Corneille

DAVID

 

Aucun personnage de la Bible n’est mentionné aussi souvent que David. Son nom apparaît plus de 1100 fois à partir du premier livre de Samuel. Son histoire peut être datée des années 1000 à 970 avant notre ère.

David est le huitième et dernier fils de Jessé. Né à Bethléem il devient berger et défend courageusement les brebis contre les bêtes sauvages malgré sa petite taille. A cette époque, Saül assurait les fonctions de roi.

Un jour, Dieu demande au prophète Samuel de se rendre à Bethléem pour rencontrer Jessé et désigner parmi ses fils celui qu’il a choisi comme futur roi. Dieu veut, en effet, mettre fin à la royauté de Saül qui ne respecte pas ses volontés. Les sept premiers fils défilent devant Samuel dont le choix se porterait spontanément sur Eliab.Mais Dieu lui dit intérieurement: “Ne te laisse pas impressioner par sa mine et sa taille imposante...Les hommes s’arrêtent aux apparences mais moi je vois jusqu’au fond du coeur”. Lorsqu’arrive David, le huitième fils, “au teint clair, avec un regard franc et une mine agréable”, le Seigneur dit à Samuel: “C’est lui, consacre-le comme roi.” ( I Sam. 16. 7-12).

En ces jours-là, Saül cherchait un musicien pour calmer ses crises d’angoisse. On lui parla de David comme “bon musicien et homme de valeur”. C’est ainsi que David entra dans l’entourage direct de Saül.

A cette époque, Saül combattait les Philisthins. Le géant philisthin Goliath.insultait l’armée israélite. depuis 40 jours. Le petit David se présenta comme volontaire pour affronter le géant dans un combat singulier. Il le terrassa en lui lançant avec sa fronde une pierre en plein front. Du même coup, David devint la terreur des Philisthins: il conquit le coeur des Israélites, notamment celui de Mikal, fille de Saül qu’il épousa. et celui de son frère Jonathan qui ne cessa de l’aimer.

Saül, vivement contrarié par le succès de David, se mit à le persécuter. Il essaya de le tuer. David dut fuir le palais de Saül et commencer une existence de hors-la-loi. Jonathan tenait David au courant des intentions meurtrières. de son père. Mais David refusa toujours de porter la main contre Saül, même lorsqu’il fut un jour à sa portée dans la grotte d’Ein-Guédi, au bord de la mer morte. La Bible met ainsi en relief la grandeur d’âme de David, l’homme qui ne se venge pas.

David rassemble une armée parallèle pour protéger les israélites contre les philisthins.. Le voici devenu plus efficace que Saül qui s’enfonce dans la jalousie. Finalement, Saül et son fils Jonathan périssent dans un combat contre les Philisthins. Loin de se réjouir, David les pleure.. Il compose une complainte sur la mort de Saül et de Jonathan. Il ordonne qu’elle soit enseigné aux israélites.(II Sam. 1.19-27)

A l’âge de trente ans, David reçut officiellement l’onction comme roi de Juda, à Hébron. Il y régna pendant sept ans. Il mit fin à la guerre civile entre israélites et devint roi des douze tribus. d’Israël. Il s’empara de Jérusalem, en fit sa capitale. Il conduisit Israël à une victoire totale et définitive contre les nations environnantes, étendant son influence de la frontière égyptienne jusqu’au Haut-Euphrate, nord de l’Irak actuel. Une ère de prospérité matérielle s’ouvrit ainsi.

David en profita pour amener le coffret qui contenait les tables de la loi d’alliance du Seigneur dans une tente spéciale, à Jérusalem. Il chanta et dansa autour de l’arche, malgré les ricanements de sa femme Mikal. Il montrait ainsi qu’à ses yeux le véritable roi d’Israël était le Seigneur Dieu. Il était décidé à construire un temple pour le Seigneur lorsque le prophète Natan lui fit savoir que Dieu n’avait pas besoin d’une maison luxueuse pour rayonner sur le peuple et qu’une simple tente lui suffisait, comme jadis pendant les 40 années où il avait accompagné le peuple dans le désert, au temps de Moïse.. Le Seigneur lui promit alors d’assurer pour toujours sa royauté et celle de sa descendance.

Au sommet de la prospérité et de la ferveur religieuse, David qui avait déjà un certain nombre d’épouses, commit un adultère avec Bathchéba et fit tuer Urie, son époux, lorsqu’il apprit qu’elle était enceinte de ses oeuvres. Natan lui reprocha vivement, de la part du Seigneur, cette double faute. David reconnut humblement son péché. Il composa le psaume 51 pour confesser son crime.

