baptisesCdF

Charles

de Foucauld

L'Evangélisation

par

tous les Baptisés

Pour accéder à la documentation concernant chaque sujet,

cliquer sur le rectangle de couleur situé à droite du titre.

Biographie et Modèle Unique en cliquant directement

sur le titre

 

Et l'Eucharistie

Et les Baptisés

Fraternité universelle

Et l'Evangile

Et Nazareth

Et le Désert

Et le Sacerdoce

Et la Violence

Et l'Islam

Charles de Foucauld et la Bible,

lien< https://www.dropbox.com/s/i1zooe7iaua5l9t/CdF et la Bible%2C v4.pdf?dl=0>

Aujourd'hui,

tous les chrétiens sont invités à évangéliser

 

Le Concile Vatican II l'a clairement dit en 1965:

 

"Les laïcs, rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ assument, dans l'Eglise et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du peuple de Dieu tout entier.

Ils exerecent concrètement leur apostolat en se dépendant à l'évangélisation et à la sanctification des hommes; il en est de même quand ils s'efforcent de pénétrer l'ordre temporel d'esprit évangélique et travaillent à son progrès de telle manière que, en ce domaine, leur action rende clairement témoignage au Christ et serve au salut des hommes.

 

Le propre de l'état de laïc étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profances, ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d'un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien" (n°2)

 

Les laïcs tiennent de leur union même avec le Christ Chef le devoir et le droit d'être apôtres. Insérés qu'ils sont par le baptême dans le Corps mystique du Christ, fortifiés grâce à la confirmation par la puissance du saint esprit, c'est le Seigneur lui-même qui les députe à l'apostolat. S'ils sont consacrés sacerdoce royal et nation sainte, c'est pour faire de toutes leurs actions des offrandes spirituelles et pour rendre témoignage au Christ sur toute la terre.

 

A tous les chrétiens donc incombe la très belle tâche de travailler sans cesse pour faire connaître et accepter le message divin du salut par tous les hommes sur toute la terre.

 

 

Pour l'exercice de cet apostolat, le Saint esprit qui sanctifie le peuple de Dieu par les sacrements et le ministère accorde en outre aux fidèles des dons particuliers (I Cor 12,7), les "répartissant à chacun comme il l'entend...De la réception de ces charismes...résulte pour chacun des croyants le droit et le devoir d'exercer ces dons dans l'Eglise et dans le monde, pour le bien des hommes et l'édification de l'Eglise, dans la liberté du Saint-Esprit..." (n°3 du Décret sur l'apostolat des laïcs, 18 novembre 1965)

 

Quinze ans plus tôt, en 1950,

dans le Catéchisme à l'usage des diocèses de France, on lisait: "Qu'appelle-t-on fidèles de l'Eglise ? - On appelle fidèles de l'Eglise les chrétiens soumis au Pape et aux Evêques".

 

 

En comparant ces deux textes, on mesure le changement d'univers réalisé par les Evêques de France, auteurs des deux textes tellement différents - 15 ans d'intervalle. Qui oserait prétendre que ce que certains appellent "la doctrine de la foi" est immuable, définitive et ne doit pas être modifiée ?

 

Mais déjà, certains évêques soutenaient une évolution radicale en proposant aux laïcs, hommes et femmes, de "participer à l'Action Catholique". Ainsi, Mgr Cazaux, évêque de Luçon depuis 1941, ajoutait dans le "catéchisme du diocèse de Luçon" , Q.155: "Comment les fidèles doivent-ils aider leurs pasteurs dans leur mission? -R. " Les fidèles doivent aider leurs pasteurs dans leur mission en collaborant à l'Action Catholique et en versant le dernier du culte " ( 1942). De tels évêques étaient considérés comme innovateurs par rapport à certains autres. Observons que leur manière de considérer les laïcs ne faisait pas partie de le doctrine commune des Evêques de France, 8 ans, plus tard, dans leur Catéchisme.

 

Les prêtres et les chrétiens nés après la guerre de 1914-1918 ont traversé de multiples évolutions qu'ils attendaient de toutes leurs forces. Le Concile Vatican II fut pour eux la reconnaissance libératrice de ce que la lecture de la Bible et de certains théologiens leur avait déjà donné à penser...et à vivre concrètement, avec le soutien de certains évêques et curés.

 

Et, depuis Vatican II - il y a déjà un demi-siècle - la marche de l'Eglise continue. Le Pape François ne répète pas le Pape Pie X ou le Pape Pie XII. L'Esprit de Dieu ne cesse d'agir et de conduire la Communauté des Disciples du Christ. Il en fut ainsi hier: il en sera ainsi demain et après demain.

 

Les "anticipations" de Charles de Foucauld, dès le début des années 1900, demeurent la preuve que l'Esprit Saint éclaire certains chrétiens et les invite à innover, et, souvent à contre courant, à proposer des idées fidèles à la Grande Tradition mais fort décalées par rapport aux petites traditions ou habitudes d'une majorité résistant à tout changement.au nom d'une fidélité chrétienne mal fondée.

 

 

 

Charles de Foucauld et l'évangélisation

par tous les baptisés

 

 

21 avril 1902. CdF écrit à Mgr Guérin: il envisage l'évangélisation grâce à des femmes (et non pas à des hommes) religieuses.

 

"Je pense que, pour la population qui se trouve à Béni-Abbès - des sédentaires - il serait facile de faire pénétrer l'Evangile avec des soeurs - facile avec des soeurs, bien difficile, presque impossible sans elles; et il demande "instamment" à son évêque que des religieuses, des Soeurs de la Charité, viennent le seconder à Béni-Abbès" ("Le Testament de Charles de Foucauld", JF Six, Maurice Serpette, Pierre Sourisseau, Fayard 2005, 295 pages, p.54-55)

 

Décembre 1905, en France, c'est la séparation des Eglises et de l'Etat.

Les inventaires des propriétés de l'Eglise catholique.

La fin du régime de rétribution des prêtres par les deniers de l'Etat.

 

1er décembre 1905, il écrit à l'abbé Huvelin:CdF évoque ce que peut être son rôle dans l'évangélisation ?

