ActesdesApotres

Actes des Apôtres

ACTES des APOTRES

 

1, 15 à 26

 

En rentrant du mont des Oliviers, la toute première communauté des disciples rejoint la salle haute de la maison mise à la disposition de Jésus par un de ses amis de Jérusalem (Luc 22,9 à 13. Pourquoi pas "le disciple que Jésus aimait" ? )

Le petit groupe est constitué d'hommes et de femmes, probablement des couples. D'un commun accord, Ils sont assidus à la prière quotidienne telle que la pratiquaient les Juifs fidèles.

En leur sein, le groupe des Douze, alors réduit à Onze depuis l'abandon de Judas. Luc nous en donne la liste (à rapprocher de Luc 6, 14 à 16). Jean, fils de Zébédée, est nommé aussitôt après Pierre. La famille de Jésus est explicitement mentionnée, en premier lieu Marie, "la mère", et les frères de Jésus. Le groupe ne dépasse pas les capacités d'accueil de la salle haute.

Simon Pierre prend l'initiative devant un groupe de 120 disciples ( nombre symbolique ? 10 fois le nombre des Envoyés de Jésus ou Apôtres).Ne les imaginons pas réunis dans la salle haute. Donc ailleurs. Où ?

Notons la structure de cet ensemble de croyants. Il portera bientôt le nom d'Eglise, assemblée de ceux qui répondent à l'appel du Seigneur.

 

Il devrait en aller ainsi lorsque nous employons aujourd'hui le mot Eglise: des hommes et des femmes, unis en couple, croyants, disciples du Ressuscité, constituant la Famille de Dieu. En son sein, pour y prendre des initiatives et en assurer la cohésion fondée sur la foi au Christ ressuscité, un groupe d'Envoyés en mission, rappel des Douze, parmi lesquels Pierre.

***

Celui-ci prend la parole - en citant les Saintes Ecritures - pour en tirer des orientations adaptées à la situation présente: désigner un nouvel apôtre assumant la mission désertée par Judas: témoigner de la résurrection. - Pierre organise cette désignation: - il sollicite les suggestions de tous les membres de la communauté, - qu'il place sous le regard de Dieu par la prière. - Tous laissent à Dieu le choix ultime.

** Ce modèle sera repris un peu plus tard (Actes 15) pour régler un problème devenu important.

Les Eglises chrétiennes devraient se référer à ce type d'assemblée quand elles cherchent aujourd'hui les solutions véritablement "ecclésiales" à leurs préoccupations, tout particulièrement à l'évidente et scandaleuse division des disciples du Christ.

Ou encore à l'uniformité des organisations confondue avec l'unité des chrétiens.

Ou encore au rôle dévolu au successeur de Pierre.

Ou encore à la priorité accordée à l'évangélisation et au souci prioritaire des personnes les plus oubliées ou méprisées.

Nous constatons encore beaucoup de décalages entre la pratiques de ces Eglises et ce que Luc présente comme "allant de soi", "normal", "évident".

*

A propos de la mort de Judas et de l'achat du champ hakeldama, comparer avec Matthieu 27, 3 à 10. Luc n'en parle pas dans son évangile, mais ici, dans les Actes, il attribue cette version à Pierre s'adressant à l'assemblée des disciples pour justifier le remplacement de Judas. Matthieu, lui, tient surtout à montrer le rapport avec le texte du prophète Zacharie (Za 11, 12-13, sur les trente pièces.

Lire plus largement 7 à 17 sur les vauriens de bergers ).

 

 

2, 1-11

 

Luc rapproche les deux débuts du Peuple de Dieu en utilisant les mêmes images.

Au Sinaï, le peuple avait bénéficié du choix de Yhwh, qui l'avait d'abord libéré du génocide programmé par le pharaon d'Egypte,(Ex 12 et 13) et accordé son Alliance, ses Dix Paroles pour qu'il vive une relation de respect et de fidélité avec son Dieu (Ex 19 et 20).

Images sélectionnées: la montagne, lieu élevé de rencontre avec Dieu - souffle, vent, feu, tonnerre, signes de la présence du Créateur - acceptation formulée par le Peuple promettant d'honorer Yhwh en étant son représentant au milieu des autres peuples.

A Jérusalem, sur le (petit) mont Sion, des croyants du premier peuple de Dieu sont réunis pour fêter ce Don de l'Alliance. Mêmes images sélectionnées: bruit, souffle, feu, langues, signes de la présence de Dieu. Nouvelle Mission confiée aux bénéficiaires : parler, exprimer, transmettre aux Nations ( monde païen, non Juif) la Parole de Dieu, incarnée dans la personne de Jésus. Il a transmis fidèlement les pensées de son Père, il a été mis en accusation puis condamné et rejeté par les Autorités religieuses de son peuple, le peuple Juif. Il a été livré à l'Autorité romaine pour qu'elle le crucifie à façon d'un esclave. Mort en croix, déposé au tombeau, il n'y a pas connu la décomposition. Yhwh Dieu l'a relevé (anastasis, en grec) d'entre les morts.

Le (tout petit) peuple des disciples du Christ sort alors de son isolement. Il est mis dans le monde, mis au monde, par le Souffle de Dieu.

Il parle en s'adaptant aux gens venus de tous les pays de Méditerranée et se faisant comprendre de tous les dialectes du monde connu.

Le Message de Relèvement et de Salut est accueilli, compris par des gens différents.

Au soir de cette Pentecôte, des milliers ( nombre symbolique ? ) deviennent disciples du Christ dont Pierre, avec les Onze, est le Témoin.

Ils ont le coeur touché.

Ils promettent de changer leur façon de penser et de vivre ( conversion, retournement complet).

Ces gens du Peuple du Sinaï deviennent le Peuple du Dieu de Jésus-Christ.

Ils adhèrent à sa Parole.

Mutation, évolution interne au Peuple de Dieu que Luc, puis Pierre, puis Paul appelleront Eglise. Ce peuple est l'œuvre de l'Esprit.

Les Apôtres reçoivent et transmettent.

Chacun dans ce peuple, jeune ou vieux, reçoit et transmet: tous sont "prophètes", Porte-Parole de Dieu par leur témoignage de vie et les paroles qu'ils disent pour expliquer leur transformation intérieure.

Telles demeurent et doivent être les caractéristiques du Peuple de Pentecôte suscité par le Souffle de Dieu.

Non pas une organisation cherchant à s'imposer, mais une communauté de disciples chargée de proposer aux hommes et aux femmes de leur temps une meilleure façon de vivre, centrée sur l'enseignement, la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

 

 

2, 1 à 18

 

.L'Eglise de Pentecôte

 

1. Le Souffle de Dieu en a l'initiative. Il commence par chasser les peurs paralysant les disciples du Christ, hommes et femmes. Ils ont conscience d'avoir reçu un ordre de mission puisqu'ils viennent de désigner Matthias pour remplacer Judas. Mais ils sont tétanisés par la peur.

 

2. L'Esprit de Dieu les envahit de son Souffle, comme un Feu (rappel du Sinaï) qui leur brûle la langue et guérit leur mutisme. Il leur donne envie de parler, de témoigner.