Mais le mal était fait. Il avait fait couler le sang innocent. Les malheurs se succédèrent alors . Son fils Absalon fit rébellion contre son père: David lui pardonna. Absalon obligea David à quitter Jérusalem, mais il fut tué. David pleura sincèrement la mort de son fils rebelle. David fut insulté par Chiméi, mais il l’épargna en disant: “Laissez-le tranquille ! Qu’il me maudisse si le Seigneur le lui a ordonné!” ( 2 Sam.16. 11).

De fait, la violence ne s’écarta plus de la maison de David.

La Bible attribue à David 73 des 150 psaumes.

 

David a marqué de son empreinte le peuple d’Israël. Il fut un homme profondémnt religieux, un homme d’action, un politique avisé, un poète musicien, un tendre capable d’amour véritable, un adversaire généreux, un strict dispensateur de la justice. Il garde une réputation de sainteté malgré ses fautes. Le judaïsme a vu en lui le roi idéal, la figure du Messie à venir.

Le Nouveau testament rappelle que Jésus, né à Bethléem, est un descendant de David grâce à Joseph, l’époux de Marie à laquelle il fut annoncé en ces termes: “Le Seigneur Dieu fera de lui un roi, comme le fut David son ancêtre, et il règnera pour toujours sur le peuple d’Israël, son règne n’aura oint de fin” (Luc 1.32-33).. Aussi Jésus fut-il souvent désigné par la foule comme :”Fils de David”..

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

Corinthe

 

Nous connaissons tous Corinthe par ses fameux raisins secs, et Olympie, à 130 km dans l’ouest de Corinthe, origine des jeux olympiques tenus tous les 4 ans depuis 776 avant notre ère. Les deux sites se trouvent dans le Péloponèse, sorte de presqu’ile géante reliée à la Grèce par une toute petite langue de terre de 6 km de large. La ville de Corinthe, assise sur cet isthme, occupait donc une position stratégique depuis la plus haute antiquité.

Ville portuaire, Corinthe avait deux ports, l’un tourné vers le nord, l’ autre vers le sud, la Mer Egée.On avait même construit une voie en dalles de calcaire pour faire glisser les bateaux du nord au sud, le diolcos (ou dromos).afin d’éviter l’interminable contournement du Péloponèse.pour aller de l’Italie vers Athènes ou l’Asie. Néron avait eu l’idée de créer un canal: ce furent des français qui réalisèrent ce projet à la fin du XIXème siècle en perçant l’isthme de Corinthe sur une largeur de 23 mètres. Les bateaux l’utilisent désormais et les touristes, du haut des flancs abrupts du canal,les voient progresser lentement.

L’histoire ancienne de Corinthe voit alterner gloire et défaites, avec une constante: la richesse commerciale, les échanges culturels entre le Péloponèse et le sud de l’Europe, le dynamisme de la vie maritime et des avantages douaniers. Dévastée en représailles par les Romains de Mummius en 146 avant notre ère, Corinthe fut reconstruire par Jules César en 44 avant notre ère.

 

Lorsque St Paul arrive à Corinthe 100 ans plus tard, fin de l’année 50, il peut admirer une ville superbement organisée, avec un théâtre, un Odéon, des thermes, une agora ou place publique entourée de boutiques, longée par le bouleuterion, siège du gouvernement de la ville, alors confiée au romain Gallion. C’est là que Paul fut présenté par les juifs comme troublant l’ordre public, en l’an 52. Le gouverneur Gallion donna la parole aux uns et aux autres et se déclara incompétent puisqu’il “s’agissait de discussions à propos de noms et de mots ne regardant que vous, les juifs” (Act 18.15)

Dominant la ville et ses 3 temples, particulièrement celui d’Apollon, une haute colline.portait la ville haute ou Acropole, l’Acrocorinthe, avec son temple d’Aphrodite.

Ville turbulente, opulente, portuaire, cosmopolite, populeuse ( elle abritait dit-on 500.000 personnes, dont 2/3 d’esclaves) Corinthe correspondait bien au tempérament audacieux de Paul et à son charisme évangélisateur.

