Ephésiens

Ephésiens

EPHESIENS

 

1, 3-14

 

 

Paul rappelle aux chrétiens d'Ephèse ce qu'il leur a prêché et qu'il contemple désormais dans le calme de son existence de prisonnier en attente de jugement.

Quatre fois, il chante son bonheur,

quatre fois il invite à louer Dieu, à admirer le Christ Vivant qui travaille les cœurs ,

à prendre conscience de l'action de l'Esprit Saint qui fait germer l'œuvre de Dieu génération après génération.

 

Soulignons quelques mots clés:

nous sommes bénis, connus, soutenus, libérés du mal.

Nous pouvons connaître les intentions de Dieu, en avoir pleine intelligence.

La paix intérieure devrait nous habiter,

et la certitude que l'Humanité progresse vers les réconciliations, avec Dieu et entre Humains.

***

Paul écrit ici avec grande densité.

Méditons avec lui, crayon en main, soulignant ce qui nous parle.

Chaque mot nous concerne.

Comparons avec ce que nous vivons depuis que nous essayons de nous conduire en chrétiens, périodes de lumière, d'espérance, de remises en question, de régression parfois.

Observons les signes de notre temps, les idées mises en valeur par les medias,

les idées refoulées dans l'ombre et le non-dit,

les mensonges du moment,

les accusations non vérifiées mais répétées parce qu'elles font partie de l'air du temps.

 

Comme Paul nous sommes influencés par les idées courantes,

prisonniers tant que nous n'osons pas les vérifier.

En ruminant les mot de Paul, dans le calme de notre chambre

et le dialogue avec d'autres,

nous apprendrons à exorciser

la passivité et la paresse qui

peuvent nous rendre insipides

 

 

2, 4 à 10

 

Paul célèbre l'action de Dieu dans l'existence des chrétiens. Il emploie des expressions fortes::

-

- hier, vous étiez des "morts" (spirituellement:: vous étiez soumis à vos désirs, dépendants de vos habitudes, indifférents ou opposés à Dieu).

- maintenant vous êtes "revenus à la vie" (spirituellement vivants, attentifs aux suggestions de Dieu)

- cette transformation est réalisée en vous depuis que vous vivez selon le Christ,

- vous devez cette métamorphose

à l'amour bienveillant de Dieu. Il en a pris l'initiative et il continue à vous soutenir pour que vous puissiez accomplir les oeuvres bonnes dont il vous rend capables.

 

Cette merveilleuse évolution de la mort à la vie ne vient pas de vous mais de l'influence invisible de Dieu qui agit au plus intime de vous. Il en a pris l'initiative, par amour: soyez-en certains.

 

Dieu vous demande seulement de ne pas vous opposer à son influence- de ne pas vous vanter - et surtout de lui en être reconnaissants.

 

*

Paul exprime là un élément de son expérience spirituelle : il est conscient de son évolution depuis son illumination sur le chemin de Damas.

Il est convaincu que tout chrétien peut et doit faire une expérience spirituelle dans la foi.

*

Le chrétien n'est pas seulement un actif engagé, faisant de belles choses: c'est un vivant qui pense, qui aime, qui rayonne, parce qu'il vit en éveillé spirituel. Bref, un être habité par Dieu.

 

2, 4-10

 

Sommes-nous spirituellement vivants ou spirituellement morts?

Cette question concerne tous les humains.

La frontière entre les deux états intérieurs est délimitée par le

rapport entretenu

- soit en priorité avec des valeurs volatiles et souvent matérialistes ( richesse et gros avoirs, succès et audimat, apparence de star, pouvoir utilisé pour dominer, sexe sans amour, décalage entre ce qu'on promet et ce qu'on fait, témoignages mensongers, transmission de fausses nouvelles, etc....

Si ces "valeurs" dominent les esprits, l'éducation, l'organisation sociétale, on peut en observer les résultats pour mesurer leurs limites, et les dégâts qu'elles engendrent en rendant malheureux leurs adeptes),

- soit avec les Valeurs stables et porteuses d'épanouissement spirituel au bénéfice des autres et de soi.