«Je dois faire tout ce que je puis faire de meilleur pour le salut des peuples infidèles de ces contrées dans un oubli total de moi. Par quels moyens: Par la présence du Très Saint Sacrement, l'oblation du Saint Sacrifice, la prière, la pénitence, le bon exemple, la bonté, la sanctification personnelle ; en employant moi-même ces moyens, et en faisant mon possible pour multiplier ceux qui les emploient au milieu d'eux et ceux qui, sans être au milieu d'eux, les emploient pour eux» (à l'abbé Huvelin, pp. 246-247).

 

 

 

13 décembre 1905: arrivé à Tamanrasset, il envoie au père Voillard une note générale sur le Hoggar et ses populations dans laquelle il indique la place de plus en plus grande que prennent les commerçants arabes, «presque toujours des marabouts» :

 

«Avec eux entrera nécessairement un renouveau de ferveur musulmane. »

 

Pour contrebalancer cette influence, Foucauld voudrait une présence de «bons chrétiens» laïcs :

 

« Comme il serait désirable que de bons chrétiens, ou au moins de braves gens non musulmans fissent ce commerce et prennent cette place : ce serait bien facile.

Mais où sont ces âmes ??... Vendre de la cretonne et de la cotonnade bleue à des prix raisonnables, voilà un moyen bien simple de faire venir à soi tout le monde, de trouver toutes les portes ouvertes, de rompre les glaces...

Qu'avec cela, celui qui vend soit une bonne âme, la bonne impression sera faite, on aura des amis dans tout le pays, et c'est le commencement.

 

Si, à défaut de mieux, vous pouviez trouver quelques bonnes âmes prêtes à faire ce commerce, se dévouant obscurément pour l'amour de Dieu, quel grand bien!...

D'honnêtes petits commerçants français seraient accueillis avec bonheur par les autorités qui rougissent de leurs compatriotes établis dans le Sud : aucun Français ne vient s'établir aux Oasis, si ce n'est pour être marchand d'alcool... c'est une honte! [...]

 

Il faudrait des chrétiens comme Priscille et Aquila, faisant le bien en silence, en menant la vie des pauvres marchands; en relation avec tous, ils se feraient estimer et aimer de tous, et feraient du bien à tous...

Si vous pouvez nous envoyer quelques petits marchands de ce genre, ils gagneraient leur vie sans peine, les autorités les recevraient à bras ouverts, nul obstacle : il suffirait de les trouver» (Corr. Sah., pp. 416-417).(Testament, p.55)

 

 

Comme il l'avait déjà exprimé au moment où il se préparait au sacerdoce, il répète le 8 avril 1905 qu'il avait vu à ce moment-là qu'il devait aller vers « les brebis les plus délaissées», vers le Maroc et le Sahara sans prêtres :

 

«Aucun peuple ne me semblait plus abandonné que ceux-ci. »

 

Foucauld — et c'est chez lui un paramètre constant - veut aller vers les derniers, les extrêmes, les plus éloignés de la foi.

Son premier séjour à Tamanrasset le confirme dans le choix de ce lieu d'implantation :

 

« Ce sont bien les brebis les plus perdues», dit-il des Touaregs, dans une lettre du 15 juillet 1906 à l'abbé Huvelin,

«plus perdues encore que celles de Beni-Abbès. »

Vivre «parmi les peuples infidèles les plus délaissés», écrit-il en novembre 1906 à titre de résolution de retraite.

 

 

 

Comment vivent ces peuples ?

Au cours des nombreux voyages qu'il effectue durant le premier semestre 1907, il prend mieux connaissance du petit peuple touareg, de sa culture et de sa façon d'être :

« C'est une race vive, intelligente, gaie, amoureuse du plaisir et du mouvement, d'une ignorance extrême, écrit-il le 7 février 1908 à Mgr Livinhac, supérieur des Pères Blancs.

 

Le plus grand bien qu'on pourrait lui faire, c'est de développer chez elle l'instruction; rien ne lui serait plus utile;

et ce n'est pas facile,

1) à cause de son caractère indépendant et vagabond,

2) parce que les Touaregs se regardent comme les gens les plus civilisés du monde, et nous, comme des sauvages,

3) parce qu'ils sont nomades. »

 

Et il indique ce qu'il a lui-même choisi comme mode de vie avec eux :

 

«Se mettre en relations étroites avec eux pour les connaître, être connus d'eux, être estimés et aimés d'eux, pour faire tomber par cette liaison leurs préventions et les mettre en confiance; redresser leurs idées touchant la religion naturelle et toutes les vérités de morale naturelle; tâcher, par la parole et l'exemple, de les porter à une vie meilleure et conforme à la religion naturelle; enfin développer leur instruction, la développer beaucoup, leur donner une instruction égale a la nôtre» (Corr. Sah., pp. 758-759).

 

Ce qui demandera beaucoup de temps pour une évangélisation :

«Il y aura peut-être des siècles entre les premiers coups de pioche et la moisson...»

 

En tout cas, pas question de vouloir une prédication directe :

«Prêcher JESUS aux Touaregs, je ne crois pas que JESUS le veuille, ni de moi ni de personne.

Ce serait le moyen de retarder, non d'avancer leur conversion.

Cela les mettrait en défiance, les éloignerait, loin de les rapprocher [...]. Il faut y aller très prudemment, doucement, les connaître»

(à Mgr Guérin)

 

Il se rend compte en même temps de leur état religieux :

«Ils ne sont presque musulmans que de nom et de foi, étant d'une ignorance extrême et très tièdes pratiquants.

Ils ne prient pas, ne jeûnent pas, ne vont pas à La Mecque», dit-il encore à Mgr Livinhac. Ceci pour l'ensemble des Touaregs.

Mais, par contre, il a noté l'évolution notoire de l'aménokal du Hoggar, Moussa, qu'il a retrouvé à Tamanrasset :

«Profitant de ce que l'organisation du Hoggar, restée jusqu'ici un peu flottante et incertaine, est celle d'un petit royaume s'administrant lui-même, mais soumis et payant tribut, plutôt que celle d'un pays administré directement par nous, il a hâte de l'organiser en royaume musulman.

