antioche

APÔTRE

 

Dans le langage catholique courant , le mot apôtre désigne d’abord les Douze, puis tout chrétien animé d’un souffle apostolique. La Bible va considérablement élargir cette notion.

Le mot nous vient du grec, apostolos qui désigne très précisément un envoyé, chargé de mission par Dieu.

Le latin a copié le grec en disant “apostolus” mais le verbe correspondant est presque toujours celui qui signifie envoyer , que nous pourrions tout aussi bien traduire par devenir missionnaire.

Eh oui. Pour la Bible, apôtre ou missionnaire, apostolat ou mission disent la même réalité.

L’Envoyé ne vient pas en son propre nom mais au nom de Dieu: il ne parle pas en son nom personnel mais il dit ce qu’il a reçu mission de dire. Il ressemble beaucoup à ceux que l’AT appelle Prophètes.

 

Jésus se présente souvent comme celui que le Père a envoyé. :”Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie” (Jn 20.21).- “Dieu n’a pas envoyé son fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui” (Jn 3.17)-

Jésus parle de l’Esprit Saint comme “celui que le Père enverra en (son) nom” (Jn 14.26)

Le NT emploie plus de 200 fois le verbe envoyer et seulement 80 fois le substantif apôtre.

 

Qu’est-ce donc qu’un APÔTRE ?

D’abord, quelqu’un qui a été appelé à croire: devenu croyant, il s’est laissé former par la parole du Christ, il est un disciple fidèle. Appelé une seconde fois, il est envoyé en ambassadeur pour annoncer l’Evangile du salut. Il témoigne alors de ce qu’il croit et vit à propos de Dieu, de la mort et de la résurrection de Jésus ; il s’efforce de susciter la foi et l’espérance chez ceux qui le reçoivent. L’Esprit saint ouvre le coeur de ceux qui l’écouten afin qu’ ils puissent devenir à leur tour des fidèles du Christ, membres de l’Eglise, l’assemblée des chrétiens à travers le monde.

Les Douze premiers apôtres répondent donc parfaitement à cette définition. Cependant, le chiffre douze est plus symbolique que restrictif. Paul se dit clairement “l’apôtre du Christ Jésus, pour les païens, de par la volonté de Dieu” (Rom.11.13, Col 1.1, Eph. 1.1). Il appelle également apôtres un certain nombre de ceux et celles qui collaborent à répandre l’évangile: Barnabé, Andronicus et Junie (Rom 16.7) .

L’apostolat , ou la mission: ça continuera jusqu’à la fin des temps.

Chaque membre de l’Eglise est chargé de mission dans son couple, sa famille, son voisinage. Toute l’Eglise est apostolique: nous le disons dans le credo.

Ne réservons pas la notion d’envoyé en mission à ceux qui partent loin de leur univers culturel pour y devenir des professionnels de l’apostolat, - nous les appelons des missionnaires-

Tous les chrétiens participent à la mission reçue de Dieu: annoncer la Bonne Nouvelle du salut en Jésus avec un souffle apostolique reçu de l’Esprit Saint.

Chaque chrétien a le droit et le devoir de se considérer comme apôtre: il est l’envoyé du Seigneur à sa famille, à ses relations, dans son univers culturel ou professionnel.

Vous qui écoutez, pensez-y: vous êtes en mission apostolique.

Dieu vous fait confiance. Et, quand il fait confiance, c’est pour de bon!

(44 lignes)

 

Mots de la Bible

Expressions bibliques

 

Amos

Amos est probablement le plus ancien prophète dont les paroles furent consignées dans un livre portant son nom.

Écoutons d’abord quelques-unes de ses interventions.