Accueilli durant l’hiver 50 par le couple chrétien de Priscille et Aquilas, fabricants de toiles de tente, Paul se met au travail chez eux tout en annonçant la Bonne Nouvelle du Christ.Lorsque Silas et Timothée viennent les rejoindre, Paul donne de plus en plus de temps à la prédication “ attestant devant les Juifs que Jésus est le Messie. Mais les Juifs s’opposaient à lui et l’insultaient; alors il secoua contre eux la poussière de ses vêtements et leur dit:”Si vous êtes perdus, ce sera par votre propre faute. Je n’en suis pas responsable. Dès maintenant j’irai vers ceux qui qui ne sont pas juifs. Il partit alors de là et se rendit chez un certain Titius Justus...Beaucoup de Corinthiens qui entendaient Paul crurent aussi et furent baptisés” (Act 18.5-8)

“Une nuit, Paul eut une vision dans laquelle le Seigneur lui dit: “N’aie pas peur, mais continue à parler, ne te tais pas, car je suis avec toi. Personne ne pourra te maltraiter, parce que nombreux sont ceux qui m’appartienne dans cette ville”. Paul demeura un an et demi à Corinthe; il y enseignant à tous la parole de Dieu” (Act. 18,9-11) Il quitte Corinthe vers l’été 52, accompagné de Priscille et Aquilas, pour aller vers Ephèse.Le message chrétien a touché surtout les pauvres.

Quelques années plus tard, Paul résidait à Ephèse (54-57) quand il reçut de mauvaises nouvelles de la communauté chrétienne de Corinthe. Il écrit une première lettre, perdue. Ayant reçu des questions et quelques nouvelles, Paul écrit une seconde lettre : celle qui figure sous le titre de “première lettre aux Corinthiens”. Il répond aux questions des Corinthiens, fait des discernements sur le comportement de certains membres de la communauté, développe sa pensée sur la communauté comme corps du Christ, les différents charismes, la célébration de la Cène, repas du Seigneur et la résurrection du Christ.

Paul fait alors un voyage éclair à Corinthe, marqué par des affrontements houleux (2 Cor 12 et 13). Rentré à Ephèse, il écrit une troisième lettre, sévère, perdue comme la première. Un peu plus tard, Paul séjourne en Macédoine et reçoit de bonnes nouvelles de Corinthe par son ami Tite. Il écrit alors une quatrième lettre (celle que nous appelons la Seconde lettre aux Corinthiens). Il y fait plusieurs mises au point. Lettre polémique- on dirait aujourd’hui très engagée.- Paul justifie sa sévérité passée mais laisse le dernier mot à son coeur d’apôtre plein de tendresse envers ses chers amis Corinthiens.

Paul reviendra une troisième fois à Corinthe, pendant l’hiver 57-58, pour un séjour de deux à trois mois.. C’est là qu’il rédige la lettre aux Romains (Act 20.3)

Les Corinthiens ont tenu dans le coeur de Paul une grande place. Par leurs questions ou controverses, ils lui ont permis de dévoiler sa relation chaleureuse avec le Christ et avec les croyants les plus simples, souvent méprisés.

Prenez le temps de lire la première lettre de Paul aux Corinthiens.d’un seul trait. Il vous faut une heure. Mais vous y découvrirez la Bonne Nouvelle du Christ concernant l’amour, les relations et les vocations dans l’Eglise, l’eucharistie, la résurrection. Dans un style accessible, souvent percutant, toujours dynamique. Un message que toutes les communautés chrétiennes d’aujourd’hui pourraient méditer pour devenir ce qu’elles devraient être.

Merci aux chrétiens de Corinthe.

 

Corneille

 

