Corinthiensun

Corinthiens, première lettre

CORINTHIENS Première Lettre

 

1, 1 à 9

 

Remarquons comment Paul se définit::

- appelé à être un envoyé du Christ (il n'a pas pris l'initiative mais il y répond avec empressement)

- en "équipe" ou coresponsabilité avec un frère, Sosthène : (peut-être chef de synagogue à Corinthe ? ) Paul n'agit pas en solitaire, malgré sa personnalité exceptionnelle.

*

Paul écrit à tous et chacun de ceux qui font partie de la communauté de Corinthe. Il les connaît. Il a vécu plus d'un an avec eux. Il les a évangélisés. Il va compléter leur formation chrétienne.

 

Il les considère tous comme étant en cours de "sanctification", d'amélioration. Il les appelle "saints" dès lors qu'ils invoquent Jésus comme leur guide et sauveur, Il les traite en égaux non pas de haut ou de loin.

*

Il souhaite et prie pour que le Père et le Fils leur accorde la paix du coeur et cette joie intérieure qui est donnée gratuitement, une grâce, un cadeau de Dieu.

 

Ensemble, Paul et les Corinthiens, sont l'Eglise du Christ vivant à Corinthe.

Tout ce qui concerne cette communauté les concerne.

*

Paul reconnaît que tout cela est l'oeuvre de Dieu, à laquelle il a conscience d'avoir collaboré.

Il amorce le thème de l'union qu'il va développer par la suite. Sur ce point, les Corinthiens sont loin d'être des modèles.

*

Voici un modèle de rapport fraternel et paternel entre un apôtre et sa communauté chrétienne.

Il devrait en aller ainsi entre évêques et diocèses, pasteurs et communauté locale.

 

1, 10-17

 

Paul aborde le premier sujet motivant sa lettre: les querelles entre chrétiens à partir de leurs préférences culturelles, ou pastorales, ou doctrinales. Les uns préfèrent donc le style d'Apollos, d'autres celui de Pierre, d'autres celui de Paul, d'autres, plus sages, préfèrent le "style du Christ", l'évangile.

*

Paul intervient vigoureusement: le Christ doit l'emporter sur tous ses Envoyés . Lui seul est LA référence, le Guide, la Lumière. S'il est légitime d'avoir des préférences, elles ne doivent pas couper la communauté locale en factions, en petits clubs de courants.

*

A ce propos Paul dit la hiérarchie qu'il met dans ses missions apostoliques: d'abord l'annonce de l'Evangile du Christ, avant même la célébration des deux sacrements, celui du baptême ou celui de l'eucharistie (dont il parlera en fin de la même lettre).

" Le Christ ne m'a pas envoyer baptiser: il m'a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle"

*

Imaginons que tous les chrétiens en mission, à commencer par les Anciens, ou presbytres (ceux que nous appelons prêtres ou évêques) adoptent la même perspective, voyez quelle évolution (ou révolution ?) cela ferait dans nos paroisses ou diocèses ?

 

*

Et pourtant, puisque nous débattons souvent dans l'Eglise actuelle autour des courants de pensée ( préférence pour tel pape, tel évêque, tel curé) nous avons absolument besoin de réfléchir sur la réaction évangélique de Paul face aux préférences des Corinthiens. Et surtout de ne jamais transformer nos préférences en motifs de désunions ou de ruptures.

N'est-ce pas capital ?

Pour que le "Monde" nous prenne au sérieux. .

 

1, 22-25

 

En quoi Dieu pense-t-il tout autrement que les humains?

En ayant fait des choix contraires à ,nos habitudes de pensée et à nos stratégies .

 

1. Pour emporter une victoire, nous organisons la défaite de nos ennemis. Or, Jésus remporte la victoire sur nos coeurs en se faisant doux et humble de coeur, non dominateur; et même apparemment vaincu quand il laisse ses adversaires le condamner à la mort.

 

2. Pour briller dans nos idéologies ou nos exposés, nous multiplions les références à ce que nos contemporains approuvent comme sage, intelligent, bien pensé, bien structuré. Or Jésus, dans ses dialogues avec nous, adopte une tout autre sagesse: il appelle parfois réussite ce qui nous semble un échec (comme l'écroulement de son petrit groupe de disciples au soir de sa mort). Avec Jésus, même la mort n'est pas un échec dans la mesure où où elle débouche sur une meilleure façon d'exister. Avec Jésus, même l'écroulement de nos certitudes les plus viscérales n'est pas une catastrophe dans la mesure où cet écroulement laisse la place à une conception nouvelle du Sens de la Vie.

 

Paul analyse de façon brillante ce retournement des Valeurs et des Sens opéré par Jésus

- tout au long de son enseignement

- au cours de sa passion et de sa mort

- après sa résurrection

- et maintenant dans son influence au plus intime des consciences humaines.

 

***

Osons reconnaître que ce que nous appelons les Béatitudes et certaines paroles de Jésus sur le pardon ou l'amour des ennemis notamment, nous semblent paroles folles, contraires à la psychologie courante...des paroles que le Christ aurait mieux fait de ne pas laisser échapper, des paroles qu'il ne faut surtout pas prendre au sérieux ni mettre en application !

Oui, là est notre stupide attitude...

Car là réside la Vraie Sagesse. (Cette peinture de R. Magritte illustre bien les erreurs d'appréciation de l'opinon, les leurres, les faux semblants...apparemment plausibles au premier regard)

 

Et Paul interpelle la communauté chrétienne des Corinthiens:

regardez-vous !