Il y a deux ans, le Hoggar c'était l'anarchie complète, personne ne commandant ni n'obéissant, tout le monde pillant, religion nulle. Aujourd'hui, on obéit à Moussa, il répartit l'impôt, nomme des chefs subalternes et se fait obéir par eux, lève des forces armées, interdit sous des peines très sévères les pillages, vols, meurtres, etc.; il a établi un qadi pour juger tout selon le droit musulman ; il va construire à Tamanrasset, dont il fait sa capitale (faut-il fuir en un lieu plus désert ou voir là la main de JESUS rendant l'influence plus facile ?) une mosquée et une zaouïa ( centre religieux dirigé par une confrérie musulmane) » (à Mgr Guérin, 22 juillet 1907; Corr. Sah, pp. 540-541).

 

 

 

 

1907, août et septembre.

Tandis qu'il faisait route, seul, vers Tamanrasset, en septembre 1907, il s'était arrêté à In Salah, entre le 31 août et le 8 septembre, pour y faire sa retraite annuelle.

 

C'est là qu'il avait eu l'idée d'une nouvelle fondation,

c'est là qu'il en avait jeté aussitôt sur le papier les premiers éléments.

 

22 novembre 1907 et 1er janvier 1908, CdF écrit à l'abbé Huvelin sur la situation de l'Afrique du Nord.

Civils et militaires ne font "pour ainsi dire rien" pour les populations."

Ce que voient les indigènes de nous, chrétiens, professant une religion d'amour, ce qu'ils voient des Français incroyants criant sur les toits fraternité, c'est négligence, ou ambition, ou cupidité - et chez presque tous, hélas, indifférence, aversion et dureté".

 

Il souhaite qu'un livre "écrit par un laïc", dise le travail à faire pour accomplir "nos devoirs envers ces millions d'âmes peuplant le domaine colonial de la France" (Testament, p.59-60)

 

Décembre 1907: Noêl sans possibilité de célébrer la messe (autorisation non reçue)

 

Pâques 1908. Il reprend ceux-ci autour de Pâques suivantes — entre deux il y a l'épreuve de Noël — et compose les Statuts de cette Association qu'il projette : l'Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus.

 

Juin 1908. Il en donne le Ier juin, à Monseigneur Guérin, les grandes lignes….

 

« Pendant la Semaine Sainte et la semaine de Pâques, j'ai écrit ce que pourrait être l'Association,

de tous sexes et conditions,

qui aurait pour un de ses objets la conversion des infidèles; je revois cet écrit et je le recopie pendant dix jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte.

Je vous le montrerai en novembre.

Si vous croyez qu'il contienne quelque chose de bon, vous vous en servirez...

Mais, certainement, il y a quelque chose à faire :

d'une part, depuis vingt ans, la France a un empire colonial immense qui impose des devoirs stricts d'évangélisation aux Français chrétiens; et il y a lieu de leur montrer ce devoir et de les y pousser;

de l'autre, ce n'est pas avec 10, 15, 20, 30 prêtres, même si on vous les donnait, que vous convertirez ce vaste Sahara;

il faut donc chercher d'autres auxiliaires pouvant aller là où maintenant et pendant des années, peut-être des siècles, il y a et pourra y avoir les difficultés que vous avez. » ( LMG, i" juin 1908).

 

 

9 juin 1908, il écrit

" Je n'ai pas fait une conversion sérieuse depuis sept ans que je suis là: deux baptêmes, mais Dieu sait ce que seront les âmes baptisées...Une pauvre vieille aveugle: qu'y a-t-il dans sa pauvre tête et dans quelle mesure sa conversion et-elle réelle ?

Comme conversion sérieuse, c'est zéro" (LAC) (Six , Itinéraire, p.342)

 

 

CdF se sent bien pauvre, bien misérable:

"Moi qui n'ai jamais pu parvenir à rien, qui n'ai pu avoir même un compagnon, qui n'ai jamais eu que des désirs sans effets, et dont les plans de vie,constitutions, règlements ne sont jamais restés que des papiers inutiles. »

 

Or, c'est justement dans ce moment même où il reconnaît mieux que jamais l'échec de sa vie et de toutes ses entreprises qu'il invente et met en place, avec une déconcertante espérance, ses projets d'évangélisation les plus hardis et les plus complets;

c'est dans la période la plus difficile et la plus décevante de sa vie — celle-là même où le Bien-Aimé semble le plus absent — qu'il conçoit les moyens les plus nouveaux pour Le faire connaître et aimer. (Six, Itinéraire, p. 344)

 

 

L'apostolat de la bonté et de l'amitié.

 

C'est avant tout dans la perspective de trouver des chrétiens qui accepteraient de réaliser cet apostolat silencieux qu'il envisage, en septembre 1908, de venir en France :

 

« Je souffre de voir les âmes se perdre et le règne de Jésus ne pas s'étendre faute d'ouvriers, car si des ouvriers voulaient, ils pourraient dès aujourd'hui faire beaucoup de bien. Je suis honteux pour notre pays et notre temps de voir le peu qu'il fait : non qu'il ne fasse rien, mais il fait tellement moins qu'il pourrait et devrait." (20 septembre 1908)

 

Il ajoute :

« Je vais bien mais je sens que je vieillis : mon travail devient de plus en plus lent et celui d'un homme fatigué.

Je viens d'avoir mes cinquante ans. Je le sens

et je voudrais d'autant plus mettre auprès de moi d'autres qui prennent naturellement ma place quand je disparaîtrai tout à fait »

 

En décembre, il reçoit une réponse de l'Abbé Huvelin, qui l'encourage à venir en France.

 

Le 25 décembre 1908, Frère Charles quitte Tamanrasset pour le nord.

Le 5 février 1909 il retrouve Monseigneur Guérin. Le 13, Mg Livinhac, Supérieur Général, à qui il remet les Statuts de l'Association : Monseigneur est très favorable à cette idée.

