Deuteronome

Deutéronome

DEUTERONOME

 

4, 1-8

 

 

Au chapitre 4 du Deutéronome, la scène est censée se dérouler dans la vallée de Beth-Péor. Moïse s'adresse au Peuple en commençant par "Et maintenant, Israël, écoute".

Il rappelle au Peuple les lois et coutumes "que vous donne Yhwh" pour que vous puissiez vivre pleinement.

Il précise d'emblée que Dieu ne les impose pas d'abord comme des preuves d'obéissance ou de soumission mais comme sagesse d'existence.

Avec pédagogie Moïse affirme que les peuples voisins admirent l'intelligence et la sagesse de ces lois de vie. Seul un Dieu proche des humains est capable de les inventer, de les formuler et d'en demander la pratique.

Un dieu de type païen n'en aurait jamais eu l'idée, faute de connaître les humains ou de s'intéresser à eux.

Quelle chance a donc le Peuple d'Israël !

Qu'il apprécie cette chance au lieu de la gaspiller en suivant un Baal local qui les conduirait à une mort certaine.

 

Le thème du lien entre la pratique des ordres de Yahvé et la vie épanouie, source de bonheur, reviendra sans arrêt dans la suite du Deutéronome,

jusqu'au sommet final du troisième et dernier "discours" de Moïse, en 30, 11-20.

*

Cette réflexion peut s'appliquer à toutes les lois et prescriptions édictées par des autorités religieuses (chrétiennes ou autres), civiles ou sociales.

 

Le Bien commun des personnes doit en être le but central.

Elles doivent être adaptées à l'état de l'Humanité dans le temps et dans l'espace.

Il faut les supprimer quand elles sont devenues obsolètes.

L'éducation religieuse, civique, sociale, politique, syndicale devrait enseigner ce fondement des codes et des lois.

 

Les vrais sages sont ceux qui gardent l'esprit critique ou de discernement.

Les insensés sont ceux qui ne voient pas plus loin que le bout du texte qu'on leur a appris et qui le mettent en pratique comme des moutons de Panurge, même lorsqu'ils finissent par comprendre que ces coutumes ne construisent rien d'utile.

 

 

 

 

4, 32-40

 

Voici les éléments caractérisant cette alliance:

1. C'est Dieu qui prend l'initiative. Il vient de libérer le peuple: il propose maintenant à ce peuple d'anciens esclaves une preuve d'amour inimaginable. Il veut s'en faire un peuple choisi, aimé, protégé, favorisé. Par pure gratuité.

L'amour seul explique ce choix de Dieu.

2. Tout le peuple va bénéficier de ce choix de Dieu, et non pas seulement quelques privilégiés. Il devient peuple de prophètes, de rois, de prêtres comme la Bible le répètera en maints endroits. 3.Dieu explique à "son" peuple ce qu'il doit être et faire pour répondre à l'amour. L'obéissance prouvera son adhésion et sa fidélité. Les commandements ( Dix paroles, Décalogue) guideront chaque membre vers le bonheur.

4.Le peuple exprime son acceptation, il la répète. Est-il conscient de l'ampleur du don qu'il accepte ?

de l'engagement qu'il prend?

Son Oui demeure très humain, limité.

La Fidélité sera sans faille du côté de Dieu, mêlée d'infidélités du côté des humains.

5. Le rite du sang est une constante de l'époque. Il nous étonne probablement aujourd'hui. Aussi devons-nous le considérer comme un signe, une évocation, une façon de voir et non

pas comme le cœur du message.

Le message porte sur l'Alliance, le lien d'amour privilégié.

 

jésus reprendra ces éléments dans le repas eucharistique de l'Alliance Nouvelle

et éternelle

entre Lui et ceux qui croient en lui. Lire entre autres

Marc 14, 12 à 26

Matthieu 26, 17 à 35

Luc 22, 7 à 34

I Cor 11,23 à 26

Jean 6, 26 à 59

 

Compléments sur le thème de l'Alliance

 

8, 1 à 18

 

Au coeur du deuxième grand discours mis sur les lèvres de Moïse par l'auteur du Deutéronome le peuple de Dieu est invité à méditer sur les grands événements ayant jalonné les quarante ans dans le désert.

Les leçons à en tirer valent pour tous les humains. Les heures sombres sont inévitables: elles creusent en nous des manques, posent des questions sur nos besoins fondamentaux: elles représentent aussi des épreuves qui testent notre capacité de résistance au mal et de fidélité aux vraies valeurs que Dieu propose dans son Alliance de Bienveillance..