Selon les critères de l'opinion vous n'êtes ni brillants, ni puissants, ni dignes d'intérêt !

Et pourtant, c'est vous que le Seigneur apelle,

à qui il révèle ses pensées,

et qu'il sauve d'une vie banale.

Alors, réfléchissez, soyez heureux et remerciez

celui qui s'occupe particulièrement des petits

qu'oublient ou méprisent souvent les gens puissants, cultivés, encensés....

 

2, 1 à 5

 

 

Comprenons bien ce que Paul veut souligner en parlant de Jésus crucifié

 

La croix n'est pas d'abord l'évocation de la souffrance effroyable du corps mais la preuve évidente que:

-Jésus a courageusement affronté l'injustice de sa condamnation à mort par les Autorités religieuses de son peuple, ayant entraîné la mise en croix prononcée par les Autorités politiques romaines..

 

- Jésus n'a pas cherché ni à y échapper: ni par la violence, ni en criant vengeance, ni en soulevant ses disciples contre une telle injustice.

 

- Jésus a préféré perdre sa vie biologique plutôt que renoncer à aller jusqu'au bout de la mission reçue du Père: faire absolument tout pour essayer de retourner le coeur des pécheurs, pour toucher la conscience des humains en leur montrant les conséquences inhumaines de leurs mépris des autres, de leurs choix injustes, de leurs condamnations abusives, de leurs refus d'aimer.

 

- Jésus a choisi d'aimer les autres jusqu'à l'oubli de lui-même - de favoriser la qualité spirituelle des humains en renonçant à sa propre réussite ou à sa réputation.

- Il a fait confiance à son Père en étant absolument convaincu que le Père l'aimait et rétablirait la Vérité, la Justice, par la résurrection de son Fils Bien-Aimé.

*

Paul met tellement ces convictions au centre de sa Foi et de sa prédication du Christ qu'il ne sépare jamais la Résurrection de la Passion,

la Gloire et l'humble service,

le bonheur et la souffrance inévitable,

l'Amour et l'Engagement jusqu'à l'extrême de l'amour.

 

2, 6 à 10

 

 

Paul a découvert sur le chemin de Damas que les pensées de Dieu étaient radicalement différentes de ses propres pensées.

Il persécutait Jésus, et Dieu le soutenait.

Il croyait défendre les droits de Dieu et le Christ défendait les droits des personnes persécutées. Paul voulait le triomphe et la gloire comme signes du vrai Dieu, et le Fils de Dieu prouvait qu'on peut être le Seigneur en étant également Serviteur.

 

Passer de la contrainte à la compréhension, de la persécution à l'amour d'agapè, du refus absolu de l'échec à l'acceptation des limites pour qu'elles deviennent proximité avec ceux qui ne brillent jamais.

 

Paul s'efforce de faire découvrir la Sagesse des pensées de Dieu quand on les accueille selon le Sens que l'Esprit de Dieu leur donne.

 

Dieu est plus Sage parce qu'il voit beaucoup plus loin, son horizon est plus large. L'esprit humain raisonne généralement à partir des limites de sa vie. Dieu pense à toute l'Humanité, l'être humain est souvent complice de ses amis ou de ses contemporains.

 

Une conclusion s'impose. Demander à l'Esprit Saint de nous faire comprendre combien Dieu a raison , particulièrement dans les choix faits par Jésus de Nazareth pour sauver ceux qui risquent de se perdre, et pour n'oublier personne.

 

3, 16 à 23

 

Paul revient sur les options partisanes de certains à Corinthe.

Il a déjà dit combien elles étaient dangereuses pour l'unité.

 

Il ajoute qu'aucun raisonnement sage et sérieux ne peut les justifier.

La Sagesse de Dieu est fondée; les prétendus raisonnements sages des chrétiens "mondains" sont "insensés".

 

Une seule chose est certaine: le Christ est plus grand que tout, lui qui a choisi la route des humains et non pas celle des princes du monde.

*

Pour en finir avec les divisions Paul compare la communauté locale au "temple de Dieu". S'il perd sa cohésion, ce temple s'écroulera. Mais "Dieu détruira le coupable" entretenant les braises de la division.

*

Tous les chrétiens d'aujourd'hui doivent y réfléchir, et personnellement, et avec leur communauté locale, et avec leurs Eglises.

 

4, 1 à 21

 

 

 

Paul persiste et insiste.!

Les Envoyés du Christ sont des serviteurs et de Dieu et des humains.

 

 

Ils doivent être traités comme tels, ni comme des "princes", ni comme des "moins que rien"..

 

Dieu seul connaît leurs intentions; Lui seul peut évaluer la qualité de leur ministère.

*

Que chacun reconnaisse plutôt ce qu'il a reçu comme qualités - et ce qu'il en fait pour le bien des autres.

*

Et Paul devient alors plus incisif, maniant l'humour grinçant envers ceux qui se prennent pour des gens exceptionnels. Il ironise, en montrant combien le quotidien du véritable apôtre n'a parfois rien de facile ou d'enviable.

 

Superbe développement d'un apôtre magnifiquement fidèle par amour du Christ et de ses frères et soeurs chrétiens.

"Quand on nous insulte, nous bénissons. Quand on dit du mal de nous, nous répondons avec bienveillance".

*

Aucune aigreur dans cette ironie calculée. Seulement l'expression d'un amour paternel envers ceux qu'il a évangélisés.

