Aquilas

BERGER

 

Berger ou pasteur: voici un mot qui parcourt la Bible. Pas étonnant puisque les hébreux vivaient grâce à leurs troupeaux: ils avaient tout intérêt à s’en préoccuper.

D’Abraham aux fils de Jacob, sans oublier le prestigieux David, la fonction de berger est honorée. Elle va devenir l’un des grands symboles pour parler de la fonction de responsable sur des groupes humains.

Les prophètes traitent souvent les rois ou les prêtres de “mauvais bergers”. “Ils se paissent eux-mêmes, dit Ezéchiel: ils ne soignent pas la brebis blessée, ne cherchent pas celle qui s’est égarée, ne conduisent pas le troupeau vers de bons pâturages”. (Ez 34)

Aussi Dieu annonce-t-il par Ezéchiel et Jérémie qu’il va prendre lui-même soin des hommes de son troupeau: il les rassemblera, les guérira, les conduira, les protégera contre tout ce qui peut les détruire. Dieu invite également les êtres humains à examiner leur comportement: certains sont brutaux et bousculent les faibles, d’autres ne pensent qu’à eux et ne laissent pas grand’chose de bon à consommer par les pauvres. Lisez tout le chapitre 34 d’Ezéchiel: c’est une méditation formidable sur les relations entre nations riches et pauvres, entre les puissants et les faibles.

 

Matthieu, qui connaît bien l’AT, dit qu’un jour “Jésus eut pitié de la foule, car ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de pasteur” (Mt 9.3). Le même évangéliste souligne que Jésus est né à Bethléem, la ville de David, le berger devenu roi - et que les premiers à avoir entendu l’annonce de cette naissance étaient des bergers - et qu’un jour, Jésus, le fils de l’Homme, rassemblera , “comme un berger”, l’ensemble des Nations, autrement dit l’humanité entière, pour opérer un discernement “entre brebis et brebis”. Cet ultime jugement de qualité portera sur la relation que chacun aura entretenue avec les autres, spécialement les moins favorisés, les plus délaissés. Le symbole du berger parcourt ainsi l’ensemble de l’histoire humaine.

Jésus s’est clairement identifié au Berger promis et attendu par les humbles: “Je suis le vrai pasteur, l’authentique pourrait-on dire. Je connais mes brebis, elles me connaissent. J’ai d’autres brebis: celles-là aussi il faut que je les conduise”. Et, comme pour certifier qu’il est le merveilleux pasteur attendu, Jésus déclare: “Le pasteur se dessaisit de sa vie pour ses brebis”. “Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance” (Jn 10).

Il n’y a aucun doute possible. Jésus s’est présenté comme Dieu venant exercer la responsabilité de berger, de pasteur, non seulement sur ceux qui croient en lui mais sur l’ensemble des êtres humains.

 

Tout naturellement donc, Jésus ressuscité demande à Pierre d’assurer cette responsabilité de berger: en agissant de bon gré, et non par intérêt, pour le bien des personnes , non seulement de l’Eglise mais de l’Humanité. A une seule condition, absolue et trois fois répétée: ‘Pierre, m’aimes-tu? “.

 

Finalement, être pasteur, responsable, exercer l’autorité, c’est se donner, par amour, pour que chacun soit reconnu, soutenu, protégé, pour qu’il puisse aller et venir en toute liberté vers ce qui fera de lui un vivant.

Conclusion : toute responsabilité, dans la société ou la famille , chaque ministère confié dans l’Eglise, devraient être exercés par les chrétiens avec une âme et les qualités d’un vrai et bon pasteur , dans l’Esprit du Christ, le merveilleux et l’unique Pasteur.

 

 

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

 

Aquilas et Priscille

 

 

Après le couple de Marie et de Joseph, d’Elisabeth et de Zacharie, celui d’Aquilas et Priscille est mentionné 6 fois dans le Nouveau Testament.

Leurs noms sont latins. Aquilas faisait partie de la diaspora juive. Son lieu d’origine? La partie nord de la Turquie actuelle, alors appelée le Pont, ou Pont-Euxin, qui longeait la Mer Noire.. Priscille, diminutif de Prisca, portait un nom latin: elle était probablement originaire de Rome. Leur profession? fabricants de tentes, tisserands.

Ces époux devenus chrétiens doivent quitter Rome et l’Italie en raison d’un édit antisémite de l’empereur Claude qui gouverna l’empire de 41 à 54, (il meurt empoisonné par sa femme Agrippine).Cet édit fut publié en l’an 49 ou 50. L’historien Suétone précise que Claude avait pris cette décision à cause des “tumultes provoqués par les juifs” en. raison de leurs débats autour d’un certain “Crestus”. Est-ce Christus qu’il faudrait lire? Et dans ce cas il s’agirait de Jésus, le Christ.