 

Lorsque nous ressentons la faim corporelle, nous essayons de la combler sans délai. De même pour la soif. Dieu le sait: dans le désert, il a nourri son peuple avec la manne, cette nourriture inhabituelle. Il en a profité pour affirmer: l'homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur, en clair, de toute Parole susceptible de nourrir l'esprit, le coeur, les capacités spirituelles de l'humain.

 

Même réflexion à propos de la soif: toute Parole de Dieu peut combler nos soifs de connaître le sens de la vie, de l'histoire.

L'eau sortie du Roc en est le symbole, Yahvé étant lui-même ce Roc.

 

Jésus parlera clairement de l'eau jaillissant en nous comme une source de Vie éternelle

(à la femme de Samarie, au bord de la source de Jacob, Jean 4, 10-15 ).

 

Aussi clairement du Pain de Vie qu'il est lui-même et qui nourrit à satiété (à la foule de Capharnaüm , Jean 6, 48-51).

 

 

Alors, même si nos vies sont à certaines heures une traversée du désert (vaste et terrifiant, pays de la sécheresse et de la soif), nous sommes invités à comprendre que Dieu veille pour nous donner au moment voulu le Pain de Vie et l'Eau jaillissante pour recentrer notre attention sur les valeurs spirituelles et religieuses.

 

18, 9-22

 

 

La déformation religieuse que Yahvé réprouve de façon absolue est l'immolation de ce qu'on a de plus cher, entre autres un fils ou une fille. En élargissant ce rejet, nous pouvons dire que, depuis toujours, Dieu désapprouve formellement toute immolation de l'être humain , tout ce qui le détruit Jamais Dieu ne se réjouit de ce qui fait mal à la personne humaine.

*

Connaître la volonté de Dieu n'est pas chose facile. Si Dieu aime que nous vivions selon sa volonté, encore faut-il être certain de ne pas mal interpréter ses désirs.

Là précisément interviennent ceux que la Bible appelle des "prophètes".

 

Ce sont d'abord des croyants, membres du peuple croyants, affrontés aux interrogations des croyants. Particulièrement "branchés" sur Dieu, ils demeurent attentifs à ses inspirations. Ils donnent leur avis sur les événements, sur les orientations que prennent les peuples, leurs chefs, leurs philosophes.

Ils font des discernements et les proposent à leurs contemporains. Ils se comportent ainsi en transmetteurs de la pensée et des désirs de Dieu.

En d'autres termes, ils écoutent Dieu, et deviennent ses porte-Parole authentiques.

" Je mettrai mes Paroles dans sa bouche...Il dira tout ce que je lui prescrirai".

 

Le faux prophète, lui, annonce ses pensées personnelles. Il n'est pas tourné vers Dieu. Il trompe le Peuple. Si jamais ne se réalise ce qu'il annonce, c'est qu'il n'est pas à l'écoute de Dieu, puisque Dieu réalise toujours ce qu'il désire.

*

Jésus, en ce sens, peut être appelé Le grand Prophète , le meilleur interprète des Paroles du Père. Il se présente comme celui qui dit au Monde, les pensées du Père qui l'a envoyé comme Lumière pour la Vie.

Jésus est La Parole de Dieu faite homme pour parler à l'Humanité.

( Jean 1; et 7, 16-19, et 8, 12-23)

*

Normalement, les chrétiens sont des prophètes, porte-parole de Dieu pour leurs contemporains.

 

18,15-20

 

Connaître la volonté de Dieu n'est pas chose facile. Si Dieu aime que nous vivions selon sa volonté, encore faut-il être certain de ne pas mal interpréter ses désirs. Là précisément interviennent ceux que la Bible appelle des "prophètes".

Ce sont d'abord des croyants,

membres du peuple croyants,

affrontés aux interrogations des croyants. Particulièrement "branchés" sur Dieu,

ils demeurent attentifs à ses inspirations.

Ils donnent leur avis sur les événements, sur les orientations que prennent les peuples, leurs chefs, leurs philosophes.

Ils font des discernements et les proposent à leurs contemporains. Ils se comportent ainsi en transmetteurs de la pensée et des désirs de Dieu.

En d'autres termes, ils écoutent Dieu, et deviennent ses porte-Parole authentiques.

" Je mettrai mes Paroles dans sa bouche...Il dira tout ce que je lui prescrirai".Il engage yhwh, Il parle "au Nom de Yahvé", "dans le Nom" de Yahvé, en cohérence avec Lui.

 

. Il n'est pas tourné vers Dieu. Il trompe le Peuple.