Et qu'il voudrait protéger contre des comportements mondains, prétentieux, étrangers à l'évangile et à l'exemple donné par le Christ.

 

 

 

5, 6 à 8

Un grave contre-témoignage oblige Paul à sanctionner le coupable.

En bon pasteur , Paul invite toute la communauté à réfléchir. Il connaît la tendance qui fait dire: "Ce n'est pas mon problème. Je ne suis pas un grand pécheur!".

 

Paul évoque l'habitude de manger des pains sans levain pendant la semaine de la Pâque juive. Rien ne doit venir du passé. Tout doit être renouvelé. Pas d'ancien levain dans le Pain nouveau.

Pas de compromission avec ce qui est mauvais pour l'être nouveau que doit être le disciple du Ressuscité.

***

Chaque fête de Pâque devrait constituer une sorte de bon en avant, une rupture avec le passé qui nous fait du mal. Quarante jours de combat spirituel ont préparé cette résurrection. Le moment est venu de se laisser renouveler, de renaître, de faire du neuf.

 

6, 12 à 20

Paul connaît l'ambiance dans laquelle vivent les gens de Corinthe: laxisme pouvant aller jusqu'à la débauche physique.

 

Il propose un discernement en plusieurs point:

 

1. Bien des choses sont permises, notamment en matière de nourriture: mais tout n'est pas profitable, tout ne fait pas du bien. En tenir compte.

 

2. Certes notre corps nous appartient: c'est le nôtre. Mais nous sommes également les membres d'un autre corps, celui du Seigneur, son corps spirituel.

L'Esprit de Dieu nous habite.

 

Ceci invite à réfléchir avant de faire n'importe quoi de notre corps. Par exemple, pratiquer la prostitution, c'est en quelque sorte livrer à l'immoralité le membre du corps spirituel que nous sommes avec le Christ et avec les autres. Nous ne pouvons pas prendre cette liberté.

 

 

Dès lors que nous sommes membres du corps du Christ, nous lui appartenons d'une certaine manière et nous devons en tenir compte.

 

Paul développera plus longuement cette comparaison du Corps dans la suite de sa lettre (12, 12 à 27) mais dans un autre contexte.

 

6, 13-20

Paul utilise deux raisonnements pour inviter les Corinthiens à considérer leur être corporel avec dignité:

1. son rapport avec le Christ, dans le symbolisme de l'amour conjugal, élément de relation

2. son rapport avec l'Esprit de Dieu, dans le symbolisme du Temple, du Saint des Saints, lieu habité.

Paul veut ainsi lutter, entre autres, contre les relations du type prostitution, dans lesquelles seul est impliqué le sexe alors qu'il doit exprimer l'amour vraiment humain impliquant toute la personne; affectivité, coeur, esprit.

 

7, 29-31

 

Il est absolument indispensable de situer dans leur contexte les deux versets choisis par la liturgie de ce dimanche.

Sans cela, on risque de faire dire à Paul que le mariage a moins de valeur spirituelle que le fait de ne pas être marié (et beaucoup de textes sont tombés dans ce travers au long des siècles passés et encore aujourd'hui).

En outre, à deux reprises, Paul prend soin de préciser que c'est là son opinion, une opinion personnelle, et non pas un ordre du Seigneur.

Ne faisons pas dire à Paul ce qu'il ne dit pas !

Lisons bien ces lignes dans leur contexte. Tout le chapitre 7 de cette lettre aux Corinthiens essaie de répondre à des questions précises posées par certains chrétiens de Corinthe..vers l'an 50 de notre ère, sous l'empire romain, et dans la ville maritime de Corinthe.

 

7.25 à 40

I Corinthiens 7

29 à 31

Paul s'efforce de répondre à diverses questions que lui ont posées des chrétiens de Corinthe. Vers l'année 52.

Il est absolument indispensable de situer dans leur contexte les deux petits versets sélectionnés pour la liturgie de ce dimanche (sans mentionner les passages non lus !!). Sans cela, on risque de faire dire à Paul que le mariage a moins de valeur spirituelle que le fait de ne pas être marié (et beaucoup de commentaires ou de prédications sont tombés dans ce travers au long des siècles passés et encore aujourd'hui).

L'ensemble concerne le couple.

1. Paul distingue nettement ses opinions personnelles et les (rares) ordres exprimés par le Christ. Respectons cette distinction fondamentale.

2. Paul fonde ses conseils sur deux convictions.

- L'histoire approche de sa fin, le temps est compté, le Seigneur est sur le point de clore l'histoire par sa venue: tel est l'horizon à regarder au lieu de s'installer dans le quotidien comme s'il devait se prolonger pendant des siècles.

- Seconde conviction: se comporter en être libre, minimiser les contraintes au maximum: le sommet de la liberté étant de garder les yeux fixés sur le Seigneur qui nous libère. D'où les célèbres "comme si..." répétés par Paul

3.La décision de se marier ou de rester célibataire, de prendre épouse ou de ne pas le faire ? A chacun de choisir ce qui lui convient le mieux. Les deux situations sont possibles: ne pas les comparer, ne pas affirmer la supériorité de l'une sur l'autre. (v. 36 à38)

4. La femme devenue veuve peut se remarier, mais en choisissant un époux chrétien. Elle peut également ne pas se re-marier: Paul émet l'hypothèse qu'elle sera plus heureuse.