Priscille et Aquilas - j’adopte l’ordre dans lequel ils sont généralement nommés, l’épouse en premier lieu - arrivent donc à Corinthe autour de l’année 50 pour y continuer librement leur profession.Deux ou trois an plus tard, Paul y arrive après l’échec de sa prédication à Athènes. Il s’y installe. C’est là que Paul se lie d’amitié avec Priscille et Aquilas. Ecoutons Luc dans son récit des Actes des Apôtres: “ Paul alla les trouver, et comme ils avaient le même métier qu’eux - ils fabriquaient des tentes - il demeura chez eux pour y travailler. A chaque sabbat, Paul prenait la parole dans la synagogue et cherchait à convaincre aussi bien les Juifs que les Grecs. Quand Silas et Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul put consacrer tout son temps à prêcher; il attestait devant les Juifs que Jésus est le Messie”.(Actes 18.2-5)

L’hospitalité de Priscille et d’Aquilas envers Paul, ainsi que leur activité professionnelle, devint le premier foyer d’évangélisation de Corinthe. Ils vont continuer cette mission capitale à Ephèse quelques mois plus tard, entraînés par Paul. Celui-ci “s’embarqua pour la Syrie avec Priscille et Aquilas. Ils s’arrêtèrent à Ephèse où Paul laissa Priscille et Aquilas” (18.19) afin de boucler son second voyage missionnaire en revenant à la communauté chrétienne d’Antioche de Syrie.

Pendant ce temps, à Ephèse était arrivé Apollos, un juif né à Alexandrie, devenu chrétien, “bon orateur qui connaissait très bien les Ecritures...Plein d’enthousiasme, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus. Mais il ne connaissait que le baptême de Jean. ..Après l’avoir entendu, Priscille et Aquilas le prirent avec eux pour lui expliquer plus exactement le chemin de Dieu” (Act 18.24-26).

Lorsque Paul écrit depuis Ephèse sa première lettre aux Corinthiens, il termine en disant:”Aquilas et Priscille, avec l’Eglise qui se réunit chez eux, vous envoient leurs cordiales salutations dans la communion du Seigneur” (1 Cor 16.19)

Des années plus tard, Priscille et Aquilas retournent à Rome d’où ils étaient partis. Ils continuent à accueillir chez eux les chrétiens. Leur maison devient l’une des premières “églises” comme lieu de rassemblement, de méditation des Écritures, et de célébration de la sainte Cène du Seigneur, le soir, après le travail professionnel.

Quand il écrit aux Romains, Paul fait mention de ses fidèles amis Priscille et Aquilas:”Saluez Priscille etAquilas., mes compagnons de travail au service de Jésus-Christ. Ils ont risqué leur propre vie pour sauver la mienne. Je ne suis pas seul à leur être reconnaissant: toutes les églises du monde non-juif le sont aussi. Saluez également l’Eglise qui se réunit chez eux” (Rom 16.3-5)

Dans la Seconde lettre à Timothée, Paul se présente comme prisonnier à Rome. Une fois encore il demande à Timothée de “saluer Priscille et Aquilas”. “Luc est seul avec moi” (4.11)

 

En recoupant ces informations, émanant de Luc dans les Actes des Apôtres et de Paul, deux éminents apôtres du Ressuscité, nous voyons se dessiner la figure des évangélisateurs de la première heure: Priscille et Aquilas.

Ce sont des gens mariés, unis devant Dieu, vivant l’amour conjugal. C’est bien cette réalité de couple qui semble évangélisatrice, évangile vivant et rayonnant. Ils vivent en plein monde romain, côtoyant par leur vie professionnelle toutes sortes de clients, païens ou croyants, juifs ou romains. Leur domicile est largement ouvert aux frères et soeurs chrétiens: ils semblent assez aisés pour posséder une maison assez vaste pour accueillir les groupes qui viennent méditer les saintes Ecritures, prier et célébrer l’eucharistie. Leur maison tient le rôle des églises bâtiments, proportionnés au nombre des chrétiens du lieu qui sont désignés comme “l’église, ou la communauté qui se réunit chez X ou Y.” Ils approfondissent leur foi chrétienne et collaborent à la formation d’autres évangélisateurs comme Apollos. A travers eux, toute la communauté locale participe à l’évangélisation. Ils constituent le modèle de ce qu’on appelera beaucoup plus tard une cellule d’évangélisation, une église locale, une église domestique.

Aujourd’hui, plus que jamais, Priscille et Aquilas constituent la référence première pour les couples chrétiens, pour l’évangélisation, pour le rapport entre l’ensemble d’une communauté locale et les quelques ministres ordonnés qui rejoignent de temps à autre cette communauté. Ils sont à l’origine de tout, parce que d’abord chrétiens. Le ministère ordonné accomplit parmi eux sa mission. Ils constituent la base de l’Eglise, une base active et consciente.