Si ce qu'il annonce ne se réalise jamais, c'est qu'il n'est pas à l'écoute de Dieu, puisque Dieu réalise toujours ce qu'il désire.

* Jésus, en ce sens, peut être appelé Le grand Prophète , le meilleur interprète des Paroles du Père.

Il se présente comme celui qui dit au Monde, les pensées du Père qui l'a envoyé comme Lumière pour la Vie.

Jésus est La Parole de Dieu faite homme pour parler à l'Humanité. ( Jean 1; et 7, 16-19, et 8, 12-23) *

En principe, les chrétiens sont des prophètes, porte-parole de Dieu pour leurs contemporains.

Là est la source de leur authenticité. Leurs paroles, leurs discernements, avis, exhortations, paroles de consolation ou de pardon sont en cohérence avec l'Autorité de Dieu.

On ne s'instaure pas prophète pour épater ses contemporains, ou pour gagner de l'argent, ou pour impressionner les esprits faibles.

Le propre du prophète n'est pas d'abord d'annoncer l'avenir mais de rendre ses contemporains conscients de l'action de Dieu ici, maintenant. Il rend "sensible à Dieu". Il rend attentif au spirituel.

Aussi est-il souvent en décalage avec ce que disent "les opinions du moment".

Il "décoiffe", il "réveille".

Les sociétés endormies qui ronronnent ont besoin de prophètes pour se réveiller et prendre en charge leur mission. Toutes les sociétés, toutes les églises, toutes les nations sont ainsi réveillées de temps à autre par des "prophètes" qui ébranlent les certitudes qu'on croyait définitives et déclenchent des évolutions indispensables auxquelles on se refusait par paresse ou conformisme.

 

 

26, 4-10

 

 

Comprenons bien le sens de l'offrande des "prémices" .

Dieu ne cherche pas à en priver le fidèle pour s'approprier la joie des premières productions. Dieu veut lutter contre une fausse idée: celle de penser qu'on est seul à produire du fruit et qu'on le produit tout seul.

 

 

Pour rétablir la vérité, mais sans blesser la psychologie du fidèle, Dieu demande l'attitude juste: reconnaître qu'on a reçu la terre, comme capital productif - qu'on l'a reçue de la générosité de Dieu - et proclamer joyeusement que d'autres ont contribué à notre histoire et à nos réussites.

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Comme chrétiens, nous pourrions de temps à autre faire cet "acte de reconnaissance":

 

- se réjouir de ce que nous faisons de bien et produisons de bon

-faire mention de ceux et celles qui nous ont aidés à devenir ce que nous sommes,

- prendre conscience et proclamer que Dieu est pour une grande part dans cette production spirituelle, dans ces belles oeuvres fruits de multiples collaborations.

 

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C'est également dans une ambiance intérieure de joie qu'il nous faut construire notre existence, et non pas avec une psychologie dominée par la tristesse, le drame, la misanthropie, ou la récrimination contre les difficultés inhérentes à toute vie.

 

 

30, 10 à 20

 

Voici l'ultime exhortation de Moïse , pressante, valable pour tous les croyants du Judaïsme et du Christianisme.

 

L'un des textes majeurs de la Bible à méditer périodiquement.

 

1.Dieu préfère toujours la vie. Il demande aux croyants de choisir toujours la vie.

 

2. La vie, c'est ce qui fait vivre l'être humain, ce qui fait de lui un vivant et non pas un mal-portant ou un être fasciné par la mort.

 

3.La vie, c'est ce qui rend heureux, au plus profond de la conscience. Ce n'est pas une succession de petits plaisirs passagers.

 

4. Il faut la choisir, un jour ou l'autre, délibérément, après mûre réflexion. Comme un cap à suivre, une direction à prendre chaque fois qu'on hésite entre deux hypothèses.

 

5. La Vie, c'est ce que Dieu propose dans ses Dix Paroles, son Décalogue, ses Dix commandements. La Vie pour tous: les parents et leurs enfants, les époux, les humains en société, les humains tentés de voler la vie et les biens d'autrui, trop souvent jaloux de ce qui rend heureux les autres, en croyant devenir heureux si on les en dépouille.

 

6. Le début de l'amour envers le Dieu d'Amour c'est de ne pas le soupçonner de vouloir d'abord son propre bonheur, sa propre gloire. Cessons de l'accuser de se comporter en totalitaire désireux de nos prosternements ou de nos écrasements.

 

7. La Gloire de Dieu, c'est le bonheur des hommes, leur réussite, leur enthousiasme à l'aimer et à aimer leurs semblables.

Impossible de prétendre le contraire quand on accueille dans son coeur cette extraordinaire invitation à la Vie.