siens et a ainsi permis qu’un grand nombre de gens soient acquittés de leurs fautes.

 

C’est pourquoi Dieu interviendra en rétablissant sa vie et son honneur.

 

La souffrance du serviteur prend un caractère tout à fait particulier : il offre sa propre vie comme un sacrifice de réconciliation.

 

 

 

La tradition chrétienne a vu dans le destin de ce serviteur une annonce des souffrances, de la mort et de la résurrection du Christ.

 

55, 1 à 6

 

L'auteur de ce chant d'espérance (inséré dans le Livre du prophète Esaïe) annonce la fin de l'exil à Babylone (vers 540-530 ?).

Les exilés ont connu la faim. Ils vont retrouver la bonne nourriture du pays.

 

S'ils en éprouvent de la joie, ils doivent y ajouter un progrès dans leur façon de vivre selon l'Alliance avec Yahvé.

 

 

La nourriture de l'esprit et du coeur, absolument indispensable à l'être humain, est proposée par Dieu, avec une incroyable générosité, gratuitement, quotidiennement.

Il s'agit des Paroles venant du Ciel, à écouter, à méditer, à mettre en pratique. Elles jaillissent au fond de la conscience: on peut aussi les lire dans les Saintes Ecritures.

*

Le prophète invite à creuser en soi la faim et la soif de ce que Dieu dit et donne, qui régale, comble et suscite la communion.

Il propose un renouveau de fidélité.

*

Périodiquement, au cours de notre histoire, malheurs ou grands bonheurs creusent nous ce désir de Dieu, cette soif du Sens de la Vie.

Y sommes-nous attentifs ?

-Cherchons-nous le Seigneur tant qu'il se laisse trouver ?

 

 

55, 6 à 13

 

 

Pour conclure et convaincre ses lecteurs l'auteur de cette seconde partie du livre d'Isaïe (souvent appelée Livre de la Consolation, 40 à 55) entonne un chant de joie et d'espérance.

Il tourne leurs regards vers ce que Yahvé est en train de réaliser.

il sait que beaucoup se laissent aller au désespoir, à l'inertie, à la désolation.

*

"Changez de comportement", leur dit-il (v.6-7) Vous y gagnerez en pitié et en pardon.

*

Changez vos façons de voir, vos analyses vieillottes. Elles sont en retard par rapport au réel que Yahvé suscite. En plein décalage. A des millions d'années lumière. (v.8)

*

Ne pensez pas que Yahvé soit impuissant, beau parleur et piètre réalisateur. C'est tout le contraire. Ses promesses se réaliseront. Tout comme la pluie et la neige fertilisent le sol qui les accueille. En conclusion, dès maintenant, accueillez les promesses que voici (v.10-011)

*

Yahvé-Dieu va ramener ceux qui furent exilés à Babylone. Il va les remettre en marche: à travers les montagnes, ils reviendront de déportation vers leurs maisons et leurs terres, sous les applaudissement des arbres ! (superbe style poétique, en prime!).

Finies les épines et les orties, qui poussent quand le propriétaire du terrain est déporté. Cyprès et myrtes vont les remplacer d'ici peu.

*

Ne l'oubliez pas ! Tout cela vient de Yahvé , de ses pensées, de sa puissance bienveillante. Revenez donc vers Lui puisqu'il n'a jamais cessé de penser à vous et à votre Bien.

*

A méditer sans modération quand tout semble bloqué, cassé, irrémédiablement perdu à vues humaines.

-L'heure est alors venue d'adopter les vues de Dieu.

 

Isaïe 56

1 à 7

Pour conclure et convaincre ses lecteurs l'auteur de cette seconde partie du livre d'Isaïe (souvent appelée Livre de la Consolation, 40 à 55) entonne un chant de joie et d'espérance.

Il tourne leurs regards vers ce que Yahvé est en train de réaliser.

sait que beaucoup se laissent aller au désespoir, à l'inertie, à la désolation.

*

"Changez de comportement", leur dit-il (v.6-7)

Vous y gagnerez en pitié et en pardon. *

Changez vos façons de voir, vos analyses vieillottes.

Elles sont en retard par rapport au réel que Yahvé suscite. En plein décalage. A des millions d'années lumière. (v.8) *

Ne pensez pas que Yahvé soit impuissant,

beau parleur et piètre réalisateur.

C'est tout le contraire.

Ses promesses se réaliseront.

Tout comme la pluie et la neige fertilisent le sol qui les accueille.

En conclusion, dès maintenant, accueillez les promesses que voici (v.10-011)

*

Yahvé-Dieu va ramener ceux qui furent exilés à Babylone.