 

Quelques années après cet avis, Paul développera plus longuement ce qu'il conseille aux veuves, selon l'âge auquel elles sont devenues veuves . (Comparer avec I Timothée 5, 3-16: les communautés locales ont alors organisé le soutien matériel et spirituel des veuves de plus de soixante ans. Paul conseille de ne pas inscrire dans ces organismes "les veuves les plus jeunes": il préfère qu'elles se remarient)

*

Paul conclut: "C'est là mon opinion, et je pense avoir, moi aussi, l'Esprit de Dieu".

Avertissement destiné aux responsables de communautés locales:

- n'édictez pas d'ordres personnels comme s'ils venaient du Seigneur:

- restez discrets sur ces questions. Il n'est pas inutile de rappeler qu'à cette époque la majorité des responsables de communautés étaient des gens mariés ayant une réelle expérience de la vie en couple.

- A fortiori aujourd'hui doit prévaloir la plus extrême discrétion dans la mesure où les responsables ecclésiaux sont exclusivement du monde masculin et célibataires.

 

9, 1 à 27

 

Paul a fait un choix libre,

personnel, qu'il n'impose absolument pas aux autres Envoyés du Seigneur (apôtres) annonçant la Bonne Nouvelle

Il répond vigoureusement aux critiques que certains lui adressent.

 

Il connaît ses droits comme ouvrier de l'annonce de l'Evangile: recevoir un salaire, avoir une épouse (ou une collaboratrice ?) à la charge de la communauté, être dispensé d'un travail professionnel rétribué.

Paul argumente à partir des droits reconnus au berger, au prêtre, au moissonneur, et même au boeuf...

Il cite le Christ: "Le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile" (v14)

 

La grande et unique raison pour laquelle il n'exige pas l'application de ses droits tient en quelques mots: "Pour ne créer aucun obstacle à l'Evangile du Christ" (v13)

 

Paul considère l'annonce de l'Evangile comme une charge, et même davantage, comme une obligation à laquelle il ne peut se soustraire. Il n'a pas reçu un appel auquel il aurait pu répondre librement, oui ou non, comme les autres apôtres. Le Seigneur a fait irruption dans sa vie, il s'est imposé à Lui comme Lumière, évidence, Amour.

 

Il conclut:" Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous pour en gagner le plus grand nombre": Juif avec les Juifs, faible avec les faibles, tout à tous...etc

 

 

" Et tout cela , je le fais à cause de l'Evangile afin d'y avoir part.. de peur qu'après avoir proclamé le message aux autres je ne sois moi-même éliminé".

 

Quel souffle!

Quelle passion pour l'Evangile!

Quel Amour du Christ!

Paul, modèle pour tous ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle, leur "patron" , imité par d'incroyables missionnaires, hommes et femmes, au long des siècles.

 

9, 16 à 23

Paul a fait un choix libre, personnel, qu'il n'impose absolument pas aux autres Envoyés du Seigneur (apôtres) annonçant la Bonne Nouvelle.

Il répond vigoureusement aux critiques que certains lui adressent. Il connaît ses droits comme ouvrier de l'annonce de l'Evangile: recevoir un salaire, avoir une épouse (ou une collaboratrice ?) à la charge de la communauté, être dispensé d'un travail professionnel rétribué.

 

Paul argumente à partir des droits reconnus au berger, au prêtre, au moissonneur, et même au boeuf...

Il cite le Christ: "Le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile" (v14)

 

La grande et unique raison pour laquelle il n'exige pas l'application de ses droits tient en quelques mots: "Pour ne créer aucun obstacle à l'Evangile du Christ" (v13).

Paul considère l'annonce de l'Evangile comme une charge, et même davantage, comme une obligation à laquelle il ne peut se soustraire.

Il n'a pas reçu un appel auquel il aurait pu répondre librement, oui ou non, comme les autres apôtres.

Le Seigneur a fait irruption dans sa vie,

il s'est imposé à Lui comme Lumière, évidence, Amour.

Il conclut:" Oui, libre à l'égard de tous,

je me suis fait l'esclave de tous pour en gagner le plus grand nombre": Juif avec les Juifs, faible avec les faibles, tout à tous...etc " Et tout cela , je le fais à cause de l'Evangile afin d'y avoir part.. de peur qu'après avoir proclamé le message aux autres je ne sois moi-même éliminé".

Quel souffle!

Quelle passion pour l'Evangile! Quel Amour du Christ!

Paul, modèle pour tous ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle, leur "patron" , imité par d'incroyables missionnaires, hommes et femmes, au long des siècles. 9,16-23

En écrivant ainsi, Paul prouve plusieurs choses:

1.Sa grande passion d'homme c'est d'annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Il ne vit que pour cela. C'est son occupation de chaque instant.

2. Agissant ainsi, il répond à l'appel et à la mission dont il a été bénéficiaire. Il n'en a pas pris l'initiative. Mais, désormais, il est enchanté d'avoir reçu cette mission.

3. Pour enlever tous les obstacles à l'efficacité de son ministère de la Bonne Nouvelle, Paul renonce librement à tous les droits qu'il pourrait avoir: salaire, accueil et hospitalité gratuite, vie de foyer, prestige et droit à être écouté.

4.Il renonce même à l'idée de suivre son tempérament spontané: il choisit de se faire faible avec les faibles, de raisonner en tenant compte de ses auditeurs. Il parle de façon ciblée, si possible adaptée. Il agit en pédagogue.