 

 

Le 23 février 1909, il passe la nuit au Sacré-Cœur de Montmartre, en adoration, avec Louis Massignon — qu'il conduit ensuite à l'Abbé Huvelin. Celui-ci, usé, à demi paralysé, ... l'encourage beaucoup à répandre l'Union et l'invite à confier son projet à Mgr Bonnet, évêque de Viviers.

 

Le 28 février 1909, CdF rend donc visite à Monseigneur Bonnet : celui-ci l'approuve « formellement ».

Le 6 mars, il enverra cette lettre :

« Oui, j'approuve votre projet et lui souhaite plein succès; mais, si Dieu veut qu'il se réalise, que de difficultés il va rencontrer, et par quelles souffrances il lui faudra conquérir sa place au soleil de la Sainte Église ! Ce n'est pas un motif pour reculer : c'est au contraire un encouragement à se mettre vaillamment à l'œuvre »

 

Le 7 mars, CdF embarque à Marseille pour Alger.

Il rend compte de son voyage à Mgr Livinhac qui, le 19 mars, lui envoie aussi une lettre d'approbation.

 

Et le 21 mars 1909, les statuts de l'Union des Frères et Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus paraissent à Alger ".

 

En juin 1909, CdF envoie les statuts complets à Monseigneur Guérin, pour qu'il les approuve et les présente à Rome pour approbation. Mais Monseigneur Guérin meurt quelques mois plus tard.

En juillet 1910, Frère Charles supplie l'Abbé Caron de trouver un prêtre disposé à s'occuper de l'Association. Il envisage de venir de nouveau en France.

L'Abbé Huvelin meurt le 10 juillet 1910.

Monseigneur Bonnet conseille à Fr Charles de réaliser le voyage projeté, dans le but de fonder l'Association.

 

Quelle définition peut-on donner de cette Association ?

 

Voici comment Frère Charles la décrit:

 

« L'œuvre a un triple but :

produire un retour à l'évangile dans la vie des personnes de toute condition;

produire un accroissement d'amour à la Sainte Eucharistie,

produire une poussée vers l'évangélisation des infidèles. »

 

Il s'agit de provoquer l'établissement « à titre de cultivateurs, de colons, de commerçants, d'artisans, de propriétaires fonciers, etc.. d'excellents chrétiens de toute condition destinés à être un précieux appui pour les missionnaires, à attirer par l'exemple, la bonté, le contact, les infidèles à la foi.»

Il dit encore :

« Des bons chrétiens vivant parmi les infidèles, la Confrérie fera des sortes de missionnaires laïques;

elle portera de bons chrétiens à s'expatrier pour être missionnaires laïques parmi les brebis les plus perdues »

 

L'Union s'inspire évidemment des principes de la vie de Naza
reth.

 

Le Chapitre 36 (il y en a quarante, comme pour la 
Règle des Petits Frères) dit :

 

« Le rôle des Frères et Sœurs qui 
ne sont ni prêtres ni religieux n'est point d'instruire les infidèles
 de la religion chrétienne, d'achever leur conversion, mais de la 
préparer en se faisant estimer d'eux, en faisant tomber leurs pré
jugés par la vue de leur vie, en leur faisant connaître, par leurs 
actes, plus encore que par leurs paroles, la morale chrétienne;
 de les y disposer en gagnant leur confiance, leur affection, leur
 familière amitié »

 

Nous retrouvons dans les statuts de l'Union toutes les idées essentielles de Charles de Foucauld.

 

A travers ces précisions et ces détails tout simples et « naïfs », s'exprime

un ardent amour pour Jésus

et un immense désir de sauver des âmes avec Lui,

et de le faire selon le mode obscur d'ensevelissement de Nazareth.

 

Désormais, il consacrera une grande partie de sa vie à l'établissement de l'Union.

Il avait travaillé, en avril 1909, à la rédaction définitive des statuts.

 

Le voyage qu'il fait en France du 17 février au 15 mars 1911 est encore consacré à établir l'Union.

Les entretiens qu'il a avec l'Abbé Crozier n'ont d'autre sujet.

Une telle oeuvre correspondait d'ailleurs tout à fait aux préoccupations du saint prêtre de Lyon qui, bientôt, engage l'un de ses dirigés, Joseph Hours, à faire partie de l'Union.

M. Hours écrit aussitôt à Charles de F. : c'est le début d'une longue correspondance, qui permet de mieux préciser les efforts que fait CdF dans les cinq dernières années de sa vie, pour réaliser son projet; et, en même temps, elle indique, de façon très vivante, l'essentiel des perspectives spirituelles du Petit Frère universel à la fin de son existence. ( Itinéraire , JFSix, p.347-350)

 

Compléments développés par JF Six dans "Le testament de Charles de Foucaul" Fayard, 2004, pages 7 à 120

Au sujet de Louis Massignon, p.100 et suivantes: adhère à l'Union le 15 octobre 1913, se marie, sera ordonné prêtre dans l'Eglise orientale et rencontrera le Pape )

 

 

Charles de Foucauld invite ainsi tous les chrétiens, tous les baptisés:

- "à se convertir soi-même et mener une vie conforme aux enseignements de NS Jésus-Christ

- " à convertir ceux qui nous entourent, parents, amis, voisins, connaissances, chrétiens ou non-chrétiens, moins par les conseils que par l'exemple, l'affection fraternelle et la bonté"

- "aider ceux qui travaillent à la conversion des infidèles..." (Testament, p. 115)

 

Charles de Foucauld innove. Jusqu'à sa mort, en 1916, il simplifiera ce qu'il attend de tous les baptisés.

- D'abord qu'ils se plongent dans l'évangile et se laissent toucher par Jésus de Nazareth..pour se sentir appelés à faire connaître Jésus autour d'eux, en devenant évangélisateurs...

- qu'ils deviennent mystiques, revenant à l'évangile, capables de sainteté..Comme Priscille et Aquila, ce couple collaborateur de St Paul, ayant le même métier, établis à Corinthe, puis à Ephèse (voir les Actes des Apôtres et Romains 16)

- qu'ils se situent, dans les milieux hostiles à la foi chrétienne, en amont des semeurs et des moissonneurs: dans la fonction de défricheurs. (Voir JF Six, "Charles de Foucauld", le Livre ouvert, 2005, p 118-125) "Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheurs; je voudrais qu'il y en eût beaucoup" (Lettre à Bazin, août 1916, quatre mois avant sa mort)

 

 

Paul, Priscille et Aquila,

fabricants de tentes à Corinthe

 

Textes et réflexions

sur le rôle de tous les chrétiens

dans l'évangélisation

`

 

Le NT et l'évangélisation par tous.