 

3. L'Esprit de Dieu leur rappelle l'enseignement de Jésus, leur en donne le sens profond et les moyens d'en transmettre l'essentiel dans un langage accessible à tous.

 

4. L'Esprit fait en sorte que se rassemblent des auditeurs potentiels, des gens ouverts à une révélation, des croyants qui ont fait le déplacement pour célébrer l'Alliance entre Yahvé et son peuple.

 

5. Ce Peuple de Dieu représente une incroyable diversité géographique et culturelle. Ce n'est pas un club d'initiés, mais une foule "ouverte à tous les vents". Ils viennent de tous les horizons et vont repartir jusqu'aux extrémités du monde connu. Ils ne sont pas faits pour rester ensemble mais pour se disperser tout en restant en communion les uns avec les autres.

 

6. Pierre - celui qui disait voici 50 jours et quelques qu'il ne connaissait pas Jésus- le pêcheur galiléen avec son accent, confirmé dans sa mission par le Ressuscité sur les bords de son lac, commence sa première journée d'évangélisateur, de porte-parole du Christ, d'Envoyé aux personnes humaines qu'il n'a pas choisies.

 

7. Il parle manifestement sous influence de l'Esprit. Mais il affirme ne pas être le seul intérieurement transformé . Vos fils et vos filles, eux aussi, sont habités par le même Esprit. Jeunes et vieux. C'était annoncé depuis longtemps. Le moment est arrivé. Des Humains laissent Dieu et son Christ retourner leur coeur pour s'intéresser enfin aux choses de Dieu, à l'oeuvre de Dieu, qui est Foi et Amour.

 

***

Voici les premiers composants de toute véritable Eglise chrétienne.

 

2, 14 à 37

 

 

Simon-Pierre est poussé hors du Cénacle par l'Esprit: inspiré de l'intérieur pour s'adresser à cette foule venant de tous les horizons géographiques et culturels. Il s'adresse "au monde", du moins à un monde croyant au Dieu d'Israël.

*

Tous connaissent des rudiments des Ecritures. Pierre peut donc s'y référer. Il prouve ainsi que depuis longtemps il prie sur les psaumes, attribués alors à David et médite le message de conversion proposé par les prophètes.

Il cite particulièrement le prophète Joël pour montrer que ce jour est un Jour historique où Dieu manifeste particulièrement son influence sur les personnes. Celles-ci comprennent par le coeur un message proclamé dans une langue qui n'est pas habituellement la leur.

Elles vibrent ensemble au lieu de se diviser en groupes culturels.

*

Elles sont bouleversées par l'événement Jésus de Nazareth qui vient de se produire quelques semaines plus tôt, ici, à Jérusalem, au moment de la Pâque.

Pierre trouve les mots pour présenter son ami, son guide, son modèle, son Seigneur., celui qu'il a renié par peur et qui aujourd'hui lui fait transcender sa peur.

Ce Jésus est passé en faisant le bien: il parlait avec l'autorité d'un homme de Dieu. Mais ce qu'il disait s'opposait à la religion que les autorités imposaient au peuple. Les grands responsables ont donc décidé de le condamner et de le livrer au pouvoir politique des païens occupants. Ils en ont pris la responsabilité historique.

 

Dieu ne pouvait pas approuver cette violence injuste. Il l'a relevé de la mort. Il est vivant. Nous l'avons vu. Nous en sommes témoins. Nous témoignons qu'il agit en nous, qu'il parle par notre bouche, qu'il s'adresse à chacun de vous pour vous inviter à croire en Lui, à changer votre façon de vivre. Il veut vous sauver. C'est Lui que nous attendions. Il est Messie, Seigneur.

*

Pierre touche les coeurs et frappe les esprits. Beaucoup comprennent que l'heure est venue de se laisser emporter par un Esprit nouveau. Ce Jésus, en hébreu Yeshouah, "Yahvé sauve", est vraiment le Sauveur, le Libérateur espéré. Suivons-le. Croyons-le,.Aimons-Le.

 

2, 36 à 41

 

Pierre résume la proposition de la foi: Jésus, le crucifié, est Seigneur et Messie, c.à.d Envoyé de Dieu et lui-même Dieu.

 

Il ajoute , pour ceux qui ont le coeur bouleversé:

transformez votre façon de penser et de vivre, acceptez d'être plongés, immergés dans le Nom de ce Jésus. Vos mauvais comportements seront pardonnés, vous commencerez une vie nouvelle sous l'influence de l'Esprit Saint.

 

Selon Pierre tous ceux qui aujourd'hui ou demain se laisseront ainsi toucher par la personne de Jésus de Nazareth feront partie du groupe des disciples du Christ.

 

Ils marcheront sur un chemin de salut, de libération.

 

Et le rédacteur des Actes, Luc, précise qu'un très grand nombre de croyants venus à Jérusalem faire mémoire de l'Alliance proposée par Yahvé, adhèrent immédiatement à cette Foi Nouvelle ( nombre symbolique: trois fois mille),

 

*

Le mot Eglise ne figure pas ici. Luc l'emploiera seulement à partir du chapitre 5.

Nous pouvons comprendre que le nouveau groupe religieux qui vient de naître est bien l'assemblée des disciples adhérant d'esprit et de coeur au Christ crucifié et ressuscité.

 

Il en fut ainsi le Jour de Pentecôte. Il en sera ainsi au long de l'histoire. Pas d'appartenance à l'Eglise sans confiance totale accordée au Seigneur Jésus.

 

 

2, 42 à 47

 

Luc résume les axes fondamentaux de la communauté née de l'Esprit de Pentecôte.

 

Ils persévéraient assidument dans

 

1. L'écoute de l'enseignement des Envoyés (apôtres) du Ressuscité. Entièrement centré sur le Christ Jésus ( comme en témoignent tous les discours de Pierre et Paul dans la suite du livre des Actes). La pensée chrétienne n'est pas une philosophie ou une éthique; elle est méditation constante du témoignage rendu au Christ par ceux qui ont vécu avec lui, l' écoutent, l'admirent et demeurent de coeur avec Lui, Parole authentique du Père, "Verbe de Dieu".

 

2. La communion fraternelle, la relation cordiale, chaleureuse, expression de l'expérience spirituelle vécue par chacun. Communion de pensée et d'engagement partagés.

Il en résulte un partage spontané des biens pour que chacun ait le nécessaire et qu'il n'y ait pas d'oubliés ou de pauvres dans la communauté.

 

3. La "fraction du pain" désigne probablement le "repas du Seigneur", vécu en action de grâces pour le Pain de la vie et la coupe de l'Alliance: Mémorial célébrant la Vie donnée et la Résurrection du Christ selon son ordre: "Vous ferez ceci en Mémoire de moi".

Cette célébration de la Cène avait lieu, à cette époque, après le repas du soir qui réunissait les frères et les soeurs du Seigneur (Voir I Corinthiens 11, 17-26) dans les maisons des uns ou des autres.