***

Quand nous parlons aujourd'hui d'évangélisation, nous devrions tenir compte de tous les paramètres culturels, sociaux, politiques des pays que nous désirons "évangéliser"

... Celui qui se contente de clamer publiquement ses convictions sans tenir compte des réalités humaines est-il évangélisateur ?

On peut en douter si on le compare à Paul - et même à Jésus qui commençait par vivre au milieu et avec les gens pour pouvoir leur parler de façon adaptée et percutante...

Belles leçons pour nous aujourd'hui.

 

 

9,16-23

En écrivant ainsi, Paul prouve plusieurs choses:

1.Sa grande passion d'homme c'est d'annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Il ne vit que pour cela. C'est son occupation de chaque instant.

2. Agissant ainsi, il répond à l'appel et à la mission dont il a été bénéficiaire. Il n'en a pas pris l'initiative. Mais, désormais, il est enchanté d'avoir reçu cette mission.

 

3. Pour enlever tous les obstacles à l'efficacité de son ministère de la Bonne Nouvelle, Paul renonce librement à tous les droits qu'il pourrait avoir: salaire, accueil et hospitalité gratuite, vie de foyer, prestige et droit à être écouté.

4.Il renonce même à l'idée de suivre son tempérament spontané: il choisit de se faire faible avec les faibles, de raisonner en tenant compte de ses auditeurs. Il parle de façon ciblée, si possible adaptée. Il agit en pédagogue.

***

Quand nous parlons aujourd'hui d'évangélisation, nous devrions tenir compte de tous les paramètres culturels, sociaux, politiques des pays que nous désirons "évangéliser"...

Celui qui se contente de clamer publiquement ses convictions sans tenir compte des réalités humaines est-il évangélisateur ? On peut en douter si on le compare à Paul - et même à Jésus qui commençait par vivre au milieu et avec les gens pour pouvoir leur parler de façon adaptée et percutante...

 

Belles leçons pour nous aujourd'hui.

 

10, 1 à 12

 

Paul insiste pour que les chrétiens de Corinthe ne mélangent pas la foi chrétienne avec d'autres croyances véhiculées par la culture locale.

 

Il va chercher dans les Saintes Ecritures des exemples montrant que les croyances idolâtriques conduisent à de graves inconvénients. Ceci lui permet de stigmatiser quelques comportements de certains Corinthiens.

 

Son argument final ? Demeurez dans la Foi chrétienne, même si elle vous met à l'épreuve en vous demandant de renoncer à certains éléments de la culture ambiante.

 

**

Tout chrétien doit demeurer attentif et confiant.

Attentif aux mélanges entre la Foi et les opinions en vogue - entre les valeurs reçues de l'Evangile et les conformismes plus ou moins superstitieux ou anti-chrétiens.

 

Mais aussi confiants car ce discernement et ces choix ne sont pas au-dessus des forces du chrétien qui demeure relié à Dieu par la prière et la méditation de la Parole de Dieu.

 

 

10, 16-17

Paul évoque les comportements répréhensibles du peuple d'Israël pendant la traversée du désert: heures de débauche, mise à l'épreuve de Yahvé, murmure endémique; Ceci leur a coûté cher, selon les Ecritures ( Ex 32,6; Nomb 11,4;17, 6-14; 25, 1-18).

Des attitudes similaires peuvent tenter les disciples du Christ, et notamment le mélange entre foi chrétienne et culte de certaines idoles adulées par leurs contemporains (sexe, pouvoir, soif d'enrichissement, violence).

 

Paul exprime plusieurs convictions.

 

1. Gardez confiance: Dieu est fidèle et Il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos capacités de résistance.

 

2.Ne prenez pas n'importe quel risque: tenez compte de vos limites.

 

3. Demeurez en relation intime avec le Seigneur en participant au Repas eucharistique, mangeant le Pain de Vie et buvant à la Coupe de l'Alliance.

 

4. Restez en communion avec vos frères et soeurs dans la Foi. Devenez avec eux un seul et unique Pain, rappel de l'Unique Corps du Christ que vous devez former avec eux.

 

 

 

 

10,23 à 11,1

 

Paul vient d'éclairer la conscience des Corinthiens sur la consommation des viandes achetées au marché après avoir été offertes aux idoles dans les temples de Corinthe.

 

 

Tout dépend de la conscience ,éclairée ou scandalisée, de ceux avec lesquels on mange ces viandes.

 

 

Paul demande que soient évitées l'idolâtrie et la débauche: et qu'on se souvienne que l'eucharistie est communion au corps du Christ: ce choix étant incompatible avec une communion aux idoles.

*

Pour conclure Paul revient sur quelques principes pour résoudre les "cas de conscience" qui peuvent se poser.

Et il donne plusieurs perspectives positives:

 

-"Tout est permis mais tout n'édifie pas"

-"Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu".

-"Ne soyez pour personne une occasion de chute"

- "Cherchez l'avantage du plus grand nombre et non pas votre avantage personnel".

 

 

10,31 à 11, 1

 

Paul expose ici l'un de ses principes de discernement.

1. D'abord, principe de liberté vis-à-vis de tout ce qui n'est pas contraire au Décalogue et à la loi d'Amour selon le Christ. Principe de hiérarchie des valeurs à respecter: il y a l'essentiel, il y a l'accessoire: ne pas confondre les deux.