 

 

Tous les chrétiens sont dans ce monde (sans appartenir au monde) , comblés de la joie du Christ, sanctifiés dans la Parole de Vérité,et envoyés comme Lui pour que le monde devienne croyant

 

Jean 17, 13 Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.

14 Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.

15 Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.

16 Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

17 Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.

18 De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.

19 Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.

20 Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.

21 Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

 

 

TOUS LES CHRETIENS SONT CHARGES D'EVANGELISER

 

 

II Corinthiens, 5 15

Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes,

mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.

...

17 Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle.

Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

18 Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation.

19 Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui :

il n’a pas tenu compte des fautes,

et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.

20 Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ,

et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

 

 

Dans les Actes des Apôtres, les Envoyés du Seigneur ( ou Apôtres, appelés aussi les Douze)

reçoivent la MISSION prioritaire de

Témoigner de la mort, de la résurrection de Jésus:

 

1,21 Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous,

22 depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection. »

 

Actes 4 11 Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle.

12 En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

13 Constatant l’assurance de Pierre et de Jean, et se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris ; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus.

14 Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire. 15 Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux.

16 Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier.

17 Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. »

18 Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus.

19 Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger.

20 Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. »

21 Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.

22 En effet, l’homme qui avait bénéficié de ce miracle de guérison avait plus de quarante ans.

23 Lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit.

 

Matthieu 28: Jésus leur en a expressément donné la MISSION.

 

 

 

L'ESPRIT de DIEU est également répandu sur tous les DISCIPLES du CHRIST,

jeunes et vieux, hommes et femmes,

 

Actes 2 14 Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.

15 Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour.

16 Mais ce qui arrive a été annoncé par le prophète Joël :

17 Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes.

18 Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront.

 

...

Lorsque Pierre et Jean eurent été relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit.

24 Après avoir écouté, tous, d’un même cœur, élevèrent leur voix vers Dieu en disant :

« Maître, toi, tu as fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment...

 

27 Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction ;

....

29 Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance.

30 Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. »

31 Quand ils eurent fini de prier, le lieu où ils étaient réunis se mit à trembler, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.

....

33 C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus,

et une grâce abondante reposait sur eux tous.

 

 

Aquilas et Priscille (ou Prisca): le couple évangélisateur, présenté comme modèle de baptisés par CdF

Paul évangélisa avec beaucoup d'autres chrétiens, femmes et hommes.

Jésus, de même, fut toujours accompagné d'un groupe de femmes, galiléennes pour la plupart. (cf Luc 8)

 

Actes 18. 01 Après cela, Paul s’éloigna d’Athènes et se rendit à Corinthe.

02 Il y trouva un Juif nommé Aquila, originaire de la province du Pont, récemment arrivé d’Italie, ainsi que sa femme Priscille ; l’empereur Claude, en effet, avait pris la décision d’éloigner de Rome tous les Juifs. Paul entra en relation avec eux ;

03 comme ils avaient le même métier, il demeurait chez eux et y travaillait, car ils étaient, de leur métier, fabricants de tentes. ...

 

Actes 18.18 Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe.

Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. ...

19 Ils arrivèrent à Éphèse ; il laissa là ses compagnons, mais lui, entrant à la synagogue, se mit à discuter avec les Juifs.

20 Comme ceux-ci lui demandaient de rester plus longtemps, il n’accepta pas.

21 En faisant ses adieux, il dit : « Je reviendrai encore chez vous, si Dieu le veut. » Et, quittant Éphèse, il reprit la mer.

22 Ayant débarqué à Césarée, il monta saluer l’Église de Jérusalem, puis descendit à Antioche.

23 Après y avoir passé quelque temps, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples.

24 Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures.

25 Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean.

26 Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu.

27 Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu.

28 En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.

 

Paul donne une liste impressionnante d'hommes et femmes

collaborant à l'évangélisation.

 

Romains 16.

01 Je vous recommande Phébée notre sœur, ministre de l’Église qui est à Cencrées ;

02 accueillez-la dans le Seigneur comme il convient à des fidèles ; aidez-la en toute affaire où elle aurait besoin de vous, car elle a prêté assistance à beaucoup de gens, de même qu’à moi.

03 Saluez de ma part Prisca et Aquilas, mes compagnons de travail en Jésus Christ, 04 eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ; je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises des nations le sont aussi. 05 Saluez l’Église qui se rassemble dans leur maison.

Saluez mon cher Épénète, qui fut le premier à croire au Christ dans la province d’Asie.

06 Saluez Marie, qui s’est donné beaucoup de peine pour vous.

07 Saluez Andronicos et Junias qui sont de ma parenté. Ils furent mes compagnons de captivité. Ce sont des apôtres bien connus ; ils ont même appartenu au Christ avant moi.

08 Saluez Ampliatus, qui m’est cher dans le Seigneur.

09 Saluez Urbain, notre compagnon de travail dans le Christ, et mon cher Stakys.

10 Saluez Apellès, qui a fait ses preuves dans le Christ. Saluez les gens de chez Aristobule.

11 Saluez Hérodion qui est de ma parenté. Saluez les gens de chez Narcisse, ceux qui croient au Seigneur.

12 Saluez Tryphène et Tryphose, elles qui se donnent de la peine dans le Seigneur. Saluez la chère Persis, qui s’est donné beaucoup de peine dans le Seigneur.

13 Saluez Rufus, choisi par le Seigneur, et sa mère qui est aussi la mienne.

14 Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux.

15 Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympas, et tous les fidèles qui sont avec eux.

16 Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Toutes les Églises du Christ vous saluent.

