desertCdF

Charles

de Foucauld

 

Le désert

pour

Charles de Foucauld.

 

Et pour nous ?

Quel désert ?

de Sable ?

d'Humains ?

de DIEU ?

en soi ?

 

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Et l'Eucharistie

Et les Baptisés

Fraternité universelle

Et l'Evangile

Et Nazareth

Et le Désert

Et le Sacerdoce

Et la Violence

Et l'Islam

Charles de Foucauld et la Bible,

lien< https://www.dropbox.com/s/i1zooe7iaua5l9t/CdF et la Bible%2C v4.pdf?dl=0>

 

1 - Le désert géographique - le Sahara

 

« ... Le désert, c’est un espace immense, tantôt magnifique, tantôt imprenable.

On y vit en transhumance, c’est un lieu de transit….

Lorsqu’il est sable immobile, c’est une mer paisible, mais océan en furie lorsqu’il est fait de rochers escarpés, telles de grandes vagues qui jouent sous le soleil et les ombres

Parfois le trop-plein de soleil fait danser la route et l’horizon par des feux follets que la réverbération convertit en mirage.

Parfois, le vent se lève soudainement, rasant le sol puis enveloppant l’espace comme un nuage rouge en colère, charriant une poussière qui craque sous la dent.

 

….La nuit ?

Un vieil ami, Brahim m’expliqua comment il se dirigeait dans le désert :

« Celui qui ne connaît pas les étoiles ne peut pas marcher la nuit.»

Mgr Rault (Désert, ma cathédrale)

 

 

2 - Le désert dans la symbolique biblique

 

Le désert est sans doute l’une des figures les plus symboliques du récit biblique.

 

 

- *L’Exode : XV 22-27 Le départ au désert

XVI La manne

XVII L’eau jaillie du rocher

XXXII Le veau d’or

 

- *Les prophètes (Isaîe, Osée Ezéchiel…)

- Isaïe , XC3

- Osée , II 16-17

- Ezéchiel, VI 14

 

- Jean Baptiste : Matthieu lll 1-12

 

Au temps du Christ, certains groupes judaïques comme celui des Esséniens, comportaient des communautés retirées du monde.

 

- Jésus -Tentation de Jésus : Matthieu IV 1-11

 

-Les Pères du désert :

Le christianisme au 3ème siècle voit se développer un monachisme dans le désert.

En 270, à l’exemple du prophète Élie, de Jean-Baptiste, de Jésus,

Saint Antoine le Grand se retire dans le désert d’Égypte

et attire autour de lui un cercle de plus en plus important de disciples.

 

3 – Charles de Foucauld et le désert

 

« ….Dans l’Ahaggar, j’ai 2 ermitages :

l’un à Tamanrasset, à 1420 mètres d’altitude, à 300 mètres d’un village de 100 habitants, dans un large cirque entouré de hautes montagnes ; à proximité de tous côtés, des campements de nomades.

 

L’autre à Asekrem, à 60 km de Tamanrasset, à 2700m d’altitude, au sommet d’une montagne avec des campements dans les vallées voisines.

 

Le premier ermitage, Tamanrasset, est une manière de grande ville, la poste y passe tous les 15 jours (un brave homme monté à chameau apporte les lettres d’Insalah qui est à 650 km.).

C’est le grand chemin entre l’Algérie et l’Aïr, entre Insalah et Zinder, il vient des caravanes du Damergou, de l’Aïr, du Niger.

 

 

L’autre ermitage, Assekrem, est plus sévère ; je suis absolument seul au haut d’un mont qui domine presque tous les autres et est le nœud orographique du pays. La vue est merveilleuse ; le regard embrasse le massif de l’Ahaggar qui va vers le Nord et vers le Sud jusqu’aux immenses plaines désertes ; dans les plans rapprochés, c’est l’enchevêtrement le plus étrange de pics, d’aiguilles rocheuses, de rochers à formes fantastiques amoncelés, c’est plus fantastique et plus sauvage que les plus fantastiques dessins de Doré et que les décors d’opéra de Nuit de Sabba…

.C’est une belle solitude que j’aime extrêmement

( Ch de Foucauld – Lettre à un ami de lycée.)