 

2. Tenir compte de l'influence qu'aura notre décision sur tel ou tel frère ou soeur.

 

3. Renoncer librement à faire ce qu'on a le droit de faire dans la mesure où cela engendrerait un déficit spirituel, une occasion de chute chez tel ou tel frère.

 

4. En toutes choses, imiter le Christ qui s'est trouvé dans des situations similaires.

***

Excellent principe de réflexion pour faire progresser le discernement moral dans la communauté chrétienne aujourd'hui face à une multitude de préoccupations subsidiaires concernant les rites, les obligations, les styles religieux etc...

 

I Corinthiens 10

31 à 11, 1

Paul expose ici l'un de ses principes de discernement.

1. D'abord, principe de liberté vis-à-vis de tout ce qui n'est pas contraire

au Décalogue et à la loi d'Amour selon le Christ.

Principe de hiérarchie des valeurs à respecter: il y a l'essentiel, il y a l'accessoire: ne pas confondre les deux.

2. Tenir compte de l'influence qu'aura notre décision sur tel ou tel frère ou soeur.

3. Renoncer librement à faire ce qu'on a le droit de faire dans la mesure où cela engendrerait un déficit spirituel,

une occasion de chute chez tel ou tel frère.

4. En toutes choses, imiter le Christ qui s'est trouvé dans des situations similaires.

***

Excellent principe de réflexion

pour faire progresser

le discernement moral dans la communauté chrétienne

aujourd'hui

face à une multitude

de préoccupations subsidiaires

concernant les rites,(encens ?emplacements ?places réservées aux hommes et dont les femmes seraient exclues, etc... )

les obligations, (vêtement liturgique ou de ville)

les styles religieux (latin ou français, type musical, instrument d'acompagnement etc...)

 

Malheureusement, les divergences sur ces questions infiniment subsidiaires prennent une place trop importante dans les conversations et débats de certaines communautés locales, ou dans certaines revues, ou entre certains groupes religieux,

au détriment de l'ESSENTIEL

qui concerne la foi chrétienne, sa mise en pratique dans la vie quotidienne et dans le rapport avec les contemporains, croyants ou non, indifférents ou en recherche, et parfois athées déclarés.

Le Pape François ne cesse de proposer d'excellents discernements fondés sur la Source à laquelle nous devrions nous abreuver: les textes de la Bibliothèque biblique, notamment celle du Second Testament et principalement les enseignements de Jésus.

 

 

11, 17 à 30

 

Paul parle du repas du Seigneur tel que le vivaient les Corinthiens.

***

Il leur reproche d'en faire une occasion de division et de mépris pour ceux qui ont moins. Le repas ordinaire que prennent ensemble les Corinthiens avant de célébrer le repas du Seigneur n'a rien de fraternel.

En grec, l'expression "il faut qu'il y ait des divisions" serait mieux traduite par "Il est malheureusement inévitable qu'il y ait des divisions...". C'est un constat, non pas un ordre !

 

***

Paul décrit ensuite ce que doit être le repas du Seigneur selon la plus ancienne tradition. Un mémorial de son dernier repas avec ses disciples. Une actualisation de l'acte par lequel Jésus s'est livré entre nos mains, la présence bien réelle de cette Alliance éternelle qu'il scelle avec tous ceux et celles qui croient en lui.

Un engagement d'alliance fraternelle entre tous ceux qui participent à ce repas de communion.

 

***

 

Chaque participant doit être conscient de ce qu'il fait: accepter d'entrer dans ce mouvement de communion avec le Seigneur Vivant et avec ses frères et soeurs présents: accepter d'en être ensuite les témoins au milieu du monde par la façon " d'aimer comme le Christ a aimé".

 

***

 

Est-ce bien dans ces dispositions intimes que nous participons à l'Eucharistie ? Elles sont plus importantes que les habits, les chants, les lumières ou les architectures de nos lieux de célébration.

 

 

12, 1 à 13

Paul a-t-il reçu des Corinthiens une demande de clarification sur l'action de l'Esprit Saint? sur les expériences spirituelles vécues par des Corinthiens? Probablement..

Il expose plusieurs critères pour faire un bon discernement.

 

1.Avant tout, l'Esprit aide à choisir le Christ comme Guide et Maître de Vie. Si quelqu'un prétend vivre une expérience spirituelle qui l'amène à récuser le Seigneur Jésus, il n'est pas sous influence de l'Esprit de Dieu.

 

2. Si quelqu'un prétend que son expérience spirituelle est la seule bonne et que l'expérience des autres n'a pas de valeur: il ne pense pas correctement. En effet, l'Esprit agit de façon très différente selon les croyants. Il s'adapte à chacun.

 

3. La preuve que l'Esprit agit, c'est la cohérence, l'utilité au bénéfice de la communauté locale. Diversité dans la communion.

 

4. Paul énumère une dizaine de dons spirituels à l'oeuvre dans une communauté chrétienne. Sans être exhaustif. Probablement avait-il observé ces charismes dans la communauté corinthienne.

 

5.Paul expose alors une comparaison pour se faire comprendre.

Une communauté locale, c'est comme un corps qui fonctionne bien. Il allie unité et adaptation de chaque membre au bénéfice du corps.

 

6. L'Eglise du Christ est un grand Corps constitué d'un grand nombre de membres ayant chacun son utilité. C'est l'Esprit du Ressuscité qui répartit les dons, à chacun sa part: et tous les dons mis en action suscitent l'efficacité dynamique et l'unité.

 

Jésus avait parlé de la Vigne et des sarments portant le fruit.

