Canaan

LA CONVERSION

 

“Il y a dans le ciel plus de joie pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion” (Lc 15.7)`

Jésus associe très clairement joie et conversion. Pourquoi ? C’est très simple: selon la Bible, le pécheur est quelqu’un qui a fait de mauvais choix: il s’abîme et se démolit: il est parti dans une mauvaise direction, il tourne le dos à Dieu et aux autres, il se replie sur lui-même. Pour Dieu, c’est très triste.

Se convertir, c’est changer radicalement, se retourner, prendre la direction contraire à celle qui ne mène à rien. C’est revenir vers Dieu, vers les autres. C’est changer complètement de mentalité, regarder tout autrement les personnes, commencer à voir tout, désormais, selon Dieu et selon les enseignements de Jésus. C’est finalement revivre, renaître, entamer une existence neuve.

La conversion c’est un retournement, une renaissance, une joie. .

 

Jean Baptiste exhorte ses compatriotes à la conversion: il baptise, autrement dit il plonge dans le Jourdain, ce fleuve qui a la réputation de purifier et surtout qui évoque l’entrée dans la terre promise, autrement dit le début d’une vie nouvelle, libérée du “mal-vivre”..

Jésus ne cessera pas d’inviter les juifs croyants à se convertir, à entrer dans le royaume de Dieu. Il va au-devant des femmes et des hommes classés comme pécheurs: il prend des repas avec eux. Non pour les imiter, mais pour les inviter au bonheur de changer de vie.

Il invente la superbe parabole que nous appelons à tort celle de l’enfant prodigue. En réalité, elle révèle la préoccupation d’un père dont les deux fils, adultes, ont grand besoin de changer de vie: le plus jeune, en retournant vers son père après s’être complètement démoli dans une vie destructrice: l’aîné en cessant de mépriser son père et son frère, en commençant à aimer au lieu de garder sa triste mentalité d’esclave du travail.

 

Tous les prophètes ont prêché la conversion en utilisant des expressions imagées. “Revenez au Seigneur votre Dieu”- “Cherchez le Seigneur” - “Recommencez à aimer Dieu comme une fiancée”. L’Apocalypse demande aux 7 responsables d’église de se convertir.

 

Qui donc a besoin de conversion selon la Bible? Quiconque est en train de mal vivre humainement, spirituellement. Quiconque s’intéresse seulement à ce qui s’achète et se consomme. Quiconque fait du mal aux autres, suscite la violence ou les destructions, fait peser sur les autres son besoin de pouvoir, ou ne cherche que les belles apparences et le succès. Finalement quiconque est intérieurement vide. Le matérialisme fabrique quantité de personnes spirituellement mortes. La conversion, ça doit mobiliser chaque croyant.

Dans la Bible, il est toujours urgent de se convertir, de se retourner, de renaître. Celui qui laisse passer le moment favorable risque gros. Selon la seconde lettre de Pierre, (2 Pier 3.9) : “Le Seigneur use de patience ...car il veut que tous aient l’occasion de se convertir”.

 

La conversion demande donc un sacré courage intérieur. Voilà pourquoi nous devons sans cesse prier pour les pécheurs, afin qu’ils acceptent de changer de mentalité et décident de vivre mieux.

Dans la Bible, on ne coupe jamais les ponts avec les pécheurs: on reste toujours en relation avec eux, on les porte dans son coeur et dans sa prière. Jésus a montré la voie.Il part à la recherche de la brebis perdue. Tout chrétien devrait s’inspirer de son attitude et contribuer au bonheur de la conversion.

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

CANAAN

 

La Bible mentionne 98 fois le nom de Canaan et 72 fois les Cananéens.Elle donne sa propre version au sujet du territoire de Canaan en l’identifiant globalement au pays promis par Dieu à Abraham.

L’histoire profane parle également de ce pays.Voici ce qu’elle en dit.

Plus de 2500 ans avant le Christ, le territoire de Canaan correspondait à la zône côtière du Liban actuel, entre les monts du Liban et la Méditerranée.Les Grecs lui donnèrent, plus tard, le nom de Phénicie. Les habitants du pays avaient une réputation de marins, allant et venant depuis les ports de Tyr et de Sidon, pour commercer avec les villes du pourtour méditerranéen. Ils fondèrent Carthage. Leur langue, la première à utiliser des caractères alphabétiques, est considérée comme l’ancêtre des écritures alphabétiques.

Cultivés et commerçants, les cananéens-phéniciens honoraient de nombreuses divinités, notamment Baal, le dieu de l’orage, Achéra ou Astarté, la déesse de la sexualité, et Anath, déesse de la guerre. Des textes, trouvés à Ougarit, datés du 14e siècle avant le Christ, comportent une épopée sur Baal. Ils évoquent également les rites Cananéens: immolation de bétails, d’oiseaux et probablement aussi d’êtres humains, sans oublier la prostitution sacrée.