Intéressante l’histoire de ce soldat romain appelé Corneille. Luc lui consacre les chapitres 10 et 11 des Actes des Apôtres.Histoire très révélatrice des risques de fermeture encourus par la première communauté chrétienne. Il s’appelait donc Corneille, traduction d’un mot latin désignant un type de corbeau, généralement réputé comme de mauvais augure. Il en ira tout autrement pour cet homme de culture latine, entré dans la Cohorte italienne, un corps d’élite composé uniquement d’Italiens, totalement dévoués à Rome et probablement chargés de la protection du gouverneur. Si c’est bien le cas, Corneille, qui en était le centurion, était un homme important. Il résidait donc à Césarée, port sur la Méditerranée, capitale politique de la Judée. C’est là que régnait le Gouverneur romain. En 54, celui-ci s’appelait Félix et Luc nous dit qu’il fut amené à entendre Paul (23-24). Ce récit est historique:on a retrouvé des pièces de monnaie au nom de Félix dans les fondations de l’hippodrome de Césarée. Pierre, quant à lui, se trouvait à Joppé, ville portuaire à environ 17 kms au sud de Césarée. à 1/2 journée de marche de Corneille.Les deux hommes ne se connaissent pas. Pierre n’avait pas abandonné une stricte fidélité aux traditions du judaïsme, tout en devenant disciple du Christ. Il s’interdisait d’entrer chez des païens. et même de leur annoncer la Bonne Nouvelle du Christ. Corneille, lui, avait adopté une position religieuse atypique. “Il était pieux, il respectait Dieu, et faisait de larges aumônes au peuple juif. Il priait Dieu régulièrement” (Actes 10, 1-2). “Un après-midi, vers 15 heures, il eut une vision...Un ange qui lui disait: “Dieu a prêté attention à tes prières et à l’aide que tu as apportée aux pauvres et il ne t’oublie pas...Envoie des hommes à Jaffa(Joppé) pour en faire venir un certain Simon, surnommé Pierre”. Dieu prend l’initiative d’ouvrir la communauté chrétienne aux non-juifs. Virage capital. Dieu va devoir convaincre Pierre. Le lendemain, vers midi, en juif fidèle Pierre priait. Mais il avait faim. Et Dieu lui fait voir une grande nappe descendant du ciel, remplie d’animaux interdits à la consommation, non cachèrs. Evidemment, Pierre refuse l’hypothèse d’en manger. Et une voix lui dit: “Ne considère pas comme impur ce que Dieu a déclaré pur” Trois fois de suite, Pierre voit et entend. Il se demandait quel pouvait être le sens de cette vision lorsqu’au même moment les envoyés de Corneille frappent à la porte et exposent le sens de leur mission: amener Pierre jusqu’à Césarée pour y rencontrer le non-juif, romain, Corneille. Démarche que Pierre devrait récuser au nom de sa fidélité au judaïsme. Or, première évolution, Pierre les fait entrer et les loge pour la nuit. Seconde évolution, le lendemain il se met en route vers Césarée, avec quelques frères juifs-chrétiens de Jaffa. Le jour suivant, troisième évolution, Pierre voit Corneille sortir de sa résidence pour venir à sa rencontre, se prosterner; il l’en empêche en disant “Lève-toi, car je ne suis qu’un homme, moi aussi”. Quatrième évolution, Pierre entre dans la maison où il trouve de nombreuses personnes, amies de Corneille, et donc non-juives, probablement païennes. Pierre leur précise qu’il n’est pas autorisé par sa religion (juive) à entrer dans cette maison mais qu’il a eu une vision dont il découvre maintenant le sens; personne n’est impur ni interdit de contact aux yeux de Dieu. Corneille prend alors la parole pour expliquer la vision qu’il a eue. A Pierre et à Corneille il devient évident que leur rencontre a été organisée par l’Unique Dieu de tous les humains. Pierre fait alors cette déclaration totalement inspirée et d’une portée considérable:”Maintenant, je comprends vraiment que Dieu n’avantage personne; tout être humain, quelle que soit sa nationalité, qui le respecte et fait ce qui est juste, lui est agréable” Et Pierre continue en annonçant Jésus, sa vie, son enseignement, sa mort et sa résurrection. Il conclut: “Quiconque croit en lui reçoit le pardon de ses péchés”. L’Esprit du Seigneur s’empare alors de Corneille et de ses invités. Pierre en est témoin. Il décide:de les baptiser...et il reste quelques jours chez Corneille. Quelle révolution pour Pierre dont la conscience est totalement pacifiée. Mais provisoirement, car, dès son retour à Jérusalem, Pierrre subit les critiques pour être allé chez des non circoncis et avoir mangé avec eux. Pierre s’explique à nouveau et le calme revient: “C’est donc vrai, Dieu a donné aussi à ceux qui ne sont pas juifs la possibilité de changer de comportement et de recevoir la vraie vie”. (11,18). Quelque temps plus tard, devant la grande assemblée de Jérusalem où Paul et Barnabé racontent comment les non-juifs de Turquie accueillent la bonne nouvelle de la vie chrétienne, Pierre reviendra de manière décisive sur la certitude qui est désormais la sienne: “Dieu, qui connaît le coeur des humains, a attesté qu’il accueillait “(les non-juifs) en leur donnant le St Esprit aussi bien qu’à nous. Il n’a fait aucune différence entre eux et nous...Pourquoi défiez-vous Dieu en voulant imposer aux croyants un fardeau (la loi de Moïse) que ni nos ancêtres, ni nous-mêmes n’avons été capables de porter? Nous croyons au contraire que nous sommes sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu’eux”.(15.8-11). Depuis cette assemblée, souvent comparé à un premier concile, les chrétiens en ont l’intime conviction: Tous, juifs ou non, hommes ou femmes, originaires de pays différents, partageant des cultures différentes, tous ceux qui adhèrent au Seigneur Jésus par la foi bénéficient de la présence et des dons de l’Esprit Saint: ils sont membres à part entière de l’Unique Eglise du Christ. La Bonne Nouvelle est destinée à tous sans distinction. Dieu ne veut pas que les chrétiens se divisent au nom de leur origine ou de leur culture. Il ne veut pas qu’on ajoute d’autre loi que celle d’aimer Dieu et son prochain à la façon du Christ.. Ceci fera l’objet d’une vigilance plus ou moins efficace au long de l’histoire du christianisme.

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