Paul invente la comparaison du Corps . Elle va traverser les siècles.

 

12, 4 à 11

 

Voici une présentation éminemment concrète de l'action de l'Esprit Saint.

 

1. C'est lui qui agit lorsque nous déclarons à Jésus, le Christ, notre confiance et notre adhésion pleine d'amour. Nous ne pouvons pas penser ou parler ainsi par nous-mêmes, tout seuls. Il est là: devenons conscients et reconnaissants pour son action.

Et lorsque tel ou tel frère ou soeur ose déclarer sa foi ou son amour pour le Christ, lui aussi prouve l'action directe de l'Esprit Saint.

 

 

2. L'Esprit transforme ceux qui adhèrent à l'assemblée des croyants en chrétiens actifs, reliés les uns aux autres, heureux d'appartenir à une sorte de corps vivant et magnifiquement structuré.

 

Lorsque nous désespérons du manque de souffle de nos églises ou communautés, lisons cet enseignement donné par Paul à des chrétiens de Corinthe qui étaient loin d'avoir toutes les qualités.

 

3. Chacun de nous doit être persuadé qu'il a des qualités à investir pour le bien de tous. Une certaine formation (ou plutôt déformation) risque de nous amener à penser que seuls les autres ont des qualités, seuls certains auraient reçu mission. La paresse et l'inertie ne sont pas des vertus ecclésiales. Chacun a reçu: chacun doit agir, travailler, produire du fruit.

 

12, 3 à 13

 

NOUS TOUS

Voici l'une des grandes convictions de Paul. NOUS TOUS, différents, nous sommes l'Unique Corps du Christ, son Unique Eglise ou assemblée de croyants.

 

L'Esprit du Christ est l'acteur principal de cette communion. Si la communion est rompue, l'assemblée du Seigneur devient comme morte: le coeur cesse de battre, les yeux ne voient plus, les mains n'agissent plus.

 

Chacun a reçu un don à mettre au service de l'assemblée. Il n'y a pas deux catégories de chrétiens: ceux qui seraient exceptionnels et chargés de tout faire - et ceux qui seraient tellement peu importants qu'ils n'auraient qu'à se taire et obéir. La plus petite cellule est utile: si elle meurt, l'ensemble commence à être malade. Si beaucoup de cellules deviennent inactives, le corps va dépérir.

 

 

Certains services sont indispensables et doivent absolument être assurés par des membres du corps. Dieu suscite toujours ces chargés de mission quand il le faut. Il n'y a pas à les comparer pour savoir lesquels sont les meilleurs. Tous sont des "ministres" ou serviteurs. Aucun ne remplace la Tête du Corps, le Pasteur suprême, le Seigneur.

 

***

 

N'oublions pas de confronter à cette conviction de Paul chacune de nos églises ou assemblées locales.

Tous et chacun de ses membres sont-ils entretenus dans cette perspective par ceux qui assurent les ministères de prédication ou de responsabilité ?

Combien sont réduits à l'inutilité, à l'impuissance, à l'obéissance passive ? Combien se désintéressent de l'avenir de leur assemblée locale chrétienne? Pourquoi ?

 

 

12, 12 à 30

 

Et si on prenait au sérieux ces affirmations de Paul ?

 

- On regarderait autrement chaque membre de la communauté ecclésiale locale

- Chaque chrétien apparaîtrait comme chargé de mission et non plus seulement comme bénéficiaire des prestations de spécialistes. Homme et femme, comme Paul reconnaissant le rôle éminent de certains couples (Priscille et Aquilas) ou de certaines femmes citées dans ses lettres, Romains 16 en particulier.

- Chacun serait invité à découvrir ses capacités, ses dons particuliers pour les mettre en activité au service des autres, essentiellement à la maison, en famille, dans le voisinage immédiat, dans la communauté locale

- Chacun passerait du statut d'assisté à celui de membre actif de l'évangélisation.

- Cela ne supprimerait en rien la mission confiée à quelques-uns: celle d'apôtre (envoyé du Seigneur) , de prophète (chargé de proposer publiquement la Parole de Dieu), d'enseignant ( commentateur de la Bible), etc...Je note, non sans humour, que Paul ne cite pas dans sa liste ceux qui exercent la fonction d'anciens (que nous appelons prêtres et à qui nous avons pris l'habitude de confier toutes les missions, voire de les leur réserver, ce qui est dommageable pour la vitalité du Corps du Christ).

- Cela suppose qu'on apprenne à se connaître et à nouer des relations de proximité avec les autres membres de la communauté locale.

- Nous aurions alors une vision plus équilibrée de l'Eglise du Christ.: elle cesserait d'être cette pyramide reposant sur sa pointe, en grand déséquilibre. Elle redeviendrait ce que le Concile Vatican II a très justement confirmé en prenant au sérieux l'enseignement du Christ et de ses premiers Apôtres ou Envoyés

 

 

12, 31 à 13,13

 

 

Paul s'efforce de transmettre une conviction fondamentale: l'amour d'agapè est supérieur à toutes les formes d'amour.

C'est le plus grand don que Dieu puisse nous faire. Il faut le demander sans cesse.

Car cet amour n'est ni spontané, ni naturel, ni facile. Mais il est éternel: il durera toujours. Il est divin.

 

L'apôtre Jean dira la même chose dans sa première Lettre aux chrétiens en disant que, finalement, "Dieu est amour d'agapè".