 

4. La prière quotidienne, dans le Temple, selon le rythme des Juifs fervents. Ou dans les maisons. En petits groupes. Très probablement en utilisant les Psaumes et les Saintes Ecritures du Judaïsme. Progressivement, par la suite, en lisant les lettres de Pierre, de Paul, de Jean, de Jacques.

*

Luc termine par un constat: "ils étaient appréciés par le peuple tout entier". Ils rayonnaient, au point que chaque jour "le Seigneur ajoutait ceux qui trouvaient le salut".

*

Chaque groupe ou communauté de chrétiens doit régulièrement examiner sa fidélité aux quatre éléments constitutifs d'une assemblée réellement chrétienne. Et s'il manque un ou deux éléments, il faut se demander si le groupe n'est pas en train de dériver vers un club d'amis, ou vers une cellule poursuivant des intérêts sans véritable rapport avec l'Evangile.

 

3, 13-19

 

Pierre et Jean (fils de Zébédée), deux pêcheurs du lac de Tibériade interviennent ensemble dans le Temple, précisément dans la galerie de Salomon (superbe allée couverte, bordée de deux rangées de colonnes, large de 15 mètres) à laquelle on accédait par la Belle Porte ou Porte dorée C'est là que se regroupait la toute nouvelle et très petite communauté des disciples du Christ (Ac 5,12).

Parce que c'était un endroit ouvert et couvert - et parce que Jésus y "allait et venait", notamment en hiver pendant la fête de la Dédicace. C'est là que Jésus avait fait une déclaration capitale: "Je donne la Vie éternelle à ceux qui écoutent ma voix et me suivent...Le Père et moi nous sommes Un" (Jean 10, 23-30).

Là que Jésus avait fait sa grande déclaration de totale communion avec le Père. De là qu'il avait dû quitter Jérusalem pour se cacher de l'autre côté du Jourdain puisque les Autorités du Judaïsme cherchaient à se saisir de lui pour blasphème méritant la mort. (Jn 10,40).

C'est donc là que les deux apôtres rendent évidente l'intervention de Jésus, prouvant qu'il est toujours vivant, au bénéfice des plus petits parmi les humains: un paralysé, totalement dépendant de ceux qui le déposaient là pour qu'il reçoive quelques sous en tendant la main. Ils affirment haut et fort qu'ils ne sont pour rien dans la guérison du boiteux.

En ce lieu très fréquenté, Pierre interpelle ses frères Juifs de Jérusalem, avec une audace incroyable. Il leur rappelle ce qu'ils ont fait contre Jésus, en le reniant (comme lui, Pierre) en le livrant au pouvoir romain, en lui préférant un criminel, en choisissant la mort la plus horrible pour cet homme Juste. Après avoir rappelé leur responsabilité, Pierre évoque l'ignorance qui plaide en leur faveur et les invite à convertir (renverser complètement) leurs pensées et leurs comportements "pour que vos péchés soient pardonnés".

C'est la seconde prise de parole de Pierre,

à Jérusalem, mais cette fois dans le Temple.

A partir de cette prise parole, le processus de soupçon, d'accusation, d'arrestation commence contre les apôtres de la part des Autorités religieuses....exactement comme il en fut envers Jésus.

 

 

4,8-12

 

Qui parle ? Deux apôtres, deux anciens professionnels de la pêche.

Et les auditeurs constatent deux choses:

le niveau d'instruction religieuse des deux intervenants est très moyen

- mais leur assurance très au-dessus de la moyenne. (ainsi furent, au long des siècles, les meilleurs évangélisateurs. La conviction alimentée par l'Esprit touche plus que la culture du discours).

A qui s'adressent-ils?

Aux plus hauts responsables de la Religion en place, à ceux qui connaissent parfaitement le Judaïsme et ses Ecritures Saintes (que nous appelons Ancien Testament).

Les évangélisateurs n'ont aucun complexe dès qu'ils se laissent conduire

par l'Esprit de Dieu.

De qui parlent-ils?

De Jésus de Nazareth dont ils viennent de comprendre qu'il est toujours

Vivant, Ressuscité.

Ils ne parlent pas de l'homme qu'ils ont découvert au bord du lac, il y a trois ans, mais du Vivant actuel; il est l'Envoyé de Dieu, le Christ consacré par Dieu,

le Sauveur proposé à tous ceux qui croient en lui, celui qui guérit, qui a montré sa maîtrise des maux qui nous affligent ou de la mort qui nous fait peur et dont nous n'aimons pas entendre parler.

Leur discours est original:

ni philosophique, ni culturel, ni religieux. Ils n'évoquent pas la petite communauté naissante qui partage la même foi.

Ils ne parlent pas d'eux-mêmes.

Ils ne parlent que du Christ Seigneur.

Ainsi devrait parler chaque évangélisateur, y compris et d'abord s'il prétend faire de la "nouvelle évangélisation".

Celle-ci n'est pas une technique de promotion d'un produit nouveau, de recrutement de nouveaux membres, de signes extérieurs nouveaux.

On n'évangélise pas en utilisant le plus récent smartphone

ou les dernières techniques.

On n'évangélise pas en assénant de nouveaux contenus ( la peur, la honte, le péché, les dernières idées à la mode...). Evangéliser, c'est annoncer

la "Bonne Nouvelle" (en grec, euaggelion): Jésus le Galiléen de Nazareth,

a transmis la pensée du Père universel,

a été rejeté, condamné

par les Chefs de sa religion:

ils l'ont livré aux autorités politiques romaines, mis à mort comme un

esclave sur une croix...

et il demeure Vivant, Relevé d'entre les morts, sauveur, libérateur de ceux qui mettent en lui leur foi confiante.

Question: suis-je ou non un annonceur de cette Bonne Nouvelle ?

Est-ce que cette Bonne Nouvelle

me fait vivre au quotidien ?

en vérité?

 

 

Qui parle ? Deux apôtres, deux anciens professionnels de la pêche. Et les auditeurs constatent deux choses: le niveau d'instruction religieuse des deux intervenants est très moyen - mais leur assurance très au-dessus de la moyenne.

(ainsi sont souvent les meilleurs évangélisateurs au long des âges. La conviction dans l'Esprit touche plus que la culture du discours)

 

A qui s'adressent-ils?

Aux plus hauts responsables de la Religion, à ceux qui connaissent parfaitement le Judaïsme et les Ecritures Saintes.

(les évangélisateurs n'ont aucun complexe quand ils se laissent conduire par l'esprit de Dieu)

 

De qui parlent-ils?

De Jésus de Nazareth dont ils viennent de comprendre qu'il est toujours Vivant, Ressuscité. Ils ne parlent pas de l'homme qu'ils ont découvert au bord du lac, il y a trois ans, mais de sa vraie dimension; il est l'envoyé de Dieu, le Messie consacré par Dieu, le Sauveur proposé à tous ceux qui croient en lui, celui qui guérit, qui a montré sa maîtrise des maux qui nous affligent ou de la mort qui nous fait peur et dont nous ne voulons pas entendre parler.

 

Ils ne font aucun discours de type philosophique, culturel, religieux. Ils ne parlent pas de leur église ou petite communauté qui partage la même foi. Ils ne parlent pas d'eux-mêmes. Ils ne parlent que du Christ Seigneur.