Notre Eglise a besoin de nombreux “Priscille et Aquilas” aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aquilas et Priscille (Prisca)

 

Un faiseur de tentes juif et sa femme, amis proches de Paul. Ils ont été expulsés de Rome avec tous les Juifs par Claudius en 49, et étaient probablement déjà chrétiens quand ils rencontrèrent Paul à Corinthe (Actes 18:1-3), où ils risquèrent leur vie pour lui (Romains 16:3). Ils allèrent avec Paul à Ephèse où ils aidèrent Apollos à approfondir sa foi (Actes 18:24-26). Romains 16:3 implique qu'ils retournèrent à Rome après la mort de Claude. Le fait que Prisca (qui est la véritable forme du nom, Priscille était un diminutif) soit souvent mentionnée la première a conduit certains à suggérer qu'elle était d'un rang social plus élevé que son mari ou qu'elle avait une position plus importante que lui dans l'Eglise.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Béatitudes

 

Un jour, parlant à la foule, Jésus a prononcé 8 petites phrases, ciselées de la même façon, pour déclarer bienheureux ceux et celles dont les comportements intérieurs engendrent un vrai bonheur. “Bienheureux les artisans de paix, bienheureux ceux qui agissent avec douceur; bienheureux les coeurs purs, bienheureux ceux qui ont un coeur de pauvre”... Depuis des siècles, on appelle béatitudes (au pluriel) ces 8 attitudes que St Matthieu rapporte au début du sermon sur la montagne.

Luc, dans son évangile, en rapporte seulement quatre qu’il fait suivre de 4 attitudes strictement contraires qui engendrent le malheur. On les a souvent appelées des malédictions. Bien à tort puisqu’on pourrait croire que Jésus a proféré des malédictions contre certaines personnes en leur disant: “Malheur à vous”.

Comprenons bien le langage de Jésus. Il déclare heureux, bienheureux, ceux et celles dont les qualités intérieures vont dans le bon sens, imitant Jésus qui pratique lui-même: paix, compréhension, douceur, recherche de la justice et de la transparence, courage devant les épreuves. Jésus confirme ce positif en l’opposant au négatif . Il appelle malheureux, bien malheureux, ceux dont les pensées ou les actes vont dans le sens de la violence, de la guerre, du mensonge, de la capitulation devant les obstacles. Jésus fait un constat et il annonce un résultat: vous, les humains, vous serez heureux si vous pensez et agissez comme je le fais: mais vous serez finalement malheureux si vous choisissez systématiquement de faire le contraire.

 

En français, la béatitude (au signulier) évoque une sorte d’état irréel, flottant, passif, dans lequel on ne ressentirait rien de pénible et que rien ne pourrait venir troubler. La Bible ne parle pas de la béatitude mais des béatitudes: ces attitudes actives, réactives, qui placent sur la route d’un bonheur durable.

 

Déjà les Psaumes avaient établi une sorte de liste des gens heureux: “ceux qui ne prennent pas le parti des méchants, des arrogants: ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur: ceux qui observent le droit: ceux dont l’offense est enlevée et le péché pardonné”... Et le Sage écrivait avant le Christ: “ Heureux celui que sa conscience n’accuse pas”: celui qui s’applique à la sagesse: celui qui vit avec une femme intelligente: heureux l’homme riche qu’on a trouvé irrépprochable (Siracide, ici ou là).

 

Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, présente, lui aussi, la route du bonheur: “Heureux ceux qui gardent les paroles prrophétiques de ce livre: heureux les invités au festin des noces de l’agneau: heureux ceux qui sont morts dans le Seigneur.” Sans doute est-ce en raison de ces annonces de bonheur au-delà de la mort, au-delà de cette terre, que certains penseurs ont fini par présenter la béatitude comme la situation paradisiaque offerte aux croyants, mais seulement après la mort. Tandis que la traversée de l’existence terrestre correspondrait à un pénible passage à travers une vallée de larmes.

Jésus parle de façon beaucoup plus réaliste, plus existentielle, terretre, charnelle aurait dit Péguy. Dès maintenant, chaque personne humaine peut connaître le bonheur ou prendre la route de multiples malheureus. Maintenant, ici-bas, le bonheur est à notre portée. Mais pas à n’importe quel prix. Ni forcément dans le sens où beaucoup en parlent, comme si le bonheur jaillissait essentiellement du bien manger, bien dormir, du tout réussir, de la richesse accumulée, de la force triomphante, de la gloire reconnue. Nous connaissons tous des personnes dont nous disons qu’elles ont tout pour être heureuses, mais dont nous constatons qu’elles sont malgré tout très malheureuses et qu’elles l’avouent parfois. De ceux-là, Jésus, dans son langage direct, affirme qu’ils sont effectivement bien malheureux parce qu’ils ont fait de mauvais choix intérieurs.

Combien y a-t-il de béatitudes? Huit? Quatre? Mauvaise comptabilité!

Souvenez-vous aussi de ces béatitudes supplémentaires:

“Heureuse celle qui a cru les paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur”: Marie

“Heureux le serviteur que son maître trouvera en train de veiller” ( (Luc 12.43)

“Heureux êtes-vous si vous consentez à imiter mon geste de vous laver les pieds “ (Jn 13)

“Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez” (luc 10.23)

“Heureux ceux qui croiront sans avoir vu” (Jn 20.29)

C’est fou le nombre d’occasions que nous avons d’être heureux selon Jésus. Ne les ratons pas.

 

 

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