“Voici ce que déclare le Seigneur:J'ai plus d'un crime à reprocher aux Philistins de Gaza, et en particulier celui-ci: ils ont déporté les populations de villages entiers” -J'ai plus d'un crime à reprocher aux Ammonites, et en particulier celui-ci: ils ont éventré les femmes enceintes en voulant agrandir leur territoire” -

Amos va reprocher aux peuples environnants ce que nous appelons aujourd’hui des crimes contre l’humanité. A ses compatriotes il reprochera leur hypocrisie dans le culte et leurs injustices dans les relations sociales:”J'ai plus d'un crime à reprocher aux gens d'Israël.... en particulier ceci: ils vendent l'innocent comme esclave pour de l'argent qu'il n'a pu rembourser; ils vendent le malheureux pour une paire de sandales. 2:7 Ils n'ont qu'un désir: voir les faibles humiliés; au tribunal ils font rejeter la requête du pauvre. Le père et le fils se succèdent dans le lit de la même fille,”.- “Vous, les dames de Samarie, florissantes comme les vaches du Bachan, écoutez ce que j'ai à dire: vous violez le droit des faibles, vous maltraitez les pauvres”...- 5:11 <<Vous exploitez le faible,vous prélevez du blé sur sa récolte. C'est pourquoi vous ne profiterez pas des belles maisons que vous avez bâties, ...5:14 Cherchez donc ce qui est bien et non pas ce qui est mal. Ainsi vous resterez en vie, et le Seigneur, le Dieu de l'univers, sera vraiment avec vous, comme vous le prétendez. 5:15 Détestez ce qui est mal, aimez ce qui est bien. Au tribunal rétablissez le droit. Alors le Seigneur, le Dieu de l'univers, se montrera peut-être bienveillant”...

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Quel est donc l’homme qui parle de façon aussi tonitruante au nom de Dieu? Un spécialiste de la prédication prophétique ? Loin de là. Les monarchies du Moyen Orient avaient des prophètes dont les oracles servaient surtout les pouvoirs en place. Amos, lui, parle au nom du Seigneur et d’une mission qu’il reçue alors qu’il ne s’y attendait pas. Il s’en explique vivement avec le prêtre desservant le temple de Béthel ce sujet servile.qui a dénoncé Amos comme un conspirateur défaitiste annonçant la ruine du royaume: “Je ne suis ni prophète de métier ni membre d'une confrérie prophétique. Je gagne habituellement ma vie en élevant du bétail et en incisant les fruits du sycomore. 7:15 Seulement le Seigneur m'a pris derrière mon troupeau, et il m'a dit d'aller parler de sa part à Israël, son peuple.7:16 Or toi, Amassia, tu m'interdis d'apporter le message de Dieu au sujet d'Israël, de débiter mes discours, comme tu dis, contre les descendants d'Isaac. Eh bien, écoute donc ce message du Seigneur: Toi-même tu mourras en pays païen,et la population d'Israëlsera déportée loin de sa patrie”.

Nous sommes alors dans les années -760-750 avant notre ère. Le roi s’appelle Jéroboam, sa capitale est Samarie et son temple officiel Bethel. Ce royaume du nord, appelé royaume d’Israël, connaît une période florissante: on construit, on consomme, le luxe est l’apanage des riches. Amos, lui, fait partie du royaume du Sud, capitale Jérusalem, roi Ozias. Amos habitait Tequoa, 16 km. au sud de Jérusalem. Envoyé par le Seigneur dans le royaume du nord, il parle seulement au nom de Yahvé et non des rois complices du dévoiement religieux. Sa prédication s’adresse aux pays environnants, particulièrement la Syrie. Au vu des crimes qui se commettent partout, Amos annonce un avenir terrible, un renversement des situations. Effectivement, en 722 la capitale Samarie sera détruite et la population déportée à Ninive, actuelle région de Mossoul en Irak.

Ce renversement de situation, Amos l’appelle “Jour de Yahveh”, un jour qui dévastera le mal vivre des injustes. Jour de colère que ce jour-là. Les auteurs du “dies irae” de notre ancienne messe des morts ont repris les expressions d’Amos et certains compositeurs de musique ont décuplé l’effet terrifiant de ses paroles: Verdi et Berlioz tout particulièrement.