Il va les remettre en marche:

à travers les montagnes,

ils reviendront de déportation

vers leurs maisons et leurs terres,

sous les applaudissement des arbres ! (superbe style poétique, en prime!).

Finies les épines et les orties,

qui poussent quand

le propriétaire du terrain est déporté.

Cyprès et myrtes vont les remplacer d'ici peu.

* Ne l'oubliez pas !

Tout cela vient de Yahvé ,

de ses pensées,

de sa puissance bienveillante.

Revenez donc vers Lui

puisqu'il n'a jamais cessé

de penser à vous et à votre Bien.

*

A méditer sans modération

quand tout semble bloqué,

cassé, irrémédiablement

perdu à vues humaines.

L'heure est alors venue

d'adopter les vues de Dieu.

 

 

58, 7 à 10

 

 

Commencez par lire intégralement ce beau texte dans votre bible.

 

Le message du prophète (non pas l'Esaïe qui a parlé entre 740 et 690, mais un autre Isaïe qui parle et écrit après le retour d'exil, après 538) est parfaitement clair.

1. Il essaie de faire passer chacun d'une religion de rites, de gestes à une religion personnalisée, assimilée, insistant prioritairement sur l'engagement du coeur, de la conscience.

Car Yahvé attend d'abord cet approfondissement de l'engagement spirituel.

*

2. Et le Prophète insiste pour que les relations avec les autres, particulièrement les plus oubliés, souvent les plus méprisés ou victimes d'injustices, soient la preuve de la fidélité de la conscience envers Dieu.

*

Relisez maintenant ce texte admirable en soulignant les expressions choisies par le prophète pour donner ces deux clés de compréhension du "vrai jeûne que Dieu aime".

*

Aujourd'hui, nous jeûnons rarement. Mais nous sommes chaque jour en relations avec les autres.

1.Notre façon de les traiter, de les considérer, de les respecter, est-elle digne de l'attente de Dieu depuis plus de deux millénaires ?

2.Sommes-nous en train de passer d'une religion de rites extérieurs à une religion d'alliance d'amour avec Dieu, prouvée par une attitude équitable envers les autres ?

-

 

60, 1 à 6

 

Superbe expression, forte et poétique, du renversement historique annoncé par le Prophète au Nom de Yahvé.

 

Le Dieu Unique relève le moral de son petit peuple ( que Jérusalem récapitule) éprouvé par des déportations et drames religieux. Il prouve ainsi sa fidélité absolue, y compris envers ceux qui lui furent infidèles.

 

Mais surtout, l'Unique Dieu affirme l'intérêt qu'il porte à toutes les personnes humaines (les peuples, langues et nations ).

***

Le Souffle de l'Unique, du Miséricordieux, palpite au bénéfice de tous, juifs ou non, humiliés ou puissants, jeunes ou vieux.

 

Il travaille sans cesse au coeur des humains pour développer les pensées ou les actions qui conduisent au bonheur, à la sagesse, à la santé, à la sainteté.

 

Nul n'est exclu du coeur de ce Dieu.

 

Un jour ou l'autre, beaucoup comprendront que "la porte de Dieu" demeure ouverte à tous, jour et nuit. Ils bondiront de joie en découvrant la vraie nature de Dieu, son dessein bienveillant.

 

***

Lorsque nous sommes désemparés devant les écroulements ou les fautes des humains et de leurs institutions, nous voyons poindre une lumière à l'horizon en méditant ces lignes inspirées. Nous redisons notre adhésion chaleureuse à ce Dieu-là. Et nous continuons notre marche, ensemble, différents, dans et vers la Lumière du Seigneur.

 

Qu'il en soit ainsi pour tous les croyants du monde.

Historiquement, ce chant célébrant la restauration de Jérusalem correspond aux années 520 (voir Aggée 2, 7 à 9)

 

 

61, 1 à 11

 

Un spirituel inspiré déborde d'enthousiasme. Sans se nommer, il se présente comme

- "messie imprégné de l'Esprit du Seigneur Yahvé" (en hébreu)

- ayant reçu mission explicite de s'adresser à des gens très ordinaires et désespérés,

- pour les réconforter

- en leur annonçant qu'ils vont retrouver la liberté, la faveur de Dieu, la sortie du deuil, bref un total renversement de situation.

Avec des images poétiques, il développe le changement sur le point d'intervenir ( v.3- et 4).