 

 

«... Il faut passer par le désert pour y séjourner,

pour recevoir la grâce de Dieu ;

c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu

et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme

pour laisser la place à Dieu seul.

 

Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, Saint Paul, Saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert.

C’est indispensable…

C’est un temps de grâce,

c ‘est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer.

 

Il lui faut ce silence,

ce recueillement,

cet oubli de tout le créé,

au milieu desquels Dieu établit son règne

et forme en elle l’esprit intérieur. »

Ch. de Foucauld. Lettre au Père Jérôme, 19 mai 1898.

 

 

 

« Dans notre vie, soit cachée, soit surtout publique,

prenons le temps du repos, des temps de solitude passés en compagnie de Jésus.

Que ces retraites aient les 3 caractères que Jésus indique.

Que ce soit du repos, des temps d'apaisement..

Que ce soit des temps de solitude :

plus nous serons seuls avec Jésus, plus nous le goûterons ;

l'amour aime le tête à tête.

que ce soit un temps de solitude avec Jésus,

tantôt le regardant sans rien dire (contemplation),

tantôt le questionnant ( méditation).

Méditation sur Marc 6/ 30 à 32

 

 

 

 

 

–4 Aujourd’hui le désert

 

•Le désert est un lieu de passage : aller de point d’eau en point d’eau sans jamais s’installer pour durer

•Un lieu de pauvreté, de dépouillement.

•Un lieu de danger, une terre désolée, aride, meurtrière parfois.

•Un lieu d’épreuve de tentation, de combat.

 

Mais c’est aussi :

•Un lieu de silence, de recueillement, de prière, de rencontre avec soi-même, avec l’infini, avec la transcendance

•C’est aussi le lieu où Dieu subvient à nos pauvretés, un Dieu miséricordieux qui pardonne et renoue l’Alliance avec son peuple infidèle’.

 

****************************

 

…’’En montant au Sinaï, je fais pour la première fois l’expérience du désert.

Je ressens au plus profond de moi ce que la nature, dans la matière, peut faire pour tirer l’homme de son sommeil spirituel’’

 

Thierry de Montbrial- Une goutte d’eau dans l’océan-

…‘’Le désert est la plus authentique image, le plus proche reflet de l’intériorité.

C’est la profondeur de l’âme, de l’existence humaine…

Le désert c’est comme la vie, une vie qui ne ment pas,

toute nue, dans sa beauté, comme dans sa rudesse.’’

 

Mgr Rault – Désert ma cathédrale

 

 

 

….’’ Le silence du désert n’est pas une absence,

mais un trop plein de présence.

C’est là qu’on apprend à recevoir…’’

Mgr Boulanger

 

…’’ L’homme moderne redoute le silence,

car il pressent confusément que le silence est une terre

de confrontation avec l’essentiel,

avec nous-mêmes,

avec notre vocation d’homme.

Il faut plonger dans le silence comme on s’aventure dans le désert,

pour retrouver l’homme du silence…’’

Théodore Monod

• Vivre au désert

 

Le Sahara de 2016 n’est plus le Sahara de 1916 ;

c’est un désert mondialisé, dans lequel les avancées technologiques

dans les transports comme dans les réseaux de communication,

ont brisé le cercle de la solitude.

 

Les Touaregs ne sont plus les seuls habitants,

ils croisent et côtoient des promoteurs, des travailleurs, ‘(plates-formes pétrolières….)

des randonneurs, des touristes de plus en plus nombreux,

des pèlerins, des membres d’ONG, des missionnaires….

 

 

•Vivre le désert

 

- Ceux qui vivent la solitude, l’anonymat des villes,

la maladie, la pauvreté, toutes les exclusions…..

 

-Bien des personnes , célibataires ou mariés, laïcs, religieux ou prêtres

vivent une période de « traversée de désert ».

période de crise de couple ou de vocation,

période de chômage, maladie ou de manque de sens à la vie.

 

Ces situations ne sont pas choisies, elles « nous tombent dessus ».