 

***

Jésus en a été le grand révélateur par sa façon de vivre, par son enseignement, par sa passion et sa mort . Ressuscité, il n'est qu'Amour d'agapè à l'égard de tous les humains.

Le Père, Yahvé-Dieu, n'est qu'Amour d'agapè depuis l'origine des temps.

 

Celui qui aime de cet Amour d'agapè, Amour typique de Dieu,

- commence à aimer avant qu'on l'aime

- continue à aimer même ceux qui ne répondent pas à son amour,

- connaît parfaitement les pensées et les coeurs qui aiment ou refusent d'aimer

- voit les manques d'amour à son égard mais n'en reste jamais là: il ne répond jamais aux manques d'amour par un refus d'aimer

- il sait pardonner, ne plus tenir compte des blessures qu'on lui inflige

- il désire toujours le bien des autres,

- il se réjouit du bien qui leur arrive,

- il n'écoute pas les suggestions de la jalousie

- il n'aime pas seulement par des déclarations d'amour mais par des actes: il s'engage de manière définitive

 

Oui, cet AMOUR est le plus grand Amour qui soit.

Quiconque reconnaît que Dieu l'aime de cet Amour en est reconnaissant et bienheureux.

Il le sait, il le croit, il en témoigne.

 

15, 1 à 11

 

Dès les années 50/52, Paul définit la Bonne Nouvelle qu'il prêche: Christ est mort à cause des péchés, à été injustement condamné par des croyants pécheurs, a été ressuscité, a été vu d'un certain nombre de croyants sains d'esprit, qui peuvent en témoigner puisqu'ils sont en vie.

Mis à mort, le Christ demeure Vivant et devient la source de nos résurrections, de nos relèvements, de nos libérations, de nos pardons, de notre sanctification, de notre salut.

 

"Voilà ce que nous prêchons, voilà ce que vous avez cru".

***

 

Belle occasion pour nous, en lisant cette profession de foi, de vérifier si tel est bien l'évangile que nous proclamons, si telle est bien la foi qui nous fait vivre, si telle est bien la Bonne Nouvelle dont nous témoignons pour l'évangélisation de notre temps.

 

***

Les statistiques ne manquent pas qui affirment qu'un certain nombre de gens se prétendent "chrétiens" mais ne "croient pas à la résurrection du Christ ni à leur propre résurrection.

 

Rien n'est donc plus important que d'annoncer, de croire et de vivre cette Bonne Nouvelle: contenue dans le Credo: "Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il a pris chair, il a vécu, il est mort, il est ressuscité".

+

Un authentique disciple du Christ aujourd'hui - et ceci depuis vingt siècles- vit une relation personnelle avec lui. Si le Christ n'est qu'un personnage du passé, n'ayant plus aucune réalité actuelle, cette relation tombe dans le vide. Elle consiste seulement à "se souvenir", à "relire les témoignages rédigés dans le passé", à s'inspirer de l'enseignement qu'il donna jadis: ce qui est déjà considérable comme perspective de vie.

Le véritable disciple adhère, en plus, à la conviction que Paul cherche à transmettre à ses amis de Corinthe: vous pouvez aujourd'hui vivre une relation personnelle avec le Christ car il est encore Vivant, après avoir traversé la mort physique.

Il demeure à votre écoute, il attend votre amour, il intervient pour vous pardonner, vous réconforter, vous aider à entrer dans un comportement nouveau, celui d'une personne humaine en cours de relèvement, de résurrection, de vigilance intérieure.

 

Les saints, grands disciples à imiter, vivaient une relation quotidienne avec le Ressuscité comme avec leur Bien-Aimé.

 

 

 

15, 19 à 28

 

Paul vient de rappeler le coeur de l'Evangile que tous les apôtres annoncent: "Christ est mort à cause de nos péchés, il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour" (v3-4) . Il s'est donné à voir....

Problème: certains affirment que la (toute) résurrection est impossible. Paul rétorque: s'ils ont raison, si aucune résurrection n'est possible, alors le Christ n'a pas pu ressusciter.

*

Conclusions logiques:

- nous sommes des faux témoins, des menteurs,

- notre message est vide, et notre foi est une illusion,

- et donc, vous n'êtes pas en train de sauver le sens de votre existence: il ne se passe rien,

- l'énergie d'une vie ressuscitée, victorieuse du mal est illusoire,

- et tout sera définitivement terminé avec la mort biologique.

Au total: nous sommes les plus insensés et les plus à plaindre de tous les humains pour notre naïveté à faire confiance à des idées stupides.(v.12 à 19)

*

Paul affirme alors les réalités

- Christ est véritablement ressuscité, réveillé d'entre les morts,

- il est le premier-né d'une humanité nouvelle, capable de traverser la vie terrestre en passant d'une existence de mort spirituelle à une existence ressuscitée, pleine de Vie

- tout comme l'humanité, depuis les origines, avait subi la domination d'une perspective mortifère.

- L'action finale du Christ sera une victoire totale sur la mort, la grande ennemie de l'humain, après avoir vaincu ces autres ennemis que sont la domination, l'autoritarisme et la puissance qui écrase.(v.20-27)

*

Tel était le coeur de la Bonne Nouvelle dès la première génération de chrétiens.

Est-ce toujours et pour tous les chrétiens la Joie de l'Evangile ?

Question à ne jamais perdre de vue. Sinon, nous sommes des gens stupides, et de faux témoins. Alors, taisons-nous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1Cor15