*

Une nouveauté caractérise ce grand bouleversement: des étrangers en seront bénéficiaires au même titre que les membres du peuple que Dieu a choisi. La joie et les dignités réservées jusqu'à présent à quelques uns seront offertes à tous. L'universalité du salut, l'oecuménisme, la disparition des murs et frontières font partie de ce message nouveau. De nombreux spécialistes attribuent ces chapitres 56-66 à un prophète vivant à Jérusalem et réveillant l'espérance des plus humbles, dans les années 530-500. Certains y voient l'oeuvre d'un troisième Esaïe dont les textes auraient été assemblés avec ceux de l'Esaïe historique ( 740-680).

 

Le résultat de cette mission ?

Une joie s'emparant de tous les coeurs.

Et, pour le "messie", un bonheur de jeune marié, de fiancée, d'homme assuré de la présence inaltérable de Dieu en lui.

*

On comprend pourquoi Jésus a choisi ce passage pour se présenter à ses compatriotes de Nazareth , selon Luc 4, lesquels d'ailleurs n'ont pas adhéré à son message universaliste.

*

Aujourd'hui, apprécions-nous véritablement les deux priorités mises en évidence par ces lignes ?

- Priorité aux humbles, aux gens privés de liberté, aux personnes opprimées et éprouvées,

- Priorité à l'ouverture, au bénéfice de tous, et fin d'une attitude de repliement sur quelques privilégiés s'autoproclamant seuls bénéficiaires de la générosité de Dieu.

 

Et dire que ce message résonne depuis plus de 2500 ans, qu'il a été repris par Jésus comme caractéristique de son être et de sa mission !

Combien de millénaires faudra-t-il encore pour que nous l'adoptions comme base de nos priorités ?

 

62, 1 à 5

 

Magnifique description du bonheur que Yahvé promet à son peuple, symbolisé par Jérusalem sa capitale.

 

Le passé fut rude mais l'horizon s'éclaire.

 

Tout va changer car Dieu entre en action pour renverser une situation éprouvante.

 

Comme un fiancé éperdument amoureux, Dieu multiplie les mots de tendresse par lesquels il appelle et réconforte ceux qu'il aime d'un amour définitif.

***

Lorsque nous imaginons que Dieu nous fuit, qu'il nous laisse tomber, qu'il est illusoire de lui faire confiance, méditons ces lignes incroyablement joyeuses et poétiques. En nous disant que le Maître de l'histoire pense à nous avec cette tendresse et compassion.

 

Mais n'oublions pas qu’il nous est demandé de veiller, de rester debout, de garder la conscience à l'écoute des événements par lesquels Dieu nous parle.

 

Celui qui demeure éveillé entend les messages des veilleurs. Et il en tient compte.

 

63, 16 à 64, 8

 

Superbe supplication.

Les exilés sont rentrés de Babylone, réinstallés en Judée, mais ils recommencent à oublier Yahvé (vers 530/520 ?).

 

Un prophète pousse une ardente complainte vers Yahvé , qu'il reconnaît comme vrai Père et Libérateur.

 

- Pourquoi nous laisses-tu errer, endurcir nos coeurs ? Interviens, reviens, fais-nous revenir à Toi.

 

- Occupe-toi de nous, mets fin aux malheurs que nos ennemis nous infligent,

 

- Recommence à montrer ta puissance, comme tu l'as fait jadis pour nos ancêtres

 

- Viens à notre rencontre pour que nous entrions en communion avec Ta Volonté,

 

- Il est vrai que nous n'avons pas été corrects envers toi. Alors, tu nous as livrés aux conséquences de nos fautes. Nous en sommes conscients, nous le reconnaissons.

 

- Tu n'as pas eu tort en agissant ainsi. Mais maintenant, il est temps que nous redevenions le Peuple que tu aimes. Ne nous laisse pas longtemps dans cette situation pénible.

 

- Nous sommes d'argile, tu es le potier: façonne-nous de nouveau, cesse d'être irrité contre nous. Nous sommes ton Peuple.

*

Superbe supplication, magnifiquement rédigée, à relire au moins pour la splendeur du style - et chaque fois que nous voulons sortir d'une période de découragement, de tiédeur ou d'éloignement envers le Seigneur

 

66, 1 à 7

 

Le prophète publiant ses pensées après le retour d'exil (538) porte le nom du grand Esaïe (740-680) et ses textes ont été ajoutés dans le Livre de l' Esaïe historique.

*

Des évolutions considérables sont en train de se produire. La "religion" s'approfondit. Elle concerne de plus en plus les engagements de la conscience personnelle.

Elle fait craquer les automatismes déclarant vraiment religieux ceux qui respectaient toutes les prescriptions cultuelles - et excluant ceux qui n'étaient pas conformes à certaines règles, par exemple les eunuques ou les étrangers.