 

Ainsi doit parler un évangélisateur y compris et d'abord dans la "nouvelle évangélisation".

 

4, 32-35

 

Luc relève ici deux choses qui devraient caractériser toute communauté chrétienne:

 

1. Témoigner de la Résurrection du Christ avec constance et conviction.C'est le coeur du coeur de la foi chrétienne, ce qui fonde tout le reste.

Nous constatons aujourd'hui une perte d'audience de l'Eglise: en France: elle a probablement pour cause un trop faible témoignage en faveur de la victoire de la vie, de l'enseignement et de la Résurrection du Christ. Une Eglise ou une communauté locale centrée sur ses problèmes internes, son apparence, son succès n'intéresse pas: c'est une coquille vide que les personnes en quête de Sens et de Vie délaisseront les unes après les autres. C'est déjà bien commencé !

 

2. Privilégier des rapports fraternels de communion, de partage, de dialogue, de mise en commun des charismes, de répartition des responsabilités, de compréhension mutuelle. Une Eglise ou une communauté locale gouvernée par une élite de "petits chefs" ne respecte pas la grande Tradition de l'Eglise du Christ. La sanction est presque immédiate: on la quitte en silence.

Sommet exceptionnel de cette communion, la libre mise en commun des biens. Barnabé en est l'exemple parfait. Ce Joseph , lévite de Chypre, a mérité son surnom d'homme qui encourage. La suite du livre en est l'illustration. Paul en bénéficiera grandement. Dans chaque communauté locale, aujourd'hui encore, on trouve des hommes ou des femmes ayant ce don d'encourager, de soutenir, de mettre en relation, avec totale gratuité.

 

 

Ces lignes de St Luc résonnent comme un avertissement, ou plutôt comme une invitation à faire ensemble un discernement dans l'Esprit du Christ.

 

5, 12-16

 

 

Luc, le rédacteur des Actes, établit des parallèles entre les Apôtres et Jésus.

 

1. Ils accomplissent des choses étonnantes qui "font signe", qui font réfléchir les foules

 

2. Ils se tiennent sous le portique de Salomon, comme Jésus l'hiver précédent, à la fête de la Dédicace.

 

3. Ceux qui s'opposaient à Jésus et voulaient le tuer sont jaloux de leur succès: la foule admire les "envoyés" de Jésus (apôtres), les écoute et certains viennent grossir le nombre des disciples de Jésus.

 

4. Les hautes Autorités du Temple, des Sadducéens (qui ne croient pas à la possibilité de résurrection), le Grand Prêtre en tête, font arrêter les apôtres. Mais l'envoyé du Seigneur (ange, messager) organise leur sortie pendant la nuit. Il les invite à annoncer le message que Jésus annonçait en paroles et en actes.

 

5. Comme Jésus, fidèle à son Père, annonçait un Message de Vie, de même les Apôtres. Tôt le matin. Le temple devient ainsi un lieu de rencontre entre le peuple et son Dieu.(et non plus un lieu de commerce où le peuple achetait ce qui serait offert par les prêtres pour rendre un culte à Dieu).

 

6. Désormais se met en place cette "adoration en esprit et en vérité" que Jésus avait annoncée à la Samaritaine (Jean 4)

 

5, 27 à 41

 

 

L'opposition du Grand Prêtre et de son Conseil suprême devient affrontement, menace de mort. La Parole des apôtres doit cesser.

Comme il en fut avec Jésus qu'on voulait faire taire en le condamnant à mort.

 

De même que Jésus prit le risque de transmettre aux foules la Parole de Dieu son Père, au péril de sa vie, de même les apôtres sont déterminés.

- Ils ont choisi d'obéir à Dieu et non pas aux hommes, y compris à ceux qui ont le pouvoir religieux.

- A la différence de Jésus, ils ne sont pas la Source du Message, mais les transmetteurs: des témoins, fidèles aux faits historique et à la signification du message de Résurrection.

 

Et cette fois, c'est un Notable, Gamaliel, un Pharisien ( de ceux qui croient que la résurrection est possible) qui met le Grand Conseil face à ses responsabilités. Un autre Pharisien notable, Nicodème, avait essayé de défendre Jésus mais sans succès (Jean 7,50): il avait rejoint le Christ ...après sa mort.

 

Les apôtres sont seulement battus: Jésus, lui, fut flagellé tourné en dérision et finalement crucifié.

 

L'opposition produit une grande détermination sur les apôtres. Joyeux et fiers, ils persistent à annoncer la Bonne Nouvelle de l'épanouissement quand on change de comportement pour s'adapter au message chrétien.

**

Comment réagissons-nous lorsque des amis tournent en ridicule ce que nous leur disons de notre foi ? Est-ce que cela nous désarme, nous plonge dans le silence ? Ou bien nous en remettons-nous à Dieu en continuant à témoigner de ce la confiance que nous mettons en Dieu, dans la Résurrection et le triomphe final de la Vie proposée à tous ?

 

6, 1 à 7

 

Voici comment l'Eglise, assemblée des disciples du Christ, devrait réagir lorsque se posent des problèmes susceptibles de mettre en péril son unité.

*

 

- Prendre conscience du problème, écouter la contestation.

- Les responsables (locaux ou ceux du plus haut niveau, en fonction du problème) débattent ensemble, analysent les causes et esquissent une ou plusieurs solutions. Sans laisser pourrir la situation. Sans laisser les esprits s'échauffer inutilement en raison de l'inertie des autorités.

- Les propositions de solution sont alors soumises à l'assemblée des disciples qui auront à mettre en oeuvre les décisions. Ceci offre une possibilité de choisir, d'améliorer, de proposer d'autres hypothèses.

- Ce temps de dialogue prépare la bonne réception de la décision.

- Les responsables avec l'assemblée des disciples adoptent la décision jugée la meilleure.

- On passe à la mise en oeuvre. Là encore sans traîner.

*

Nous voyons ici les disciples du Seigneur élargir le ministère des Apôtres à de nouveaux ministères.

En fonction des besoins culturels repérés et analysés.

Après quelques dizaines d'années, le ministère sera diversifié: ministère épiscopal, presbytéral, diaconal.

Les siècles suivants donneront lieu à de grandes variations à l'intérieur de chacun de ces ministères.

Aujourd'hui se posent de nouvelles questions: ministères réservés aux hommes ? Ministères féminins? Ministère et célibat ?

*

Les Actes des Apôtres montrent la route à suivre pour répondre à de telles questions.

Dans la fidélité à la ligne choisie par le Christ : affecter certains disciples au service de l'annonce de l'Evangile à tous et de la charité envers les plus pauvres (les veuves, à l'époque des Actes).

*

Ultime précision: les "prêtres" dont il est ici question au v.7 sont les hommes officiant à l'intérieur du Temple de Jérusalem. Luc tient à préciser que parmi ces "sacrificateurs", descendant d'Aaron, beaucoup devinrent disciples du Seigneur et abandonnèrent probablement leur rôle de sacrificateurs dans le temple de Jérusalem.