Ces Valeurs sont faciles à identifier : Jésus de Nazareth les cultivait et les enseignait.

Paul les a listées comme étant des "fruits de l'Esprit Saint", notamment dans sa lettre aux Galates, 5, 22 à 26.

 

Quiconque adhère au Christ qui a conduit son existence dans l'amour confiant

envers un Dieu Père

et envers tous ceux qu'il considérait comme son "prochain",

est déjà devenu un Vivant.

 

Cette adhésion confiante et aimante le libère

des pensées et actions mortifères: elle le sauve et l'épanouit..

Elle le fait entrer dans un monde de lumière, l'univers de Dieu.

Progressivement, ses actions deviennent

œuvres de lumière, de bonté, de vérité, de justice, de compassion et d'amour.

Transfiguré par ses actes, il devient rayonnant.

 

Tout ce qui est vraiment spirituel vient de la Source, le Dieu d'Amour :

c'est cadeau, gratuit, grâce.

Par conséquent, ne nous vantons pas de ce que nous avons reçu;

n'imaginons pas naïvement que nous en sommes la source exclusive.

 

Reconnaissons que nous l'avons reçu.

Et rendons grâce à Celui qui nous a comblés,

et à tous ceux et celles qui nous ont formé

ou dont la bienveillance nous comble jour après jour.

Personne, alors, ne pourra nous enlever notre bonheur intérieur.

( Jean, 15,11 & 16, 33)

 

2, 13-18

 

L'une des maladies les plus constantes, observable depuis des siècles, consiste à susciter des oppositions, des fractures sociales ou religieuses, en attisant les mépris, la haine ou le besoin de dominer les autres.

Paul a observé cette maladie endémique. Il a non moins constaté la guérison apportée aux croyants par la confiance envers le Christ. Il nous livre ici son intime conviction: Jésus a fait de toute son existence un combat contre cette propension à construire des murs, à créer des frontières, à exclure.

Grâce au Christ les étrangers peuvent devenir des concitoyens,

la haine peut se transformer en respect, le réflexe de l'exclusion peut être exorcisé par la préférence pour la communion.

***

Cette Sagesse de Vie que Paul propose devrait nous convaincre,

comme personnes réfléchies

et comme chrétiens lorsque nous constatons les dégâts engendrés par cette maladie endémique de la haine, du mépris ou de l'indifférence.

"Par sa Croix, il a détruit la haine". Quiconque cherche à détruire la haine subira les assauts des haineux. Quiconque lutte contre le mépris est méprisé par les méprisants.

Il est impossible qu'il en soit autrement.

 

Sommes-nous engagés dans ce combat par fidélité au Christ ?

Dans quelle mesure les Églises auxquelles nous appartenons sont-elles sérieusement engagées dans ce combat au bénéfice non pas seulement de leurs adhérents ( ce qui est déjà courageux) mais de l'ensemble des personnes humaines ( ce qui correspond à l'Esprit du Christ)?

Construire des murs, les défendre en tuant ceux qui s'en approchent, séparer les parents de leurs enfants mineurs, parquer dans des conditions de vie indignes ceux et celles qui fuient leur pays pour échapper à une mort certaine: est-ce seulement une inattention, une mauvaise habitude, un conformisme politique ou une décision réfléchie, une faute grave ?

Nos sociétés doivent en débattre.

Nos églises doivent en débattre.

Ceux qui se prétendent chrétiens doivent en débattre.

 

3, 1 à 21

Paul affirme et répète ses plus intimes convictions.

 

1.Je connais le coeur du message chrétien que j'annonce et que vous avez accueilli avec foi.

 

2. Je n'ai pas inventé ce message; je l'ai reçu par une révélation très personnelle dont Dieu m'a fait la grâce que je ne méritais pas, puisque j'ai persécuté ceux qui adhéraient à ce Message.

 

3.Ce message est une Bonne Nouvelle libérant ceux qui l'accueillent. Ce n'est pas une contrainte.