Amos a du souffle. Il ne met pas en avant la miséricorde de Dieu. D’autres prophètes vont parler au nom du Seigneur: Osée, Michée ou Isaïe . Complètant le message d’Amos ils laisseront entrevoir que le jour de Yahvé comportera la lumière après les ténèbres, le pardon après la dénonciation des crimes, l’amour divin s’exerçant à travers le rétablissement de la justice.

Lire du Amos, ça décoiffe. Notre époque ne manque pas de situations qui mériteraient de nouveaux Amos.

N’hésitez donc pas à lire au moins quelques chapitres de ce bouvier-prophète.

 

 

 

 

 

 

 

 

Contenu

 

Le livre se divise en quatre parties:

 

1) 1:1-2:16: Amos se présente et annonce la venue du jugement sur les peuples voisins pour crimes contre l'humanité, sur Juda, son pays natal et sur Israël (le royaume du nord, parfois appelé Samarie) parce qu'ils se sont détournés de la révélation de Dieu.

 

2) 3:1-6:14: quatre discours qui montrent comment Israël a abusé de ses privilèges.

 

3) 7:1-9:10: série de cinq visions de jugement.

 

4) 9:11-15: épilogue qui décrit la restauration du royaume davidique.

 

Auteur et date

 

On ne connaît rien d'Amos en dehors de ses écrits. Il venait de Tekoa (1:1), à 16 km au sud de Jérusalem. Bouvier et cultivateur de sycomores, il ne s'était pas jusque là considéré comme un prophète (1:1; 7:14). Il vécut pendant les règnes d'Ozias, roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d'Israël (779-743 av. J.C.) et le niveau de prospérité que le livre reflète suggère une date de composition aux alentours de 760.

 

Contexte historique

 

Plus de 40 ans avant Amos, l'Assyrie avait écrasé la Syrie au nord d'Israël, ouvrant ainsi la voie à un commerce lucratif qui permit le développement d'une riche classe marchande à Samarie. Mais la richesse était inégalement répartie et la classe paysanne était négligée. Les pauvres étaient opprimés par les riches (2:6ss); les riches étaient égoïstes (6:3-6); la justice favorisait le plus offrant (2:6; 8:6). La religion était corrompue; on continuait à pratiquer les rites, mais ils s'accompagnaient d'impiété et d'immoralité (4:4s.) et se faisaient aux dépens des pauvres (2:8).

 

Message

 

Amos condamnait fortement la façon dont on dénaturait le système religieux. Dieu ne pouvait tolérer un culte aussi corrompu (5:21-23) parce qu'il ne se contentait pas des sacrifices (5:24ss). Dieu, par conséquent, se tenait sur l'autel, prêt à le détruire (9:1ss). Pour Amos, Dieu est le créateur du monde (4:13), qui continue à faire vivre (5:8; 9:6). Il contrôle également la destinée des nations: il les maîtrise (1:5), les détruit (2:9), les élève (6:14), les juge (1:3-2:3). Il est droit et exige la droiture de la part de son peuple (5:24). Il a choisi Israël pour qu'il soit son peuple (3:1ss), lui a fait connaître sa volonté par la bouche des prophètes (3:7) et par conséquent le juge sévèrement quand il lui désobéit (4:12). Mais il y a aussi l'espoir d'un avenir meilleur (9:11-15).

 

Antioche de Syrie,

Antioche de Pisidie

 

Les Actes des Apôtres évoquent deux villes actuellement situées en Turquie.

La moins célèbre, Antioche de Pisidie, près de Yalvac, vers le centre de la Turquie, fut visitée par Paul lors de sa première mission. Les colons juifs habitant cette ville invitèrent Paul à prendre la parole le jour du sabbat. Paul fit une fort belle homélie sur Jésus dans l'histoire du Judaïsme.. Le sabbat suivant, presque toute la ville vint écouter Paul et Barnabé, ce qui enflamma de jalousie des traditionalistes du Judaïsme, hommes et femmes notables. Ils déclenchèrent une vague d'opposition. Paul et Barnabe durent quitter Antioche de Pisidie et se rendre à Iconium, la ville actuelle de Konya, rendue célèbre plus tard par ses derviches tourneurs, de foi musulmane. Il y eut cependantpar la suite une communauté chrétienne à Antioche de Pisidie: elle construisit une grande basilique dont on voit aujourd'hui les ruines imposantes, en rase campagne.