 

7, 55 à 60

 

Etienne (Stephanos, en grec, l'un des sept de culture grecque) termine sa longue réflexion à base historique et biblique devant le grand Conseil du Judaïsme.

 

- il accuse ces hautes Autorités religieuses d'infidélité permanente envers Yahvé. Ils connaissaient sa pensée mais ne l'ont pas mise en oeuvre. Leur jugement est devenu pervers: ils accusent et tuent le Juste, Jésus entre autres, au lieu de croire en lui. Ils acceptent les faux témoignages pour se justifier. Ils représentent le pire détournement de la religion. La pire fermeture à toute manifestation de l'Esprit de Dieu. Ce sont des traîtres et des meurtriers.

 

 

- Etienne, par contre, accueille ce qui vient du Ciel. Il y voit le Fils de l'Homme, Jésus, mis à mort et maintenant ressuscité.

Accusé à tort, comme le Messie rejeté, Etienne accepte - non sans protester de son innocence et de la perversité de ceux qui le lapident- sa mise à mort injuste.

 

- Et, comme Jésus, son guide et modèle, il s'en remet à Dieu et à Jésus: « reçois mon esprit", ma foi, mon amour.

Il prend la position du croyant, genou plié devant Dieu.

Il prie au lieu de maudire. Il demande à Dieu " de ne pas leur imputer ce péché"

Et "il s'endort" dans le sommeil de la mort, qui sera suivi du "réveil" d'entre les morts, autrement dit de la Résurrection dans le langage du rédacteur des Actes, Luc.

 

 

Ainsi meurt le premier disciple du Christ.

 

Luc mentionne le jeune Saul, présent, portant les vêtements de meurtriers et approuvant le meurtre. Et immédiatement Luc introduit l'action de ce jeune Saul, un acharné de l'opposition au Christ dont l'histoire occupera toute la suite du livre des Actes.

 

***

Etienne ne faisait pas partie des Douze. Choisi pour servir le croyants de culture grecque, désavantagés par rapport aux personnes de culture juive, il connaît les Ecritures juives et en donne une lecture perspicace, fondée.

 

8, 5 à 14

 

 

Jésus avait commencé l’évangélisation de la Samarie avec la collaboration de la femme de Samarie, première évangélisatrice de ses compatriotes. Il avait amorcé le rapprochement entre Juifs et Samaritains, après sept siècles d’incompréhensions et de mépris.

 

 

Jésus ressuscité avait recommandé aux Douze d’annoncer de la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre en commençant par la Judée et la Samarie (Actes 1,8).

 

Philippe, l’un des Sept de culture grecque, annonce le Ressuscité en Samarie, l’Esprit confirmant la Parole par des actes de libération et de guérison.

La joie couronne l’efficacité du ministère de Philippe.

 

Pierre et Jean (de Zébédée ? Ou Jean l'Ancien, "l'autre disciple" ?) sont désignés par les Apôtres afin de conforter la foi des Samaritains : ils prient pour que l’Esprit Saint leur soit donné. Ainsi confirmés, les Samaritains témoignent à part entière, exactement comme les gens de la Judée.

 

Le rédacteur des Actes précise que la Samarie constitue un territoire accueillant lors des persécutions en Judée. Les disciples du Christ y vivent en paix, tout comme en Galilée (9,31).

 

Luc montre ainsi que la foi au Christ favorise une sorte de réunification entre Judée, Galilée et Samarie.

 

On retrouve Philippe sur la route de Gaza : il annonce le Christ à l’Ethiopien, grand intendant de la reine Candace. Paul le rencontrera à Césarée, respecté comme « messager de la Bonne Nouvelle ». Il a quatre filles qui collaborent à l’évangélisation (21,7-10). Philippe représente au plus haut niveau l’évangélisateur allant aux périphéries du monde Juif, comme Paul.

 

L’intermède sur Simon, le Samaritain Magicien, prouve à quel point le venin du désir de pouvoir et des puissances de l’argent peut rendre fou certains chrétiens. On appellera simonie cette maladie qui a perverti au long des siècles, et continue à pervertir certains dignitaires des églises chrétiennes.

 

8, 5 à 17

 

 

Jésus avait commencé l’évangélisation de la Samarie avec la collaboration de la femme de Samarie, première évangélisatrice de ses compatriotes. Il avait amorcé le rapprochement entre Juifs et Samaritains, après sept siècles d’incompréhensions et de mépris.

 

 

Jésus ressuscité avait recommandé aux Douze d’annoncer de la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre en commençant par la Judée et la Samarie (Actes 1,8).

 

Philippe, l’un des Sept de culture grecque, annonce le Ressuscité en Samarie, l’Esprit confirmant la Parole par des actes de libération et de guérison.

La joie couronne l’efficacité du ministère de Philippe.

 

Pierre et Jean (de Zébédée ? ou Jean l'Ancien, "l'autre disciple" ?) sont désignés par les Apôtres afin de conforter la foi des Samaritains : ils prient pour que l’Esprit Saint leur soit donné. Ainsi confirmés, les Samaritains témoignent à part entière, exactement comme les gens de la Judée.

 

Le rédacteur des Actes précise que la Samarie constitue un territoire accueillant lors des persécutions en Judée. Les disciples du Christ y vivent en paix, tout comme en Galilée (9,31).

 

Luc montre ainsi que la foi au Christ favorise une sorte de réunification entre Judée, Galilée et Samarie.

 

On retrouve Philippe sur la route de Gaza : il annonce le Christ à l’Ethiopien, grand intendant de la reine Candace. Paul le rencontrera à Césarée, respecté comme « messager de la Bonne Nouvelle ». Il a quatre filles qui collaborent à l’évangélisation (21,7-10). Philippe représente au plus haut niveau l’évangélisateur allant aux périphéries du monde Juif, comme Paul.

 

L’intermède sur Simon, le Samaritain Magicien, prouve à quel point le venin du désir de pouvoir et des puissances de l’argent peut rendre fou certains chrétiens. On appellera simonie cette maladie qui a perverti au long des siècles, et continue à pervertir certains dignitaires des églises chrétiennes.

 

 

9, 26-31

 

Luc met en relief le lien entre la conversion de Saul de Tarse et les premiers moments de sa vie à l'intérieur de la communauté chrétienne qu'il venait persécuter violemment à Damas.

1. Dès qu'il accueille en lui la Lumière du Christ Vivant, Saul la propose à ses proches: d'abord à Damas puis à Jérusalem. "Jésus est le Fils de Dieu".

Tel sera le coeur de son Evangile et de toutes ses correspondances.

Paul, modèle pour tout chrétien qui refuse de garder pour lui le Message du Christ qui le fait vivre.

2. Les relations de Saul avec les communautés constituées de Juifs,

à Jérusalem notamment,

seront souvent perturbées par l'incompréhension, la méfiance et la persécution.

Paul souffrira de la part de ses frères dans la foi. Il ne perdra jamais sa liberté de parole...ni son tempérament.

Paul nous rappelle qu'on traverse souvent des heures difficiles à l'intérieur des communautés locales. Un exemple ! et un avertissement:

les incompréhensions de l'entourage chrétien ne constituent pas un motif d'abandon de la Foi chrétienne.