 

4. Cet Evangile, c'est le Dessein bienveillant du Créateur envers tous les humains et non pas seulement envers une fraction privilégiée. Envers Juifs et non-Juifs.

 

5. Ce Dessein n'a pas été connu de ,nos prédécesseurs dans la Foi. Nous venons de le découvrir dans la personne, l'enseignement et l'exemple de Jésus, le Christ. Il était mystère et le voici mis en lumière. Il était caché, le voici révélé. Ce n'est donc plus un mystère.

 

6. Jésus, le Fils, nous fait connaître Dieu. L'Esprit nous ouvre à la Générosité de Dieu. Nous avons maintenant la liberté de nous approcher de Dieu en toute confiance. Nous et tous les croyants.. Telle est la Sagesse de Dieu et l'impénétrable richesse de Jésus notre Seigneur.

 

7.Moi, Paul, je suis plein d'enthousiasme pour proclamer cet Evangile. L'Eglise, par chacun de ses membres, partage le même devoir de faire connaître le Sage Message enthousiasmant venu de Dieu. Quelles que soient nos détresses du moment.

 

Voici pourquoi je chante en permanence l'Amour du Christ, révélateur de l'Amour du Père. (v.14 à 21)

*

Si tous les apôtres que nous devrions être étaient habités par le même enthousiasme l'Eglise rayonnerait en devenant ce qu'elle doit être.

 

3, 2 à 6

 

Le Mystère est maintenant dévoilé.

Jadis, personne ne le connaissait.

Le Christ nous l'a fait connaître.

 

Le voici, ce grand projet que Dieu avait imaginé depuis toujours et qu'il a réalisé en Jésus.

Tous les Humains, et non plus seulement un petit peuple, peuvent bénéficier de l'amour bienveillant de Dieu.

Personne n'en est exclu. Chacun peut entrer dans ce monde où Dieu fait grâce et miséricorde à tous ceux qui lui font confiance et acceptent de "croire", en pensées et en actes.

 

*

Paul se souvient de son expérience. Il a commencé par combattre cette idée, avec violence. Et un jour, sur "le chemin de Damas", il a reçu l'évidence que Dieu voulait vraiment libérer les hommes et les femmes de leur propension à l'égoïsme, à l'orgueil, à la corruption, à la violence. Que Dieu voulait rassembler et non pas exclure. Elever et non pas humilier. Que la vie et l'enseignement de Jésus de Nazareth en étaient la preuve lumineuse.

Que l'Amour selon Dieu était plus fort que la mort, la haine ou la persécution.

 

*

Et Paul constate qu'il a passé l'essentiel de son existence à annoncer cette Bonne Nouvelle ( ou Evangile) et à ses frères du Judaïsme et aux non-Juifs partageant la culture grecque et romaine de leur temps.

*

Vingt siècles plus tard, nous pouvons faire exactement la même expérience. Le "Mystère" est en train de se réaliser. On peut le voir encore plus clairement aujourd'hui dans ces millions d'hommes et de femmes plaçant leur foi en Jésus, le Ressuscité:

"JE SUIS ta Lumière, la Route vers ta Libération ou ta Guérison intérieure."

 

*+-+-*-+*-+*-+

Paul laisse exploser sa joie profonde en relisant le sens de sa vie et de son ministère.

L'Esprit de Dieu a pris l'initiative de lui faire comprendre le dessein de Dieu dont Jésus vient de révéler l'essentiel: L'Amour de Dieu n'est plus réservé aux fils d'Israël: il est offert à tous les humains.

 

La bienveillance , la miséricorde, le pardon, tout ce que Dieu donne, c'est maintenant pour TOUS. Personne n'est exclu, oublié. C'est pour une Multitude de gens que Jésus-Christ a dit les pensées intimes de Dieu, ce que jusqu'à maintenant on appelait son "mystère".