 

1 Corinthiens 16. 13 Veillez, tenez bon dans la foi, soyez des hommes, soyez forts.

14 Que tout chez vous se passe dans l’amour.

15 Frères, voici encore une exhortation : vous savez que Stéphanas et les gens de sa maison ont été dans votre province les premiers à croire, et se sont engagés au service des fidèles ;

16 à votre tour, soyez soumis à de tels hommes et à tous ceux qui collaborent et peinent avec eux.

17 Je suis heureux de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d’Akhaïcos, eux qui ont suppléé à votre absence ;

18 en effet, ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes.

19 Les Églises de la province d’Asie vous saluent.

Aquilas et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur, avec l’Église qui se rassemble dans leur maison.

 

2 Timothée 4. 11 Luc est seul avec moi. Amène Marc avec toi, il m’est très utile pour le ministère.

12 J’ai envoyé Tychique à Éphèse.

13 En venant, rapporte-moi le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpos. Apporte-moi aussi mes livres, surtout les parchemins.

 

 

Pape Benoît XVI : « L’Église ne grandit pas par le prosélytisme,

mais par le témoignage »

 

 

Le Pape François dans son Exhortation sur "la Joie de l'Evangile, 24 novembre 2013

 

"La Joie de l'Evangile remplit le coeur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l'isolement" (n° 1)

 

"Aujourd'hui et toujours, "les pauvres sont les destinataires privilégiés de l'évangile" et l'évangélisation, adressée grauitement à eux, est le signe du Royaume que Jésus est venu apporter" (n°48)

 

" L'évangélisation est la tâche de l'Eglise" (n° 111). " Jésus ne dit pas aux Apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d'élite. Jésus dit: "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples" (n° 113)

 

"Dans tous les baptisés, du premier au dernier, agit la force sanctificatrice de l'Esprit qui incite à évangéliser...Dieu dote la totalité des fidèles d'un instinct de la foi - le sens fidei - qui les aide à discerner ce qui vient réellement de DIEU" (n° 119)

 

"En vertu du baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire. Chaque baptisé...est un sujet actif de l'évangélisation...Que personne ne renonce à son engagement pour l'évangélisation, car, s'il a vraiment fait l'expérience de l'amour de Dieu qui le sauve, il n'a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l'annoncer...Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l'amour de Dieu en Jésus-Christ. Nous ne disons plus que nous sommes "disciples" et "missionnaires", mais toujours que nous sommes "disciples-missionnaires" (n° 120)

 

 

 

 

Pape François (1er mai 2015, à un groupe missionnaire d'Espagne)

 

Pour aider les autres à grandir dans la foi, en faisant un chemin pour s’approcher du Seigneur, il faut expérimenter personnellement la bonté et la tendresse de Dieu. Cette expérience est le début du chemin que vous faites. Quand vous voyez, quand vous vous rendez compte que, dans votre vie, Dieu a été très bon, très tendre, très miséricordieux, cela a besoin de sortir, d’arriver jusqu’aux autres. Le Seigneur veut nous rencontrer, le Seigneur veut demeurer avec nous, être un ami et un frère, notre maître qui nous révèle la route à parcourir pour atteindre le bonheur. Il ne nous demande rien en échange, il demande seulement d’être accueilli, parce que l’amour de Dieu est gratuité, pur don. C’est important.

 

Pour rendre témoignage, il est nécessaire de reconnaître que tout ce que nous avons est pur don, est un cadeau, est gratuit, est une grâce. Et cela ne s’achète pas, cela ne se vend pas ! C’est un chemin de gratuité, c’est un chemin qu’on ne peut pas expliquer : « - Mais pourquoi moi, Seigneur ? Que dois-je faire ? – Dis-le aux autres ! ». Communiquer ce que le Seigneur a fait avec moi, avec tellement de tendresse, tellement de bonté, tellement de miséricorde. Voilà le témoignage ! Le témoignage amical du dialogue entre amis.

....Cela me rappelle une femme, née dans une famille athée, et elle aussi était athée ; pas agnostique, athée. Mais c’était une honnête femme, une professionnelle, une femme qui faisait son métier, mariée, avec des enfants, mais sans religion. Une de ses filles a rencontré Jésus-Christ, ou mieux, elle a été trouvée par Jésus-Christ. Elle s’est convertie et a mené une vie chrétienne. Et sa maman a respecté cela : « C’est ton choix, ma fille. Avance ! Moi, je n’y crois pas, mais toi, avance ! ». Les années ont passé, la fille était une catholique convaincue, nous pouvons même dire une catholique militante – je n’aime pas ce mot mais disons-le pour bien comprendre. Puis la maman, âgée, de plus de 80 ans, tombe malade, elle est proche de la mort mais elle est lucide. La veille de sa mort, alors que sa fille était à son chevet, s’occupant d’elle, elle lui a posé cette question : « Mais toi, dis-moi – elle ne lui avait jamais posé cette question, parce qu’elle avait respecté – que sens-tu lorsque tu pries ? » Et la fille, respectant sa maman, a dit qu’elle parlait à Dieu, au Seigneur… Et c’est comme cela qu’a commencé une conversation sur ce sujet, légère, tranquille. Puis elles passaient à un autre sujet, et de nouveau celui-ci. À la fin, la maman a dit : « - Mais tu es heureuse de ce que tu as trouvé dans la religion ? – Oui, maman, parce que je crois en Jésus, je crois que Jésus nous aime. – Comme j’aurais envie de sentir la même chose ! ». Et la fille a trouvé le courage de dire : « – Dis-moi, maman, tu en as envie ? – Oui ! Mais c’est trop tard… – Jamais, maman. Tu veux que je te baptise ? ». Et la maman a dit « Oui ! ». La fille ne pouvait pas appeler un prêtre parce que sa maman aurait pris peur. La fille a baptisé sa maman et deux heures plus tard, la maman entrait dans le coma et elle est morte à minuit. Ce sont les miracles de Dieu à travers la proximité, à travers le service. Pas le prosélytisme ! Cette fille n’a jamais fait de prosélytisme. Je la connaissais assez bien, au point qu’elle est venue me voir pour me dire ce qu’elle avait fait et elle avait peur d’avoir mal fait. « Non, tu as bien fait ! Tu as fait entrer ta maman au paradis ! ». Mais il faut de la patience. Il faut de la patience. Le prosélytisme n’est pas patient ! « Lis ceci, fais cela, viens ici, viens là », ils frappent à ta porte… Non, non. L’amitié. Et là, semer, dans l’amitié. Et semer dans l’amitié est une véritable pénitence.