3.Pour autant, jamais Paul de Tarse ne se repliera sur lui-même.

Barnabé l'introduira dans la communauté de Jérusalem, le soutiendra dans celle d'Antioche et lors de son premier voyage missionnaire, puis au "Concile " de Jérusalem.(Ac 15)

Luc, le rédacteur des Actes des Apôtres, deviendra son fidèle collaborateur jusqu'au dernier voyage vers Rome.

Luc ne parlera plus de Simon-Pierre à partir de l'Assemblée de Jérusalem:

il centrera son récit sur l'action missionnaire de Paul proposant l'Evangile du Christ Jésus jusqu'à la capitale du monde romain en traversant d'abord la Turquie et la Grèce.

Paul, modèle de la collaboration recherchée à tous les niveaux dans la communauté locale.

Modèle de la mise en valeur des qualités de chacun: il encourage hommes et femmes à servir la foi et à évangéliser les mondes incroyants, agnostiques ou athées.

Le monde tel qu'il était de son temps

et qu'il continue à être aujourd'hui.

 

-----

 

Luc met en relief le lien entre la conversion de Saul de Tarse et les premiers moments de sa vie à l'intérieur de la communauté chrétienne qu'il venait persécuter violemment à Damas.

 

1. Dès qu'il accueille en lui la Lumière du Christ Vivant Saul la propose à ses proches: d'abord à Damas puis à Jérusalem. "Jésus est le Fils de Dieu". Tel sera le coeur de son Evangile et de toutes ses correspondances.

 

Paul, modèle pour tout chrétien qui refuse de garder pour lui le Message du Christ qui le fait vivre.

 

2. Les relations de Saul avec les communautés chrétiennes constituées de Juifs, à Jérusalem notamment, seront souvent dominées par l'incompréhension, la méfiance et la persécution. Saul souffrira de la part de ses frères dans la foi. Il ne perdra jamais sa liberté de parole...ni son tempérament.

 

Paul rappelle à tous les chrétiens les heures difficiles marquant les relations dans les communautés locales. Un exemple et un avertissement: les incompréhensions de l'entourage chrétien ne constituent pas un motif d'abandon de la Foi chrétienne.

 

3.Pour autant, jamais Paul de Tarse ne se repliera sur lui-même. Barnabé l'introduira dans la communauté de Jérusalem, le soutiendra dans celle d'Antioche et dans son premier voyage missionnaire, pui su "Concile " de Jérusalem. Luc, le rédacteur des Actes des Apôtres, deviendra son fidèle collaborateur jusqu'au dernier voyage vers Rome. Luc ne parlera plus de Simon-Pierre à partir de l'Assemblée de Jérusalem, centrant tout le récit des Actes sur l'action missionnaire de Paul qui propose l'Evangile de Jésus-Christ jusqu'à la capitale du monde romain en imprégnant la Turquie et la Grèce.

 

Paul, modèle de la collaboration recherchée à tous les niveaux dans la communauté locale.

Modèle de la mise en valeur de chacun et de l'encouragement à se mettre au service de la Foi dans les mondes incroyants, agnostiques ou athées.

 

10, 25-48

 

 

Luc montre ici l'influence totalement imprévisible de l'Esprit Saint. Entre le jour de la Résurrection et le jour où Pierre entre chez le soldat romain Corneille, une évolution considérable se produit.

Impossible de dater l'événement: Luc ne rédige pas le livre des Actes selon un plan chronologique .

Luc s'intéresse aux pensées caractérisant la petite communauté des disciples du Ressuscité. Son second livre pourrait d'ailleurs s'appeler "Actes de l'Esprit " , d'abord dans l'univers du Judaïsme,

puis dans l'univers méditerranéen des années 30 à 60 ou 70.

C'est bien l'Esprit de Dieu qui fait franchir une évolution décisive à l'assemblée des croyants. Pierre n'a pas la moindre idée de ce qui va lui arriver. Plusieurs de ses convictions et habitudes vont voler en éclats.

Ayant passé un certain temps à Jaffa chez Simon qui travaillait le cuir, (Ac 9,43) Pierre monte sur la terrasse pour la prière du milieu du jour. En même temps il ressent la faim...et, en extase, il "voit" descendre du ciel un repas tout préparé dans une nappe. Chaque élément de ce repas est strictement interdit à Pierre le Juif. Une voix lui demande à deux reprises: "Debout, Pierre, sacrifie et mange...Ce que Dieu a rendu pur, ne le considère pas comme souillé".

Cette présentation du repas se reproduisit trois fois de suite. (10, 11 à 16).

Luc raconte comment l'Esprit de Dieu intervient alors simultanément chez Pierre le Juif et chez le Centurion Romain appelé Corneille. ( Ac 10 et 11).

L'Esprit pousse Pierre à désobéir à ses principes et invite le non Juif à découvrir une nouvelle manière de croire dont il n'avait pas idée.

Après débats, remontrances, accusations portées par le côté Juif, la Joie de croire l'emporte.

Pierre n'aura plus d'autre conviction que celle-ci: "Si Dieu a fait le même don qu'à nous, parce qu'ils ont cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour m'opposer à Dieu?"(11, 17).

Conclusion:

"Ils rendirent gloire à Dieu en disant:

ainsi donc, Dieu a donné

également aux non-juifs (païens)

la conversion (metanoia)

qui conduit à la Vie (zoè)".

Il en tire la conclusion:

ces personnes doivent être baptisées (plongées) dans le Nom du Père, du Fils et de l'Esprit., et reconnues comme membres à part entière de l'assemblée des disciples (peuple de prophètes, de prêtres et de rois).

Et si les Eglises chrétiennes redécouvraient avec joie cette ouverture aux périphéries sans instituer de nouveaux barrages à l'entrée dans l'Unique Eglise du Ressuscité? Aujourd'hui comme au long des précédents millénaires, les Eglises voient arriver des personnes que la foi chrétienne attire, inspire, met en action.

Leur culture n'étant pas celle des chrétiens "habitués", elles les réveillent:

leur diversité enrichit l'univers religieux, bouscule parfois. L'Esprit les pousse de l'intérieur.

Ne les déclarons pas illégitimes.

Accueillons les avec reconnaissance.

A travers elles le Dieu Unique va dire quelque chose de neuf.

 

La rencontre de Simon Pierre avec le Romain Corneille et sa famille constitue un virage capital pour la jeune communauté chrétienne.

 

Celle-ci ouvre ses portes au Monde non-juif.

 

Elle comprend que Dieu ne tient pas compte des frontières culturelles ou religieuses établies par les habitudes ou traditions, anciennes, certes, mais non authentifiées par le Créateur de l'Humanité entière.

 

L'origine de cette ouverture est évidemment supra-humaine: l'Esprit de Dieu en est la source indiscutable .Les humains se contentent de ne pas résister, d'être fidèles, d'accepter. Ils comprennent seulement après.

 

***

Ce bouleversement des traditions ancestrales ne va pas sans résistances. Simon-Pierre sera critiqué, il devra se justifier, non par des raisonnements théologiques mais selon le principe de réalité: l'Esprit Saint agit aussi bien hors de notre communauté ! Comment pourrions-nous lui résister ?