Elles mettent en évidence la pénibilité de ces moments

et nous permettent de relativiser l'aspect onéreux d'une journée de désert,

où nous choisissons d'y aller et au cours de laquelle il nous est bon de porter en notre prière tous ces « souffrants de solitude ».

D'autre part, n'est-ce pas un privilège de pouvoir s'offrir un long temps

en présence et de cœur à cœur avec Jésus ? »

 

-La journée de désert est pour nous un des piliers de la spiritualité de la « Fraternité sacerdotale Jésus Caritas ».

Ce n'est pas le plus facile à vivre.

Dégager quelques heures, arrêter ses activités de ministère,

trouver un lieu propice à ce temps de face à face avec Jésus et avec soi même,

autant de difficultés ou plutôt d'excuses pour ce genre d'exercice spirituel

 

-Cependant la journée de désert demeure pour nous comme une source vivifiante et un ballon d'oxygène qui nous branche sur le message du Bienheureux Charles de Foucauld et nous remet en selle à la suite de Jésus.

 

De Raymond LE GALL dans la revue Courrier Ouest N° 75 octobre 20

 

 

 

 

« Aimer le désert…. ? »

(Article de Régine du Charlat dans la revue Courrier des Fraternités Sacerdotale de Jésus

N° 220 octobre 2014)

« La mystique du désert ?

Je sais qu'elle nourrit des « spirituels » dans bien des religions, sinon toutes.

Mais elle ne m'est pas familière. Parfois même je la suspecte, et il m'arrive de trouver presque indécent un certain tourisme spirituel au désert ! Pourtant..

 

Pourtant, il y a les déserts intérieurs, il y en a même tant que c'est à perdre cœur.

Tant de situations affectives, tant de vies rocailleuses, tant de travaux pénibles, tant de dépressions.

Tant de sécheresse qui attend d'être irriguée, ne serait-ce que par des larmes.

 

Et si la vie toute entière était désert ? Un désert ou un jardin ? Est-ce seulement question de point de vue ?

De subjectivité ? De chance ? Pour les uns : le désert, pour les autres : le jardin ?

 

D'abord , prendre au sérieux les déserts intérieurs : les nôtres et ceux des autres, de proche en proche.

Les découvrir immenses, profonds.

Peut-être s'agite-t-on pour ne pas les voir, ne pas les habiter vraiment ?

Pour se protéger de l'angoisse et de la peur qu'ils suscitent ?

Ou des faims inassouvies, refoulées au-delà des consommations immédiatement accessibles ?

 

Ne pas oublier, pour autant, car ce serait mensonge,

que dans les déserts climatiques, on meurt de faim chaque jour.

Ne pas comparer non plus, ce serait aussi mensonge, mais habiter sans faux-fuyants la question : qu'est ce que nos déserts ont à nous apprendre lorsque nous ne désertons pas ?

 

C'est un fait : on arrive tout de même à vivre au désert, dans le désert intérieur.

 

Un dessin de Sempé, drôle, poignant : une fille ,seule, à la terrasse d'un café.

Elle engage la conversation avec la table voisine :

 

« Je ne me laisse pas abattre ; j'ai des amis, je leur téléphone ;

je tombe sur leur répondeur ». Le lendemain, même scène : « je ne me laisse pas abattre ; j'ai des amis, je leur téléphone ; et en plus, ils ont un répondeur. »

« Je ne me laisse pas abattre ».

 

Une vie désertique, et pourtant cet acharnement à vivre.

Tant d'amours blessées qui tiennent dans le courage de ne pas renoncer à aimer ; tant de parents déçus qui gardent confiance en leurs enfants ; tant d'engagements sociaux, religieux, politiques, maintenus malgré les échecs…

 

« Ce qu'il y a de beau dans le désert, c'est qu'il cache une source quelque part.. »

(Saint -Exupéry.)

 

Et si cette source était le courage, le courage « d'être », comme disait Paul Tillich ?

Alors le désert commence à changer de visage.

Il nous apparait bien comme le lieu où nous découvrons tout ce qui manque à notre bonheur,

mais où nous décelons aussi, fragile et ténue, mirage ? La présence d'une source.

 

Alors Jésus fut conduit par l'Esprit au désert pour être tenté par le diable »

Mt 4/1.