 

 

Pape François, 4 juin 2015

 

« Il faut construire la société à la lumière des Béatitudes, marcher vers le Royaume en compagnie des derniers » : c'est le tweetde ce 4 juin 2015. Témoigner, évangéliser, c'est d'abord vivre selon Jésus et son enseignement dont les Béatitudes constituent un bon résumé.

Dans une de ses premières homélies après son élection, le 22 avril 2013, il avait expliqué que pour entrer dans le Royaume de Dieu il fallait passer « par cette porte qui s’appelle Jésus... Comment entrer par cette porte ? Prends les Béatitudes et fais ce qu’elles disent : sois humble, sois pauvre, sois doux, sois juste. »

Pour le pape, les Béatitudes sont « la route du bonheur », ainsi qu'il l'affirmait dans sa catéchèse du 6 août 2014. Elles sont « le programme de la vie chrétienne », soulignait-il dans son homélie du 9 juin 2014 : « Si quelqu'un demande : 'Comment fait-on pour devenir un bon chrétien ?', Jésus répond 'par les Béatitudes', qui sont très à contre-courant de ce qui se fait dans le monde. »

 

« Peu de paroles, des paroles simples, mais pratiques pour tout le monde, parce que le christianisme est une religion pratique : elle n’est pas faite pour être pensée, mais pour qu’on la pratique, pour qu’on la fasse », ajoutait le pape en proposant une méditation sur chaque Béatitude.

 

« Bienheureux les pauvres en esprit. Les richesses n'assurent rien. En plus, quand le cœur est riche, il est tellement satisfait de lui-même qu’il n’a pas de place pour la Parole de Dieu. »

 

« Bienheureux ceux qui sont dans les larmes, parce qu’ils seront consolés. Mais le monde dit : la joie, le bonheur, les divertissements, voilà ce qu’il y a de beau dans la vie. Et il ignore, il regarde ailleurs, lorsqu’il y a des problèmes de maladie, des problèmes douloureux dans la famille. Le monde ne veut pas pleurer, il préfère ignorer les situations douloureuses, les recouvrir. Seule la personne qui voit les choses telles qu’elles sont et qui pleure dans son cœur, est heureuse et sera consolée. La consolation de Jésus n’est pas celle du monde. »

 

« Bienheureux les doux en ce monde qui, depuis le commencement, est un monde de guerres, un monde où l’on se dispute partout, où la haine est partout. Et Jésus dit : pas de guerre, pas de haine, paix, douceur. 'Mais si je suis « doux dans la vie », on va penser que je suis idiot... Qu’on le pense ! mais toi, sois doux, parce qu’avec cette douceur, tu auras la terre en héritage ».

 

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, bienheureux ceux qui luttent pour la justice, pour qu’il y a ait la justice dans le monde » : « C’est si facile, d’entrer dans la corruption, cette politique quotidienne du 'do ut des' (je donne pour que tu me donnes, ndlr). Tout est une question d’affaires. Que d’injustices ! Combien de personnes souffrent à cause de ces injustices ! »

 

« Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde. Les miséricordieux sont ceux qui pardonnent, qui comprennent les erreurs des autres. Jésus ne dit pas "bienheureux ceux qui se vengent" mais "Bienheureux ceux qui pardonnent, les miséricordieux". Parce que [tous les chrétiens] sont une armée de pardonnés ! »

 

« Bienheureux les cœurs purs, ceux qui ont un cœur simple, pur, sans saleté, un cœur qui sait aimer avec cette pureté qui est si belle. »

 

« Bienheureux les artisans de paix. Mais, c’est si courant d’être artisans de guerres, ou au moins artisans de malentendus ! Quand j’entends quelque chose de celui-ci, et que je vais vers celui-là et je le lui dis et je fais même une seconde édition un peu élargie et je la répète… Le monde des commérages. Ces personnes qui font des commérages ne font pas la paix, ce sont des ennemies de la paix. Elles ne sont pas bienheureuses. »

 

« Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice. Combien de personnes sont persécutées, ont été persécutées simplement pour avoir lutté pour la justice. »

 

 

 

 

JMR TILLARD, "Eglise d'Eglises" (Cerf,1987- 415 pages, Ottawa)

 

1. L'Eglise est évangélisée par Dieu, mais elle est aussi celle qui évangélise pour Dieu..(p.306)

"La Bible est composée sous l'inspiration et la conduite de l'Esprit de Dieu par le Peuple saint. Elle vient radicalement de Dieu dont elle transmet l'initiative, les hauts faits...Elle est aussi du Peuple qu'éclaire l'Esprit et qui par ses prophètes, ses chroniqueurs, ses psalmistes, ses législateurs, ses compilateurs perçoit et exprime le sens et les implication de l'intervention toute gratuide de Dieu. Elle est Révélation de Dieu à travers l'âme d'Israël...

De même le NT ne veut pas livrer des faits bruts. Il transmet toujours des événements lus par le regard de la foi apostolique. Celle-ci - inséparable de l'Evénement de la Mort et de la Résurrection du Seigneur qui l'a provoquée- précède et conditionne toute lecture. Elle vient de l'Esprit de Dieu dont elle est un don gratuit....Prêcher, c'est annoncer la Parole, telle que dans l'Esprit Saint la communauté apostolique l'a comprise.(p.307) "On ne croit pas au prédicateur: on accueille son message et on croit au Dieu qu'il annonce" (p.315)

"L'Eglise, intégralement évangélisée par Dieu - c'est-à-dire transformée par la Bonne Nouvelle du Salut - est pourtant celle qui, sur la base de ce qui la gratifie gratuitement, fait jaillir de son expérience, qui vient de Dieu, une Parole qui évangélise pour Dieu, pour que le dessein salvifique atteigne l'entièreté de l'humanité" (p.308

 