 

Désormais, tout est clair: le Christ l'a exprimé dans son enseignement, l'a vécu en se livrant sans réserve au bénéfice de tous. Juifs ou non, orientaux ou occidentaux, bons ou mauvais, personnes cultivées ou non, tous peuvent connaître le Dieu Unique, adhérer à son dessein bienveillant, faire partie de l'assemblée de ceux qui mettent en Lui leur espérance, qui reçoivent de Lui tout ce dont ils ont besoin pour comprendre le Sens de l'histoire humaine et de leur propre histoire.

 

TOUS, et non plus quelques-uns.

Tous privilégiés.

Tous aimés et bénéficiaires du pardon.

***

Chaque chrétien a mission de témoigner de son bonheur intérieur de croire.

Chaque chrétien a mission de faire connaître cette Bonne Nouvelle au fil des rencontres avec les plus proches.

Ce n'est pas entrer en campagne de propagande. C'est une attitude normale: on ne garde pas pour soi ce qui rend heureux: on en rayonne, on en parle quand on est questionné.

On "fait de l'évangélisation" spontanément dès qu'on est habité par cet Evangile.

*

4, 1 à 6

Paul vient de chanter la puissance de l'Amour du Christ envers les croyants.

- Il exhorte maintenant les chrétiens à vivre en harmonie avec ce qu'ils professent: humblement, patiemment, courageusement,

y compris quand il faut se supporter mutuellement.

- Paul reprend peut-être une acclamation liturgique des premières communautés. Centrée sur l'unité, le Un, car Dieu est Un et créateur d'unité, Père Unique envers toute l'Humanité qu'il conduit vers son Unité.

Il abat les murs de haine que ne cessent de construire ceux qui refusent de se laisser conduire par l'Esprit d'Amour.

*

Le Deutéronome, entre autres, insistait sur le monothéisme, profession de foi que tout Juif fidèle était invité à redire chaque matin: "Ecoute, Israël! Yhwh notre Dieu est Yhwh UN". (Dt 6,4).

 

Jésus n'a cessé de le rappeler:

"Le Père et moi, nous sommes Un...Soyez Un... comme le Père est en moi et moi dans le Père".

Paul réaffirme l'importance du Un, de l'Unique, de l'Unité.

Le Je crois en Dieu du concile de Nicée (381) présentera l'unité comme première caractéristique de ce que devrait être l'Unique Église du Christ: une, sainte, catholique et apostolique.

 

Les disciples du Christ le répètent

d'autant plus qu'ils ont conscience

d'offenser l'Unité par certaines querelles intellectuelles, divisions séparatrices, prétentions et schismes se répétant de siècle en siècle.

L'unité - pas l'uniformité- est un devoir, une nécessité pour que le monde puisse croire.

 

C'est la grande demande adressée par Jésus à son Père juste avant de quitter ses disciples.(Jn 17, 9 à 23).

4, 14 à 32

 

Voici la perspective proposée à tout chrétien: apporter chaque jour un supplément de vérité, de bonté, de collaboration au dynamisme du Corps spirituel du Christ et participer ainsi à la vie de son Église pour l'amélioration du Monde.

C'est une mise en œuvre quotidienne du baptême dont la réalité est symbolisée par - la plongée dans l'eau (qui noie le mal), ou dans la tombeau (mort au péché) - et la sortie de l'eau (qui suscite la Vie nouvelle) ou sortie du tombeau (qui est Résurrection).

Paul développe tout au long des chapitres 4 et 5 de sa lettre ce passage de l'ancien au nouveau, des ténèbres à la lumière, de ce qui est mortifère à ce qui est vivant,

*

Demain doit être meilleur qu'hier. Aimer plus demain qu'aujourd'hui. Ne jamais stagner. Aller de l'avant. Ne pas regarder en arrière. Non par ses seules capacités mais par grâce et dynamisme gratuits offerts par l'Esprit du Seigneur.

*

Ce que Paul dit pour chaque chrétien est valable également pour chaque communauté de chrétiens: église locale, église universelle, activité au service de l'Humanité, ajustement d'activité aux besoins nouveaux de chaque époque historique et civilisation. Tous en marche selon l'Esprit pour une meilleure fidélité à la Parole du Seigneur.