L’histoire profane ajoute qu’à partir du XIIe siècle AC le territoire des Cananéens fut occupé par des Araméens, des Hébreux et des Philistins, ce dont témoigne également la Bible.

Le pays des Cananéens semble recouvrir l’ensemble actuel du territoire israélien et palestinien, depuis les rivages méditerranéens de Sidon à Gaza, jusqu’au Jourdain.

 

La Bible parle des Cananéens de façon généralement négative, notamment en raison de leur agressivité commerciale et de leur culte idolâtrique. Elle fait remonter leur origine à un petit fils de Noé, maudit par Noé, parce qu’il était fils de Cham, celui qui avait manqué de respect envers son père, Noé au moment où il dormait, enivré par le vin qu’il venait de récolter.

 

Voici comment la Bible met Abraham en relation avec le pays de Canaan. Térah, le père d’Abraham, habitait Our, en Chaldée, près de l’embouchure de l’Euphrate, dans le sud de l’Irak actuel, tout près de Bassorah. Térah décida d’émigrer vers le pays de Cannaan: il traversa l’Irak pour s’établir à Haran, dans l’actuelle Syrie. Il y mourut. Et c’est là que Dieu s’adressa à Abram, lui demandant de quitter ce pays pour aller vers l’Ouest, en plein territoire de Canaan. (Vous pourrez relire cette double migration dans Genèse, 11.31 et Genèse 12.)

Obéissant à Dieu, Abram traversa donc le pays de Canaan et s’arrêta près de Sichem. Dieu promit de lui donner le pays de Canaan, à lui et à ses descendants. La promesse de Dieu ne se réalisa pas du vivant d’Abraham, mais quelques siècles plus tard, grâce à Josué, après le long séjour du Peuple dans le désert sous la conduite de Moïse.

Moïse contempla ce pays promis, mais n’en foula jamais le sol.

“ Dans les plaines de Moab, près du Jourdain et en face de Jéricho, le Seigneur ordonna à Moïse de dire ceci aux Israélites: <<Quand vous aurez traversé le Jourdain et pénétré dans le pays de Canaan,vous chasserez devant vous tous les habitants du pays, vous détruirez toutes les statues de pierre ou de métal représentant leurs dieux, et vous démolirez leurs lieux sacrés.

Vous prendrez possession de leur territoire et vous vous y installerez, car je vous l'ai donné, il vous appartient.Si vous ne chassez pas devant vous tous les habitants du pays, ceux que vous aurez laissés subsister vous feront souffrir comme des ronces aveuglant les yeux ou des épines déchirant le dos. Ils vous harcèleront dans le pays même où vous serez installés.Et c'est vous que je traiterai comme j'avais résolu de les traiter.>> (Nombres 33.50-56)

 

La Bible relate la conquête du territoire de Canaan et l’installation des Israélites qui durent à maintes reprises guerroyer contre les Cananéens, soit pour prendre leur place en les expulsant, soit pour faire des accords avec eux afin de s’installer au milieu d’eux.

Par la suite, cette cohabitation posa de nombreux problèmes . Le plus aigu fut le risque d’idolâtrie. Certains membres du peuple avec lequel Dieu avait fait alliance adoptèrent en maints endroits le culte cananéen. Les prophètes condamneront sévèrement les mariages entre israélites et femmes de Canaan, les qualifiant d’infidélité, de prostitution.

La Bible expliquera les violences faites à plusieurs villes cananéennes comme l’obéissance à un ordre de Dieu interdisant toute compromission avec les comportements des Cananéens.

Avec Josué, les Israélites célébrèrent au pays de Canaan leur première pâque, près de Jéricho (Jos 5. 12) . Ils commencèrent à manger ce qui poussait dans ce pays.

L’entrée dans la ville de Jéricho est décrite (par le livre de Josué) comme une conquête sans livrer bataille. C’est le Seigneur qui livre Jéricho dont les murs s’écroulent le 7e jour, pendant que l’arche d’alliance est portée en procession et que résonne le son des trompettes.. “Ne prenez rien de ce qui doit être détruit.. Tout l’argent, tout l’or, tous les objets de bronze ou de fer seront consacrés au Seigneur”. (Jos.6 19). Seules, Rahab et sa famille, eurent la vie sauve et purent habiter au milieu des israélites (Jos 625) .Le pays de Canaan fut réparti entre les tribus d’Israël. (Jos 14)

 

Terminons par deux attestations de St Matthieu.