 

***

La vie précède le raisonnement: celui-ci constate.

L'Esprit précède les institutions: celles-ci doivent s'y adapter. Il Souffle où il veut et quand il veut: à nous de le détecter et de lui laisser toute liberté.

***

Et si toutes les communautés chrétiennes adoptaient l'attitude de Pierre et de Corneille maintenant et demain?

 

10, 34-43

Entre le jour de la Résurrection et le jour où Pierre entre chez le soldat romain Corneille, une évolution considérable se produit.

Non pas sur la pensée de Pierre au sujet du Christ ressuscité: il dit la même chose que le jour de la Pentecôte.

Mais, cette fois, Pierre s'est déplacé, pour aller chez des non-juifs (ce qui ne lui était sans doute jamais arrivé). Il abandonne une de ses pratiques traditionnelles: à ses yeux, c'est une désobéissance.

Il témoigne de Jésus devant des gens qu'il ne croyait pas intéressés par la Foi au Crucifié relevé de la mort.

Il découvre leur appétit de connaître cette Foi et leur adhésion enthousiaste.

Il comprend qu'ils sont touchés au cœur, ouverts à la Bonne Nouvelle, habités par l'Esprit du Christ.

Il découvre que Dieu porte aux non-juifs le même intérêt qu'aux Juifs.

Et il en tire judicieusement la conclusion: ces personnes doivent être baptisées (plongées) dans le Nom du Père, du Fils et de l'Esprit- et être reconnues comme membres à part entière de l'Assemblée du Christ.

Pierre entre dans un univers religieux et culturel dont il n'avait pas idée.

Il pressent des richesses spirituelles qu'il n'avait pas soupçonnées.

***

Des collègues Juifs vont le lui reprocher avec véhémence.

Tous s'expliqueront dans une rencontre à Jérusalem où Paul, le Juif persécuteur d'hier, racontera qu'il a fait la même découverte en évangélisant des non-Juifs de Turquie.

La Communauté ecclésiale

prend ses premières décisions

(Actes 15).

S'engager spirituellement à croire au Christ et à changer ses pratiques anciennes devient l'essentiel pour en faire partie.

***

Et si toutes les Eglises chrétiennes retrouvaient aujourd'hui cette priorité sans instituer de nouveaux barrages à l'entrée dans l'Unique Eglise du Christ Ressuscité?

Des communautés locales voient arriver des personnes que la foi chrétienne attire, inspire, met en action. Or elles n'ont pas la même culture que les chrétiens "habitués": elles les réveillent et parfois les bousculent.

En ces "nouveaux chrétiens" il est indispensable de voir l'œuvre de l'Esprit Saint pour les accueillir avec joie, reconnaissance et attention. Grâce à eux, l'Esprit va dire quelque chose de neuf aux vieux chrétiens.

À condition que les anciens n'imposent pas leurs vieilles habitudes jusqu'à leur mort.

Adaptons nous à Dieu.

Et soyons heureux de ce renouvellement.

 

 

12, 1 à 11

 

Luc, rédacteur des Actes, termine ses chapitres sur Pierre par ce récit, véritable bijou de littérature bourré d'allusions symboliques à la passion de Jésus et à sa résurrection.

 

Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, exerce le pouvoir sur la Judée et la Samarie entre 41 et 44.

Il exécute d'abord Jacques, frère de Jean, fils de Zébédée.

"Voyant que c'est agréable au peuple", il fait arrêter Pierre pendant la semaine de la Pâque, avec l'intention de le présenter au peuple après la fête pour le faire condamner par le peuple.

Pierre est ligoté, entravé au fond d'une prison, solidement gardée par des soldats ( cf. Jésus arrêté, ligoté, condamné et mis au tombeau, bien gardé).

 

Un ange, messager du Seigneur, le réveille et lui demande de se tenir debout. Grande lumière. De nuit. (tous les mots de la Résurrection).

 

Prends ta ceinture, "Suis-moi" (cf Jean 21, les dernières paroles de Jésus à Pierre, rappel du premier appel au bord du lac)..

La prison s'ouvre d'elle-même, Pierre marche et retourne en ville de Jérusalem (cf. la pierre fermant le tombeau avait été roulée, le tombeau était ouvert; le Ressuscité rejoignit ses disciples réunis, porte fermée par crainte des Juifs).

 

Pierre frappe à la porte de la maison de Marie, la mère de Jean Marc. La servante Rhodé reconnaît la voix de Pierre et annonce aux disciples qu'il est vivant. On la traite de folle. (cf. la servante du Grand prêtre reconnaissant Pierre comme disciple du Galiléen, à son accent- Cf les femmes annonçant que Jésus est vivant et se faisant traiter de folles par les hommes disciples)

 

Pierre raconte pour prouver que tout ceci est bel et bien réel (cf Jésus se faisant reconnaître dans le cénacle et montrant ses plaies)

 

Enquête diligentée par Hérode près des gardiens qui se font "emmener" (exécuter?) pour avoir mal gardé Pierre. Mort horrible d'Hérode Agrippa, le persécuteur se prenant pour dieu (v.23)

 

Pierre quitte Jérusalem pour un "autre endroit" afin d'éviter une nouvelle arrestation qui signerait son arrêt de mort (cf. Jésus plusieurs mois avant sa passion, hors de Jérusalem pour éviter d'être arrêté et mis à mort (Jn 10, 37-42)

*

Luc ne parlera plus qu'une seule fois de Pierre lors de l'assemblée de Jérusalem (en l'an 49 ou 50 : Actes 15). Il consacre toute la suite des Actes à Paul, Barnabé, l'Eglise d'Antioche, et l'évangélisation des "païens" puisque beaucoup de Juifs ne veulent pas entendre parler de Jésus.

 

Comparer ce récit avec celui de la sortie de prison de Paul, la nuit, grâce à un tremblement de terre (Actes 16, 23-34)

 

13, 22-26

 

Paul centre son message sur la Bonne Nouvelle du triomphe de la Vie et du Christ Ressuscité.

 

Il montre que Dieu a toujours eu cette priorité de la Vie dans la conduite de l'Histoire. Ses choix aboutissent à un Sommet, Jésus, le Messie promis, attendu, dévoilé, rejeté et maintenant Ressuscité, premier-né d'une génération de croyants.

 

 

Paul ne vient pas organiser une nouvelle église. Il invite les gens assemblés dans la synagogue (trois mots différents pour parler d'un groupe auquel Dieu s'adresse et qui répondent par la foi) à croire en Jésus le Christ.

 

Il "évangélise" des Juifs pour qu'ils deviennent des Juifs chrétiens. Il les invite à faire la même expérience que lui, le Juif fidèle devenu disciple de Jésus, ce Juif parfait devenu l'interprète le plus fidèle du Dieu Unique.

 

***

 

La "nouvelle évangélisation" doit s'inspirer de cette prédication de Paul.

- Il s'agit d'abord d'annoncer le Seigneur Jésus, mort à cause de nos fautes et ressuscité pour nous entraîner dans une résurrection.

