Baruch

Baruch

BARUCH

 

5, 1-9

L'auteur du livre se donne le nom de Baruch, secrétaire de Jérémie, qui vécut au moment de la déportation à Babylone, suite à la dévastation de Jérusalem en 587.

En réalité, Il écrit entre 170 et 60 ans avant notre ère, pour redonner un peu d'espoir aux Juifs persécutés dans la diaspora juive, peut-être en Syrie.

Le livre comporte quatre parties, de style et genres littéraires différents. Langue grecque pour l'essentiel, avec substrat hébraïque peut-être. Les quatre parties sont-elles du même rédacteur: on ne peut rien prouver.

 

Le fil rouge qui sous-tend la rédaction? L'auteur constate qu'une rupture est intervenue entre le peuple élu et son Dieu.

Il s'en est suivi une avalanche de catastrophes que le peuple finit par reconnaître dans une belle liturgie pénitentielle.

Celle-ci ouvre les yeux du croyant sur la Sagesse de Dieu.

Réconforté par cette méditation l'auteur donne la parole aux persécutés qui retrouvent une vie apaisée. L'espérance s'empare de la ville de Jérusalem qui va connaître la joie de vivre un immense renouveau de Justice, de Vérité, de fidélité à l'Alliance. Elle va mériter le nom de "Paix-de-Justice et Gloire-de-piété".

 

Ayant longuement reconnu que le peuple n'a pas vécu selon l'Alliance, ce "nouveau Baruch" célèbre Yahvé qui, Lui, n'a jamais cessé de respecter l'Alliance. Il va combler son peuple dès lors qu'il reconnaît ses fautes et la Sagesse de Dieu.

 

Ayant qualifié Jérusalem de "veuve" privée de ses fils, Baruch annonce la fin de son deuil. Les gens de Jérusalem vont connaître à nouveau l'exultation s'ils regardent vers l'Orient, lieu où sont déportés les persécutés et direction où se lève le Soleil.

 

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Le nouveau Baruch multiplie les expressions soulignant ce passage de la tristesse à la joie, du malheur au bonheur, de la destruction à la reconstruction.

 

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Si nous estimons que beaucoup de choses vont mal aujourd'hui, dans bien des domaines (économique, politique, spirituel...) , et pour un grand nombre de pays , de groupes humains ou religieux, et pour des millions de personnes, nous pouvons accueillir cette vision des renversements de l'histoire que Dieu annonce et réalise.

 

Si nous sommes persuadés que le mal ne l'emportera pas définitivement, que l'Humanité ne court pas à la catastrophe, alors nous oserons relever la tête, nous redresser et nous engager hardiment dans les actions de reconstruction: non pas de restauration des situations qui ont causé l'invasion du mal, mais dans la restructuration des pensées et des actes selon la Parole de Dieu.

 

Revenir à Dieu après s'être éloigné de lui. Reconnaître nos responsabilités dans les malheurs qui nous affligent. Changer. Repartir du bon pied. Non pas seuls, mais ensemble.