Comme les chrétiens de son temps, Paul chante au v.14 les deux expressions caractérisant un "ressuscité":

- c'est un éveillé, sorti du sommeil spirituel dans lequel il était assoupi depuis longtemps (un mort, c'était quelqu'un d'endormi définitivement dans le sommeil de la mort physique)

- c'est un homme remis debout, relevé après avoir stagné dans la passivité, l'horizontalité sans communication avec les réalités d'en-haut (un mort, c'était quelqu'un de couché définitivement dans le tombeau).

*

Cette résurrection commence bien avant la mort biologique.

Elle s'amorce dès qu'on décide de croire, de vivre en confiance avec Dieu

- avec et comme le Fils unique, mort à cause de nos fautes et ressuscité pour nous faire devenir Justes.

La résurrection nous ouvre aux vraies valeurs.

Elle nous libère des raisonnements trompeurs qui nous poussent à des comportements stériles ou destructeurs.

Elle nous ouvre à la joie reconnaissante envers Dieu.

 

4, 30 à 5,2

 

Voici la perspective proposée à tout chrétien: apporter chaque jour un supplément de vérité, de bonté, de collaboration au dynamisme du Corps spirituel du Christ et participer ainsi à la vie de son Église pour l'amélioration du Monde.

C'est une mise en œuvre quotidienne du baptême dont la réalité est symbolisée par

- la plongée dans l'eau (qui noie le mal), ou dans la tombeau (mort au péché)

- et la sortie de l'eau (qui suscite la Vie nouvelle) ou sortie du tombeau (qui est Résurrection).

 

Paul développe tout au long des chapitres 4 et 5 de sa lettre ce passage de l'ancien au nouveau, des ténèbres à la lumière, de ce qui est mortifère à ce qui est vivant,

*

Demain doit être meilleur qu'hier. Aimer plus demain qu'aujourd'hui. Ne jamais stagner. Aller de l'avant. Ne pas regarder en arrière. Non par ses seules capacités mais par grâce et dynamisme gratuits offerts par l'Esprit du Seigneur.

*

Ce que Paul dit pour chaque chrétien est valable également pour chaque communauté de chrétiens: église locale, église universelle, activité au service de l'Humanité, ajustement d'activité aux besoins nouveaux de chaque époque historique et civilisation. Tous en marche selon l'Esprit pour une meilleure fidélité à la Parole du Seigneur.

Comme les chrétiens de son temps, Paul chante au v.14 les deux expressions caractérisant un "ressuscité":

- c'est un éveillé, sorti du sommeil spirituel dans lequel il était assoupi depuis longtemps (un mort, c'était quelqu'un d'endormi définitivement dans le sommeil de la mort physique)

- c'est un homme remis debout, relevé après avoir stagné dans la passivité, l'horizontalité sans communication avec les réalités d'en-haut (un mort, c'était quelqu'un de couché définitivement dans le tombeau).

*

Cette résurrection commence bien avant la mort biologique.

Elle s'amorce dès qu'on décide de croire, de vivre en confiance avec Dieu - avec et comme le Fils unique, mort à cause de nos fautes et ressuscité pour nous faire devenir Justes.

La résurrection nous ouvre aux vraies valeurs.

Elle nous libère des raisonnements trompeurs qui nous poussent à des comportements stériles ou destructeurs.

Elle nous ouvre à la joie reconnaissante envers Dieu.

 

5, 1 à 14

 

Comme les chrétiens de son temps, Paul chante au v.14 les deux expressions caractérisant un "ressuscité":

 

- c'est un éveillé, sorti du sommeil spirituel dans lequel il était assoupi depuis longtemps (un mort, c'était quelqu'un d'endormi définitivement dans le sommeil de la mort physique)

 

- c'est un homme remis debout, relevé après avoir stagné dans la passivité, l'horizontalité sans communication avec les réalités d'en-haut (un mor, c'était quelqu'un de couché définitivement dans le tombeau).

*

Cette résurrection commence bien avant la mort biologique. Elle s'amorce dès qu'on décide de croire, de vivre en confiance avec Dieu - avec et comme le Fils unique, mort à cause de nos fautes et ressuscité pour nous faire devenir Justes.