2. L'Eglise est réconciliée par Dieu, mais elle est aussi celle qui réconcilie pour Dieu. (p.308)

 

 

 

 

Walter Kasper, cardinal, dans son livre "l'Eglise catholique" (Cerf, 2014, 590 pages):

 

1.Le temps de la mission occidentale où l'Europe envoyait des missionnaires dans le monde entier est passé...(suite p. 419)

 

2. L'évangélisation est un devoir fondamental de l'ensemble du peuple de Dieu...Elle ne sera pas portée seulement par des prêtres et des religieux, mais bien davantage que jusque-là par des laïques...(suite p. 419)

 

3.Dans beaucoup de pays, la mission en tant qu'annonce de l'Evangile est actuellement interdite ou conduit même à des persécutions...Dans de telles situations, la mission n'est possible que par le témoignage de la présence chrétienne. Charles de Foucauld en a été l'exemple vivant, impressionnant et convaincant...(suite p. 419)

 

4. Enfin et surtout la mission sera marquée aujourd'hui comme dans l'avenir par l'esprit de dialogue, du dialogue avec les religions et les cultures autochtones, par l'effort en vue de l'inculturation et par l'option privilégiée en faveur des pauvres.

Elle sera donc globale et liée à la lutte contre l'injustice et l'oppression, la perécution, la pauvreté, la faim et la maladie, ainsi qu'à la promotion d'une culture globale.

Face aux défis communs de tous les chrétiens, elle ne peut pas se faire en concurrence avec d'autres Eglises et communautés ecclésiales mais, partout et dans la mesure où cela sera ppossible, dans une coopération oecuménique...

Le dialogue est un moyen quasi-sacramentel par lequel Dieu peut entrer dans la conscience du partenaire du dialogue si celui-ci s'ouvre. Il doit donc être mené avec une grande discrétion et le respect de l'autre" (suite p. 420)

"L'Eglise n'est pas une réalité fermée sur elle-même. Elle n'est Eglise qu'à partir de Dieu et dans l'écoute de Dieu, et elle est Eglise en faisant sien le mouvement aimant de Dieu vers les autres par la communication et le témoignage de son message.

Elle est l'Eglise qui, à la suite du Christ, est solidaire de la joie et de l'espérance, de la crainte et de la tristesse des hommes, en particulier des pauvres et des opprimés de toute sorte" (p.421-422).

 

 

 

Questions à se poser aujourd'hui

 

** « Il faut construire la société à la lumière des Béatitudes, marcher vers le Royaume en compagnie des derniers » : c'est le tweet du Pape François ( 4 juin 2015). Témoigner, évangéliser, c'est d'abord vivre selon Jésus et son enseignement dont les Béatitudes constituent un excellent résumé, une charte. - En suis-je convaincu ? La première action d'évangélisation est ma façon de me comporter au quotidien.

Et cela vaut pour toute l'Eglise, toute communauté chrétienne, toute paroisse, tout mouvement apostolique.

 

** Un étonnement - une question - la réponse.

- L'étonnement ? En comparant les évolutions considérables entre ce que disait l'Eglise catholique en l'an 500, en l'an 1075, dans les quatre premiers conciles romains du Latran (1123 à 1215), le concile de Trente, les catéchismes, et le concile Vatican II en 1965 notamment sur les laïcs, leur place et leur mission dans l'Eglise catholique et le Monde, il est impossible de nier la disparité des points de vue et de la doctrine au fil des siècles.

- La question ? Si la doctrine a changé, c'est la preuve qu'elle peut encore changer. Sommes-nous condamnés à penser que toutes les doctrines se valent ? Et pourquoi s'attacher à ce que dit le plus récent Concile, Vatican II ?

- La réponse ? Tout change: dans l'institution catholique romaine également. Les autorités responsables s'efforcent de discerner ce qu'il faut corriger, encourager, éradiquer comme déviations: elles en ont le pouvoir et le devoir. Elles devraient toujours faire leurs discernements en comparant ce qu'elles décident avec ce que le Seigneur Jésus et l'Esprit Saint ont clairement voulu: le Nouveau Testament en est le Témoin, le noyau intangible, le fondement inspiré. Nous sommes ainsi en mesure de constater que les autorités épiscopales réunies au concile Vatican II ont, sur tous les sujets, et principalement sur la doctrine concernant l'Eglise du Christ, la place et la mission des fidèles, hommes et femmes, sur tous ces sujets Vatican II s'est toujours fondé sur le Nouveau Testament et l'expérience de la première communauté chrétienne pour préciser sa doctrine avec l'aide de l'Esprit Saint. Comme il en fut en l'an 49 pour les premières décisions historiques (Actes 15).

Ce ne fut pas toujours le cas au long de l'histoire. Bien souvent, les décisions étaient prises selon les urgences du temps, pour corriger les erreurs du moment...sans avoir l'intention de s'interroger sur l'ensemble Eglise et fidèles laïques.

 

L'histoire nous apprend aussi que des personnalités particulièrement attentives à la méditation de l'Evangile et à la fidélité à l'Esprit Saint ont aidé les autorités à "revenir" aux fondements du Christianismes: par exemple François d'Assise, Claire d'Assise, François Xavier, Thérèse d'Avila, Thérèse de Lisieux et beaucoup d'autres. Charles de Foucauld est de ceux-là.

 

** Que conclure ?

Nous avons la liberté de choisir parmi des "possibles". De débattre et d'étudier avec d'autres pour choisir et préférer ce que nous estimons être le "meilleur", c'est-à-dire le plus fidèle à l'Evangile et à l'Esprit du Christ. Et, l'ayant choisi délibérément, de nous y conformer, avec l'aide des autres et la grâce de Dieu.

 

S'investir pour que tous les chrétiens deviennent de plus en plus des "disciples-missionnaires", des évangélisateurs, des défricheurs, des semeurs, des moissonneurs, des lumières pour le monde et le sel de la terre: c'est le meilleur choix à faire. Beaucoup de saints l'ont fait au long des siècles: pourquoi pas nous aujourd'hui?

 

Parlons-en entre nous - en confiance - et agissons avec d'autres -avec intention droite - et détermination