Voilà qui est surprenant : l'Esprit aurait-il partie liée avec le diable ?

Et le désert serait-il la demeure privilégié de Satan ?

Non, mais sûrement le lieu décapant de l'affrontement entre la vérité et le mensonge,

entre celui qui est la vérité et celui qui est le « père du mensonge. »

 

 

Il est des moments décisifs où il nous est intimé de choisir.

Voir Jésus à l'épreuve de ce choix nous réconforte.

Nous pressentons que dans son humanité ainsi exposée, il y a aussi notre propre humanité ;

que dans ces déserts que nous n'aimons pas et où nous souffrons, une source peut-être va surgir du Christ lui même.

« Conduit au désert ». D'ailleurs, là, comme nous, il a faim.

« Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il finit par avoir faim » Mt 4/2.

 

Il devient alors vulnérable : le manque ouvre la porte à la tentation.

Non pas la tentation de la broutille, des faux problèmes qui encombrent trop souvent notre conscience, mais celle qui touche à la racine de l'humain, de ce que « vivre humainement veut dire. »

 

« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain. »

Tentation d'échapper à la condition humaine et aux frustrations qu'elle entraîne..

Plus radicalement, tentation du mensonge.

Mais Jésus n'y cède pas et nous livre une vérité qui est sienne et qui est nôtre aussi, à laquelle nous n'osons pas toujours croire : l'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Mt 4/4

 

Espoir immense et douloureux.

 

Faut-il donc passer par le jeûne complet de nos désirs légitimes, de notre aspiration au bonheur,

pour découvrir une autre nourriture, une véritable nourriture :

pas un substitut fantasmé, mais celle qui tient véritablement au corps et donne la force de vivre ?

 

Le jeûne nous est suffisamment donné, sans que nous le cherchions, pour y ajouter.

Mais nous pouvons en recueillir le fruit.

 

Et si le courage était justement le fruit de cette autre nourriture que l’Évangile appelle Parole.

S'il était le signe que nous sommes capables d'être nourris ailleurs que dans la seule satisfaction de nos désirs.

Quand nous faisons crédit à la vie, alors même qu'elle semble nous tromper.

Quand nous ne renonçons pas à aimer là où l'amour a échoué.

 

S'il n'y avait le désert, saurions nous seulement que nous buvons déjà

à la source qu'il cache quelque part ?

Alors nous nous prenons à aimer le désert s'il doit nous révéler la source.

Il nous sera peut-être donné de le ressentir différemment

non comme un lieu de mort mais comme un lieu possible de révélation de la vie.

 

Je demanderai à Dieu le courage de ne pas me dérober à mon désert

et même de l'aimer ;

et je lui rendrai grâce pour la merveille qu'il y cache quelque part :

« l’homme ne vit seulement de pain mais de la Parole ».

 

 

 

 

5 – Et nous ?

 

-Un peu d’étymologie :

au sens propre – desertus - est ’’désert, déserté’’, qui est abandonné, quitté

-

-Abandonner : quitter, laisser. Ce que j’abandonne pour suivre Jésus ?

 

- S’abandonner : abandonner soi-même ; ce que je quitte, ce que je donne, ce que je remets de moi-même ?

 

 

-Fidélité aux temps de désert dans ma vie ?

 

Vivre la fraternité :

mes rencontres, mes partages avec ceux qui traversent le désert ?

 

 

-Comment chercher la lumière, accepter de me laisser guider,

quand je suis dans l’ombre du désert spirituel ?

 

Éduqué au désert

Pour ceux qui vivent désormais sur une terre fertile, le temps du désert pourrait n'être qu'une histoire de jadis, peut-être à oublier. Or, en clôture de la Torah, le Deutéronome (8,2-6) en maintient la mémoire vive: le rappel du passé fonde une décision pour l'avenir: «Tu te souviendras [...], tu reconnais [...], tu garderas [...]».

par

Gérard Billon

directeur du service biblique Evangile et Vie

(www.bible-service.net)

La double épreuve

 

Aucune nostalgie dans Deutéronome (8-2-6). La durée des quarante ans est résumée en quelques expériences essentielles : un très long chemin inhospitalier (la faim), où il y eut des merveilles (la manne pour la nourriture, le manteau et les chaussures inusables pour la marche). Plus loin, il est question du danger des serpents et des scorpions, à la faim s'ajoute la soif et à la manne, l'eau du rocher (Dt 8,14-16). Un point c'est tout. Rien sur les révoltes répétées des livres de l'Exode et des Nombres.