L'autre ville appelée Antioche fait également partie de la Turquie actuelle: située au sud-est elle porte le nom d'Antakya, avec 140.000 habitants. Ce fut une cité importante: construite par Antiochos, fils d'Héraclès, ensuite capitale d'Antiochus IV Epiphane pendant la résistance des Maceabées vers 165 AC, elle devint capitale de la province romaine de Syrie en 64 AC. D'où le nom d'Antioche de Syrie que lui donne le livre des Actes des Apôtres.

Lorsqu'éclata la persécution contre les chrétiens de Jérusalem, au temps d'Etienne et, ne l'oublions pas, du très jeune Saul de Tarse, un certain nombre de disciples s'installèrent à Antioche. Barnabe est envoyé à Antioche par la communauté de Jérusalem. Il s'installe à Antioche et y amène Saul de Tarse après sa conversion.. Tous les deux deviennent les formateurs des disciples du Christ à Antioche. Ceux-ci reçurent alors le beau nom de "chrétiens", disciples du Christ. La fervente communauté d'Antioche reçut de l'Esprit Saint la conviction qu'elle devait envoyer en mission, vers l'Ouest, Barnabé et Saul, puis d'autres évangélisateurs.

Antioche, avec son port Séleucie, devint la base missionnaire la plus active des premiers temps du christianisme. Impossible de séparer Paul de cette communauté.

Antioche fut aussi une communauté internationale où se posa la question: faut-il imposer toutes les prescriptions du judaïsme à des croyants non-juifs, grecs, romains ? Pierre vint à Antioche. Il y rencontra Paul qui ne manqua pas de critiquer le comportement hésitant et ambigu de Pierre, tantôt ouvert aux non-juifs, tantôt retournant aux règles de l'ancienne alliance. Le désaccord fut porté devant rassemblée de Jérusalem, vers l'an 49.

Pierre y intervint le premier en ouvrant les perspectives: "Pourquoi provoquez-vous Dieu en imposant aux disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n'avons été capables de porter?" Ensuite, Paul et Barnabé racontèrent comment des non-juifs s'ouvraient joyeusement à la Voie chrétienne. Jacques, le responsable de la communauté de Jérusalem fit une proposition que tous approuvérent comme respectant bien les désirs de l'Esprit Saint. On mit par écrit l'essentiel de cette décision. Elle supprimait notamment l'obligation de la circoncision. On nomma Barnabe, Paul, Barsabas et Silas pour porter une lettre fraternelle à la commauté d'Antioche.

Ce récit du chapitres 15 des Actes nous donne à penser qu'Antioche fut la seconde grande communauté chrétienne, une communauté dont les disciples apprirent à se confronter librement, à respecter leur diversité, à pratiquer l'ouverture au monde païen et à donner les meilleurs éléments pour l'évangélisation des autres pays. Par l'intermédiaire de Paul, de Silas, ce furent Ephèse, Thessalonique et Corinthe qui virent naître de belles communautés locales.

Le christianisme passa en Europe.grâce à ces membres de l'église d'Antioche. Et, dans toute la Turquie, pendant 8 siècles au moins, l'Eglise fut florissante.

Aujourd'hui, les chrétiens ont presque totalement disparu de ces villes de Turquie, alors célèbres par leurs pasteurs, leurs théologiens, leurs écrivains, leurs mystiques et tous les conciles du premier millénaire, avant la grande rupture de 1054 entre les chrétiens d'Orient et ceux de l'Occident.

Aujourd'hui, la visite de ces deux anciennes villes d'Antioche ne manque pas de poser la question: pourquoi le christianisme peut-il disparaître presque totalement après avoir été si resplendissant?

 

 

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