 

Au nom de Yahvé, le prophète enseigne la priorité de l'engagement de conscience en faveur du droit, de la justice, de ce que Dieu aime, du culte pratiqué avec conviction et de façon librement choisie.

 

Le prophète en donne deux applications: l'une concerne l'eunuque et l'autre s'applique à l'étranger.

 

*

"Dieu regarde d'abord le coeur". On ne doit pas l'identifier à un légiste vérifiant la conformité des personnes avec certains principes jadis importants mais désormais rétrogradés à leur juste place.

*

Jésus accentuera encore cette évolution. Ses apôtres iront dans la même direction. Dieu veut sauver et guérir tous les humains: il n'exclut personne.

 

"J'en ai déjà rassemblé; j'en rassemblerai d'autres encore".

"Ma maison sera appelée Maison de prière pour tous les peuples"..

*

A chaque époque, certains s'efforceront de réserver l'accès à l'Eglise à ceux qu'ils considèrent comme justes et corrects ( une sélection) : d'autres, plus conformes à la pensée de Dieu, rappelleront que Dieu n'exclut jamais une personne se tournant vers lui dans la confiance et la pratique de ce qui plaît au Seigneur.

 

66, 7 à 17

 

 

Ce prophète tardif (bien postérieur à Isaïe) veut redonner confiance au peuple de Dieu qui a traversé bien des oscillations entre périodes d'idolâtrie et phases de fidélité.

Le dernier mot appartiendra au Seigneur qui, pour sa part, demeure fidèle et désireux du salut de son peuple.

Il emploie des comparaisons saisissantes: la femme qui refuserait d'accoucher ? La mère qui n'allaiterait plus son enfant ?

 

Meilleur que n'importe quelle mère, Dieu fait tout pour que son peuple vienne au monde, soit comblé de soins attentifs, cajolé.

Il en fut ainsi dans le passé: il en sera toujours ainsi.

 

Le peuple est donc invité à l'espérance et à la fidélité, y compris dans les épreuves qu'il traverse et qui peuvent l'aider à réfléchir sur ses propres responsabilités.

 

*

 

Nos vies ne sont pas un long fleuve tranquille. Notre rapport au Seigneur connaît des hauts et des bas. Si nous réfléchissons bien, nous constaterons que le Seigneur est toujours là, attentif, plein de tendresse, prêt à pardonner. Il demande seulement que nous nous tournions vers lui, que nous l'appelions à l'aide.

 

66, 20 à finale

 

Le rédacteur de cette troisième partie du Livre attribuée à Esaïe (rédigée après le retour d'exil, 537 ? ) en arrive à sa conclusion:Dieu va combler de bonheur les gens de Jérusalem qui furent abreuvés de malheur en exil.

 

Il laisse d'abord la parole à la ville: "Vous qui aimez Jérusalem...et aviez pris le deuil à cause de son malheur, partagez maintenant avec elle une joie débordante " (66, 10).

" Comme une mère qui console son enfant, je vous consolerai. Oui,votre coeur sera dans la joie et vos vieux os reprendront vie comme l'herbe au printemps" (v.13-14)

*

Non content de faire revenir les exilés à Jérusalem, Dieu va en faire une ville accueillant des gens de l'univers connu: : de Tarsis (Gibraltar ?) et d'autres pays lointains de Méditerrannée.

Ce nouveau monde humain viendra librement à Jérusalem car il aura été convaincu par la prédication de la Parole du Seigneur que les Juifs fidèles répandront sur l'humanité.

Ils feront de Jérusalem une ville sainte, célébrant le Seigneur Dieu.

Au lieu de réserver le sacerdoce aux fils des prêtres du Judaïsme, Dieu prendra des célébrants parmi les païens convaincus venus de partout..

Seuls resteront étrangers à ce renouvellement ceux qui résisteront à ce tsunami de bonheur.

 

"Et ainsi, de mois en mois, de sabbat en sabbat, tout le monde viendra s'incliner devant moi, dit le Seigneur".

*

Sur cet horizon élargi et lumineux prend fin le livre d'Esaïe.

Ses couleurs sont Espérance et Bonheur. L'élargissement de la vision spirituelle aux dimensions de l'Humanité entre radicalement dans la Révélation biblique. Impossible désormais d'oublier l'oecuménisme dans la vision de l'Histoire.

*

N'est-ce pas le message utlime que Dieu adresse à tous les hommes de bonne volonté, particulièrement à ceux qui sont rassasiés de mauvaises nouvelles ou désespérés ?

 

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