Ces expériences fondamentales sont relues comme les étapes d'une éducation paternelle : « le Seigneur ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils ».

 

Éducation? S'agissait-il d'aguerrir le peuple dans un environnement hostile? Le durcir à coup de privations? Certes, la «pauvreté» a été imposée, et Israël n'a pu dépendre que de son Dieu. Or celui-ci ne s'est pas contenté de mesurer son secours et de distribuer la pitance, il a donné à foison une nourriture unique, jamais vue : la manne « que ni toi ni tes pères ne connaissiez».

 

L'épreuve - car épreuve pédagogique il y a eu - n'a donc pas été seulement celle du manque, connaturel au désert, mais également celle de la profusion, surnaturelle en un tel lieu (sans parler de l'inhabituelle qualité de l'équipement de marche). Dans le paradoxe de ces situations extrêmes, Israël a dû s'affirmer et grandir. C'est ainsi qu'il a appris à se connaître comme le Seigneur a appris à le connaître. Mais Israël a-t-il appris à connaître le Seigneur?

 

La confiance, juste la confiance

Où serait le bénéfice de l'éducation si, au terme, le fils ne décuplait pas - ou, pire, perdait -la confiance envers son père ? L'épreuve imposée par le père est aussi épreuve pour le père : « savoir si tu allais, oui ou non, garder ses commandements ? » Garder, observer les commandements, agir pour mieux vivre. «Oui ou non»: radicalisé aussi contrastée que le séjour même au désert. Réponse encore suspendue au refus, à l'erreur, à la liberté. La réponse n'est pas racontée, du moins pas ici, car ce qui compte, ici, c'est le rappel de l'incertitude qui précède la décision. Avec, en creux, l'espoir du père.

L'incertitude existe aujourd'hui comme hier.

Et le résumé de l'épreuve de jadis n'aurait d'autre objet que d'inviter à poser, dans le présent de la terre fertile, la réponse ferme, libre et droite du fils à son Dieu.

 

Dans cette décision, se tient, pour Israël, aujourd'hui comme hier, la vérité de sa connaissance du Seigneur. Acquiescer aux commandements rend visible la relation adulte. L'invisible de la relation plonge dans la certitude « que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que c'est de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur qu'il vit». Là est le cœur de la relation, comme c'est le cœur de la composition poétique.

Les mots s'y dirigent : « chemin [...] Seigneur ton Dieu [...] connaître [...] dans ton cœur [...] commandements [...] vivre [...]».

 

Ils en ressortent : «vivre [...] reconnaître [...] dans ton cœur [...] commandements [...] Seigneur ton Dieu [...] chemins [...]»

 

Dans le centre vital du discours, le pain inédit et inoubliable, la manne, laisse place à la parole qui devrait être toujours inédite et jamais oubliable. Pour qu'elle le soit, il faut à Israël, heureux désormais sur sa terre, de la confiance. Juste de la confiance. •

 

 

Les textes de Deutéronome 8

(2 )Tu te souviendras de tout le chemin que le Seigneur ton Dieu t'a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté; ainsi il t'éprouvait pour connaître ce qu'il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, garder ses commandements.

 

(3) Il t'a mis dans la pauvreté, il t'a fait avoir faim et il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que c'est de tout ce qui ce qui sort de la bouche du Seigneur qu'il vit.

 

(4) Ton manteau ne s'est pas usé ton pied n'a pas enflé depuis quarante ans

 

(5) et tu reconnais, dans ton cœur, que le Seigneur ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils.

 

(6) Tu garderas les commandements du Seigneur ton Dieu en marchant sur ses chemins et en le craignant.» Deutéronome 8

 

"Le monde de la Bible" N° 197, p 41

www.mondedelabible.com