Corinthiensdeux

Corinthiens, seconde lettre

CORINTHIENS, seconde lettre

 

1,18-22

 

 

La vraie sagesse ne réside pas forcément chez ceux qu'on appelle des sages.

La vraie puissance ne réside pas forcément chez ceux que tout le monde appelle des puissants.

Paul restructure l'idée que nous nous faisons de la sagesse et de la puissance:. Il le fait selon son adhésion de Foi, toujours à partir de Jésus-Christ.

Jésus fut un homme SAGE, rempli de la Sagesse qui vient de Dieu: en enseignant la vraie Sagesse qui fait Vivre, et non pas les folies d'une fausse liberté, d'une frénésie de consommation, d'un intérêt pour les fausses valeurs qui s'écroulent un jour ou l'autre.

Il fut un homme PUISSANT en réalisant des actes forts et bénéfiques pour beaucoup. Il aide encore des multitudes de personnes à devenir fortes et courageuses devant les épreuves. qui devraient les faire s'écrouler.

Paul trouve ici des expressions justes, des comparaisons parlantes, en parlant de nos fausses sagesses humaines - ou de nos mauvaises puissances.

Il nous invite à opérer un discernement en répondant à ces questions: à mes yeux, qu'est-ce que la sagesse et la puissance ?

Est-ce bien ainsi que le Christ a fait preuve de sagesse et de puissance?

Qu'est-ce que je choisis au terme de ce discernement?

 

4, 16 à 5,10

 

Le raisonnement de Paul s'appuie sur la certitude que notre statut actuel d'êtres humains terrestres ne durera pas éternellement: la mort physique y mettra fin.

 

Mais Paul est non moins certain que la mort physique ne met pas fin à notre existence, à notre personne, à notre destin éternel: exactement comme il en fut pour le Christ qui a traversé la mort pour entrer dans une Vie définitive.

Il adhère dans la foi même s'il ne sait pas quels mots employer pour décrire ce double statut de personnes mortelles destinées à une Vie éternelle.

 

 

Il partage avec ses frères et soeurs de Corinthe

- un constat: nous traversons des heures où l'existence est difficile à porter, où nous désirons entrer dès maintenant dans la Vie définitive

- une invitation au courage, dans ces heures-là, pour ne pas se laisser abattre mais faire confiance à l'Esprit qui nous soutient autant que nécessaire

- une conviction: c'est le Christ qui jugera la qualité de notre résistance au risque de désespérer et notre confiance envers Dieu.

 

5, 17 à 21

 

 

Pourquoi Jésus a-t-il vécu, enseigné, traversé la mort ? Pour réconcilier les humains avec le Père de tous les humains.

Pour leur faire retrouver le chemin dont ils se détournent tellement vite. Pour transformer leur conscience et métamorphoser leurs mentalités et leurs comportements. Dieu, Lui, demeure fidèle à son Alliance. Il ne change pas. Il n'a pas besoin d'être réconcilié avec l'Humanité.

 

*

La grande mission des Envoyés du Christ ? C'est d'annoncer que la réconciliation est possible, indispensable, mais que chaque croyant doit accepter d'entrer dans un monde réconcilié.

 

Aucun rituel ne fait oeuvre automatique de réconciliation.

Chacun doit prendre conscience du besoin qu'il a d'être réconcilié, et avec Dieu, et avec un certain nombre de personnes ou de réalités.

 

Après cette prise de conscience, chacun doit s'ouvrir à l'hypothèse des réconciliations à vivre.

 

Et passer de l'hypothèse aux actes concrets de réconciliation.

 

Paul rappelle aux Corinthiens - et à tous les chrétiens- que le Christ nous assiste et que l'Esprit nous donne la force intérieure pour entrer dans un monde réconcilié. Sans leur aide, nous ne le pourrions probablement pas .

 

.

"C'est le moment d'accepter.

Voici le jour du salut".

*

Sommes-nous, chacun pour notre part, des ambassadeurs de réconciliation, ou des freins et des contre-témoins retardant les réconciliations?

Cette question demeure. Elle est gravissime.

 

 

8, 7-15

Richesses et pauvretés

 

Paul tient compte des sens multiples que recouvrent les mots richesses et pauvretés.

Ceci lui permet d'inviter chacun à la générosité dans la mise en commun des richesses pour faire reculer les pauvretés.

 

***

Nous sommes tous riches sur certains points et pauvres sur d'autres. En prendre conscience, c'est faire le premier pas dans une réflexion juste, précise, ouverte.

 

Richesses et pauvretés marquent également les groupes de chrétiens, leurs institutions, les paroisses, les diocèses, les Eglises chrétiennes. Comme au temps de Paul. Camoufler ses pauvretés est devenu impossible dans notre société qui adore dévoiler les scandales, particulièrement ceux qu'on a voulu cacher.

 

L'audience dont bénéficie ce qui est mauvais témoigne d'une propension à s'intéresser plutôt à ce qui va mal: mais conduit souvent à se juger meilleur que...les plus mauvais et donc à rester neutre ou tiède. Ainsi s'affadissent personnes et institutions.

 

Le remède ? Tenir les yeux fixés sur la générosité du Seigneur Jésus, du Père Créateur, de l'Esprit régénérateur - et sur la générosité de ceux et celles qui se mettent au service des pauvres pour les aider à vaincre leurs pauvretés - matérielles ou spirituelles - et des riches pour les aider à garder leur liberté de donner et de recevoir.

 

12, 7-10

 

Apprécions l'assurance et l'humilité de Paul.

 

L'humilité n'a rien à voir avec le manque d'assurance. L'assurance n'a rien à voir avec l'orgueil ou la prétention.

 

Paul a conscience de vivre en très grande communion avec Dieu: il ose en parler parce que ses détracteurs l'y obligent.

 

Mais Paul s'exprime sans se vanter de ce qu'il considère comme une grâce exceptionnelle. Admirons les précautions littéraires qu'il multiplie pour que ses correspondants ne les prennent pas pour un saint, un mystique exceptionnel.

 

Et, pour couper court à tout culte de la personnalité, il révèle cette "écharde" dont il souffre (qui l'humilie?) mais que Dieu ne juge pas utile de le délivrer.

 

 

Ce qui lui permet de se "vanter de ses faiblesses" (rien à voir avec la fausse humilité) - et d'affirmer que la puissance de Dieu se manifeste dans les faiblesses des croyants.

 

Tout ce qu'écrit Paul ici est d'une extraordinaire vérité et d'un équilibre spirituel au-dessus de tout soupçon.

 

Bel exemple de discernement sur soi-même.

 

13, 11 à 13

 

Paul s'efforce de conclure. Plusieurs passages de sa lettre mentionnent son désaccord avec les dires et les actes de certains chrétiens de Corinthe. Il n'a pas caché la tension qui agite la communauté.

 

Il prend donc de la hauteur en évoquant l'une de ses grandes convictions: quiconque regarde l'existence terrestre de Jésus observe des heures où il a consenti à paraître faible pour éviter de blesser ou d'écraser ses contradicteurs.

 

Paul s'inspire délibérément de ce comportement qu'il estime juste selon Dieu. Certes, il a reçu l'autorité d'un Envoyé du Seigneur, mais uniquement pour édifier, construire, et non pas pour détruire ou blesser des personnes et leur communauté.

*

Les dernières lignes sont pleines d'encouragement: elles parlent de joie, de paix, d'accord, d'amour, d'affection.

 

Et Paul termine sa correspondance par cette formule trinitaire que nos célébrations reprennent:

"La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'Amour de Dieu

et la Communion du St Esprit

(soient) avec vous tous".