L’évangéliste nomme Rahab, la cananéenne de Jéricho, parmi les ascendants de Jésus (Mt 1.5). Il met en valeur la foi d’une cananéenne du pays de Tyr et de Sidon qui avait riposté à Jésus: “Même les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres”. Et Jésus va conclure: “Oh! Que ta foi est grande! Dieu t’accordera ce que tu désires”. Et sa fille fut guérie à ce moment même”. (Mt 15.27-28).

 

Deux femmes de Canaan sont ainsi présentées comme dignes d’appartenir au peuple de Dieu.

Par elles, Canaan semble réhabilité.

 

Concordance

 

Attention Le mot Conncordance ne figure pas dans la Bible.Ce n’est pas un “mot de la Bible”. Nous en parlons dans cette émission parce qu’ il s’agit d’une technique utilisée depuis longtemps pour étudier le sens des mots dans la Bible.

En voici le principe. Imaginez que vous cherchiez le sens du mot conversion dans votre Bible ou dans les lettres de Paul, ou dans la littérature attribuée à Jean (évangile et lettres) il vous sera utile de rapprocher toutes les phrases dans lesquelles le mot conversion apparaît. En comparant les contextes dans lesquels appraraît ce mot, vous commencez à vous en faire une idée de plus en plus précise. Et si vous voyez ce mot apparaître très souvent vous pesez l’importance de ce mot pour Jean, ou pour Paul

Imaginez maintenant que vous preniez tous les mots de la Bible pour noter le nombre de fois où ils apparaissent, le contexte et les livres bibliques : vous accumulez tous les éléments constitutifs d’une Concordance. Les éditions du Cerf et l’Alliance biblique française ont imprimé une concordance de tous les mots français de la Bible utilisés dans la traduction oecuménique de la Bible, la TOB. Le volume grand format comporte 1260 paages, écriture très fine. Poids respectable:3k500. Prix en conséquence!

Bien évidemment, l’informatique est venue au secours de ceux qui, depuis des siècles, s’efforçaient de réaliser des concordances complètes. Les éditions de Concordance.frôlent désormais la perfection

Et encorre mieux désormais.Vous pouvez désormais acheter un CD de la Bible en latin, en hébreu, en grec, en français. Quiconque veut étudier le sens d’un mot à partir des contextes dans lesquels il est employé lance une recherche et obtient instantanément la réponse sur son ordinateur. Il sait, par exemple, que le nom d’Aaron apparaît 345 fois, et celui de David 985. C’est génial et à la portée de tout le monde, sans tourner des pages et des pages d’une énorme concordance.

 

Demeure cependant un énorme problème. Chaque mot d’une langue change de forme et ne comporte pas le même nombre de caractères selon qu’il est au masculin, au féminin ou au pluriel. Et les verbes ? J’aime, j’ai aimé, l’aimerais, nous aimions: toujours le même verbe, or l’ordinateur ne peut compter ni faire concorder le verbe aimer qu’en fonction de l’ordre exact des lettres dans chaque forme. Pour faire une étude complète je devrai donc faire autant de recherches que le verbe aimer peut comporter de formes dans la Bible en français. .

Les problèmes sont très semblables dans toutes les langues. Il faudrait donc, à leur tour, comparer le mot aimer dans le grec, l’hébreu, le latin. Et on commence à s’arracher les cheveux qui nous restent lorsqu’on s’aperçoit qu’il y a au moins trois mots grecs pour parler de l’amour...et que les traducteurs n’ont pas choisi le mot amour pour traduire le même mot grec ou latin. De même pour le mot qui désigne la conversion en grec: les trauducteurs utilisent soit “conversion” , soit “repentance”, soit “pénitence”, soit “changer de comportement”, soit “profond retournement de mentalité”, etc...

Les Concordances représentent donc un outil d’étude qui s’est considérablement amélioré grâce à l’informatique, qui facilite la compréhension du sens des textes bibliques. Bravo pour le service rendu, particulièrement avec l’informatique mise à la portée de tout le monde désormais.

Mais, le résultat d’une recherche sur les mots demande toujours un travail d’interprétation. Voyez ce qui arrive sur votre écran lorzsque vous utilisez un moteur de recherche sur Internet: vous pouvez avoir 200 réponse dont 10 seulement répondent à la question que vous avez posée.

 

Mon conseil ? Si vous désirez vraiment travailler le sens des textes bibliques, achetez une bonne version de la Bble sur CDrom, réfléchissez sur les résultats des recherches faites autour des mots clés d’un passage biblique. Et, ensuite, lisez et relisez le texte lui-même, en gardant l’esprit plein des différents emplois du même mot dans la Bible. Alors se réalise le vieux principe: c’est la Bible elle-même, dans sa totalité, qui éclaire chaque texte de la Bible et commence à faire jaillir du sens. Vous possédez de bonnes bases pour ne pas faire dire à un petit texte ce que la Bible n’a jamais voulu dire.

Bonne chance avec les Concordances.

 

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