- Il s'agit d'abord de proposer une expérience spirituelle selon l'Esprit du Christ.

- Y compris à ceux et celles qui sont déjà membres d'une assemblée, d'une église, d'une synagogue de croyants au Dieu Unique.

 

13, 43 à 52

L'évangélisation selon Paul.

- Elle est l'oeuvre de plusieurs Témoins: ici, Paul, Barnabas et Jean-Marc. Leurs relations peuvent évoluer: ici, Jean-Marc quitte le groupe.

- Les évangélisateurs vont vers des groupes nouveaux, vers les périphéries. Ils ne rassemblent pas autour d'eux.

- Ils profitent des opportunités: ici, la pratique du sabbat par des croyants Juifs. Ils ne s'imposent pas. Ils demeurent toujours prêts à témoigner de ce qu'ils croient.

- Ils prennent soin de situer la foi chrétienne dans la longue histoire des croyants.

Paul le fait à la manière juive, en s'appuyant sur les Saintes Ecritures. Il montre ainsi que Dieu garde toujours l'initiative et que son Dessein est rempli de bienveillance envers les Humains: il veut les aider, les guider, les conduire vers la Vie.

- Au sommet des choix de Dieu, Paul évoque Jésus, rejeté par les uns, accueilli par d'autres, libérant de leurs péchés ceux qui lui accordent confiance et amour..

Au coeur de la Foi se trouve le Ressuscité.

*

- Paul ne cherche pas à créer une nouvelle église. Il invite les personnes assemblées dans la synagogue (trois mots différents pour parler d'un groupe auquel Dieu s'adresse et qui répondent par la foi)

à croire en Jésus le Christ.

 

- Il "évangélise" des Juifs pour qu'ils deviennent des Juifs chrétiens. Il les invite à faire la même expérience que lui, le Juif fidèle devenu disciple de Jésus, ce Juif parfait devenu l'interprète le plus fidèle du Dieu Unique.

***

 

Toute "nouvelle évangélisation" doit s'inspirer de cette prédication de Paul.

 

- Il s'agit d'abord d'annoncer le Seigneur Jésus, mort à cause de nos fautes et ressuscité pour nous entraîner dans une résurrection.

 

- Il s'agit d'abord de proposer une expérience spirituelle selon l'Esprit du Christ.

- Y compris à ceux et celles qui sont déjà membres d'une assemblée, d'une église, d'une synagogue de croyants au Dieu Unique.

 

- Sans jamais donner la priorité à l'expansion du nombre des croyants, encore moins à les replier sur eux-mêmes, à en faire un club de fans ou de purs, devenant imperméables à l'accueil des "autres".

 

- Ceux qui refusent de croire en Jésus, de faire route avec le Ressuscité sont renvoyés à leur propre conscience éclairée par l'Annonce de la Parole. C'est la Parole du Seigneur qui les juge dès à présent.

 

- La Bonne Nouvelle doit être proposée à TOUS. Nul n'est prioritaire. L'histoire montre d'ailleurs que certains, qui se croyaient prioritaires, ont gâché leurs chances en refusant d'évoluer et de s'ouvrir au Chirst Ressuscié.

 

La Joie profonde du coeur caractérise ceux qui s'ouvrent à la Foi chrétienne..

 

14, 21 à 27

 

 

Enraciner la Bonne Nouvelle dans l'esprit et la conscience des croyants: mettre en place l'organisation minimale indispensable pour la communauté locale. (appelée Eglise) Voilà ce que font Paul et Barnabas.

 

Ce faisant, ils agissent en pasteurs, attentifs, respectueux de la liberté des jeunes chrétiens, prévoyants. Il savent qu'il faut sur place des hommes de communion, des annonceurs de l'Evangile, des recours en cas de conflits: ce sont les Anciens (en grec presbuteroi, presbytres et non pas prêtres) ceux qui sont habités par la Sagesse de l'âge, ceux qui ont déjà une expérience de vie dans l'Esprit Saint, ceux qui sont "confiés au Seigneur" par la communauté et demeurent dans cette communauté pour qu'elle soit fidèle, active, évangélisatrice, cohérente.

Ils ne viennent pas d'ailleurs, ce ne sont pas des carriéristes, ils conservent la vie familiale et professionnelle qui est la leur au moment où Paul et Barnabas les désignent. Ils ne s'installent pas d'eux-mêmes dans un pouvoir: ce sont des frères de la communauté.

***

Exactement comme Paul et Barnabas qui avaient été "livrés à la Grâce de Dieu par la communauté d'Antioche pour l'oeuvre d'évangélisation qui leur était demandée".

 

 

La première Mission s'achève. Paul et Barnabé expliquent tout "ce que Dieu a fait avec eux".

 

Une certitude les habite tous: Dieu vient d'ouvrir la Porte de la Foi à des non-juifs, aux habitants de l'actuelle Turquie.

Mais rien n'est définitif: aujourd'hui, il ne reste plus rien de ces communautés chrétiennes tellement brillantes dans les cinq premiers siècles de notre ère chrétienne.

***

Leçon à méditer.

 

15, 1 à 29

 

 

Voici la vraie méthode pour construire une communauté durable.

 

1. Regarder ensemble les sujets qui fâchent et divisent.

 

2. Réfléchir ensemble pour analyser les racines de division.

 

3. Donner la parole à ceux qui ont une expérience vécue en fidélité à la Parole de Dieu. Les inviter à intervenir sans haine et sans crainte.

 

4. Ecouter et prendre un temps de silence pour mieux comprendre ce que chacun dit, pour analyser les expériences vécues et les raisons pour lesquelles elles sont éclairantes sur les intentions de Dieu.

 

5. Prier l'Esprit Saint pour que les décisions prises en commun soient conformes à ce que le Christ vivant a vécu et enseigné.

 

6. Décider ensemble ce qui semble favoriser le Bien Commun, en respectant ce qui est indispensable et en tenant compte des capacités spirituelles de l'ensemble.

 

7. Rédiger les décisions pour que tous puissent les comprendre- les faire connaître par de bons transmetteurs qui sauront en expliquer l'esprit. Ne pas se comporter en autorité lointaine, publiant ses oukases, sans se soucier de favoriser une réception humaine garantissant le rétablissement de la paix après la division des esprits.

*

Dans tous les groupes humains les différences d'appréciation risquent de faire voler en éclats l'unité minimale ou la confiance réciproque.

L'Eglise du Christ n'échappe pas à ces périodes de tension.

Pierre, Paul, Jacques, voici au moins trois apôtres qui n'avaient pas la même appréciation des éléments indispensables de fidélité au Christ. Mais, devant les affirmations non fondées de certains de leurs coreligionnaires, ils ont su chercher , découvrir et rendre applicables les moyens de la fidélité au Seigneur: grâce à son Esprit et à une vraie sagesse de gouvernance

 

 

 

17, 23

Paul parle aux gens d'Athènes au sujet de leur "DIEU INCONNU"

Il évoque, notamment, ce que dit le Livre de la Sagesse (rédigé en langue grecque)

Lire Sagesse 13, 1 à 19