 

La résurrection nous ouvre à la Lumière sur les vraies valeurs. Elle nous libère des raisonnements trompeurs qui nous poussent à des comportements stériles ou destructeurs.

Elle nous ouvre à la joie reconnaissante envers Dieu. Nous le remercions de nous avoir sortis de la torpeur, du sommeil, de la passivité et de vous avoir accueillis parmi les personnes qui adhèrent aux principes de son Royaume.

 

Nous chantons notre joie d'avoir échappé aux ténèbres et d'avoir accédé à la vraie Lumière, celle que Dieu a créée dès le premier jour du monde, celle que reflètent la vie et l'enseignement du Christ, Lumière pour tous.

 

Pas question, par conséquent, de revenir en arrière. Ce serait trop stupide.

 

5, 15-20

 

Paul conseille aux chrétiens de se comporter en sages : avec intelligence des réalités, au lieu de réagir stupidement aux événements puisque l'époque est plein de pièges. Boire du vin, oui, mais en gardant toujours le contrôle de soi.

 

Méditer les textes de l'Ecriture Sainte pour louer et remercier Dieu à la façon du Christ.

Il nous faut redécouvrir l'importance de la méditation quotidienne (conseillée par les psychologues et les bouddhistes) et de la prière à partir des textes bibliques. Voici deux marqueurs importants de la vie chrétienne. Le Concile Vatican II en parle dans le texte sur "la Parole de Dieu" (Verbum Dei).

 

5, 21-32

 

Dans les relations interpersonnelles chacun doit prendre sa juste place.

Ni dominateur, ni dominé, le disciple doit imiter le Christ, conscient de sa dignité et plein de respect envers le Père : c'est cela que décrit le verbe « se soumettre ».

 

Ainsi l'épouse par rapport à son mari.

Par contre, Paul innove considérablement par rapport à l'univers machiste de son temps.

Il répète aux époux qu'ils doivent « aimer » leurs épouses : aimer d'agapè, à la façon du Christ par rapport à l'humanité ou par rapport à la communauté des croyants, l'Eglise. Il en est bien la tête ( certains traduisent le « chef », mais attention, ce mot peut couvrir des comportements déviants) : il en assume les responsabilités, protection, prévoyance, gouvernement, soutien.

Mais c'est avec amour d'agapè qu'il remplit ces fonctions : il cherche en priorité le bien et le bonheur de ceux qu'il conduit, même si cela lui impose des choix difficiles, même s'il n'en reçoit peu de reconnaissance.

Le Christ aima sans jamais asservir personne .

Il sut équilibrer sens du service et sens des responsabilité, sens des exigences et pratique du pardon.

 

Tel est l'exemple que Paul propose aux hommes chrétiens vis-à-vis de leurs épouses.

Il y voit un grand « secret à découvrir » (c'est cela un mystère) et à mettre en pratique.

Tel doit être le cœur de toute spiritualité conjugale chrétienne.

Un Amour plénier entre deux personnes d'égale dignité, deux personnes développant entre elles toutes les composantes de l'amour, eros, amitié, empathie, agapè, miséricorde, compassion et pardon.

 

Beaucoup de commentaires ont déformé ces lignes

- en traduisant mal le verset 22 : par le mot "sacrement" ( en se référant au latin "sacramentum": ils appliquent à ce passage toute la théologie sacramentaire du douzième siècle à laquelle, évidemment, Paul ne pense pas un seul instant) .

En réalité, Paul choisit le mot grec "musterium" (mystère, secret à découvrir).

- D'autres oublient les affirmations fortes des versets 23 à 32 sur le véritable attachement amoureux de l'époux envers son épouse, conformément à l'intention du Créateur dès la première page de la Bible.(Gn 2,24).

 

- D'autres enfin ne citent même pas le verset 33 qui conclut le passage: "Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari" .

 

Retenons enfin le nombre de "comme", "de même que" :

évitons les équivalences absolues, du genre:

l'époux est le Christ,

l'épouse est l'Eglise.